‹ KrakatauChapitre 72 sur 127 · SU · texte numérisé non relu

SU

27 Août.

27 Août.

28 Août 6'' mat.

27 Août.

27 Août.

"^ Gouvernement ou

Localilës.

Premiers bruits

Détonations les

Résidence.

entendus.

plus fortes.

Rés. BeDkoelen.

Div. Ommelanden.

26 Août soir.

Div. Lais.

26 Août soir.

Div. Nokko.Ho]il<o.

26 Août soir.

CheMieu Benkoelen.

26 Août S"- soir.

27 Aoùl 9> inat.

Rës. Pad. Benedenlan-

Painan.

26 Aoùl.

den.

Padang.

26 Août 6' soir.

27 Août l' soir.

Littoral de Padang à

26 Aoùl

Siboga.

Padang-Pandjang.

26 Août 4>7, soir.

Rés. Tapanoeli.

Siboga.

26 Août.

Singkel.

Toba (lac).

26 Août.

27 Août midi.

26 Août.

Sumatra's Westkust.

Gouvernenieut Aljeh.

Grand-Atjeh et postes dans les dépendances.

26 Août.

Kotta Radja.

26 Août soir.

^^^P^^^^" " uialra's Oostk.

Dell.

26 Août.

Bengkalis el la pro

26 Août V soir.

27 Août 10>' mal.

vince entière.

Derniers bruits entendus.

Voir la Note N«.

Remarques.

27 Août.

27 Août.

27 Août.

27 Août.

27 Août.

27 Août 1^ soir.

27 Août.

27 Août llh mat.

27 Août.

27 Août.

27 Août.

27 Août.

26/27 Août nuit.

27 Août.

27 Août.

On soupçonne d'abord le pic d'Indrapœra, puis le Dempo, d'être le /volcan actif.

On crut, à Padang, que Tartillerie faisait des exercices aux environs.

Les détonations retentissaient avec autant de force que si Ton s'était battu dans le voisinage.

Trépidation du sol; on crut qu'une éruption avait lieu sur le plateau de Toba.

Le bruit avait le rententissement de salves et de feux d'artillerie.

On crut qu'un des postes était attaqué, et des ordonnances furent envoyées de Kotta Radja aux postes circonvoisins, pour recueillir des informations.

A 10^ on ressentit de faibles tremblements de terre (?) verticaux.

ino

Gouvernement ou Résidence.

Localités.

Premiers bruits entendus.

Détonations les plus fortes.

Rés. Sumatra's Oostk.

Rés. Palembang.

Autres îles.

Rés. Riouw.

Rés. Banka.

Siak.

Djambi.

Tebing-Tinggi.

Lahat.

Bandar.

Batoe-Radja.

26 Août ù^ soir.

26 Août Z^ soir.

26 Août soir.

26 Août soir.

26 Août V" soir.

26 Août 1^% soir.

Moeara-Doea.

Palembang;

Tandjoeng-Pinang (Re

Bintang).

Lingga (De).

Muntok.

Toboali.

26 Août soir.

26 Août 1*^ soir.

26 Août 8^ soir.

26 Août B^ soir.

26 Août 4^ soir.

26 Août 4^ soir.

27 Août 9** mat, 27 Août 5^ mal.

27 Août 11*" 38« mal.

27 Août 10*^ Va «nal.

Derniers bruits

Voir la

Remarques.

entendus.

Note N".

27 Août n^ mat.

27 Août 11"* soir?

N. B. Le rapport dit »11** du soir"; cela doit probablement être: 11** du matin.

27 Août 11*' mat.

(MO

27 Août 11*' mat.

27 Août 10** mat.

27 Août 10** mat. Le

(SSS)

Il est mentionné expressément: »Pas de tremble-

soir à 8*^72. de nou-

ment de terre". Pendant les détonations de 3** du

veau, faibles.

matin, des lézardes se produisirent à la caserne des pradjoerits.

27 Août 9** mat. Le

(saa)

soir à 8** Va de nou-

veau, faibles.

27 Août 11** mat. ou

(SS4 et SSft)

Les murs* du bureau de la résidence, de Técole

11** 45" mat.

européenne et de la maison de Tinstituteur, furent tellement lézardés, qu'il fallut immédiatement évacuer ces bâtiments.

27 Août 8** soir.

28 Août mat.

On n'observa pas de tremblement de terre, mais bien des craquements de maisons.

97 Août 11** ou midi.

Détonations les plus fortes le 26, à 4\ }i^% et

de nouveau à 10-11**

9**Va du soir; le 27, à l**Va, 3**Va, et lO'*»/^ du

du soir, faibles.

matin.

27 au 28 Août mi-

Un aviso fut envoyé à la découverte.

nuit.

Gouvememeot ou

Localités.

Premiers bruits

RésideDee.

entendus.

plus fortes.

Kés. Banka.

Pang^al Pînang.

26 Août 4^ soir.

' Batoe Roesa (Mera-

26 Août 3^Vj soir.

Wang).

' Soengd Liât.

26 Août 4^ soir.

, Djeboes.

26 Août 3*" soir.

Tandjoeng Laboe (ile Lépar).

27 Août midi.

Sous-Rés. Billiton.

Tandjoeng Pandan.

- 26 Août 3^ soir.

27 AoùUS" à nikli.

Dendang.

' 26 Août 4^ soir.

27 Août 10*'/, niaL

Manggar.

26 Août 11^ mat.

De Mendanau.

26 Août 5^ soir.

Rés. Div. Ouest de

Pontianak.

27 Août 11* mal.

Bornéo.

Soekadana.

26 Août.

Sintang.

26 Août.

Landak.

26 Août.

Singkawang.

26 Août soir.

27 Août 2*Vj et H'

du mat

En mer.

Navire Ida à env. V Lat.N.,108^Long.E.

27 Août vers midi.

de Gr.

Rés. Div. Sud et Est

Pengaron.

26 Août 6*^7, soir.

27 Août 11* mat.

de Boniéo.

Tanah Lant.

26 Août.

Derniers bruits entendus.

7 Août l*'Vî soir, de nouveau à 10*" 50"* du soir, faibles.

7 Août 8*^V2 soir.

7 Août 1** soir.

7 yXoùl; de nouveau jusqu'au 28 Août au mat.

7 Août o^ soir.

7 Août minuit.

7 Août.

7 Août 9** soir.

7 Août i^ soir.

7 Août l**. De nouveau

faibles de 10— 12\

1 Août.

^ Août.

^ Août.

' Août S"* soir.

Août 7*" soir.

Août.

KIAIITAU II

Voir la Note N^

(MO

■^SBBB

Remarques.

Pas de tremblement de terre.

Des bâtiments indigènes furent envoyés pour prêter assistance.

Pas de tremblement de terre, car, dans la chambre de bain, l'eau contenue dans de grandes tonnes était en repos parfait.

