‹ KrakatauChapitre 55 sur 127 · FejO^ 18.38% Fe^TiO · texte numérisé non relu

FejO^ 18.38% Fe^TiO

Bien entendu la proportion variera, comme dans tout autre mélange d'éléments isomorphes, d'un cristal à l'autre, et les chiffres qui précèdent ne représentent que la composition moyenne de la magnétite.

îlménile {Fer titane).

Lorsque a fait agir le barreau aimanté sur ceux des cristaux de la cendre du Krakatau qui sont plus lourds que 3.0, et que par ce

in

Moyen on en a extrait la magnétite, on trouve parmi les cristaux qui restent, et qui sont presque entièrement composés de pyroxène, un petit nombre de grains noirs. Après que ceux-ci ont été triés, on reconnaît qu'ils consistent pour une grande partie en lamelles hexagones noires, à éclat métallique. Quelquefois ces mêmes petits hexagones plats de minerai de fer se voient, comme inclusions, dans les cristaux de feldspath.

Si Ton dissout une couple de ces lamelles dans le sel de phosphore et qu'on chauffe longtemps au feu de réduction, la perle présente en se refroidissant une couleur violette beaucoup plus prononcée que ceUe donnée par la magnétite, tandis que la réaction du fer est plus faible qu'avec ce dernier minéral.

La substance est donc indubitablement du wrai fer trtané rhomboédrique, non magnétique (ilménite).

En examinant le^ lamelles hexagonales attentivement au microscope, à la lumière réfléchie, on voit qu'elles ne sont pas limitées par un prisme, mais par un rhomboèdre; elles offrent donc la combinaison oR, R, ordinaire chez l'ilménite. Parfois le rhomboèdre est très développé, de sorte que oR n'apparaît plus que comme face triangulaire.

Le fer titane recueilli était en quantité trop petite pour qu'on put en faire l'analyse.

Apatite.

Ce minéral pénètre tous les éléments de la cendre du Krakatau, magnétite, pyroxène, feldspaths, de sorte qu'il est certainement l'un des premiers formés. Il semble que les cristaux d'apatite originairement déposés dans la masse vitreuse aient servi de points d'attache pour les autres éléments.

n se présente sous la forme connue de petits prismes hexagonaux à pointement pyramidal (ooP, P), bien conformés, incolores. Souvent on voit aussi leurs sections hexagonales. Quelques cristaux de pyroxène sont traversés d'une foule de ces petits pris-

mes d'apatite. Les dimensions sont très petites: 0.06 à 0.20 millimètre.

Entre les niçois croisés ils polarisent distinctement, mais en ne donnant, à cause de leur faible épaisseur, que du blanc et du bleu pâle du V^ ordre, fls éteignent parallèlement. Leurs sections transversales restent obscures pendant la rotation entre les niçois croisés.

Souvent ils renferment au centre des inclusions longitudinales de verre brun, qui y occupent parfois un espace très considérable. Ces inclusions vitreuses, qui sont limitées nettement entre des lignes parallèles, montrent, sur des sections transversales, non pas un contour hexagonal^ mais un contour rond ou elliptique (ce ne sont donc pas des prismes hexagonaux négatifs, mais des cylindres de verre). Leurs terminaisons ne sont pas non plus pyramidales, mais arrondies.

Si nombreux que soient les petits prismes d'apatite à l'intérieur

des autres éléments, on éprouve beaucoup de difBculté à se procurer

un certain nombre de cristaux isolés. On y réussit le mieux en les

cherchant dans les élégients de la cendre qui se sont précipités au

sein d'une liqueur de Thoulet ayant la densité 5.0; l'apatite, en effet, possède la densité 3.2.

Eléments étrangers.

Outre les minéraux ci-dessus décrits, qui constituent les éléments pétrographiques de la cendre du Krakatau, il y en a encore quelques autres, qui s'y sont introduits accidentellement et sont donc étrangers à sa composition. A cette catégorie appartiennent la pyrite et l'anhydrite.

