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» 12^ 25"» -> 0.11 etc. avec amplitude toujours décroissante.
Telle est donc la courbe que le marégraphe aurait tracée en vertu de la nouvelle onde, prise isolément. Sa forme ressemble beaucoup à celle de nos autres ondes, et elle présente une période moyenne de 2 heures, ce qui fait présumer que notre tracé ne. s'écarte pas beaucoup de la réalité. Mais, soit qu'on s'en tienne à ce tracé, soit qu'on veuille en regarder un autre, légèrement modifié, comme plus exact, il doit être survenu à 7** 30"» ou à 7*" 25", une onde additionnelle, qui empêcha l'eau d'atteindre son niveau le plus bas. J'estime que 7^ 25"» est l'instant le plus probable, parce qu'à ce moment le tracé (voir fig. 9) montre un petit maximum intermédiaire. Pour l'amplitude de cette onde nouvelle nous avons trouvé 0.82 + 0.50 = 1.32 mètres, chiffre qui ne peut être en erreur que d'une quantité relativement assez petite; l'onde avait donc à peu près la même hauteur que nos 4^ et 5® ondes du Krakatau. Bien que restant beaucoup au-dessous de notre l^'' onde du Krakatau, la nouvelle onde n'était, on le voit, nullement insignifiante, et avait par exemple beaucoup plus d'importance que les petites ondes précédentes, dues aux éruptions des premières heures du Lundi matin.
4iO
Pourtant, nulle part il n'a été fait mention de cette onde, ce qui s'explique par la circonstance qu'elle se confondit avec la 4^ onde du Krakatau en une onde unique, qui avait environ la même hauteur que les deux ondes élémentaires, parce que les phases de celles-ci ne coïncidaient pas. S'il en avait été autrement, — c'est-à-dire si l'instant du maximum avait été le même pour les deux ondes, — l'onde résultante aurait pu s'élever jusqu'à -|- 2.00 mètres, hauteur de peu inférieure à celle de la grande onde de 12^ 56™. La différence de phase eut aussi pour effet de retarder un peu l'instant du maximum. Le minimum, qui aurait dû se produire vers 7^ 30", fut, nous le savons, complètement supprimé; le maximum suivant fut avancé de 8^ 50» à 8^ 28», mais, au lieu de + 1».25, U n'atteignit que + 0».79 de hauteur. Les minima et maxima postérieurs sont tous un peu modiflés en hauteur et en temps, mais d'une manière insignifiante, parce que les oscillations de l'onde accessoire diminuèrent rapidement.
Nous devons maintenant chercher encore à quel moment cette onde fut expédiée de Krakatau, car, vu son amplitude relativement considérable, il n'est pas douteux qu'elle aussi ne doive être attribuée au volcan.
Pour le temps de propagation de la grande onde nous avons trouvé 2^51», et pour celui des petites ondes (« =s 0)2*^85»; si pour l'onde en question, qui à Tandjong Priok avait encore une amplitude de plus de 1 mètre, nous prenons la moyenne, c'est-à-dire 2^ 42», l'onde aura été émise à 7^ 28» — 2^ 42» — 8» = 4^ 58» temps de Krakatau, donc approximativement à 4 heures et demie de l'après-midi.
Or, justement à 4^ 50», une explosion est mentionnée >par M. le Contrôleur de Kroé: »4^ 50». Ténèbres épaisses. Une violente délth nation fait tout vibrer** voir p. 64). Il ne me paraît pas improbable que la trépidation produite par cette explosion ait déterminé l'effondrement d'une notable partie, restée debout jusqu'alors, de la paroi du Krakatau, effondrement qui aura causé le mouvement de la mer.
Finalement, je ferai observer que les nombreuses ondes qui suivirent la première et la plus grande étaient, au témoignage du tracé marégraphique , beaucoup plus importantes que les petites ondes
précédentes, qui pourtant avaient déjà occasionné de graves dommages dans le détroit de la Sonde. On ne saurait donc douter que les parties basses du littoral du détroit n'aient été inondées à plusieurs reprises dans le courant de l'après-midi et de la nuit, bien qu'à cet égard nous ne possédions, naturellement, aucune information directe; les personnes qui avaient échappé à la catastrophe de 10 heures s'étaient toutes réfugiées en des lieux plus élevés; en outre, pendant tout ce jour, le détroit de la Sonde resta plongé dans l'obscurité (^).