Les détonations s'entendaient dans la direction S. S. E.

Gouvernement ou Résidence.

Localités.

Premiers bruits entendus.

Détonations les plus fortes.

Rés. Div. Sud et Est

Martapoera.

26 Août.

de Rornéo.

Randjermasin.

26 Août.

Teweh.

26 Août.

Samarinda (Koetei).

Raie S*« Lucie.

ie Août.

Rés. Rali et Lombok.

Roeléleng et la pro-

26 Août 6** soir.

27 Août 11" à mit!

vince entière.

Rés. Timor.

Timor et la province entière.

26 Août.

Gouvern. Célèbes.

Macassar et la province entière, même jusqu'à Tontolie, au nord.

26 Août.

Rés. Menado.

Menado et province entière.

26 Août soir. -

Grand Sangi (Ile).

25/26 Août la nuit?

Rés. Amboine.

Âmbon et province entière.

26 Août soir.

Lonthoir (Grand Randa).

26 Août.

Neira (Petit Randa).

26 Août.

27 Août 2^ soir.

Wahaai (Ile Céram).

26 Août.

Rés. Ternate.

Ternate, Ratjan. ]

Iles Soelah. Doreli. /

3gS

Derniers bruits entendus.

Voir la Note N«.

Remarques.

7 Août.

7 Août.

7 Août.

7 Août.

7 Août.

7 Août 1»*

soir.

7 Août.

^ Août.

t Août?

Août.

Août.

Août.

Août.

Août.

Sur les navires en rade de Boeléleng, à 5 kilomètres de la ville^ les détonations ne furent pas entendues.

Un vapeur du Gouvernement fut envoyé reconnaître la cause des détonations.

Le 27 Août le Sumatra^ vapeur de S. M., et le 28 Août YAnjer, vapeur du Gouvernement, furent envoyés, de Macassar, à la découverte.

On crut que le Goenoeng Api (à TO. de Neira) était en éruption.

Gouvernemenl ou Résidence.

Localités.

Premiers bruits entendus.

Détonations les plus fortes.

Lieux en dehors àes

Indes néerlandaises.

Philippines.

Manille.

De Palawan.

Palawan.

Bornéo Côte Nord.

Elopoera.

Bornéo Côle N. 0.

Ile Laboean.

Sarawak.

Cochinchine.

Saigon.

Siam.

Bangkok et encore à 100 milles au-delà, dans rintérieur du pays.

Slrails Setllentenls.

Singapore.

26/27 Août la nuit.

Penang (île).

En mer.

Nicobares.

Ândaman (iles).

Thaïpeng (Perak).

Navire Brani à env..

2" Lat. S., 90° Long. E. de Paris.

Navire Barbarossa à env. r Lat. S., 92" Long. E. de Gr.

Iles Nicobares.

Port Blair.

26 Août II** soir.

26 Août.

26 Août.

26 Août soir.

27 Août 11»* mat.

27 Août mat,

26 Août.

26 Août.

Derniers bruits entendus.

Voir la Note N«.

Remarques.

1 Août.

7 Août.

7 Août.

7 Août.

7 Août.

7 Août.

1 Août 5** soir.

f Août.

1 Août.

^ Août.

' Août.

' Août.

et 863-) et 863*)

On supposa des navires en détresse, le canon fut tiré pour signal et tous les préparatifs de secours furent faits.

Une chaloupe à vapeur, et plus tard le steamer Pilol Fish, furent envoyés en reconnaissance.

On crut, à 11** du mat. (le 27 Août), qu'une corvette américaine faisait le salut; ce navire avait toutefois quitté la rade des 7*" du matin.

Le vapeur Kwangtung fut envoyé en mer.

Gouvernement ou Résidence.

Birman anglais.

Ceylan.

Archipel Chagos.

Rodriguez.

Ile Keeling.

Australie.

Localités.

Tavoy et Mergui.

Madulsima.

Trincomali.

Tissamaharama près

de Hambantota.

Amblantota , sur le

Walawé.

Vallée de Kotmalie.

Diego Garcia (ile).

Premiers bruits entendus.

Keeling.

Cossack et environs

(Côte Ouest).

Geraldton et environs

(Côte Ouest).

Perth, MountWilliam, Victoria Plains et

environs.

Alice Springs.

Undoolga.

Daly Waters.

Elsey Creek.

26 Août.

26 Août.

26 Août.

26 Août.

26 Août.

27 Août.

26 Août 3** Va soir. ,

26 Août 11** soir.

26/27 Août la nuit.

Détonations les plus fortes.

27 Août entre 10 11 heures.

27 Août.

27 Août 1^ mal.

27 Août.

27 Août entre 9** 5i?

et 10** 10"» du malin

Derniers bruits entendus.

57 Août.

i7 Août.

Il Août.

Î7 Août.

il Août.

27 Août.

27 Août.

27 Août.

27 Août 7*» mat.

27 Août i"" soir.

27 Août mat.

Voir la Note N^

Remarques.

On crut que des coups de canon étaient tirés à Trincomali.

(367« et 367')

La comparaison de ces renseignenieDts suggère les remarques suivantes:

1. Les détonations ne furent pas entendues avant le 26 Août, après midi; quelques informations parlent du 2S Août, mais les bruits perçus ce jour-là doivent avoir eu une autre cause, dont il sera question plus bas.

2. Les détonations les plus violentes ont eu lieu le 27 Août, entre 10 et 11 heures du matin. Les explosions de 10^ 2"" et de 10^ 52"^ (heure de Krakatau) sont celles qui ont été entendues le plus distinctement dans TArchipel Indien, la première à Banka et à Billiton (10^ Va)* à la Côte Ouest de Bornéo (lli»), dans les divisions Sud et Est de Bornéo (11^). à Bawean (11*^) et à Banda (2^^); la seconde à Riouw (IP 58"»), dans le Centre de Java (U^Va)* dans l'Est de Java (12»») et à Bali (12^). Le bruit de l'explosion de 10^ 2"» s'est donc propagé un peu plus au nord que celui de 10^ 52»", peut-être parce que le' vent soufflait un peu plus du Sud.

5. La force des détonations a beaucoup diminué après 11>> (heure de Krakatau); ce repos relatif continua jusqu'à 7^ du soir (la relation de Kroê, toutefois, mentionne déjà une explosion violente à 4*» 30"»). Alors commença une période de recrudescence d'action, qui dura jusqu'au matin du 28.

