‹ KrakatauChapitre 2 sur 127 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Lorsque, peu de temps après la grande éruption de 4883, le Gouvernement de rinde me chargea de visiter Krakatau et de faire une enquête générale sur les causes et les effets de la dernière crise volcanique, je crus d'abord n'avoir à exécuter qu'un travail purement géologique.

Hais, dès avant mon départ, les nouvelles de Ceylan vinrent apprendre que, le jour de l'éruption, on avait observé sur les côtes un mouvement anormal de la mer, qui devait indubitablement être attribué au Krakatau. Et, à peine étais-je de retour de mon voyage au détroit de la Sonde, que d'Europe arriva l'annonce de perturbations barométriques, de colorations bleues et vertes du soleil et de la lune, et de lueurs rouges extrêmement vives avant le lever et après le coucher du soleil. Tous ces phénomènes furent rattachés, presque aussitôt après leur première apparition, à l'éruption du Krakatau, et ils devaient donc nécessairement, comme „effets" de cette éruption, entrer dans le cercle des recherches.

Ainsi, tandis que pour la plupart des volcans les conséquences d'une éruption restent bornées au voisinage immédiat du foyer volcanique, et que les études à faire après une nouvelle manifestation d'activité sont en général de nature exclusivement géologique, il fut bientôt démontré, qu'à Krakatau il s'agissait d'un cas d'éruption exceptionnellement remarquable, dont les effets s'étaient fait sentir sur la terre entière, soit comme phénomènes météorologiques, soit comme mouvements particuliers de l'air ou de la mer.

Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que cette éruption ait excité un intérêt extraordinaire, non-seulement cliez les géologues, mais aussi parmi les hydrographes, les météorologistes et les astronomes.

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Sans exagération, on peut dire que Véruption du Krakatau, de 4883, a été, dans le domaine du vulcanisme, Tévènement, sinon le plus grand, au moins le plus intéressant de notre siècle, et même l'éruption la plus remarquable dont l'humanité ait élé témoin jusqu'à ce jour. Sans doute, lors d'éruptions antérieures, notamment dans celle du Tambora en 4815, il s'est produit aussi d'importantes perturbations atmosphériques; mais, à cette époque, les instruments manquaient pour inscrire convenablement ces phénomènes, de sorte qu'ils passèrent inaperçus et furent perdus pour la science.

L'extrême utilité des baromètres et échelles de marée à enregistrement automatique a été mise en pleine évidence par l'éruption du Krakatau; jusqu'ici, toutefois, ces instruments sont encore relativement peu nombreux, et il est à espérer que notre d(*scription excitera à multiplier les barographes, qui inscrivent la pression de l'air sous la forme de courbe continue, et surtout à installer un plus grand nombre de marégraphes, sur les points favorablement situés des Côtes et dans différentes îles de l'Océan.

Comme conséquence immédiate de la mission dont j'étais chargé, il me fallut engager, aux Indes et à l'étranger, une vaste correspondance pour' réunir les données nécessaires, et je dois constater avec reconnaissance que la plupart des personnes auxquelles j'eus recours m'ont aidé de tout leur pouvoir. La difficulté d'obtenir des données parfaitement sûres, ou de discerner la vérité parmi des récits contradictoires, m'a toutefois fait passer bien des moments pénibles, et l'insuffisance ou l'inexactitude de quelques indications m'a préparé mainte déception. Aujourd'hui encore il me manque plusieurs données, de sorte que, plus tard, une suite à ce Rapport sera probablement nécessaire. A cette suite je joindrai les dessins qui n'ont pas été reçus à temps- pour paraître avec les autres. La reproduction des cartes et des planches ne pouvant convenablement se faire aux Indes, il a fallu les envoyer en Europe; si les dessins parvenus en dernier lieu avaient également du accompagner le Rapport, son apparition aurait été trop retardée. C'est pourquoi la publication d'un certain nombre de courbes marégraphiques et de barogrammes, de la „courbe des feldspaths" de la cendre du Krakatau, et de quelques autres dessins, a été ^youmée. Provisoirement, d'ailleurs, la description détaillée actuelle suppléera suffi* sammeut au manque de ces illustrations.