Pyrite. Ce minéral existe en très faible proportion dans la cendre du Krakatau. La meilleure manière d'en rassembler une quantité un peu notable est de prendre pour point de départ ceux des éléments de la cendre qui se sont déposés dans une liqueur de Thoulet d'une densité >> 3.0. Âpres que le barreau aimanté en

a extrait la magnétite, il reste des cristaux de pyroxène, au milieu desquels se distinguent aisémHit, par leur couleur jaune, les rares petits cristaux de pyrite; on les isole à l'aide de la loupe et de l'aiguille.

La pyrite de la cendre se trouve le plus souvent en petits cristaux nets, isolés (ou en groupes), dont les dimensions varient ordinairement de O.IS à 0.3 millimètre. En les faisant tourner avec la table rotative sous le microscope à la lumière réflécliie, on peut facilement recon-

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naître leurs formes. Ils sont composés de ooOoo, • et 0. Les

■ans sont des cubes simples, à (aces striées parallèlement à l'arête, les autres des dodécaèdres penlagonaux simples, d'autres encore des combinaisons de ces deux formes. L'octaèdre se montre rarement et il reste toujours subordonné, à l'étal de petite troncature triangulaire.

Il est à peine besoin de dire que ce minéral, qui jusqu'ici n'a jamais été rencontré comme élément originel dans les rocbes volcaniques (mais seulement , lorsqu'il y existe , comme produit bydatogène secondaire), n'a pu prendre naissance au sein du magma fondu.

Dans notre cas, d'ailleurs, l'origine des cristaux de pyrite n'est guère entourée d'obscurité. Parmi les débris du substratum du Krakalau, rejetés lors de l'éruption, il y avait aussi des fragments d'andésite quartzifères, qui ont été décrits dans la partie géologique de cet ouvrage, et dont les cavités sont souvent très riches en petits cristaux de pyrite, semblables à ceux dont il est ici question. En outre, à quelques-uns des cristaux de pyrite de la cendre on voit encore attachés des restes de la pâte felsitique, d'un blanc laiteux presque opaque, de l'andésite quartzîfère.

Très rarement on trouve aussi des cristaux de pyrite enclavés dans le verre de la dernière éruption, ce qui ne saurait surprendre, puisque toute sorte de fragments du sous-sol auront naturellement été englobés dans le magma fondu. La non-décomposition de ta pyrite, dans ces circonstances, se laisse expliquer par le lait que, sous une

forte pression, la dissociation de FeSj ne peut paç avoir lieu, pas plus, par exemple, que celle de CaCO,.

En quelques points, d'ailleurs, la pyrite a réellement perdu par la chaleur la moitié de son soufre, comme le prouve la présence de la:

Pyrite magnétique (pyrrholine). Ce minéral est très rare dans la cendre. Néanmoins, j'ai réussi à en trouver quelques lamelles hexagonales, d'un brun bronzé, à éclat métallique, composées de oP et ooP, légèrement courbes et fortement magnétiques.

L'explication la plus simple de la formation de ce minéral est celle qui a été indiquée plus haut et qui le fait naître par échauffement de la pyrite et cristallisation du FeS fondu.

Anhydrite. Si l'on commence la séparation des feldspaths d'après leurs densités en employant une liqueur de 2.780, il se précipite quelques petits cristaux, les uns incolores, les autres d'un blanc mat, qu'à première vue on prendrait pour du feldspath. Ensuite, il ne se précipite plus rien ni à 2.770, ni à 2.760, ni à 2.750, et ce n'est qu'un peu après 2.745 que du feldspath commence à se déposer.

Par cette remarquable différence de densité les premiers cristaux attirèrent tout d'abord mon attention, et l'examen ultérieur de leurs propriétés physiques et chimiques mit bientôt hors de doute qu'ils appartenaient à Vanhydrite,

Au microscope, on voit que ce sont des parallélipipèdes rectangulaires et des cubes, caractérisés par trois directions de clivage perpendiculaires entre, elles, qu'on met facilement en évidence en brisant avec précaution un des cristaux. Deux de ces clivages sont très parfaits, le troisième est moins facile.