4. Après 6 heures du matin, le 28, on n'a plus entendu de détonations, e\ l'éruption peut être regardée comme finie.

5. Le bruit s'est propagé dans un cercle tracé autour de Krakatau, comme centre, avec un rayon de 30° (= 1800 railles marins = 3333 kilomètres) (Voir la petite carte fig. 6). Le point le plus oriental (Doreh) et le point le plus occidental (Ceylan), où les bruits fureht encore entendus, sont donc éloignés l'un de l'autre de 60°, ou Ve d® la circonférence de la terre. L'aire du segment sphérique limité par ce cercle est environ Vis de la superficie du globe (8B8). Dans les temps historiques on ne connaît aucune autre éruption dont le bruit se soit propagé sur une si énorme surface. D'après Zollinger (8B9), le rayon du cercle dans

lequel le bruit fui perçu lors de Téruption du Tambora, en Avril 1818,

s'élevait à 16°; la superficie du segment étail donc — -— de la

superficie de la terre, et par conséquent 3.93 fois plus petite

que pour l'éruption du Krakatau.

Dans la direction de Touest, le bruit a même encore été entendu en dehors de ce cercle^ ainsi qu'il résulte des informations de Diôgo- Garcia et de Rodriguez, iles situées respectivement à 1970 et 2579 milles marins de Krakatau. De ce côté, la direction est du vent pai:ait avoir particulièrement favorisé la propagation du son, de sorte que la surface sur laquelle le bruit de l'éruption a été entendu, partout ailleurs circulaire, est . allongée en ellipse ou en ovale vers l'ouest (fig. 6). Il en résulte que la superficie devient encore de V12 plus grande, et qu'elle s'élève en somme à plus du 7i4 ^^ ^ superficie du globe.

De l'heure (entre 10 et 11) indiquée pour Diego Garcia, on peut conclure que c'est la forte explosion de 10 heures qui a été entendue en ce point; la différence de temps local est, en effet, de 33 X ^ niin. = 132 minutes; la propagation du son a exigé 3276 X ^Vs ™"' = ^'^ minutes; par conséquent, l'explosion a été entendue à: 10»» 2"» + 175»» — 152»» = 10*» 2"» + 43°» = 10^ 45"» temps de Diego Garcia.

Les informations reçues postérieurement de l'Australie nous apprennent que le bruit a été entendu non-seulement à Daly Waters, à 1751 milles de Krakatau, mais encore à Alice Springs, à la distance de 1936 milles, et même à 25 staiute miles (= 22 milles marins) plus à l'est, donc à 1958 milles de Krakatau; de ce côté aussi, le bruit a donc un peu dépassé notre cercle. La différence de temps entre Alice Springs et Krakatau s'élève à 1*» 53'", la distance sur le grand cercle à ZT^j^, le temps nécessaire au son pour parcourir cette distance à 52 ^4 X 8 Va minutes == 2^ 52»». La détonation, qui d'après la relation (voir SBV) fut entendue à Alice Springs à 10^ 10»», doit donc être partie de Krakatau à 10»» 10«» — 1»» 53«» — 2»» 52"> = 5»» 25»» du matin, temps de Krad^atau; et nous verrons effectivement, plus

loin, qu'une des quatre plus fortes explosions a eu lieu à 5^ ùO'^, détermination qui ne diffère que de 5 minutes de celle fournie par l'indication d'Alice Springs.

Pour Daly Waters nous trouvons: différence de temps 1^ 52", distance 29^*75» donc temps nécessaire au son: 297$ X ^Vs =2^36™.

Notre détonation de 5^ 30"' doit donc être arrivée à Daly Waters à 6^ 30» + 1^ 62" + V' 36"> = 9^ 58". La relation dit .entre 9^ 50" et 10»^".

Au moment où d'énormes masses de matières solides et de produits gazeux étaient lancées avec une grande vitesse par notre gigantesque bouche à feu, l'air qui se trouvait au-dessus du cratère devait naturellement être ébranlé violemment. Il est à présumer qu'en pareil cas il se forme des ondes aériennes de longueur très différente, et la question de savoir si le mouvement sera entendu comme son, ou ton, dépend simplement de la longueur d'onde, du nombre des vibrations exécutées en un certain temps. On sait par les expériences de M. Helmholtz (SVO) que les tons les plus bas qui soient perceptibles font environ 16 vibrations par seconde, ce qui correspond à une longueur d'onde d'environ 20 mètres. Tout ce qui descend plus bas n'a plus le caractère de ton; pendant quelque temps encore les battements de l'air sont entendus isolément, sans qu'on puisse déterminer une hauteur de ton spéciale, et lorsque les vibrations deviennent encore plus lentes (le nombre des vibrations par seconde encore plus petit), la perception par l'oreille cesse entièrement.

Nous avons vu ci-dessus que des ondes sonores d'une puissance incroyable ont été produites à Krakatau, et à priori nous pouvons déjà admettre qu'outre ces ondes sonores il s'est formé aussi des ondes plus longues, car il n'y a aucune raison à alléguer pour que l'éruption de notre volcan n'eût donné lieu qu'à des ondes aériennes de moins de 20 mètres de long; l'existence d'une pareille limite Tait ici tout à fait extraordinaire.

Par suite de ces diverses ondulations de l'air, une foule d'objets, maisons, portes, fenêtres, horloges accrochées aux murs, objets posés sur des meubles ou suspendus au plafond, tels que lampes, entrèrent en vibration simultanée. Que ces vibrations n'étaient pas seulement occasionnées par les ondes sonores, je crois pouvoir l'inférer de plusieurs faits. Suivant quelques relations, les plus fortes explosions ne coïncidèrent pas toujours avec les plus fortes vibrations (S9B); en quelques endroits même on parait n'avoir entendu aucune détonation et n'avoir remarqué que des vibrations^ qui alors furent attribuées à un faible tremblement de terre vertical (SSV), sans doute parce que les objets suspendus, les lampes par exemple, s'élevaient et s'abaissaient verticalement, mais ne se balançaient pas; dans beaucoup de communications, au contraire, et ce sont précisément celles des observateurs les plus attentifs (83S), il est expressément mentionné que la vibration des objets n'était pas causée par des tremblements de terre, mais par des ondulations de l'air; enfin, à Semarang, au mois de Mai, on observa des vibrations, mais aucun bruit ne fut perçu (14).

Les faits suivants permettront de juger de la force de ces vibrations communiquées.

A Batavia, éloigné de 150 kilomètres de Krakatau, des vitres éclatèrent dans des magasins (Bl.) des becs de gaz s'éteignirent (BO) par suite des oscillations du gazomètre de l'usine à gaz, et l'horloge astronomique s'arrêta (BS).

A Buitmzorg (150 kilom. de Krakatau) des lampes furent projetées hors de leurs suspensions. Je me rappelle très bien que la détonation et la chute des lampes furent entendues simultanément, ou presque au même instant, et pour cette raison on est très porté à attribuer ces phénomènes exclusivement aux vibrations sonores. Mais, toutes les ondes aériennes se propageant avec la même vitesse, quelle que soit leur longueur d'onde, le fait de la simultanéité ne prouve rien, car les vibrations qu'on peut entendre et celles qui ne sont pas perceptibles à l'oreille arrivent en même temps.