Comme on n'avait pas tardé à reconnaître que la reproduction des

cartes et le rasseml)lement des données nécessaires prendraient un lemps considérable, le Gouvernement désira recevoir d'abord un aperçu succinct des premiers résultats des recherches. Ce Kori verslag over de uilbarsting van Krahatau op 26, 27 en 28 Augustus 4883, parut dans le Journal officiel de Java (Javasche Courant) du 7 Mars 4884 ('). Il fut écrit rapidement et avant que les produits éruptifs eussent pu être soumis à une élude minutieuse, de sorte que quelques-unes des opinions qui y sont énoncées ont été modifiées plus tard. C'est ainsi que je ne regarde plus les billes marneuses, rejetées par le volcan, comme formées par la rotation rapide de vase ou de détritus marneux, car postérieurement ces petites boules ont été trouvées dans des roches argileuses; elles existaient. donc déjà sous cette forme avant l'éruption. Je suis aussi revenu de l'opinion que la matière pulvérulente trouvée, en plusieurs lieux d'Europe, dans la neige et la pluie, serait originaire du Krakatau. Ensuite, l'heure des quatre plus violentes explosions a été légèrement modifiée, et un changement plus considérable a été apporté à l'heure de la production de la plus grande onde marine, ce qui change aussi les chiffres obtenus pour les profondeurs moyennes de la mer. Enfin, la composition de quelques produtls de 4883 ayant été déterminée exactement, par des analyses nouvelles et détaillées, il en est ressorti que les chiffres donnés dans le „Kort VersUig\ pour la proportion d'acide silicique, sont la plupart trop forts. — Ce sont là, toutefois, les seules modiCcations de quelque importance qu'il y ait à introduire dans mon rapport sommaire.

Dans un Mémoire écrit en Mai 4884, uOver de hjdsbepaling dergrootste exphsie van Krakatau op 27 Augustus 4883 [VersL en Mededeel. der Kon. Ak. V, Wetensch., Afd. Nat,, 4884, p. 45— 57) (*). j'admettais encore (p. 56), pour . l'heure où fut engendrée la plus grande onde marine, 9^ 45"". Ce n'est que plus tard que je trouvai le vrai mode de calcul.

Pour la raison ci-dessus mentionnée, il fut décidé aussi de faire paraître séparément, aussitôt après l'impression, la première partie de ce Rappoil, savoir les Chapitres I à 111, avec les Notes correspondantes. Cette partie, en effet, essentiellement consacrée à l'historique de la grande éruption de 4883, était intelligible sans le secours des cailes et des planches.

(*) La traduction française dp cette brochure se trouve dans les Archives Néerlandaises, Tome XIX, 1884, et dans le Bulletin hebdomadaire de l'association scientiflque de France 1884 N»*. 315 et il6; la traduction anglaise dans ,,Nalure", No. 7S7.

(*} La traduction Ihinçaise st; trouve dans les Archives Néerlandaises Tome XX, 1885,

En outre, il semblait utile de démentir olTiciêllement, dans le plus bref délai les nombreux détails inexacts qu'une feuille anglaise, peu de jours après Téruption, s'était soi-disant fait télégraphier d'Amérique. Ces incroyables récits avaient été avidement reproduits par la plupart des journaux d'Europe, et avaient même trouvé accès dans des publications scientifiques.

La seconde partie de l'ouvrage, formée des Chapitres IV à VII et des Notes qui s'y rapportent, contient l'exposé de phénomèmes observas pendant et après l'éruption. J'y ai joint toutefois la description de la partie plus ancienne de Krakatau, description qu'on trouvera dans les sections géologique et pétrographique. L'ouvrage ne traite donc pas exclusfvement de l'éniption de 4883, mais est devenu une monographie du volcan Krakatau.

Dans les Notes, toutes les sources auxquelles j'ai puisé sont soigneusement mentionnées, afin de mettre le lecteur en état de contrôler, autant que possible, les données et les relations dont il a été fait usage. On y rencontrera aussi un certain nombre de calculs et de formules sur la vitesse des ondes aériennes et mannes, sur le tir des projectiles, etc., calculs dont la communication paraîtra peut-être, à beaucoup de personnes, plus ou moins superflue. Je les ai néanmoins reproduits, parce que mon ambition était de donner un ouvrage spécial aussi complet que possible, qui pût rendre service dans des occasions ultérieures. S'il est à supposer, et vivement à souhaiter dans l'intérêt de l'humanité, que ces grandes catastrophes restent aussi rares dans l'avenir qu'elles l'ont été jusqu'ici, rien ne nous garantit pourtant qu'une nouvelle éruption, aussi violente que celle de 4883, et accompagnée des mêmes phénomènes, ne se produise avant la fin du siècle.

