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En 1800, Hokousaï publie encore un petit livre jaune, avec son titre bien japonais, Kamado
Shogoun, La tactique du général Fourneau, un petit livre, dont les dessins et le texte sont fournis par le peintre.
Il est curieux ce petit livre, parla figuration de l’auteur présentant son livre à l’éditeur, agenouillé, les deux mains posées à terre, dans une attitude de supplication, curieux par la modestie de la préface de l’écrivain-dessinateur.
Voici à peu près la préface de ce volume, qui va être un des derniers volumes, dont Ilokousaï écrira le texte :
Je viens de faire un travail maladroit, si cependant après examen, ça faisait votre affaire ? Et comme je ne suis pas habitué à écrire, pour les passages non réussis, faites-les retoucher par le maître Bakin. Or, si j'ai la chance d’avoir le moindre succès cette année, je travaillerai mieux l'année prochaine.
Maintenant si l’on veut avoir une idée de la littérature du peintre, voici un bout de traduction du livre' jaune :
Dans une lointaine province de l’Ouest, il y avait un grand seigneur, nommé « le grand cœur » ayant un revenu cVun million de tonnes de riz . On le surnomma Dadara Daïjin, le Seigneur Désordonné, comme grand amateur de voluptés, et fort buveur de saké. Et non content
l’art japonais.
du plaisir de la chasse dans les montagnes , de la pêche dans la mer, il s’amusait à faire nager les gens avec de lourdes pierres attachées à leurs corps, ou à les faire courir, pieds nus, sur la glace; et le monde de son entourage , il voulait qu’il fût habillé de chaude ouate , en été, et de toile claire, en hiver. Enfin il aurait fallu, pour la distraction de ce seigneur, que les poules chantassent et les roues tournassent de côté. C’est dire, que l’argent et l’or étaient entre ses mains, comme l’eau de la rivière.
Or, il se trouvait dans la province voisine , un autre seigneur appelé « l’Eau de riz », habitant le chateau des Créanciers...
Mais ici, le traducteur s’est arrêté, déclarant que le texte se composant, d’un bout à l’autre, de jeux de mots, et d'allusions seulement compréhensibles pour des Japonais, est intraduisible en français.
La même année, en 1800, Hokousaï illustre les trois volumes de Soumicla gawa Riôgan itiran , Coup d’œil sur les deux rives de la Sou-
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mida, un panorama des deux rives pouvant se déplier. Dans le premier volume, c’est à Takanava la vue de la baie, où Ton voit contre le vieux mur des fortificatious de Yédo, à la porte d’une maison de thé, improvisée sous des nattes attachées à des bambous, une mousmé invitant les passants à se rafraîchir. Puis, en remontant la rivière, en face de l’île de Tsoukoudajima, ce sont des enfants enlevant un cerf-volant, près d’un porteur de ballots de ouate, de cette ouate dont la mariée se voile le visage, dans les cérémonies du mariage. A Ohhashi, une femme, à demi couchée sur un grand banc, prend le frais avec ses enfants.
Dans le second volume, voici le pont de Riôgokou, qui joint les deux rives de la Soumida, et que traverse une foule compacte, au-dessus de laquelle s’élèvent. les lances de l’escorte d’un daïmio. Plus loin, àShubino Matzou, d’élégantes femmes en bateau pêchent à la ligne, avec des hameçons en forme de tridents. À Ohkavabashi, un saltimbanque fait des tours de force devant des enfants.
Dans le troisième volume, c’est la toiture élancée du temple d’Asakousa, dans une nuée volante de corbeaux. Plus loin, toujours en remontant la rivière, nous sommes sur la colline
l’art japonais.
Mattiyama, d’où l’on découvre la campagne paysanne et maraîchère de Katsoushika. Enfin , nous voilà à Invinado, le quartier de la tuile et de la céramique. Là, nous abandonnons la Soumida, et Hokousaï nous mène à l’entrée du Yoshiwara, et nous promène devant les maisons aux grilles de bois, et dans les rues tout égayées de la musique des flûtes et des tambourins, la veille du Jour de l’An.
Car ce spectacle des deux rives de la Soumida, Hokousaï le commence au printemps d’une année, et l’achève à la fin de cette année.
En 1801, Hokousaï qui quitte la signature Shunrô, pour prendre la signature Goummateï publie :
Un Téngou tombé du haut de son nez dans le monde bête d’ici-bas, un petit livre fantaisiste, dont le texte est de Jakouseï. C’est l’histoire d’un de ces esprits aériens, de ces génies bons ou mauvais à l’interminable nez pointu, aux ailes de chauve-souris, si souvent représentés dans les albums japonais.
Du haut du ciel, un Téngou aperçoit une
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Japonaise, en devient amoureux, descend sur la terre, et, tant que bien que mal, dissimulant son nez sous l’envolée d’un cache-nez, file le parfait amour avec elle, est réduit à vendre ses ailes à un marchand de plumes, pour subvenir aux caprices de la femme, enlin tout à fait ruiné devient un vendeur de sarasins (de pâles en forme de macaronis et de nouilles), tombe malade, a la vision, en un rêve; d’un acteur représenté dans un kakémono, qui a un nez comme les Téngou, obtient qu’il le soigne, le médicamente, lui fasse revenir le pouvoir mystérieux qu’il avait autrefois comme Téngou, et qu’il a perdu dans le commerce de la courtisane, retourne enfin chez les Téngous, inquiets de sa disparition, et qui lui ont dépêché un messager pour le ramener.
Et la dernière planche le représente écrivant les Mémoires de sa vie, sur la terre.
La même année paraît le Onnci Sanjû rokkasén , Les trexte-six Poétesses, illustrées par Yeishi : un album renfermant peut-être les plus originales impressions en couleur, existant dans les livres japonais, et au milieu d’une calligraphie, jetée sur des espèces de nuages, teintés des nuances du ciel, de l’aube au coucher du soleil. Et Hokousaï peint, en tête de l’album,
l’art japonais.
une promenade de personnages de la cour dans la campagne.
La même année, paraîtencore Hitori Hokkou, Chacun une pensée, deux volumes contenant, en leurs cent pages et leurs cinquante dessins, de la littérature et des croquis de presque tous les lettrés et les artistes du temps.
Hokousaï n’a qu’un croquis, mais un croquis merveilleux : une oie sauvage, volant la tête en bas, une aile repliée, une aile éployée, les pattes rebroussées sur le ventre. C’est, pour ainsi dire, un instantané, dont le cliché a été gardé au fond d’une mémoire.