A Ngrambé (rés. Madioen), 650 kilom. de Krakatau, à la terre A'Âlkmaar (rés. Pasoeroean) 830 kilom. de Kr., à Batoe Radja,

SSO kilom. de Kr. et à Palembang, 350 kilom. de Kr., plusieurs habitations, dont les murs s'étaient lézardés, durent être évacuées. Les localités en question se trouvent les unes en pays de montagnes, les autres en pays de plaine, et on ne comprend pas très bien pourquoi des maisons furent endommagées précisément dans ces endroits-là et non en d'autres plus rapprochés de Krakatau. Peut-être étaient-elles depuis longtemps caduques et n'attendaient-elles qu'une occasion pour en donner la preuve.

Les perturbations de l'atmosphère durant l'éruption, ont été observées sur différents navires, ainsi que nous l'avons déjà rapporté ci-dessus, au moins partiellement.

A bord de YAnerley, 3 baromètres anéroïdes montèrent et baissèrent, à courts intervalles, de 1 inch (25.4 millim.). Les indications d'heure précises font défaut (M4).

A bord du W. H. Besse, le baromètre monta et baissa rapidement, puis resta stationnaire (IW). Aucune indication d'heure n'est donnée.

A bord du Berbice, le mercure des baromètres ordinaires et les aiguilles des anéroïdes oscillèrent sans interruption entre 28 et 30 pouces anglais (711 — 762 millim.). Pas d'indication d'heure précise (188).

M. VisMAN, commandant du steamer néerlandais Primes WtïAa/mina, mouillé dans le port extérieur de Tandjong Priok, observa, dans la matinée du 27 Août, une agitation singulière des baromètres. Un ))aromètre à mercure et des anéroïdes marquaient simultanément des pressions qui variaient de 750 à 762 millimètres à des intervalles de 2 à 5 minutes, et cela dura depuis 9 heures jusqu'à midi (811) •

M. VAN ScHELLB, ingénieur des mines à Singkawang, remarqua une baisse des baromètres holostériques après 11 heures; l'ascension préalable n'a malheureusement pas été observée, elle était déjà finie à 1 1 heures, car la grande onde aérienne a dû arriver à Singkawang à 11^» moins 5". On a noté (chiffres réduits à 0"* Gels.):

U^ 759.9 millim. U^ 55»» 756.9 millim.

IP 35"» 751.8 » n^ 5™ 758.1

La différence entre les lectures de 11»» et de il*» 35"", savoir S'^^'.l, ne représente donc pas tout à fait la différence maxima de la pression, puisque avant 11 heures la hauteur a dû être plus grande; la première lecture ayant toutefois eu lieu très peu de temps après la plus forte détonation, cette valeur ne peut pas s'écarter beaucoup du maximum (SIS). Le minimum aussi est plus ou moins incertain, aucune lecture n'ayant été faite entre 11** et 11*» 55'».

Les observations horaires des baromètres de l'Institut météorologique de Batavia accusent aussi la perturbation de l'atmosphère, quoiqu'elles nous laissent également dans l'incertitude quant au moment précis des maxima et des minima. Dès le 26 Août, à 6 heures du soir, conunencent des irrégularités; le 27, à 2*" du matin, on note un minimum, puis le baromètre monte jusqu'à 5 heures, présente un nouveau minimum à 6**, un maximum à 8^ un minimum à lO**, enfin un très grand maximum à 11^. Bien que cette hauteur, 764™°*.05, soit la plus grande qui ait été notée depuis 1866, il est certain qu'à ce moment le baromètre était déjà en baisse, et qu'il avait atteint son niveau le plus élevé à environ 10*" 15"*. La nonobservation de ce maximum est très regrettable, d'abord pour la détermination de l'heure exacte de l'explosion, ensuite et surtout pour la connaissance de' la valeur de la pression atmosphérique ellemême. Maintenant on peut seulement dire que la différence entre la lecture de 10^ et le maximum doit avoir été plus grande que celle des lectures de 10** et de 11^, c'est-à-dire plus grande que 3'""*.4.

Aucune des observations n'est assez exacte pour qu'on puisse en déduire avec certitude la grandeur de la perturbation. Le Berbice donne pour la différence du maximum et du minimum observés à proximité du point d'éruption 50 millimètres au moins, ce qui est indubitablement un chiffre très élevé; le Prinses Wilhelmina, à Tandjong Priok, à 160 kilomètres de Krakatau, donne 12 millim.; les lectures à Singkawang, à 870 kil. (470 milles marins) de Krakatau, donnent 8 millim. Si nous admettons que les écarts en plus et en moins, par rapport à l'état normal, -furent égaux, ce qui probable-

ment n'aura pas été tout à fait le cas, Taugnientation de la pression de l'air, produite par l'onde de Krakatau, aurait été de 25 roillim. dans le détroit de la Sonde, de 6™"» à Tandjong Priok et de 4™™ à Singkawang. Ces chiffres, si incertains qu'ils soient, montrent que la pression était en tout cas assez forte pour expliquer la sensation de surdité (ftS) et les bourdonnements d'oreille (393) que quelques personnes ont éprouvés. Moi-même je n'ai rien ressenti de ce genre, bien que j'aie du reste l'oreille très sensible.

La pression de l'air ayant été parfaitement appréciable à Singkawang, il était à présumer qu'en des lieux encore plus éloignés de Krakatau on aurait également observé des perturbations dans l'état du baromètre. C'est ce que vinrent bientôt confirmer, en effet, des communications de Maurice et de divers points d'Europe, ainsi que les barogrammes qui me furent envoyés de Sydney et de Melbourne, en Australie.

La grande perturbation atmosphérique, produite par l'éruption, s'est propagée, sous la forme d'une onde régulièrement progressive, autour de Krakatau comme pôle, sur la terre entière; l'onde circulaire se dilata jusqu'à 90^ de Krakatau, se contracta ensuite jusqu'à 180^ à l'antipode de notre volcan, où la perturbation doit avoir été très forte, revint alors à son point de départ, etc., et parcourut ainsi plus de 3 fois la circonférence entière du globe. Mais avant d'entrer dans plus de détails au sujet de ces ondes aériennes, je dois m'occuper des observations de l'usine à gaz de Batavia, afin de fixer les moments où eurent lieu les éruptions les plus violentes.

Le gaz du grand gazomètre de l'usine ne se rend pas directement, bien entendu, aux conduites de la ville, mais doit passer d'abord par un second gazomètre, beaucoup plus petit, un » régulateur", dans lequel la distribution à la ville peut être réglée au moyen d'une disposition spéciale. Cette disposition consiste en une cloche conique, dont le sommet est tourné vers 1% haut, et qui, étant fixée à la paroi supérieure du gazomètre, monte et descend avec celui-ci. Le tuyau par lequel le gaz afflue du grand gazomètre est fermé en pai*tie, ou même totalement, par l'extrémité inférieure de la cloche,

dès que le volume du gaz a franchi une certaine limite. La pression nécessaire est donnée au moyen de poids, qu'on place sur le haut du régulateur (314).