Les petites plaques .détachées pai* la cassure ont un contour exactement rectangulaire, ainsi que je m'en suis assuré par des mesures.

Optiquement, les cristaux se distinguent immédiatement de ceux des feldspaths, en ce que ces derniers polarisent vivement, ce que ne font -pas les cristaux d'anhydrite. Ceux-ci restent incolores et

montrent seulement, quand on les tourne entre les niçois croisés, des alternatives de clarté et d'obscurité. On voit toutefois apparaître les couleurs lorsque l'anhydrite est en lamelles minces, de sorte que le blanc des cristaux normaux est composé des couleurs des ordres supérieurs. Les éclats les plus minces donnent même des couleurs de polarisation très vives. Chez toutes les lamelles, sans exception, l'extiilction est complètement parallèle, ce qui — vu qu'il y a aussi des cristaux cuboides et qu'on a donc probablement affaire à des cristaux reposant sur chacune des trois faces — indique assez sûrement une forme cristalline orthorhombique. Comme je n'^i jamais rencontré de lamelles restant obscures pendant une rotation entière, le minéral ne saurait être quadratique. Cela est prouvé, en outre, par la circonstance que la lumière polarisée convergente y fait parfois apparaître de belles lemniscates, avec croix noire se changeant en hyperboles obscures quand on tourne le cristal.

A l'intérieur des cristaux on remarque, à un bon grossissement, des files d^octaèdres excessivement petits, mais très nets, rangés longitudinalement. Je n'ai pu décider si c'étaient des cavités ou des inclusions. On ne peut guère songer toutefois à des cristaux négatifs' car la forme octaédrique se concilie difficilement avec celle de l'anhydrite. Peut-être sont-ce des octaèdres de sel gemme, minéral qui accompagne assez souvent l'anhydrite.

L'examen microchimique donna les résultats suivants. Dans HCl le minéral ne se dissout ni à froid, ni à chaud. Avec le sel de phosphore il fond rapidement en une perle incolore, avec formation de quelques bulles (de SO3 dégagé). Traité par la soude sur le charbon au feu de réduction, il donne un hépar marqué (S). Chauffé seul au chalumeau, il communique à la fiamme incolore une teinte orangée (Ca). Par ces diverses réactions, jointes aux propriétés physiques, le minéral est suffisamment caractérisé comme anhydrite.

Pour confirmer, au besoin, cette détermination, il suffit de chauffer itérativement un petit cristal avec quelques gouttes de HCl sur un

verre porte-objet, puis d'évaporer à siccité. Bien que le cristal luimême ne paraisse pas attaqué, la volatilisation de HCl laisse pourtant une petite 'croûte saline. Abandonnée à elle-même, celle-ci attire de Teau au bout de quelque temps, et au microscope on voit alors de petits cristaux de gypse très distincts, ordinairement groupés en mâcles et éteignant sous un très grand angle.

En ce qui concerne l'origine -de cette anhydrite, il ne saurait être question, ici non plus, de formation primitive au sein du magma liquide ; selon toute apparence, ce CaSO^ anhydre est dû à du gypse, provenant lui-même du sol ou des roches plus anciennes de Krakatau. Plus haut, on a décrit une veine qui renferme du gypse, dans ses cavités; beaucoup d'autres veines analogues existaient probablement, surtout dans l'ancien cône du Danan, et nous pouvons donc admettre que le gypse a été mêlé avec la masse vitreuse fondue. Ce minéral perdant déjà ses deux molécules d'eau de cristallisation un peu audessus de 100'' C, il n'est pas étonnant que lors de l'éruption presque tout le gipse ait été transformé en anhydrite par la chaleur, et que nous n'en trouvions pour ainsi dire plus dans la cendre ellemême. Lorsqu'on traite la cendre par l'eau, le liquide ne contient, en effet, qu'une très minime quantité de gypse; l'anhydrite est à peu près insoluble dans l'eau.

