‹ KrakatauChapitre 51 sur 127 · centièmes moléc. d'An · texte numérisé non relu

centièmes moléc. d'An

Le résultat de la séparation des feldspaths du Krakatau d'après 'leur densité est consi^é dans le tableau ci-dessus, où Ton trouve: dans la colonne I, les deux limites de la densité de chacun des groupes de feldspaths; en II, le poids en milligrammes de chaque groupe; en III, la proportion de chaque groupe, en centièmes du P9ids total des feldspaths; en IV, la densité moyenne de chaque groupe; en V, la composition moyenne de chaque groupe, déduite de cette densité et exprimée en centièmes moléculaires d'anorthite; en Va cette composition est calculée comme si Ton n'avait affaire qu'à des feldspaths sodico-calciques purs, par conséquent d'après la formule S = 0.00127 a + 2.618; en V6, au contraire, la correction de 3.7% An, due à la teneur moyenne en potasse, a été appliquée à chacun des chiffres de Va. En VI, finalement, on trouve la proportion, en centièmes moléculaires d'albite et d'anorthite, de chacun des groupes par rapport à la quantité totale des feldspaths; les chiffres de l'anorthite, dans cette colonne VI, ont été obtenus en multipliant les chiffres de \b par les chiffres correspondants de la colonne III et en devisant le produit par 100. Les groupes feldspathiques plus légers que 2.620 ont été portés en compte comme albite pure.

De ce tableau ressortent les points suivants: 1. Tous les plagioclases possibles, de la densité 2.745 à la densité 2.620, c'est-à-dire, tous les feldspaths à chaux et à soude, depuis l'anorthite pure jusqu'à l'albite pure, sont représentés, et on n'a donc pas affaire, comme il est souvent admis, à une espèce unique, bien déterminée. La présence de plagioclases de toutes les densités possibles est, en même temps, une confirmation de la théorie de M. TsGHERMAK, suivaut laquelle les plagioclases seraient des mélanges isomorphes en proportions indéfiniment variées, de sorte qu'il faudrait renoncer à l'idée ancienne, encore soutenue par des géologues français (M. Fouquk, M. Micbbl-Lévy), de l'existence d'un petit nombre de plagioclases, cinq seulement, ayant chacun une composition constante. Dans cette hypothèse en effet (puisque ces combinaisons fixes devraient avoir chacun une densité fixe), nous n'aurions pu obtenir par nos séparations que cinq groupes de feldspaths.

t. La masse principale ^85%) des feldspaths se place entre leâ densités 2.700 et 2.640, par conséquent, entre deux plagioclases contenant respectivement 68.5 et 21 centièmes moléculaires d'anorthite; en grande majorité ils appartiennent donc aux labradors, aux andésines et aux oligoclases, tandis que les feldspaths très acides et les feldspaths très basiques ne sont que peu représentés (^). Un fait intéressant, c'est la présence de vraies albitas; celles-ci peuvent donc, tout comme les autres feldspaths, se séparer d'un magma fondu, et non pas exclusivement, comme on l'admettait assez généralement jadis,' d'tme dissolution aqueuse, dans des fissures ou des cavités.

3. Outre les feldspaths tricliniques à chaux et à soude, on rencontre aussi des plagioclases à potasse tricliniques, ainsi que des sanidines sodifères monocliniques et des sanidines presque pures, toutes comprises entre les densités 2.620 et 2.540.

4. En ce qui concerne le partage de la quantité totale de potasse entre les différents feldspaths, on voit directement qu'une petite fraction seulement de cet alcali est réclamée par les plagioclases à potasse et par les sanidines, et que la très grande partie doit être attribuée au feldspath triclinique à potasse associé par cristallisation, comme élément isomorphe, à la masse principale des feldspaths à chaux et à soude (densité >* 2.62). Bien qu'il ne soit pas possible de calculer la quantité de potasse contenue dans les feldspaths à densité <[ 2.62, l'estimation suivante pourra en donner une idée. Dans ses plagioclases de Pantelleria, M. Fobrstnbr a ordinairement trouvé 4% K^O, quelques-uns seulement en renfermaient 5%. Prenons ce dernier chiffre pour la moyenne de nos plagioclases à potasse. Ceux-ci se trouvent en majeure partie

(') Pour la déDomJDation des plagioclases, j'ai suivie la distribution originelle de M. TscoeaMAK, savoir:

Albite : Ab - Ab, An, ( 0— 11.17o moléc. d*An).

Oligoclase : Ab, An, - Ab, An, (11.1- 33.37o d'An).

Aodésine : Ab, An, — Ab, An, (33.3- 50 7, d'An).

Labrador : Ab, An, - Ab, An, (50 - 66.67o d'An).

Bylownilc : Ab, An, - Ab, An, (66.6- 88.97, d'An).

Anorthite : Ab, An, - An (88.9-100 7, d'An).

entre les densilés 2.62 et 2.59, leur poids s'élève à 2.6% du poids total des feldspatlis du Krakatau, et leur contenu en potasse est donc 0.026 X ^ = 0.13% de la composition chimique totale. Entre 2.59 et 2.54 se placent les sanidines à soude et les sanidines pures, dont le poids est 0.9% de celui de l'ensemble des feldspaths. Admettons qu'elles consistent uniquement en feldspath à potasse; cdui-ci contient 17% K^O, de sorte que la potasse des sanidines formerait 0.009 y^ n = 0.15% de la matière feldspathique totale. On voit que le contenu en K2O des feldspaths à densité <] 2.62, estimé très largement, ne s'élève qu'à 0.13 + 0.15 = 0.28%. Comme j'ai trouvé 1.22% pour le contenu en K^O de l'ensemble des feldspaths du Krakatau, il reste encore, pour les plagioclases à densité > 2.62, environ 1% KjO, c'est-à-dire la partie de beaucoup la plus grande du contenu total.

5. Les résultats de la séparation des feldspaths d'après leur densité permettent de calculer la composition chimique moyenne de l'ensemble des feldspaths. Provisoirement, on peut négliger le contenu en K^O, et considérer tous les feldspaths comme des feldspaths à chaux et à soude (les feldspaths à densité < 2.620 étant donc comptés pour albite pure). On obtient alors une composition moyenne (voir le tableau) de 60.525 molécules d'albite et 39.475 molécules d'anorthite, ce qui revient, en fwids, à 59.06 parties d'Ab et 40.94 parties d'An (^).

De là se déduit la composition:

SiO, = 58.11%.

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