Du régulateur le gaz s'écoule dans la canalisation de la ville. Non loin du régulateur, et communiquant avec la conduite principale par un tube plus étroit, se trouve un appareil destiné à inscrire d'une manière continue la pression du gaz. Cet «indicateur" ou «mouchard" est formé d'une petite cloche cylindrique, plongeant dans l'eau, et dont la partie supérieure se remplit de gaz. Sur le haut de la cloche est fixée une tige, dont l'extrémité supérieure porte un crayon. Lorsque la pression augmente, cette tige monte avec la cloche, et le crayon inscrit la pression, d'un trait continu, sur un papier enroulé autour d'un cylindre qui tourne d'un mouvement régulier. L'appareil est donc auto-enregistreur; sur le papier sont tracées des lignes horizontales, qui indiquent la pression en millimètres d'eau, et des lignes verticales, dont les intervalles successifs représentent chacun une heure de temps; il est possible, de cette manière, de connaître la pression à un instant quelconque (39ft).

Un spécimen du tracé normal de la pression, à l'usine de Batavia, se voit dans la fig. 17, réduit à l'échelle de 1 : 5. Ce tracé va du 50 Août, 1 heure après midi, au 31 Août, 1 heure après midi.

Pendant le jour on ne donne presque pas de pression^ 10 à 15 millimètres (d'eau) seulement; de 4 à 6 heures du soir on élève légèrement la pression, puis à 6^, et jusqu'à 7^, on l'augmente très fortement; cette haute pression (78 à 80 millimètres) est maintenue jusqu'un peu au-delà de 8^, moment à partir duquel on l'abaisse successivement jusqu'à 3 ou 4*" de la nuit; après 6^ du matin on la diminue encore une fois, en la réduisant à 10 ou IS millimètres, pression qu'on conserve alors pendant le reste du jour.

La courbe a presque toujours la même forme, sauf que la pression varie, le soir, suivant que les réverbères sont allumés ou non.

Comparons maintenant à cette courbe la ligne que l'indicateur a

tracée du 26 au 27 Âoùl (fig. 15). Dès le 26 au soir, vers 5 heures, alors que la pression était encore faible, la courbe présente des dentelures aiguës, irrégulières. Rien n'a été inscrit des mouvements survenus entre 6 heures du soir et minuit, parce qu'une pression considérable existait alors dans l'appareil lui-même, de sorte qu'il était moins sensible aux variations de la pression extérieure. Après minuit les oscillations redeviennent visibles ; les déviations les plus fortes eurent lieu aux instants suivants (temps de Batavia), que j'ai déterminés par des mesures sur les feuilles originales.

AMeiuiloit en aillUm.

26 Août ^^ 20" du soir. Temps de Batavia 18

De 6^ du soir à minuit, inconnue —

27 Août 12** 9"» du matin (nuit) ?

Si l'on admet que la pression donnée à l'usine était: le 26, à 5^ du soir, de 28»"»; le 27, à 1** du matin, de 30"»"»; à 2\ de 26°»"»; à 3N de 22"»"»; à 4^ de 21"»"»; à 5\ de 20"»"»; à 6^ de 18"»°»; à 7N de 16"»"»; à 8, 9, 10 et 11 heures de 15 millimètres, — ce qui ne s'éloignera pas beaucoup de la réalité, — on trouve pour Tascension du crayon, aux instants indiqués dans le tableau ci-dessus, les valeurs que j'ai inscrites dans la seconde colonne, exprimées en millimètres d'eau; ces chiffres nous donnent un aperçu comparatif de l'intensité des différentes explosions.

On peut les répartir en groupes, de la manière suivante: Ascension 18 à 20 mm. 26 Août. 5^ 20"» soir; 27 Août 3** 30'», 4*" 41™. Ascension 24 à 26 mm. 27 Août, l"" 55™, 2»* 38"», A"" 56"», 7^ 1 1™, 8^ 26"». Ascension 29 mm. 27 Août. 6** 0"», 9** 42"».

Ascension 40 à 41 mm. 27 Août. 5^ 43"», 6"" 57^ W 5"». Ascension 65 mm. 27 Août. 10** 15"».

Il ressort clairement de ces nombres que les quatre plus fortes explosions doivent correspondre aux ascensions de l'indicateur à 5** 43"», 6** 57"», 10** 15"» et 11** 5"», dont la troisième est de beaucoup la plus considérable. La figure montre que le crayon, à 10** 15"»,

s'est élevé jusqu'au bord supérieur du papier, et le temps écoulé pendant qu'il s'élevait et s'abaissait a été d'environ 74 d'heure (mesuré sur la feuille primitive), dont 7 minutes pour la montée et autant pour la descente. L'augmentation de pression ne se fit donc pas subitement, mais d'une manière très graduelle; dans la plupart des autres, oscillations on remarque également une période de plusieui*s minutes, quoique plus courte que dans celle de 10** 15"».

Ces irrégularités dans la courbe de l'indicateur sont évidemment dues aux ondes aériennes qui furent émises lors de différentes explosions du Krakatau et qui, arrivées à Batavia, exercèrent une pression sur le gazomètre et sur le régulateur. Nous avons donc dans l'indicateur un appareil pouvant fournir des renseignements au sujet de l'heure à laquelle les explosions eurent lieu.

Une difficulté résulte toutefois de ce que nous ne connaissons pas l'inertie de l'indicateur, c'est-à-dire, le temps qui s'est écoulé entre le moment où le gazomètre et le régulateur subirent la plus forte pression et le moment où ce maximum fut inscrit par le crayon. * L'action de l'appareil est assez compliquée, parce que le grand gazomètre ne communique pas directement avec l'indicateur, mais avec le régulateur. Quand une onde passe sur Batavia, bien entendu, elle pèse non^eulement sur le gazomètre, mais aussi sur le régulateur, et sous cette influence directe le régulateur s'abaissera et la pression sera donc augmentée. D'un autre côté, l'abaissement du grand gazomètre fera écouler du gaz dans le régulateur, qui par

KRAEATAU II 24

suite s'élèvera. Mais, soit qu'en définitive le régulateur, monte ou descende, la pression sera accinie tant dans le gazomètre que dans le régulateur, parce que sur tous les deux se fait sentir la charge supplémentaire produite par le passage de l'onde. L'inscription de l'indicateur suivra donc de près la variation de la pression de l'onde, et, après en avoir causé à différentes reprises avec le directeur de l'usine à gaz de Batavia, M. van der Made, je regarde comme improbable que l'inertie de l'appareil puisse s^élever à plus de 1 à 3 minutes. Vraisemblablement, sa valeur est même très faible, car lorsqu'on pose des poids sur le régulateur, l'indicateur l'accuse presque immédiatement.

