‹ Kystes hydatiques des ligaments largesChapitre 9 sur 72 · ET EE · texte numérisé non relu

ET EE

Benoît, en 1897, sur 89 cas de kystes hydatiques du bassin, en relève :

61 dans la cavité pelvienne,

23 dans l’utérus,

3 dans l'ovaire,

1 dans la trompe,

1 dans le ligament large.

BEcouIN, de Bordeaux, a dressé en 1925, une statistique des tumeurs du ligament large opérées par lui depuis 1903, donc en 22 ans. Il ne compte dans les tumeurs intraligamentaires ni les annexites, ni les kystes de l’ovaire partiellement inclus, ni les fibromes nettement utérins. Il a opéré 38 tumeurs du ligament large: 27 kystes et 11 tumeurs solides. Parmi les kystes, 26 étaient des kystes :wolffiens, hyalins ; le 27° était un kyste hydatique.

TAILHEFER, de Béziers, en 1927, donne, lui aussi, cette

localisation comme très rare.

Pour conclure avec précision sur la fréquence des kystes hydatiques intraligamentaires, il faudrait opposer tous les cas de kystes hydatiques des ligaments larges rencontrés de 1876 à nos jours aux cas de kystes de même nature, trouvés dans le même temps, sinon dans tous les viscères de la femme, du moins dans tous ceux de son petit bassin.

Nous nous sentons incapable d'accomplir un tel tour de force.

Nous avons cité, dans les pages précédentes, quelques statistiques parce qu’elles parlaient des kystes hydatiques intraligamentaires Nous nous empressons d’ajouter qu’elles n’ont aucune valeur.

Les kystes hydatiques des ligaments larges ne sont pas chose courante, nous le reconnaissons certes, bien volontiers. Mais nous protestons énergiquement contre les épithètes de « rarissime », de « curiosité patholo- .gique » qu’on leur décerne trop facilement.

Nous affirmons, au contraire, qu’un cas rarissime, qui

s’est déjà reproduit 80 fois depuis 1876, n’est pas un cas .rarissime,

C’est un cas rare, peu fréquent, mais qui ne mérite pas cependant, qu’on le qualifie de « curiosité clinique ».

Ce que nous avançons aujourd’hui aurait encore davantage de poids si nous pouvions citer toutes les observations de kystes hydatiques intraligamentaires. Nous en avons pu réunir 80; nous restons persuadé qu'il en existe bien d’autres dans la littérature et que, plus nombreux encore, sont les cas qui sont passés et continuent à passer inaperçus.

Le kyste peut siéger indifféremment dans le ligament large droit ou dans le ligament large gauche, et nous n’en voulons pour preuve que le fait que dans nos observations:

24 fois, le kyste était à droite.

21 fois, 1l se trouvait à gauche.

12 fois lés deux ligaments larges étaient occupés par un ou plusieurs kystes.

Dans 6 observations, enfin, nous n’avons trouvé aucun renseignement à ce sujet.

Si, maintenant, nous envisageons la fréquence de ces kystes dans le temps, nous voyons qu’ils s’observent rarement chez les enfants et les vieillards.

Voici d’ailleurs un tableau qui indique que c’est pendant l’âge moyen de la vie que l’on rencontre le plus souvent ces kystes hydatiques intraligamentaires.

Nous en avons relevé:

de 20 à 30 ans: 22 cas.

de 30 à 40 ans: 18 cas.

de 40 à 50 ans: 6 cas.

de 50 à 60 ans: 4 cas.

Enfin, aux âges extrêmes de la vie, nous en trouvons quatre cas :

1 cas à 9 ans.

2 cas à 18 ans.

1 cas à 75 ans.

Dans 9 observations, les renseignements manquaient au sujet de l’âge des malades,

LR EL

Nous sommes, d’ailleurs, sur ce point, en parfait accord avec FRANTA qui, sur 374 cas de kystes hydatiques des organes génitaux et du bassin chez la femme, trouve :

36 cas ou 9, 4 % à moins de 20 ans.