Alors, je l'espère, on trouvera réuni dans cet ouvrage, tout ce qui est nécessaire pour faire connaître, sous ses faces diverses, cette future éruption; il dispensera de recommencer les longues recherches dans une foule de livres et de journaux, et les nombreux et pénibles calculs, qui ont rendu si laborieuse la rédaction de ce Rapport.

Je me suis abstenu d'hypothèses tendant k expliquer la richesse par* ticulière, en phénomènes volcaniques, de l'année 4883, parce que, à mon avis, toute base solide fait défaut pour de pareilles spéculations.

Si l'eau, (]ui de la surface s'infiltre dans les cavités souterraines est regardée comme la cause première des tremblements de terre et des

éruptions, il paraîtra naturel, lorsque ces phénomènes se multiplient, de songer soit à la formation ou à l'élargissement de fentes de dislocation, soit à des effondrements souterrains, car Tune et l'autre de ces circonstances augmentent Tafflux de Teau et élèvent la tension dans les profondeurs de la croûte terrestre. Mais il faut encore expliquer pourquoi, justement vers Tan i883, une semblable modification est survenue dans l'état des fentes de dislocation; or, c'est là un problème qui restera,jecrois, à jamais insoluble.

On a voulu voir un rapport entre les phénomènes volcaniques dont la terre a été le théâtre et le surcroit d'activité du soleil à la même époque. Le maximum de la période des taches solaires parait tomber vers i 884.0 donc peu de mois après la grande éruption.

Les belles recherches de M. le professeur R. Wolf, de Zurich, ont montré qu'il existe ujie connexion entre le nombre des taches solaires et la grandeur de la variation diurne de la déclinaison. Dans le cas de maximum des taches, il pourrait donc se produire des courants magnétiques terrestres particulièrement intenses, lesquels détermineraient à l'intérieur de la terre des actions chimiques, favorables aux tremblements de terre ou aux éruptions.

Hais il ne faut pas oublier qu'aux époques i829.9, i837.2, 1848.1, 1860.1 et 1870.6, il y a eu également des maxima de taches, parmi lesquels ceux de 1837 et 1870 étaient près de deux fois aussi grands que le maximum de 1884, et pourtant ces années ne se sont nullement distinguées par une activité volcanique spéciale.

Pour cette raison, je ne puis reconnaître aucune connexion entre l'activité du soleil et celle de la terre en 1883; je ne saurais pas davantage en admettre, comme on le verra dans le texte, entre notre grande éruption du mois d'Août et la position de la terre par rapport à la lune et au soleil.

Les poids et les mesures, indiqués dans cet ouvrage, sont exprimés dans le système métrique, sauf les distances en mer, pour lesquelles on a employé le mille de 60 au degré; dans les citations, néanmoins, on trouvera encore d'autres unités. Pour éviter toute confusion, je rappellerai ici les mesures de longueur les plus usitées.

1 mille géographique ou Allemand = 7430.44 mètres (plus simplement 7420.4 mètres).

\ mille de 60 au degré = 1855.11 mètres (plus simplement 1855.1 mètres).

Dans les publications anglaises, ce mille est parfois appelé, à tort, '•geographical mile."

1 mille marin ou mille = 1 nautical mile = 1852.0 mètres.

Dans cet ouvrage, le mille marin a généralement été pris égal au mille de 60 au degré, parce que la différence est faible et que les deux valeurs ci-dessus données ne sont elles-mêmes exactes que pour Téquateur et pour un méridien. Lorsqu'une plus grande précision était nécessaire, on a déterminé la longueur par un calcul particulier.

1 mille terrestre anglais = 1 mile ou statute mile = 1760 yards = 1609.3 mètres.

1 pied anglais -= 12 inches =: 0.3048 mètre.

1 pouce anglais (inch) = 25.4 millimètres.

Pour g, l'accélération due à la pesanteur, on a pris la valeur à la latitude 9> = 0°, savoir g = 9.781 mètres.

