CHAPITRE XXXIII
fidèles à leur vœux. Plusieurs s'en tinrent à une simple déclaration diversement formulée, mais qui revient à dire que leur désir et leur volonté est de continuer la vie commune à Ancbin. Quelques-uns ont cm devoir rendre cette déclaration plus expressive et plus explicite.
Le sous-prieur Alexis Duprct dit :
Je, soussigné , déclare qu'adhérant à la déclaration que j'ai arçuee \e H mai dernier, en la communauté d'Anchin capitulairement assemblée, je persiste dans la résolution de remplir les saints engagements que j'ai contractés par mes vœux solennels de profession , et demande de continuer à mener la vie commune à laquelle je me suis attaché par le vœu de stabilité.
Le frère Arnould Fry :
Je déclare vouloir vivre et monrir dans l'état que j'ai embrassé, selon les ?œux que j'ai faits au Seigneur.
Le frère Constant Wibaille :
Je, soussigné, déclare que mon intention, conforme à mon honneur et à mon devoir, est de vivre et mourir dans l'état que Dieu m'a fait la grâce d'embrasser.
Le frère Ladislas d'Ysembart :
Je, soussigné, déclare vouloir profiter de la liberté qu'on me donne de mener la vie commune , selon le vœu solennel que j'ai contracté aux pieds des autels, et dont je ne m'écarterai que forcément.
Selon la prescription du décret , à chacune de ces déclarations élaients joints un extrait de l'acte de naissance ou de baptême du religieux et la copie de l'acte de profession ; cet acte de profession était rédigé selon cette formule , la même pour tous :
Ego , frater (noms et prénoms, lieu de naissance), promillo slabililatem meam et conversionem morum meorum,et obedienliam secundùm regulam sancti Benedicti , coram Deo et omnibus . sanctis, quorum reliquias babentur in hoc monasterio Sancti- Salvatoris Aquiscinctensis , in presentiâ Domioi (le nom du grand -prieur en exercice) magni prions ejusdem monasterii.
Ad cujus rei (idem banc petitionem manu proprià scripsi (la date du mois et l'année).
Signature.
Voici dans quels termes était conçue la déclaration du frère Benoit Lescallier, dernier grand-prieur d'Anchin. Nous copions textuellement sur la pièce originale :
Je, soussigné, religieux et grand-prieur de l'abbaye de Saint-Sauveur d'Anchin, étant fermement attaché à l'état que j'ai embrassé sous les auspices de la religion et de la loi , voulant aussi être fidèle au serment solennel que j'ai fait au pied des autels , reconnaissant même que je serois coupable si je renonçois aux saints engagements que j'ai pris avec Dieu , et que je serois parjure si je les abdiquois volontairement ; déclare hautement, en conscience et avec vérité que ratifiant , autant que de besoin , l'acte passé capitulairemeut le 7 mai dernier, lequel acte a été inséré dans l'inventaire du mobilier le plus précieux de notre maison, et achevé le il du même mois, mon intention est de continuer la vie commune , de vivre et mourir dans l'état religieux et dans la maison d'Anchin, à laquelle je me suis attaché par le vœu de stabilité; déclare en outre que c'est dans ces sentiments que je fournis mes actes de baptême et de profession.
Ainsi fait à l'abbaye d'Anchin, le 17 du mois de janvier 1791. D. R. Lcscallibb , grand-prieur.
Ce digne religieux , dernier grand-prieur d'Anchin , chassé par le décret du 1 8 août 1792, se relira à Alost où il mourut peu de temps après, à l'âge de cinquante-huit à cinquante-neuf ans, en 1793 ou 1794.
Ouant au cardinal d'Yorck , dernier abbé d'Anchin , il se réfugia en Uauc autres
du pape Pie vi. Pour secourir ce pape dans sa détresse, dit M. Pichot", Henri- Benott vendit les joyaux de sa famille , et entre autres un rubis estimé trente mille louis. Bientôt expulsé de Rome , comme tous les autres cardinaux , il se retira à Venise en 1798; infirme, pauvre, subissant une double humiliation comme fils de roi et comme prince de l'Eglise. De retour à Rome, en 1801 , il consentit à recevoir une pension du roi Georges ni , comme porteur des titres de Marie d'Est , femme de Jacques u , à qui le parlement anglais avait reconnu uni* dot de cinquante-huit mille livres sterling, garanties par le traité de Ryswick. En reconnaissance de cette dette que l'usurpation eût pu contester, il légua ses papiers au cabinet anglais. Il était doyen du sacré-collége. 11 est moit à Rome en 1807, âgé de quatre-vingt-deux ans.
Pour terminer, disons que l'abbaye d'Anchin , dont le premier pasteur avait été Thumble moine Alard , venu du monastère d'Hasnon , eut pour le dernier de ses abbés le dernier des StuarU , un Roi de la Grande-Bretagne; car tel est le titre que le cardinal d'Yorck prenait dans ses actes et dans ses relations. On le qualifiait Henri ix, et, en lui parlant, on disait : Votre Majesté.
5i m$t. de Charltt-Édovard, t. u, p. 414.
GLORIA IN EXCELSIS DEO ET 13 TERRA PAX UOMIMBtS ROK£ VOLIXTATK.
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TABLE
LETTRE liEDlf.ATOIRE. . ... page v