‹ L'Abbaye d'Anchin. 1079-1792. [With plates.]Chapitre 13 sur 306 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

borée de l'impression de mon scel et du témoignage des hommes de bien soussignés.

Signum mei ipsius Gérard» episcopi. S. Ans- Seing de moi-môme Gérard , évêque. S. d'Ansfridi. S. Mascelini. S. Alardi, archidiaconorum. fràle. S. de Mascelin. S. d'Alard , archidiacres. S. Hugonis, decani, S. Comitis Balduini. S. S. d'Hugues , doyen. S. du comte Bauduin. S. Wallheri de .... S. Gossuini de Montibus , et de Gauthier de .... S. de Gossuin de Mon?, et Isembardi liliorum Ermengardis, quorum as- d'Isembard , les fils d'Ermengarde, par l'assensensu hoc loin m factum est. liment desquels tout cela a été fait.

Actum est hoc anno ab Incarnatione Do- Ce fui aclé en cet an de l'Incarnation du Seimini slxxxviii. Indictione undecima , concur- gneur 4088, indiction onzième p concurrent C. rente vi , epacla xxv. Régnante Domino nostro Epacte 25. Notre-Seigneur Jésus-Christ régnant Jesu Christo cum Pâtre et Spiritu sanclo , qui avec le Père et le Saint-Esprit, lesquels veuillent omnibus fideliter hxc conservantibus coronam accorder dans le ciel une couronne impérissable immarcessibilem prœstet in cœlestibus. i ceux qui conserveront fidèlement ces choses.

Amen. » Ainsi soit-il.

Pendant le gouvernement d'IIaymeric , la prospérité d'Anchin alla croissant ; et comme nous l'avons déjà dit , par l'influence de la belle renommée du monastère et des vertus de ce prélat , les dons , les bénéfices , les dotations et les libéralités des fidèles ne cessaient d'affluer; et pour n'en citer que quelques-uns, dit François de Bar, car la liste serait trop longue s'il fallait rappeler les noms des donateurs avec les champs , les métairies , les moulins , etc., qu'ils ont consacrés à cette église en l'honneur du saint Sauveur et en considération du R. abbé Haymeric , nous ne parlerons que de l'illustre Bauduin, qui donna tout ce qu'il possédait au village d'Inohy, du seigneur Nicolas de Chièvres " et de sa mère Rotzéla , qui donnèrent aussi tout ce qu'ils possédaient dans le territoire d'Inchy , ainsi qu'un moulin et un vivier s'étendant aux écluses jusqu'à près le château, avec les courtieulx 11 adjacents, les terres, lus bois, ainsi que les privilèges qui y étaient attachés : justice , ban , corvée , tonlieu , qui furent transmis à perpétuité par les donateurs à l'abbaye d'Anchin. Nous ne dirons pas non plus les donations qui se firent dans les villages d'Hesninel, de Noyelles, de Beuvry, d'Erchin, St-Aubin, Wambrechies , Esquerchin, Escaillon, Loffres, Bruillc, à Douai, à Sin, à Courchelcttes, etc.

Toutes ces largesses des bienfaiteurs furent confirmées par l'évêque Gérard, qui ajouta un grand nombre de bénéfices à ceux qu'il avait déjà accordés à l'abbaye , en incorporant à l'église d'Anchin beaucoup d'autres autels.

C'est vers ce temps -là que vintàAnchin un certain moine du nom de Gelduin; il avait été religieux au monastère de Laon, puis abbé de St- Michel de Beauvais. En 1090, il quitta la prélature pour se faire reclus au monastère d'Anchin , et y finir sa vie dans la retraite et la prière Tout-à-l'heure nous en parlerons.

Mais une donation importante , ce fut la chapelle de St-Georges d'Hesdin **. Elle fut ensuite , ainsi que nous le verrons bientôt , érigée en prieuré ; prieuré qui était tellement considérable, qu'il était comme un second monastère. En 1092 , cette chapelle de St-Georges, avec le territoire qui en dépendait , fut donnée par le comte Enghelran ,

" Ce Nicolas de Chièvres fut , par la suite , évêque de Cambrai.

Voir LeGlay : Recherchas sur régi, métrop. de Cambrai, il, 106, 1*3. " Curtilia , F. de Bar , Ms. cité. Courtil , au pluriel Courtieulx , — jardin , terre d'une étendue déterminée qui devait une rente foncière privilégiée et irrédimible pour cause de la concession. A Douai , dans tout l'Ostrevant et dans quelques parties do l'Artois, ie Courtil contenait une coupe de terre, quart de raslère, ou onze ares ti centiares et demi, et devait de rente par an huit sole douisiens ( vingt deniers tournois), et deux chapons.