266 cas ou 71,1 % de 20 à 40 ans.

73 cas ou 19,5 % au delà de 40 ans.

Existe-t-il une cause au fait que l’on rencontre plus

fréquemment ces kystes hydatiques chez les femmes mariées plutôt que chez les jeunes filles? Nous ne le savons pas.

. Quant à la grossesse, il semble que son influence soit nulle sur l’évolution du kyste. Tout au plus peut-on avancer qu’elle active la marche de lésions déjà existantes.

Les kystes hydatiques gênent, en général, fort peu la fécondation. FRANTA publia, en 1900, l’observation d’une femme qui, en dépit d’un kyste développé dans le ligament large gauche et de plusieurs petits kystes situés dans le cul-de-sac latéral du même côté, eut 7 -accouchements à terme entre 24 et 34 ans.

Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point quand nous étudierons les rapports réciproques des kystes hydatiques avec la grossesse, l’accouchement et les suites de couches, à propos de quelques cas de kystes intraligamentaires coexistant avec une grossesse.

Parmi les causes habituelles qui favorisent le développement de l’échinococcose, on a incriminé les climats froids, l’habitation de locaux bas et humides, l’absorption de viande crue, etc. Ces causes nous paraissent secondaires et même erronées. Ce qui importe surtout, à notre avis, c’est l’ingestion des aliments et des crudités souillés par une eau contaminée ou l’ingestion de cette eau même, et surtout la vie en commun avec le chien.

Différents auteurs, et particulièrement RENDU, ont insisté à juste titre, sur le rôle important joué par le chien dans la propagation de cette affection,

Dans nos observations, TILLAUX, DoLERIS, DEREWENKO et Bocr signalent que leurs malades avaient des contacts fréquents avec des chiens. « D'ailleurs, nous savons, dit BoGr, combien sont sujets à l’échinococcose les Esquimaux qui vivent en commun avec ces animaux. Les professions rurales, de ce fait, disposent à cette maladie. Et, si nous examinons attentivement l’histoire de toutes ces malades, nous arrivons à savoir qu’il s’agit de gens qui ont eu un contact habituel avec des chiens. »

La bouche paraît donc être, chez l’homme, l’unique porte d’entrée du tœnia échinocoque, dont le chien est l'hôte intermédiaire. Ce dernier transmet les œufs du tœnia soit directement, en léchant pour caresser, soit indirectement, en souillant les aliments et surtout les boissons. Il est fréquent de rencontrer des kystes hydatiques simultanément chez plusieurs membres d’une même famille. Cette échinococcose familiale a pour cause évidente la promiscuité étroite de ces habitants, soumis à des conditions de vie identique.

L'influence du traumatisme accidentel explique-t-elle le pourquoi de cette localisation intraligamentaire des hexacanthes ?

DaxLos, dans sa thèse, est d’avis que « rien n’est plus fréquent, quand on étudie le mode de développement des kystes hydatiques, que de trouver, quand on le cherche, un traumatisme violent comme point de départ de l’affection », et il ajoute: « Le kyste naît toujours au point traumatisé ».

« Quelle que soit la voie suivie par l’hexacanthe, continue-t-il, pour pénétrer dans nos tissus, nous croyons avoir démontré que le traumatisme agit en produisant soit une rupture des vaisseaux, soit une fluxion inflammatoire ; il favorise la fixation de l’embryon et lui fournit tous les matériaux dont il a besoin pour sa nourriture. »

Il est évident que bien souvent on a pu noter un traumatisme dans les antécédents des malades atteintes de kystes hydatiques.

Il en est ainsi dans l’observation de TiLLaAux, où la femme âgée de 24 ans au moment de la découverte du kyste, a fait à 16 ans, une chute suivie d’un urticaire généralisé.

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