1 brasse anglaise (fathom) = 6 pieds anglais = 1.829 mètres (plus simplement 1.83 mètres).

Sur quelques cartes marines indo-néerlandaises on trouve aussi des brasses de 1.8 mètres.

N. B. Lorsque, à propos de nouvelles, de numéros de journaux, ou de dates, aucun chiffre d'année n'est mentionné, c'est toijgours Tannée 1883 qui est entendue.

Je dois beaucoup de reconnaissance au Gouvernement de l'Inde, qui, pénétré de l'importance de cet événement, m'a mis libéralement en état d'étudier de la manière la plus complète l'éruption du Erakalau, et qui a publié sur une large échelle, en deux langues, les résultats de cette étude;

et aussi, au Ministère des colonies à la Haye, pour m'avoir procuré un grand nombre de courbes marégraphiques et d'autres données, de France, d'Angleterre, de l'Amérique du Nord et du Sud;

au Département de l'Instruction publique, des Cultes et de l'Industrie, et au Bureau des mines, à Batavia, pour m'avoir fourni les données officielles de l'Inde néerlandaise, reçues des Chefs d'administration provinciale, des ingénieurs des mines et d'autres fonctionnaires;

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au Consul général des Pays-Bas à Melbourne Jhr. D. Ploos van Amstel, pour l'envoi de données de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande;

au Consul d'Angleterre à Batavia M. N. Mac Neill, pour m'avoir procuré des données de l'Inde anglaise et de l'Afrique méridionale.

Puis: à H. le professeur D^. Clbhens Wjnkler, de Freiberg en Saxe, pour ses analyses très complètes de différents produits du Krakatau, émis en i883;

à H. l'ingénieur des mines J. A. Schucrman, pour sa description de l'éruption du mois de Mai, avec esquisse du cratère, le seul dessin que nous possédions du cratère Perboewatan;

au capitaine d'Etat-msyor H. J. 6. Fbrzenaar, pour la description, avec carte, de Krakatau au il Août, le dernier document qui existe sur le volcan avant la grande éruption;

à H. le D' J. P. vâh der Stok, directeur de TObservatoire magnétique et météorologique de Batavia, pour Tenvoi des observations magnétiques et météorologiques faites à Batavia le jour de l'éruption ;

à M. l'ingénieur des mines J. W. Retgers, pour le concours qu'il m'a prêté dans l'examen microscopique et chimique des roches du Krakatau, et pour sa description, très détaillée et très intéressante, de la cendre de 4883; l'exécution des analyses chimiques a été facilitée par M. A. Boghardt, pharmacien à Buitenzorg, qui a eu l'obligeance de mettre à notre disposition son laboratoire, avec tous les instruments et réactifs nécessaires;

à M. l'ingénieur des travaux publics civils A. P. Helghior, de Batavia, pour différents calculs sur l'intensité théorique du phénomène des marées et sur le niveau normal de l'eau à Batavia du 26 au 3i Août.

La part que les 6 personnes nommées en dernier lieu ont eue à mon travail sera mentionnée dans le texte.

Ensuite: à H* N. P. van dbn Berg, Président de la Banque de Java, pour avoir bien voulu compulser le Dagregister van hei Katieel Batavia de l'année i679;

au Colonel A. Haga, Chef de l'Etat-major général; au Major d'Etat-major F. C. E. Metbb, Chef du service topographique; à M. J. E. Albreght Président du Conseil des tutelles, bibliothécaire de la Société des Arts et des Sciences de Batavia ; à M. J. J. Poortman, lieutenant de marine de ^^ classe, faisant fonctions de directeur de l'observatoire météorologique; à M. le D'. S. Figée, sous-directeur de cet Observatoire; à M. le D^^ H. Onnen

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et à M. le ]>. C. Pb. Sluiteb, professeurs au Gymnase Guillaume III, le dernier, en oulre, bibliothécaire de la Société royale physique; et a M. G- J. Slumteriia:<i, lieutenant de marine de â^ classe; pour l'envoi de livres, de cartes, de brochures, de Journaux scientifiques et de rapports sur l'éruption, appartenant en majeure partie aux bibliothèques de la Société des Arts et des Sciences de Batavia, de la Société royale physique, de l'Observatoire, de TEtal-major général, du Département de la marine et du Bureau topographique;

