SCENE III
J ULIEÏÇ.
Il part, la joie au cœur, la chanson à la bouche, Et moi, suis-je bien sûr de ma vertu farouche ? Ai-je bien répondu toute la vérité, Et son tableau brutal ne m'a-t-il pas tenté?
— Quelle étrange langueur flotte donc dans l'espace ? Le nocturne regard d'une femme qui passe Ou la rencontre faite, à l'ombre des chemins, Des amoureux ravis qui se tiennent les mains Et vont en se parlant tendrement à l'oreille, Ne m'ont jamais causé d'émotion pareille.
Il me semble que c'est pour la première fois, Azur profond des soirs d'été, que je te vois, Et que vous me troublez et que je vous respire, Chauds parfums envolés dans le vent qui soupire.
Il s'assied sur le banc.
Je m'assieds. Je ne puis secouer ma torpeur.