n est possible aussi que l'anhydrite dérive de l'eau de mer. On sait que d'une solution aqueuse de CaS04 ^^ ^^d, chauffée à 125^ C, le premier des deux sels cristallise sans eau (anhydrite)» et, dans les incrustations des chaudières à vapeur des navires, CaSO^ se dépose également à l'état anhydre; il se pourrait donc que l'anhydrite de la cendre eût pris naissance par l'évaporation subite de l'eau de mer au moment de l'éruption. Pour cela, toutefois, la quantité de cette anhydrite me paraît trop considérable, de sorte que je regarde le premier mode de formation, aux dépens du gypse, comme ayant le plus de probabilité.

Les vapeurs d'acide sulfureux paraissent donc avoir joué dans les éruptions du Krakatau, comme dans la plupart des éruptions volcaniques, un rôle important; en s'oxydant, ces vapeui's donné-

rent lieu à la production de sulfates, qui circulèrent à l'état de dissolution et dont le moins soluble, le gypse, se déposa en différents points du manteau du volcan. Plus tard, lors de Téruption de 1883, ce gypse, en contact avec le magma fondu, fut transformé en anhydrite.

Autres éléments ëtrafigers. Comme telsje mentionnerai, en terminant: des grains de roches étrangères, reco^paissables les uns pour des débris d'andésites quartzeuses anciennes, les autres pour des fragments calcinés de marne et d'argilite, tous originaires du sous-sol de Krakatau (voir ci-dessous); enfin, quelques fragments de coquilles et de coraux, provenant du fond de la mer.

Fragments, pi^ovenant du sous'sol de Krakatau, ry'etés lors de f éruption du mois d^Août 1885. En décrivant les produits des périodes .an(^rieures, j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'appeler l'attention sur des fragments de l'ancien volcan, qui furent éjaculés en 1883. A l'extrémité ouest de Krakatau on trouve toutefois encore d'autres fragments, qui évidemment ne proviennent pas du volcan; ce sont des morceaux de marne et d'argile, et des débris de roches éruptives, ne prenant aucune part à la constitution du Krakatau. Ces matièf^es rejetées étrangères, qui doivent provenir du sous-sol du volcan, vont maintenant être décrites.

Fragments de marne et d*argile, d'âge diluvien ou récent.

Ce sont des matières gris clair, quelquefois tendres et s'émiettiant sous les doigts, mais ordinairement beaucoup plus dures. Les fragments atteignent la grosseur du poing et même celle de la tète; la plupart font effervescence quand on les humecte d'acide chlorhydrique, mais tous ne le font pas au même degré, et quelques morceaux ne contiennent même aucune trace de carbonate de chaux.

Si l'on pulvérise ces fragments et qu'on soumette la poudre à la lévigation, puis à l'action de l'acide chlorhydrique, on reconnaît au

microscope que tous contiennent des matières volcaniques d'âge moderne, savoir, du verre poreux, du verre dévitrifié granuleux et

rempli de microlithes, du verre non granuleux et ne renfermant qu'un petit nombre de microlithes, des grains de feldspath, d'hypersthène, d'augite et de magnétite. La quantité relative de ces éléments est toutefois très variable; les cristaux sont toujoui*s rares,