Dans la fig. 9 j'ai indiqué par une ligne rouge le niveau moyen calculé de l'eau à Tandjong Priok, pour servir de terme de comparaison au niveau enregistré pendant la perturbation. Le 26 et le 31 Août, alors que le niveau était normal, cette ligne rouge se confond sensiblement avec la ligne enregistrée, et elle coupe les ondulations assez exactement par le milieu.
Au premier coup d'oeil jeté sur cette figure, on reconnaît qu'à Batavia, pendant les jours de l'éruption, la mer n'a pas été haute 2 fois dans les vingt-quatre heures, mais seulement une fois. Une faible marée intermédiaire se laisse toutefois distinguer. M. l'ingénieur A. P. Melghior, qui publiera prochainement (dans le Tijdschrifi der afdeeling NederL-Indiè van het Kon. Inst, van Ingénieurs, année 1883 — 84) une importante étude sur les marées à Batavia, et à qui je dois le calcul de la ligne en question, a eu l'obligeance d'y joindre les éclaircissements suivants.
»Le trait caractéristique des marées dans l'Archipel Indien^ et »en particulier à Batavia, c'est l'influence considérable qu'exercent sur » elles les déclinaisons du soleil et' de la lune.
•Lorsqu'un de ces astres se trouve dans l'équateur, il détermine
(*) Toat ce qae je pais citer, c*est une commanication du second de la Marie, bâtiment servant au transport du sel; il y est bit mention d'une onde survenue à 3^ de Taprésmidi, à Teloeq Betoeng. L*heare est toutefois plus on moins incertaine. Voir les »Âdditions** à la fin de ce Rapport,
»à Batavia 2 marées, parfaitement égales entre elles, au moins enc« •qui concerne les niveaux de haute eau, et séparées Tune de Tautre •par un intervalle de 12 heures. Mais il suffit que Tastre ait une •déclinaison d'une couple de degrés, pour que Tune des marées de- » vienne sensiblement plus haute que l'autre, et pour qu'en outre le •mouvement total d'élévation et d'abaissement s'accroisse. Lorsque la •déclinaison s'élève à 7°, la 2® marée s'efface et on n'observe plus •qu'un arrêt temporaire dans le mouvement ascensionnel de l'eau, •arrêt qui, pour une déclinaison encore plus forte, se change en •simple retard. La déclinaison atteint-elle 13^ cette dernière trace •de la 2" marée disparait à son tour, et il ne reste plus, dans •les vingt-quatre heures, qu'une marée unique et uniforme, dont •l'amplitude continue à croître avec la déclinaison. Aussi, aux mois de •Juin et de Décembre, à l'époque de la pleine lune ou de la nouvelle •lune, la hauteur moyenne de la marée est-elle, à Batavia, de près •de 1.00 mètre, en Mars et en Septembre, seulement de 0™.30.
•Quand la déclinaison du soleil ou de la lune est boréale, la marée •produite par cet astre atteint à Batavia sa hauteur maximum 10 heures •après la culmination supérieure de l'astre; en cas de déclinaison •australe, au contraire, le maximum a lieu 2 heures avant ce passage •au méridien. De Mai*s à Septembre on a donc toujours haute mer •le soir et basse mer le matin, de Septembre à Mars, c'est l'opposé.
•La raison pour laquelle la déclinaison exerce une si grande in- •fluence réside probablement dans ce qui suit. Si le sommet d'une •onde de marée, venant du Grand Océan et approchant de l'Asie, •passe à une distance notable au sud de l'équateur, cette onde sera •arrêtée en grande partie par la Nouvelle-Hollande (Australie), tandis •qu'une onde qui a fait route à une latitude suffisamment élevée •au-dessus de l'équateur, arrivée à l'Archipel Indien, y pénétrera comme •dans une baie. Par suite de ces circonstances, la déclinaison aura •sur la marée une influence prononcée, qui se fera déjà sentir assez •fortement à l'est de l'Archipel, et s'y traduira fréquemment par • une notable différence de hauteur entre les deux marées d'un même •jour. A mesure que les ondes de marée s'avancent entre les ilesde
»r Archipel, cette différence devient de plus en plus grande, à tel point » qu'en beaucoup de lieux la 2^ marée disparait souvent tout à fait. »Cela est le cas, entre autres, à Batavia, où les ondes de marée arrivent »en majeure partie du nord et proviennent donc de la mer de Chine.