à M. M. Â. C. J. Edeli^îg, chef du Bureau hydrographique; 0. J. W. A. G. Coops, i^ assistant à ce bureau; J. S. van Drooge, Inspecteur du balisage et de l'éclairage des côtes; et W. H. Dittlof Tjassens, lieutenant de marine de i^ classe (aujourd'hui sous-inspecteur du balisage); pour différentes données et renseignements en matière nautique;

à M. M. les Résidents J^. H. W. F. Hoba Siccama, de Batavia, A. J. Spaam, de Bantam (aujourd'hui de Soerakarta); et J. A. Yelders, des Districts de Lampong, pour différentes. données concernant la dévastation de ces provinces;

à M. M. les Résidents R. C. Kroessn, de la Côte orientale de Sumatra ; A. H. G. Blokzeijl, de Riouw; JK Th. G. V. Boreel, de Krawang; l'Âssistant-Résident J. J. Bischoff, de Tjandjoer; et le Contrôleur, II. V. baron BEimncK, du Bandoeng occidental; pour données sur la limite des cendres dans ces provinces;

à M. M. les ingénieurs en chef des travaux publics civils J J. Dukstra et M. J. VAN Bosse, pour copies des courbes marégraphiques du détroit de Madoera el de Tandjong Priok, ainsi que pour d'autres renseignements ;

à M. M. le D'. A. Stammbshacs, à Bandar, le Contrôleur J. Peelen, à Talang Betœtoe, le capitaine Ferzekaar, à Pandeglang et l'ingénieur des mines Schourman, à Batavia; pour l'envoi d'échantillons de cendre;

à H. J. H. Panivekoee, Secrétaire général (aujourd'hui membre du Conseil de l'Inde néerlandaise), pour l'envoi de journaux de Chine, des Straits Settlements et de Sarawak, appartenant au Secrétariat général;

à M. A. D. J. Penn, Secrétaire de l'Association conunecciale de Batavia, pour l'envoi de journaux de Maurice, de Ceylaa et d'Australie, appartenant à la Société ;

à BfM les rédacteurs en chef el éditeurs des journaux Algemeen Dagblad,

Bataviaasch Handelsblad, Java Bode et Locomolief, pour Tenvoi des numéros qui me manquaient;

à H. C. DiETRiGH, de Semarang, pour la cession d'une collection de 234 articles de journaux, relatifs à l'éruption, qu'il avait rassemblés;

à M. le D'. K. Mertens, professeur à TËcole moyenne supérieure de Semarang, pour le dosage de l'acide silicique d'une roche du Poolsche Hoed ;

à M. P. A. VAN DBR Made, directeur de l'usine à gaz de Batavia, pour la cession de différents tableaux de la pression du gaz, et autres renseignements concernant l'usine;

à M. P. Landberg, de Batavia, pour informations prises auprès de M. Ross, de l'ile Keeling, et pour communications au sujet de la Marie, bâtiment dont il est propriétaire ;

à H. le professeur C. H. D. Boys Ballot, pour l'envoi de copies des barogrammes d'Utrecht;

à H. RoB. J. Ellery, Government Âstronomer à Melbourne, pour avoir rassemblé de nombreuses données concernant l'Australie et la Nouvelle- Zélande, et pour l'envoi des barogrammes de Melbourne;

à M. C. ToDD, Government Astronomer à Adélaïde, pour avoir rassemblé des données de l'Australie;

à M. H. C. RussELL, Government Astronomer à Sydney, pour l'envoi de la courbe marégraphique et des superbes barogrammes de cette localité;

à M. le professeur D'. Neuhayer, directeur de la Deutsche Seewarte à Hambourg, pour l'envoi de la courbe marégraphique et des barogrammes de la Géorgie-du-Sud, ainsi que de diverses brochures;

à M. le professeur D'. G. voh Rath, de Bonn, pour l'envoi de sa brochure sur la tridymite de Krakatau;

à M. l'abbé A. F. Renard, d'Uccle, près Bruxelles, et à M. le professeur D'. A. VON Lasaulx, de Bonn, pour l'envoi de brochures;

au Colonel W. J. Havenga, à Bruxelles, ancien Chef du service topographique de l'Inde néerlandaise, pour les soins apportés à la correction des cartes et des planches qui accompagnent ce Rapport;

à mes collègues MM. J. C. van Heugkelum et J. W. Retgers, qui, dans mon second voyage à Krakatau, m'ont aidé à recueillir des échantillons de roches.