Comme on peut supposer, en outre, que la vitesse de ces ondes aériennes est la même que celle des ondes sonores, savoir 347.2 mètres à 25"" Gels., l'onde, pour parcourir le trajet de Krakatau à l'usine de Batavia, soit 150 kilomètres ou 1° 21', aura eu besoin de 7V5 minutes (voir la note S90). Si provisoirement nous comptons encore 2V5 minutes pour l'inertie de l'appareil, il faut retrancber des indications d'heure données plus haut, 7V5 + 2*/5 = 10 minutes pour avoir l'instant des explosions du Krakatau en temps de Batavia, et par conséquent 16% minutes pour le connaître en temps de Krakatau, puisque entre ces deux points la différence de latitude est de 1°73, correspondant à une différence de temps de 5^3 minutes.

En négligeant Ys de minute, nous trouvons donc conmie première approximation pour l'heure des 4 plus violentes explosions, en temps de Krakatau: 27 Août, 5** 28"», 6^ 42"*, 10** et 10** 50» du matin (89B). Une erreur de 2 à 3 minutes au plus est possible, en ce sens toutefois que les éruptions peuvent avoir eu lieu autant de minutes plus tard, non plus tôt.

L'indics^teur nous apprend que l'explosion de 10*" fui de beaucoup la plm violente, et il est donc probable que l'onde aérienne formée lors de cette éruption-^ a fait le tour du monde. La grandeur de la pression de Tonde ne peut être déterminée qu'approximativement, car nous ignorons si le crayon n'a pas. été arrêté dans sa course ascendante par le ruban de caoutchouc qui serre le papier sur le cylindre.

Cela ne parait toutefois pas avoir. été le cas, le tracé du crayon lâe terminant en pointe assez aiguë. Mais la pression de l'usine à gaz, à lO"" 15", n'est pas non plus connue d'une manière précise ; c'est par supposition que nous lui avons attribué une valeur de 15 millimètres.

En faisant abstraction de ces eiTeurs possibles, et en admettant que l'appareil indique du reste avec exactitude la différence de pression, on aurait ici une augmentation de pression de 80 — 15 = 65 millimètres d'eau, équivalant à environ ®*/,3 ou 5 millimètres de mercure; eu égard aux nombreuses sources d'erreurs, ce résultat présente certainement un accord très satisfaisant avec les 6 millim. que le calcul nous a donnés, précédemment, pour Tandjong Priok.

Plus loin de Krakatau, la pression de l'onde est naturellement devenue plus faible, mais pour Batavia on peut admettre qu'elle n'a pas été moindre que 5 à 6 millimètres, ou Viso ^ V125 ^^ '^ pression totale de l'atmosphère.

En Europe, c'est devant la Société Royale de Londres, dans sa séance du 15 Décembre 1883, que l'attention parait avoir été attirée pour la première fois sur les perturbations atmosphériques, par M. R. H. Scott, qui crut déjà pouvoir en rapporter l'origine au Krakatau. A son mémoire il avait joint une copie des barogrammes de S*-Petersbourg, Bruxelles, Paris, Geldeston (Norfolk), Greenwich, Liverpool, Glasgow, Falmouth, Armagh, Coïmbre^ Kew, Oxford, Aberdeén^ Stonyhurst, Valencia (pointe S. 0. d'Irlande) et Toronto (Amérique du N.), et en outre un tracé de la perturbation barométrique, très semblable à celle occasionnée par le Krakatau, qui fut observée le 15 Janvier 1864 à Liverpool, à la suite de la destruction, à 5 kilomètres de l'obsen^atoire, du navire Lottie Sleigh, qui sauta avec une charge d'environ 13000 kilogrammes de poudre (399).

Dans la même séance, le général Straghev traita cette question et démontra que les perturbations doivent être attribuées à une grande onde aérienne, produite par une éruption du Krakatau, onde qui, d'après son calcul, aurait été émise à 9^24"^ temps local de Krakatau et se serait propagée annulairement sur toute la terre. Cette détermination de l'heure ne diifère, comme on voit, que de 36 minutes

(ie la nôtre, résultat assurément fort beau, car il n'est pas facile dé reconnaître une certaine phase dans les différentes perturbations, et c'est sans doute à cela que tient en grande partie la différence, en partie aussi à ce que le mouvement n'avait pas toujours' lieu avec une vitesse uniforme.

Le général Straghey calcule ensuite pour le mouvement de l'onde de l'est à l'ouest, qui causa les perturbations 1, 3, 5 et 7, une vitesse de 674 miles par heure, et pour le mouvement de l'ouest à l'est, auquel sont dues les perturbations 2, 4 et 6, une vitesse de 706 miles. La différence de 32 miles est attribuée, à un vent d'ouest, qui possédait une vitesse de 16 miles. La vitesse de l'onde reste donc un peu au-dessous de celle du soii, laquelle est de 781 miles à 80'' Fahr., de 757 miles à 50"* Fahr. et de 723 miles à 0° Fahr. (Les miles en question sont les statule miles, peu connus en dehors de l'Angleterre, de 1760 yards = 1609.3 mètres) (SIS).

En quelques lieux la perturbation se tit encore sentir 122 heures après l'instant de sa production, de sorte que l'onde aérienne a du parcourir 3*/^ fois la circonférence de la terre. La première perturbation, composée de différentes ascensions et dépressions, dura environ 6 heures; la première onde, la plus grande, avait une période d'environ 1 heure, correspondant à une longueur de 700 miles (plus de 1 million de mètres) (319).

Aux Pays-Bas, les perturbations ont été inscrites par le baromètre de l'Observatoire météorologique d'Utrecht (SIS').

En France, elles ont été remarquées aux observatoires du Parc S*-Maur et de Montsouris (Paris), à Perpignan, Lyon, Clermont, Nantes, S^-Martin-de Hinx, Douai et Toulouse (380).

En Allemagne, on a noté les perturbations à Berlin (881), Magdebourg (88»), Prague (38**) et Leipzig (38»'*).

Sur les perturbations en Russie, à Pavlosk, des communications ont été faites par M. Rtkatghbw (38»*'), sur celles à Rome par M. Tacchini (88»*), et sur celles à Palerme par M. Gaetano Cacciatore (88V).

En Amérique, elles ont été observées non seulement à Toronto,

mais aussi à New- York (883), à Washington (888*) et à Providence R. I. (888^); de même dans Tile de la Géorgie du Sud à Test du Cap Hom (888 et 888').

Sur les perturbations barométriques à Maurice nous possédons des communications de N. Meldrum (888' et 888*).

En Australie, les perturbations ont été inscrites à Melbourne et à Sydney (884); les baregrammes de la seconde localité surtout sont très clairs et très nets, et comme ils sont en outre à uqe échelle suflissamment grande pour permettre des mesures exactes, j'examinerai ces perturbations plus eu particulier. L'observatoire de Sydney se trouve (88ft) à:

33^ 51' 41" Lat. S.

isr IV 50" Long. E. de Gr.