Guilmot . Supplément au Glossaire de la langue romane , de ** ~ »» mckskkt , ./«cuir. .Iquic. «• Iôid.

seigneur du château d'Hesdin, et par sa femme Mathilde, sous l'autorité de Gérard , évêque de Térouane , de la main de qui le même Enghelran tenait cette terre en fief. Dans le diplôme de fondation , cet évêque « attribue à l'église St-Sauveur d'Anchin , comme chapelle y appartenant, la basilique de St-Georges, située près le château d'IIesdin , avec le territoire adjacent, pour être possédée librement et à perpétuité, à la condition que autant de moines que les ressources permettront d'y entretenir feront le service divin ; et il affranchit les moines et tous les hommes vivants sur le territoire des moines, de tous droits de lonlieu , redevances ou exactions , défendant qu'ils ne puissent êfre arrêtés ou saisis , à moins qu'ils n'aient été pris en flagrant délit " ; » et , ajoute F. de Bar , cette donation et ces privilèges accordés à l'église d'Anchin ne furent pas seulement ratifiés par le diplôme de l'évêque Gérard ; mais Robert consul , autrement dit comte de Flandre , étant sur le point de partir pour aller porter secours au roi d'Angleterre contre les Normands , appelle Enghelran , comte d'Hesdin , et lui conférant pouvoir, « il ordonne que cette même église de St-Georges soit remise à H.ivmeric , abbé d'Anchin, afin qu'elle soit régie par lui et ses successeurs , comme chapelle ou monastère appartenant à l'église St-Sauveur d'Anchin , librement et par droit perpétuel , avec le consentement des chanoines de St- Martin d'Hesdin. »

L'évêque Gérard il avait constamment été comme un véritable père pour l'abbaye qu'il avait si puissamment contribué à fonder ; aussi ce fut un grand deuil à Anchin lorsqu'il mourut , en l'an du Seigneur \ 002 , seizième de son épiscopat. En témoignage de souvenir et de reconnaissance des bienfaits de cet illustre prélat , le couvent lui décerna des prières, et décida qu'à l'avenir et à perpétuité , à la messe du matin , lorsque ce serait la messe des morts , il serait dit une collecte pour lui ".

Dans le cours de l'année suivante, mourut aussi Hugo, cet autre bienfaiteur , si vaillant , si actif, de la fondation d'Anchin. On peut dire qu'il en avait été tout à la fois et l'ouvrier et l'architecte. 11 s'y était livré tout entier, corps, esprit et richesses. Il avait abandonné son décanat de l'église Notre-Dame de Cambrai , pour devenir moine du monastère d'Anchin , où il vécut dans la pratique des plus grandes austérités. Le jour de la Toussaint de l'année 1093 , après avoir célébré la messe , il fut frappé d'une grave maladie dont il mourut. On a retrouvé , un siècle après , sa pierre sépulcrale , dans le monastère d'Anchin ; l'inscription qu'elle portait était conçue en ces termes :

Hic est sepullum corpus Hugonis decani sa ne tac mémorise Cameracensis , qui construxit claustrum cum porticu ejusdem ecclesia;, capellamque sancti Cengulphi. Insuper, ut caîtera taceamus, multis annis a carne abstiuuit, super plumam non jacuit, nisi forte in hoc monasterio jussu abbatis. Hic construit claustrum, porticum , elemosynarium , capellamque beatx Maris, et inulta alia bénéficia fratribus contulit. Hic in festi vitale omnium Sanctorum, postquam missam celebrasset, gravi inlirmitate percussus, monachus eflectus, abiit in bona confessione et vera fide, an no Domini mxciu , sexto idus novembres *?.

L'année d'après mourut Sigier de Loos , ce noble chevalier qui , quinze ans auparavant, quittant les joies de famille et les attraits de la gloire mondaine, acceptant une mort anticipée , était venu éteindre l'éclat d'un nom illustre et les ardeurs d'une vie jeune encore dans l'obscurité d'un lieu de prières et de pénitences. Et dès-lors véritablement il avait été mort pour le monde , car il n'est plus fait, mention de lui , si ce n'est que François de Bar rappelle qu'en a l'an du salut 109 \ , Soliicr de Loos ou

*> F. de Bar, M«. ciUi. - Sigcbert , -tutt. Aquic.

** A. Le Glay. Rech. rur l'égl. métrop. de Cambrai.

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