•Cette influence de la déclinaison, jointe à la circonstance que »dans les différentes saisons de Tannée la lune atteint sa déclinaison «maxima dans des phases différentes, provoque des phénomènes très •particuliers dans le régime des marées entre les syzygies. La marée "lunaire, qui, toutes choses égales d'ailleurs, possède plus de 2 fois «l'intensité de la marée solaire, sera toujours forte lorsque la décli- «naison de' la lune sera grande, faible quand cette déclinaison sera «petite. En conséquence, les marées les plus fortes ne sont pas «observées 1 ou 2 jours après la P. L. ou la N. L., mais de 1 à 7 •jours après ces phases, ou bien un égal nombre de jours avant, «selon la saison. A la fin de Mars et de September, par exemple, la «marée la plus haute se produit 1 jour après le P. Q. ou le D. Q., parce «que la lune a alors dans les quadratures, en moyenne, une déclinaison «de 23Va°* ^^ différence entre la haute et la basse mer s'élève ces «jours-là à près de 0.80 mètre, tandis que vers la P. L.ou la N. L., «aux mêmes époques de Tannée, elle n'est que de 0.30 mètre.
«L'éruption du Krakatau a eu lieu 5 jours, avant la N. L. A la «fin du mois d'Août c'est justement vers ce moment que la lune «atteint sa plus grande déclinaison. Par suite, les marées normales «étaient relativement fortes le jour de l'éruption et les jours suivants.
«Au moyen des observations faites pendant 3 années au maré- « graphe de Tandjong Priok, on a déterminé empiriquement les «hauteurs normales de l'eau pour chaque phase lunaire et chaque «période de Tannée. C'est ainsi qu'ont été calculées les hauteurs «de Teau du 26 au 31 Août 1883. Dans ce calcul il a été tenu «compte de la distance variable de la lune à la terre et de «l'influence exercée sur la déclinaison de la lune par la distance de «cet astre à Técliptique."
Près de Soerabaja trois marégraphes sont établis, l'un à Oedjoeng- Pangka, sur la côte nord de Java, le second à Soerabaja même, sur rOedjoeng, le troisième au sud de Soerabaja, à Karang Kleta. Les courbes de ces marégraphes, que j'ai reçus de M. Tingénieur en chef J. J. DuKSTRA, à Soerabaja, sont reproduits, au Vs de la grandeur réelle, dans les fig. 12, 13 et 14.
Les lignes rouges pointillées, qu'on voit dans les figures, ont été ajoutées par moi et donnent la moyenne des niveaux de l'eau de la veille et du lendemain, par conséquent le niveau probable du jour même, sans la perturbation. Les tracés montrent que, après quelques petites irrégularités, la première perturbation notable eut lieu à Oedjoeng Pangka le 28 Août à 1^ 30"° du matin, à Soerabaja à V' 30°", à Karang Kleta à 2^ 45°^. Sur le diagramme de Soerabaja on distingue deux ondes qui se succédèrent à une heure d'intervalle. L'amplitude de la perturbation est ici déjà très réduite et varie de 0.10 à. 0.20 mètre.
A Oedjoeng Pangka il n'y eut ces jours-là, de même qu'à Batavia, qu'une seule marée dans les vingt-quatre heures; à Soerabaja et à Karang Kleta on remarque, de même qu'aux points plus orientaux de la côte nord de Java, une marée intermédiaire assez prononcée. A partir du détroit de Madoera, en allant vers l'ouest, cette seconde marée devient de moins en moins distincte, et à Oedjoeng Pangka elle ne s'observe plus.
Toutes les autres données relatives à l'heure où l'onde est parvenue en différents points de l'Inde néerlandaise sont plus ou moins incertaines, et quelques-unes, telles que les informations de la Côte Sud des Preanger et la plupart des indications de Benkoelen, ne peuvent servir à rien. Dans la liste qu'on trouvera ci-dessous je n'ai consigné que les observations utilisables, et j'en ai converti l'heure en temps de Krakatau. Au moyen de la durée de propagation j'ai calculé la vitesse en miUes par heure et en mètres par seconde, et de cette vitesse j'ai ensuite déduit la profondeur moyenne de la mer, à l'aide
de la formule h = — .
Dans cette liste sont mentionnées aussi la plupart des localités en
dehors de l'Iade néerlandaise, où Tonde a été remarquée. Jusqu'à présent je n'ai pas reçu de données de Honolulu, où un marégraphe fonctionne, ni de S^^ Hélène. A l'île de l'Ascension il n'y a pas de marégraphe (JLOO'*); ces appareils paraissent également' manquer sur la côte orientale du Brésil, où leur présence aurait été de grande valeur pour la connaissance de la propagation de l'onde dans l'Océan Atlantique.