mais dans quelques-uns des fragments on ne voit que. çà et là une particule de verre poreux , tandis que d'autres sont en grande partie composés de ce verre. Quelquefois aussi on ne trouve que des particules de verre granuleux brun, sans verre poreux. Comme le volcan Krakatau, ainsi qu'on l'a vu par la description des roches, ne parait avoir fourni de la ponce que dans la dernière période de son activité, la teneur différente en ponce est peut-être liée à une différence d'âge; toutefois, quelques cendres de l'éruption de 1883 sont elles-mêmes très pauvres en ponce, et l'absence de cet élément n'est donc pas une preuve décisive d'ancienneté relative. En tout cas, nous ne pouvons rapporter les fragments éjaculés à une époque plus reculée que l'époque quaternaire, et une grande partie est probablement plus jeune et appartient aux dépots récents. Ces fragments proviennent donc d'un tuf marin, qui s'était formé sur le lit de la mer autour du volcan; lors de l'éruption du 27 Août, l'affaissement qui se produisit ne resta pas borné à l'ile Rakata, mais s'étendit aussi à une partie du fond de la mer circonvoisine, comme le montrent les grandes profondeurs indiquées sur nos cartes en dehors de l'ile ancienne. Par suite de cet effondrement, des blocs du tuf parvinrent dans le grand cratère, d*où ils furent ensuite rejetés avec les derniers produits. La circonstance qu'on ne les trouve qu'à la surface des puissantes masses de sable ponceux, et non à leur intérieur, est aussi une preuve qu'ils n'ont été amenés au jour que dans les dernières éruptions du Lundi. 11 est à remarquer que quelques-uns de ces fragments de marne récente possèdent une ' grande cohérence, propriété qui se rencontre rarement dans les tufs diluviens. Peut-être doivent-ils cette ténacité à la forte chaleur éprouvée pendant l'éruption.

Dans la plupart des fragmeifts de marne, les éléments cristallins et vitreux, cités plus haut, sonl liés par un très abondant ciment de particules calcaires spathiques.

Un commencement d'altération a rendu plus ou moins troubles les particules de verre granuleux.

Les corps les plus intéressants, parmi ces matières calcarifères, sont les petites boules grises ou noires, de 72 ^ ^ centimètres de diamètre, qu'on trouve ordinairement éparses à la surface du sable ponceux, enfoncées jusqu'à mi-hauteur.

Elles présentent toutes sortes de formes, irrégulièrement noueuses, ellipsoïdales, globuleuses et quelquefois si parfaitement sphériques qu'on les prendrait pour des produits artificiels. Précédemment, j'avais cru devoir attribuer leur forme plus ou moins régulièrement arrondie à un mouvement de rotation rapide, éprouvé par les fragments et détritus marneux, dans l'eau et dans Tair, au moment de l'éjaculation. Lors de ma seconde excursion à Krakatau , en Août 1884, j'ai toutefois trouvé, parmi les fragments rejetés, un morceau d'argilite gris clair contenant plusieurs de ces petites boules dans son intérieur, et à ma troisième visite, au mois de Septembre de la même année^ une petite boule fut aussi rencontrée dans une marne grise.

Il faut en conclure que ces corps possédaient déjà la forme ronde avant l'éjaculation, et qu'ils doivent probablement être considérés comme des concrétions formées au sein des tufs. La jprésence de ces boules, très riches en calcaire, dans des roches qui elles-mêmes sont parfois tout à fait dépourvues de chaux, n'en reste pas moins assez difficile à expliquer; on doit admettre que toute la chaux disponible s'est concentrée dans les boules. La forme exactement sphérique de beaucoup d'entre elles est aussi un phénomène très remarquable; je ne connais rien d'analogue parmi les innombrables concrétions qui ont été décrites.

En cassant une de ces boules par le milieu, on y distingue quelquefois un groupement testacé confus des particules, groupement accusé par des anneaux concentriques alternativement plus foncés et

plus clairs, qui toulefois ne sont jamais nettemenl tranchés. II résulte de cette structure que, par Teffet de l'altération à l'air, la croûte extérieure s'exfolie et tombe en écailles. A l'oeU nu, aucune particule minérale ne se îait remarquer au centre de la boule, mais au microscope on voit parfois en ce centre un petit agrégat radié d'aragonite.