Enfin, à un très grand nombre d'autres personnes, qui eurent l'obligeance de me faire des communications de vive voix, ou de m'envoyer des

renseignements relatifs à Téruption et à ce qui s'y rapporte; les noms de la plupart de ces personnes sont cités dans les Notes.

Si j'ai pu composer un ouvrage qui» malgré d'inévitables lacunes dans quelques parties, présente sous les rapports essentiels, j'ose m'en flatter, un tableau Gdèle et complet de la grande éruption de 4883, c'est à ces nombreux auxiliaires que j'en suis redevable. A eux tous, pour leur concours empressé, mes chaleureux remerciments!

Avant de terminer, je signalerai en quelques mots ce que l'éruption

nous a appris de plus nouveau ou de plus intéressant.

i. En premier lieu, l'extrême violence des bruits mérite notre attention. Les matières furent lancées hors du cratère jusqu'à une hauteur très considérable, avec une grande vitesse, et ces décharges fiu^nt accompagnées de détonations, dont l'intensité surpassa de beaucoup celle de tous les bruits connus. Aussi, dans aucun aulre événement antérieur, le son n'a été entendu sur une si grande partie de la surface terrestre.

Récemment, à l'Académie des sciences de Paris (Comptes Rendus, 9 Mars 4885), on a même soulevé la question de la propagation directe de ces détonations, à travers le noyau central de la terre, jusqu'aux antipodes de Krakatau. Suivant la communication de M. P. A. PoREL, des détonations furent entendues, le 26 Août, dans l'ilot de Calman-Brac, mer des Caraïbes (au sud de Cuba, par 80"* Long. 0. de Gr. et 30"* Lat. N.) L'heure n'est pas indiquée, mais il résulte clairement de la communication que les bruits furent entendus de jour. (Le ciel était serein. On courut au rivage, pour voir si un navire approchait, etc.).

Pour plusieurs raisons, il ne me semble pas très probable que ces bruits aient été originaires de Krakatau. D'abord, en même temps que se produisait le cataclysme du détroit de la Sonde, des éruptions paraissent avoir été observées près de l'antipode, bien qu'à ce sujet les rapports laissent à désirer sous le rapport des détails (voir p. 474). Ensuite, certaines considérations tendent également à faire croire qu'un tremblement de terre ou une éruption a eu lieu, à * ce moment, dans la mer des Caraïbes, ou à peu de distance (voir p. 453

et 475). Enfin, Thypothèse dont il s'agit est en désaccord avec les données de temps; si, pour la transmission du son à travers le noyau du globe, on admet avec H. Forel qu'une durée de une heure est suffisante, — ce qui est probablement trop peu, — les grandes explosions du Krakatau ne peuvent avoir été entendues au voisinage de l'antipode pendant le jour, mais seulement à une heure avancée du soir, le 26 Août.

â. Par suite de ces formidables explosions, Fair entra dans une agitation tellement violente, qu'à de grandes distances du volcan beaucoup d'objets éprouvèrent des vibrations assez fortes pour faire croire à des secousses de tremblement de terre.

3. La production d'une perturbation almosjphérique, se propageant sous

la forme de très tongues ondes aériennes tout autour de la surface de la terre, est également un phénomène qu'on n'avait pas encore observé pendant les éruptions, quoique d'autres perturbations de l'air aient déjà été interprétées comme des mouvements ondulatoires réguliers.

4. Le phénomène des colorations vertes et bleues du soleil et de la lune, et celui des belles lueurs rouges crépusculaires, avaient aussi été remarqués à la suite d'éruptions antérieures, mais non au même degré d'intensité qu'après le mois d'Août 4883.

5. Si les puissants cdnes tronqués de beaucoup de volcans ont déjà à maintes reprises été regardés comme les ruines de montagnes coniques jadis terminées en pointe aiguë, et dont la forme surbaissée actuelle est due à l'efibndrement de la partie centrale, l'éruption du Krakatau nous a fait assister pour la première fois à un effondrement sur une échelle aussi vaste que celle du Tengger dans l'Est de Java, Itquel est, comme on sait, l'un des plus grands cratères d'effondrement du monde. L'explication ci-dessus rappelée, dont la justesse était parfois mise en doute, parce que les dimensions souvent considérables de la partie écroulée paraissaient constituer une sérieuse objection, doit, depuis l'effondrement du Krakatau en 4883, être tenue pour par&itement exacte.