Le cratère Danan de Krakatau était situé à:

6" r Lat. S.

105^ 26' Long. E. de Gr.

Par conséquent, la différence entre Krakatau et Sydney est en longitude: 151° 11' 50* — 105° 26' = 45° 45' 50*. ou en temps: 3** 3™.

La distance directe de ces deux points, mesurée sur le grand cercle, est de 50° 33' 10* = 3033 milles marins, de sorte que la distance indirecte, en passant par l'Europe, s'élève à 360 X 60 — 3033 = 18567 milles marins (88B).

La fig. 19 est une copie des 4 perturbations observées à Sydney.

Déjà dans la nuit du 26 au 27 Août, à minuit, la courbe commence à montrer de nombreuses petites irrégularités, qui lui donnent un aspect finement dentelé ou crénelé; vers 1 heure après midi (27 Août) ce caractère devient plus prononcé, et de 5 à 7 heures du soir, apparaît la l*'* grande perturbation; la 2^ perturbation eut lieu le 28 Août, entre 6 et 8 heures du soir; la o^ le 29 Août entre 4 et 7 heures du matin; la 4^ le 30 Août, entre 6 et 8 heures du matin; la 5', qui ne se distingue plus nettement, le 30 Août, entre 2 et 8 heures du soir.

La 1^ perturbation commence un peu après 5 heures par une ascension, le maximum est atteint à 5^ 7"S puis viennent 4 petites ondes, ensuite à 5** 39*", 5** 48"* et 5** 55"» trois ondes plus élevées, enfin à G^SYs"" '^ maximum de la perturbation entière. Après ce maximum on voit trois ondes à 6** 7*", 6** 14"* et 6^ 21"», puis une forte dépression, dont le point le plus bas est atteint à 6** iQ^^^. Ensuite apparaissent encore 5 ondes à 6** 33™, 6*^ 41 V^"", 6" 49 V^"*, 6** 58" et 7* 8", et finalement une dernière dépression à 7^ 13°, après quoi le baromètre reprend sa hauteur ordinaire. La courbe H^ontre encore de nombreuses petites irrégularités jusqu'à 10 heures du soir, et même elle n'arrive pas au repos complet avant la 2^ perturbation. Depuis le commencement de la perturbation jusqu'au maximum il s'écoule 63 minutes, et de là jusqu'à la fin de la perturbation 70 minutes, de sorte que le maximum se trouve à peu près au milieu. La plus forte dépression tombe après le maximum. En tout, cette première perturbation présente 17 ascensions et un nombre égal de dépressions, la période des ondes ne dure en moyenne que 7 72 minutes. La différence entre le niveau le plus élevé et le niveau le plus bas est de 0.109 inch = 2.76 millim.

La i^ perturbation a été occasionnée par l'onde qui arriva en Australie par l'Europe, et qui avait donc parcouru un trajet six fois plus long que l'onde venue directement de l'Ouest. Cette perturbation offre déjà im aspect tout différe^t ; elle est moins hérissée et l'amplitude des ondes est plus faible: le maximum, qui se distingue encore assez bien, eut lieu le 28, à 7^ 14"» du soir, et parait aussi se trouver à peu près au milieu, bien que le commencement de la perturbation ne soit pas nettement accusé. Ici encore, la dépression vient après le maximiun. Le nombre des ondes distinctes est beaucoup moindre, de 5 ou 6.

La 3^ perturbation, due à la même onde qui avait pix)duit la 1" perturbation, et qui ensuite avait fait le tour entier de la terre, a une tout autre forme; une grande dépression se trouve au miUeu, on remarque encore 17 petites ondes, mais l'onde qui correspond '^au n^aximum de la 1^ perturbation ne peut plus être reconnue sûre-

ment. Elle parait venir après la dépression et devoir être cherchée (de même que pour la perturbation I) dans la 9® onde, de 5** 39 Va" du matin du 29 Août, située à peu près au milieu de la perturbation, qui dura de 4 à 7 heures. Si l'on prend pour ce maximum un point situé en avant de la dépression, on arrive à des nombres très invraisemblables, comme on le verra ci-dessous.

La 4*^ perturbation est déjà très indistincte; le maximum parait tomber le 30 Août, à 7^ 5°" du matin, avant la dépnession.

Une 5® perturbation, enfin, le 30 Août, entre 2 et 8 heures du soir,- se laisse reconnaître, mais il n*est plus possible d'y distinguer une phase déterminée. L'amplitude des ondes est très faible.

Nous avons donc:

Heure

de Sydney.

Différence

des

heures.

Heure

de

Temps écoulé

depuis l'éruption

de 10^ du matin,

le 27 Août.

Max. peirturb. L

27 Août 3" '/j™ soir.

Max. perturb. U.

28 Août 7** 14°* soir.

28 Août 4»^ 11'" soir.

Max. perturb. Ul.

29 Août 5»* 39V.i"mat.

29 Août 2»»

36 Va"» mat.

40" 36 Vj".

Max. perturb. IV.

30 Août 7"

30 Août 4»^

5»" mat.

2'" mat.

L'onde I qui alla directement à Sydney, avait donc une vitesse de

Ml

= 605.59 milles marins par heure.

L'onde H, qui atteignit Sydney dans la direction de l'Ouest:

= 615.14 milles marins par heure.

L'onde qui fit le tour du globe de I à III, donc de l'O. à l'E., eut

besoin, pour ce trajet de

40" 36'/,» — B" V,"» = 35" 36», donc:

, 360 X 60 vitesse de I à III: = 606.74 milles marins par heure.

Et de U à lY:

Temps = 66** 2°» — SOMl»^ = 35** 51"».