Dans quelques-unes des boules on trouve des fissures, qui son^ tapissées d'aiguiUes d'aragonite rayonnantes. Lorsqu'on casse une pareille boule, elle se rompt ordinairement suivant la fissure, et on pourrait alors croire que toute la masse possède une belle structure radiée; une cassure perpendiculaire à la première montre directement que cela n'est pas le cas.

L'argilite gris clair qui contient les boules, et qui ne donne aucune effervescence avec l'acide chlorhydrique, absorbe l'eau avec avidité, et renferme quelques rares petits fragments de bois altéré et noirci; on n'a pu y découvrir ni débris de coquilles, ni tests de foraminifères. L'examen microscopique de la poudre lévigée nous apprend que la roche est essentiellement composée de verre trouble dévitrifié, avec peu de verre poreux blanc, et quelques particules de feldspath et cristaux de magnétite. Les éléments cristallins y sont en très petite quantité.

Les boules elles-mêmes, qui toutes font vivement effervescence avec l'acide chlorhydrique, montrent au microscope une mosaïque de particules de spath calcaire, colorées en jaune très clair. Le principe colorant est probablement d'origine organique,^ car, en précipitant par l'ammoniaque la dissolution chlorhydrique, on n'obtient qu'un très faible précipité brun d'hydrate d'oxyde de fer. La matière colorante n'existe toutefois pas à l'état de pigment, mais à celui de dilution, ce qui suivant M. Fischer {Kriiisch Mikr. Studien, W^ Fortsetz., Freiburg i/B 1873, p. 2) est fréquemment le cas, pour des matières colorantes bitumineuses, dans le spath fluor, le quartz, le sel gemme et le spath calcaire. Au centre des boules se trouvent des particules limpides d'aragonite, souvent groupées radialement, de sorte qu'entre les nicds croisés elles donnent plus ou moins

distinctement une croix noire d'interférence. Les boules contiennent en outre: beaucoup de particules vitreuses brunes, dévitrifiées et troubles;, du verre limpide, tantôt poreux, tantôt non poreux; quelques petits fragments de feldspath et d'hypersthène, enfin de la magnétite.

Lorsqu'on traite les préparations par l'acide chlorhydrique , le spath calcaire et l'aragonite se dissolvent, et on peut alors mieux étudier les particules vitreuses et cristallines. Les boules sont donc formées des mêmes éléments que la roche où elles se trouvent, mais ces éléments sont mêlés de beaucoup de spath calcaire.

La marne, dans laquelle j'avais découvert une boule, présentait également, au microscope, de la ponce et du verre dévitrifié et trouble.

Fragments de roches érupUves.

Ce sont des fragments d'andésites très' altérées, de couleur blanche, verte ou noire. Hs ressemblent tout à fait à des roches que nous connaissons dans la partie Ouest de la résidence Preanger-Regentschappen, où les unes sont en bancs qui alternent avec des couches miocènes, tandis que les autres sont plus anciennes et paraissent former la base des sédiments miocènes. Lorsqu'elles sont fortement altérées, ces roches aussi présentent ordinairement des couleurs blanches et sont, en outre, riches en cristaux de pyrite. Il parait que la pyrite se forme aux dépens de la magnétite, car celle-ci est plus rare à mesure que la pyrite devient plus abondante, et parfois on trouve aussi, au voisinage des cristaux de pyrite, le produit blanc de la décomposition de la magnétite titanifère et du fer titane. Ce n'est pourtant pas une pseudomorphose ordinaire, car la pyrite possède ses formes cristallines propres: elle offre habitueUement le cube, le dodécaèdre pentagonal, ou une combinaison de ces deux formes, à laquelle parfois s'ajoute l'octaèdre.

Les échantillons des andésites anciennes rejetées par le Krakatau sont la plupart de couleur blanche ou gris clair et montrent des cristaux de feldspath, des cristaux de pyroxène * altérés > tendres, -M trouble, et beaucoup de pyrite. La pâte est très fine et

présente même parfois la compacité de la porcelaine. Un seul échantillon était noir foncé, et contenait beaucoup de veines 1>lanches d*opale.