Le tableau des niveaux de la mer durant le mois d'Août dans la République Argentine, m'a été communiqué par voie officielle (400") ; conune il ne donne toutefois pour chaque jour qu'un seul chiffre moyen, la question qui nous occupe n'en reçoit pas d'éclaircissement.
Notre Consul général à Lima a fait savoir qu'aucun renseignement ne pouvait être fourni au sujet des niveaux de la mer sur la Côte du Pérou, dans les derniers jours du mois d'Août.
Une copie m'a été promise d'un Rapport du Directeur de l'observatoire météorologique de Maurice sur les phénomènes observés, à la suite de l'éruption du Krakatau, à Maurice, à Rodriguez et aux Seychelles; jusqu'ici, malheureusement, cette pièce ne m'est pas parvenue^ "^
Je suis également encore dans l'attente des indications du marégraphe de la baie Orange (Cap Horn).
Ce n'est donc qiie plus tard, lorsque tous ces documents seront en ma possession, que je pourrai entreprendre la discussion complète des observations concernant la propagation de l'onde du Krakatau, discussion dont je me propose de faire connaître les résulats dans une suite au présent Rapport.
De la seule énumération des localités contenues dans notre liste il ressort déjà, toutefois, que cette remarquable éruption volcanique a aussi provoqué des mouvements de la mer sur une grande partie de la surface du globe.
Sur la carte fig. 6 j'ai indiqué d'heure en heure l'état du mouvement de l'onde, en n'allant provisoirement, à cause de l'insuffisance des données, que jusqu'au Cap Horn à l'ouest et jusqu'à la côte occidentale de l'Australie à l'est.
Propagation de Ponde envoyée de Krakatau
Localités.
Heure d'arrivée.
(Niveau le plus élevé) 27 Août. Temps local.
Différence de
temps avec
Heure d'amvée
en temps de
Durée de
propagati
de Tonde
De Noordwachter Toboali (Banka).
De Lépar ....
Hé Qndiepwater De Mendanau. .
Tandjong Pandan
(BiUiton) ....
Dendang (Billiton) Tandjong Priok (Batavia)
Tjilamaja (Krawang) Rambattan (Gheri-
bon)
Japara
Oedjoeng Paingka
près de Soerabaja.
Tjilatjap
Pasar Manna ....
Piidang
Gossack (Australie
occidentale) . . .
Asbburton River (id.) Geraldton (id.)
10*^ 0°> mat.
12*^ (11** SO"?) mat.
4*^ 15" soir.
5^ 18°» soir.
4^ — soir.
5* — soir.
5" 30°> soir.
8* 30"» soir.
IS*" 36"" soir.
2^ SO» soir.
4^ — soir.
6"?— soir.
28 Août 1* 30'» mat.
27 Août 5" — soir.
11* 18"" mat. (11*?) 1* 28"» soir.
4* 30"? soir.
12*?? midi.
8*?? soir.
llm
11^ 86°» mat.
4*" 11°» soir.
B*' 9°» soir.
3^ B3°» soir.
4^ 83°» soir.
8^ 2l°» soir.
8^ 20°» soir.
12'* 51°» soir.
2^ 21°» soir.
3** 49°» soir.
8** 40°»? soir.
7k 4()ID?
mat.
27 Août 4^ 46°»
soir.
11** 26°» mat.
1^ îô»"
1^ 46°» soir.
3** 43°» soir?
11*^ 22°» mat.??
1»» îs"»?;
7^ 23°» soir??
Août à 10i> 0" du matin, temps de Krakatau.
Vitesse en
Vitesse en
Profondeurs
Distances
milles marins
mètres
de la mer
en
Remarques.
par heure
per seconde
en mètres
ji
lUes marins.
Voir !«•.
Voir lift.
Voir lie.
Voir 119.
Voir 119.
Voir 118.
(*) nnsexactement 150.69 minâtes. (Voir le texte).
(*) Calcolée i l'aide des profondeors moyennes des 7 sections (voir le texte)-
b formnle h =: — donnerait poor la
profondeur 37.34 mitres.
Voir ••.
Voir •«.
Voir «r.
Voir la fig. 12.
Voir 89 et 88.
Voir lOl.
Voir lOft.