360 X 60 vitesse = = 602.51 milles marins par heure. '

Les deux derniers nombres, qui sont indépendants de Tinstant de l'éruption, s'accordent déjà assez bien avec les deux premiers, qui dépendent de l'heure que nous avons adoptée pour cette crise volcanique; les différences sont évidemment dues à l'incertitude qui existe au sujet du maximum à prendre; c'est ainsi que, dans la perturbation II, nous aurions très probablement dû choisir, non pas l'onde de 7*^ 14"*, mais celle de 1^ 30 Va'"» ce qui donne une vitesse de 609.59 milles par heure. Le 4® chiffre change alors aussi, et devient 607.17 milles. Si nous avions toutefois pris, dans la perturbation III, l'une des ondes antérieures à la dépression, par exemple celle de •411 52»n, nous aurions trouvé pour là vitesse de I à III 620.54 milles, nombre presque certainement fautif.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, le baromètre commença déjà à accuser des irrégularités dans la nuit du 26 au 27 Août, à minuit, c'est-à-dire, en temps de Krakatau, à 9 heures du soir (26 Août); or, les ondes ayant eu besoin de 5 heures pour arriver à Sydney, on voit que dès le Dimanche 26 Août, à 4 heures du soir (temps de Krakatau), alors que les explosions devinrent nettement perceptibles à Buitenzorg et à Batavia, il fut émis des ondes qui se propagèrent jusqu'à Sydney.

n ressort aussi, de la perturbation I, que la période des ondes particulières successives ne dura pas, en moyenne, plus de 7 Va minutes, ce qui correspond à une longueur d'environ 140000 mètres. A mesure que les ondes progressent, leur amplitude diminue jusqu'à 90* de Krakatau, elles s'aplatissent, et différentes ondes et ondulations

se fondent pour ainsi dire, dans les barogrammes, en une onde unique, de période très longue. C'est à cela qu'il faut attribuer la circonstance que les ondes des barogrammes d'Europe ont en apparence une période de 1 heure, par conséquent une longueur de plus de 1 million de mètres. En des lieux plus rapprochés de Krakatau que Sydney, la période des ondes était vraisemblablement encore beaucoup moindre que dans cette dernière localité; mais nous ne possédons pas d'observations à ce sujet. L'ascension et l'abaissement de l'indicateur de l'usine à gaz de Batavia, lors de la grande explosion, dura 15 minutes, mais il n'est pas probable que ce temps concorde avec la période de l'onde.

Enfin, le remarquable accord des différentes valeurs trouvées montre que la production de l'onde, à Krakatau, a réellement eu lieu à un moment très voisin de 10^ du matin. Les barogrammes de Sydney viennent donc confirmer noire détermination^ au moyen de Pindicateur à gaz, du temps de la grande explosion.

Cette détermination du temps est toutefois affectée, on se le rappellera, d'une incertitude de quelques minutes. Nous avons supposé 775 minutes pour la propagation de l'onde de Krakatau à Batavia, 2^/5 minutes. pour l'inertie inconnue de l'indicateur et 5 minutes (au lieu de ^y^^) pour la différence de temps entre Batavia et Krakatau, au total 15 minutes. La vitesse de l'onde était toutefois plus petite; dans la direction de Krakatau vers l'Est elle était, d'après le calcul . donné plus haut, de 609.65 milles marins par heure, ou de 10.161 milles par minute; les 81 milles de distance entre Krakatau, et l'usine

à gaz de Batavia furent donc parcourus en = 8 minutes.

En ayant égard, de plus, à la valeur exacte de -la différence de temps,

on voit qu'en réalité nous avons compté, pour l'inertie de l'appareil,

non pas V/^ minutes, mais seulement l^s™, car 8 + 5^3 + 1^3 = 18

minutes. L'heure admise pour l'explosion, 10** 0"*, ne peut donc être

en erreur, du fait de l'inertie, que de 1^3 minutes au plus, c'est-à-

dire: Texplosion peut avoir eu lieu à iC !■" ou, au plus tard, à

10" iVj"».

Il faut chercher maintenant quelles mcnlifications ces temps d'explosion apportent à nos chiffres pour la vitesse de Tonde passant par Sydney. Nous devons calculer aussi les vitesses qui correspondraient à 10*" 2" et à 10** 3°*, car il est possible qu'une petite erreur ait été commise dans la mesure du temps sur les diagrammes de l'indicateur, ou que les lignes horaires n'aient pas représenté rigoureusement le temps moyen de Batavia. Une heure occupe sur le diagramme de la pression une longueur d'un peu plus de 16 millimètres, 1 minute n'occupe donc que % de millim., de sorte qu'une erreur de 1 minute dans la détermination de l'heure du maximum serait très explicable.

En effectuant ces calculs,- de la même manière que nous l'avons fait ci-dessus pour 10** 0"*, on trouve, pour les heures d'explosion indiquées, les vitesses suivantes:

Heure de l'explosion.

IQh Qm

10^ vi^^

IQh 2m

10^ 2 Va"»

IQh 3m

Les chiffres lU et IV naturellement ne changent pas, car ils soiit indépendants de l'heure de l'explosion. Ces deux chiffres ne diffèrent que de 0.43, de softe que rinfluence (Tune direction déterminée du vent y est insensible; nous pouvons donc admettre qu'à l'origine aussi les vitesses dans les deux directions étaient déjà à peu près égales, et qu'elles ont subi la même perte danâ la propagation ultérieure autour du globe.

(') Pour le calcul de ce chiffre et des suivants nous avons toujours employé l'onde de 7^ 30V,««.

Pour rheure 10"* 0™, le chiffre [ est plus petit que III, et comme il est très improbable que la vitesse du mouvement augmente, cette heure doit être rejetée. Parmi les suivantes, 10*" 2™ mérite la préférence, ainsi que le montre immédiatement un coup d'oeil sur les chiffres. Pour cette heure, la différence de vitesse entre II et 1 est + 0.60, entre IV et III + 0.43, donc dans les deux cas très petite et à peu près la même. Dans le parcours autour de la terre, la vitesse du mouvement a alors perdu de l'Ouest à l'Est (I — III) 2.91 milles, de l'Est à l'Ouest (II— IV), 5.08 milles, en moyenne 3 milles par heure. Aucun des autres chiffres ne satisfait aussi bien à la double condition que les vitesses soient à peu près égales dans les deux directions et que le décroissement de la vitesse sçit le même.

J* adopte donc 4©'' •■", temps de Krakatau, comtne V instant le plus probable de la grande explosion.

En conséquence, pour trouver l'heure en temps de Krakatau des autres explosions, on doit retrancher 13 minutes des heures (temps de Batavia) données p. 368. Les 4 plus grandes éruptions ont donc eu lieu le 27 Août, à 5^ 30°^, 6^ 44^ 10"^ 2"», et 10*^52"» du matin, temps de Krakatau.

Dans les deux tableaux ci-<lessous j'ai réuni les valeurs définitives de la vitesse de l'onde aérienne, telles qu'elles résultent de l'adoption de 10^ 2°" pour l'heure de l'explosion; dans le premier tableau elles sont exprimées en milles marins par heure, dans le second en mètres par seconde; j'y ai joint les vitesses moyennes et, en outre, la vitesse moyenne que le mouvement a possédée s'il a eu lieu, non pas, comme nous l'avons supposé jusqu'ici, à la surface même de la terre, mais à 10 kilomètres plus haut. Le cheq^in parcouru et par conséquent aussi la vitesse sont alors augmentés dans le rapport de \ c'est-à-dire R étant le rayon de la terre, égal

à 6370 kilomètres, dans le rapport de ; la vitesse ne s en trouve

que très légèrement modifiée.

Mouvement.

Vitesse en

milles marins

par heure.

Moyennes.

Moyenne générale.

Krak.— I. 0.— E.

Krak. II. E. 0.

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