C!est sans doute de ces roches que provient la pyrite trouvée dans la cendre de 1883.

Au microscope, la pâte se résout en un mélange finement cristallin de microlithes feldspathiques et de particules faiblement polarisantes, à formes moins nettement limitées, qui probablement consistent aussi en feldspath. Entre ces éléments on ne voit que ça et là un peu de verre limpide. Dans la pâte sont disséminés de grands cristaux de feldspath, des cristaux de pyroxène complètement changés en chlorite, un peu d'apatite, beaucoup de pyrite; quelquefois on y trouve aussi du fer titane ou de la magnétite titanifère à bord blanc de leucoxène (titanite), mais alors la pyrite manque, ou du moins est très subordonnée.

Nous possédons des échantillons analogues des roches de la grande île Taboean dans la baie de Semangka, de l'andésite à pyroxène, d'âge miocène ancien, de TApenberg près de Padang, et des andésites quartziféres, d'âge miocène moyen, de l'ouest des Preanger; dans ces dernières andésites, le quartz disparaît quelquefois en grande partie.

L'andésite foncée ^ à veines d'opale, présente également une pâte microcristalline compacte, contenant peu de verre; parmi les grands cristaux on y remarque du plagioclase, de l'augite — les plus grands individus encore intacts, les petits (hypersthène ?) entièrement transformés en chlorite — de la magnétite et de l'apatite. La pyrite manque. De pareilles andésites compactes et de couleur foncée se trouvent aussi dans les Régences du Preanger.

COMPOSITION GHIMIQnE DES «OGHES DU EBÂEÂTÀU.

Les analyses que j'ai fait faire des roches récentes du Krakatau, et celles qui ont déjà été publiées par d'autres, présentent, il est vrai, certaines différences, mais toutes s'accordent à montrer qu'il s'agit d'andésites ayant, pour les Indes Néerlandaises, un caractère très acide.

Tandis que la plupart des andésites à pyroxène et des rétinites néo-volcaniques de Sumatra contiennent de 52 à 61% Si02, (950), les analyses des nouvelles roches du Krakatau donnent de 61 à 69% SiOj. Les roches plus anciennes du volcan, en tant qu'elles appartiennent aux andésites à hypel*sthène, ont le même contenu en silice que les produits de 1883. Minéralogiquemeni, les roches du Krakatau se distinguent, comme nous l'avons vu, des autres andésites de l'Archipel, en ce qu'elles renferment beaucoup de tridymite et une quantité notable de verre; mais chimiquement aussi elles forment une exception par leur forte proportion d'acide sUicique, qui est comprise entre celles des andésites à pyroxène ordinaires (61%) et celle de certaines obsidiennes et ponces de la Côte ouest de Sumatra (78%).

Parmi les roches éruptives tertiaires de l'Archipel, U n'y a qu'une rétinite andésitique à amphibole de la Côte ouest de Sumatra (67% SiOj) et la perlîte de Java's 1« Punt (69.80% SiOJ qui se rapprochent des produits du Krakatau par la teneur en acide silicique; la première, toutefois, est une roche à hornblende, la seconde une andésite hydratifère, avec 7.4% H^O. Parmi les andésites à pyroxène anhydres de l'Archipel, on n'en connaît encore aucune qui soit aussi acide que les produits du Krakatau.

Comme terme de comparaison pour les produits de 1883, j'ai fait déterminer de nouveau la teneur en acide silicique de quelques roches plus anciennes du volcan, les résultats des déterminations antérieures me paraissant trop élevés (Sftl.)*

De Fancienne enceinte du cratère on a examiné, sous ce rapport, la roche à tridymite de Krakatau et la roche vitreuse foncée du Poolsche Hoed; des basaltes du Pic Rakata, un échantillon de basalte gris clair, provenant du »Zwarte Hoek".

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