6. La coupe presque verticale du Pic Rakata, créée par l'effondrement, nous a fourni une précieuse occasion de jeter un coup d'oeil sur la structure interne d'un volcan. Bien entendu, la composition,

dévoilée par ce cas particulier, n'est nullement applicable à tous les cônes volcaniques; c'est ainsi, par exemple, que dans beaucoup de volcans on peut regarder conune très probable l'existence d'un espace vide ou d'un noyau compacte, quoique notre coupe du Rakata ne montre rien de pareil.

7. La chute, dans la mer, d'une partie du Pic a engendré des ondes, dont la hauteur dépassait de beaucoup celle des plus fortes lames soulevées par la tempête. . C'est principalement à cet accident secondaire, à la submersion du littoral du détroit de la Sonde par ces monstrueuses vagues, que doit être attribué le grand nombre des victimes de l'éruption du Krakatau.

8. La propagation de ce mouvement ondulatoire a été des plus remarquables. Non-seulement dans toute la Mer des Indes, mais aussi dans les Océans Atlantique et Pacifique, on a observé dés mouvements de la mer, occasionnés par Tonde du Krakalau. Une partie toutefois dos perturbations que le niveau de la mer a éprouvées sur les côtes de l'Amérique et de l'Europe, perturbations qu'à l'origine on avait également imputées au Krakatau, doivent avoir eu une autre cause.

9. On sait qu'à l'aide de la vitesse de propagation du mouvement ondulatoire on peut calculer la profondeur moyenne de la mer sur le trajet parcouru. Pour la route Krakatau — Géorgie-du-Sud, la durée de propagation de la grande onde de Krakatau donne une vitesse qui correspond à la profondeur très considérable de 6340 mètres. Sur cette route se trouve donc très probablement un bassin profond, dont l'existence présumée sera bientôt, je l'espère, confirmée par des sondages.

10. Enfin, il convient de mentionner encore un très intéressant résultat de l'étude de la cendre du Krakatau. Cette cendre, en effet, est la première matière dans laquelle ait été établie l'existence simultanée d'un très grand nombre d'espèces de plagioclases. Tandis que dans I)eaucoup de roches d'origine éruptive on avait déjà soupçonné ou signalé la présence de plusieurs feldspaths tricliniques différents (ordinairement deux), l'examen de la cendre du Krakatau a pour la première fois démontré qu'une même roche peut -contenir tous les plagioclases — depuis les plus basiques jusqu'aux plus acides. Un peu de sanidine s'y joint encore. Tous ces feldspaths sont ici des

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produits de la première cristallisation, car la seconde cristallisation fiit empêchée par le refroidissement et la solidification brusques du magma fondu.

La théorie des feldspaths proposée par M. Tschermak trouve dans cette association de plagioclases, dont la densilé décroit depuis celle de Tanorthite pure jusqu'à celle de l'albite pure, un nouvel appui.

Ce que Tétat d'isolement des cristaux rendait facile à constater dans notre cendre, nous pouvons, selon toute probabilité, retendre à beaucoup d'andé^tes compactes et même à un grand nombre d'autres roches éruptives; nous pouvons admettre que parmi les grands cristaux de feldspath de ces roches il y a des espèces très distinctes, qui tliftèrent en densité et par conséquent aussi sous le rapport de la composition chimique.

Si, sur deux axes rectangulaires, on porte comme abscisses les poids spécifiques, et comme ordonnées les quantités correspondantes de plagioclase qu'une roche renferme, on obtient Un certain nombre de points, dont la réunion fo'rme une courl)e, à laquelle peut être donné le nom de „Gourbe des feldspaths" de la roche. Pour les différentes roches acides et basiques cette courbe doit naturellement avoir une forme très différente. Une tâche nouvelle et importante s'impose aux pétrographes: déterminer la courbe des feldspaths des principales roches éruptives.

BuiTENZoRG, le i^' Mai 4885.

R. D. M. VERBEEK.

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