IV. — Chatellenies de Trion et de Chenais
Les paroisses de Reignac, de Dolus et de Saint -Branch dépendent de cette châtellenie, dans laquelle l'abbé de Beaulieu a la haute, moyenne et basse justice, et il est en même temps seigneur direct.
Les fiefs qui relèvent de cette châtellenie sont :
1° Le fief de Trion, dont la châtellenie a pris le nom, situé dans la paroisse de Dolus et de Reignac;
2° Le fief de Trassort, situé dans la paroisse de Dolus;
3° Le fief du Plessis- le- Comte, situé dans la paroisse de Saint-Branch.
Nota : Les trois fiefs appartiennent à l'abbaye de Beaulieu et font partie de la manse abbatiale.
La châtellenie de Chenais est dans la paroisse de Perrusson et enclavée dans la forêt de Loches, qui appartient au Roi. Elle s'étend sur les terres du fief et de la métairie de Chenais et les bois de l'abbaye, et forme une seigneurie particulière. Les officiers de justice de Beaulieu sont les mêmes pour Trion et pour Chenais.
V. — DÉNOMBREMENT DES BIENS aUI FORMENT LA MANSE ABBATIALE DE l' ABBAYE DE BeAULIEU.
1° Le palais abbatial et ses dépendances;
2° Une directe dans la ville de Beaulieu dont toutes les maisons et jardins doivent le cens et les lotz et ventes à chaque mutation;
3° Une petite dixme dans la paroisse de Loches;
4° Un droit d'indemnité de 159 livres 2 sols 6 deniers dus par les dames chanoinesses de Beaulieu;
5° Le droit de pêche dans la rivière d'Indre;
6° Trois arpens de vignes ou terres dans la paroisse de Perrusson;
7° Onze arpens de prés situés auprès du jardin de l'abbatiale;
8° Le moulin banal de Beaulieu;
9° La métairie de Chenais, qui consiste en 50 arpens de terres labourables et environ 6 arpens de pré;
10" La métairie de Trion, qui consiste en 154 arpens de terres labourables et environ 5 arpens de pré;
1 1° Une dixme dans la paroisse de Reignac;
12° La métairie de Tressort, qui consiste en 78 arpens de terres labourables et 6 arpens de prés;
13° La directe du Plessis-le-Comte, qui consiste en cens, droitz de lotz et ventes;
14" Un droit de terrage pour la paroisse de Saint-Branch;
15° Six cordes de bois de chauffage à prendre dans la forest de Loches;
16° Quarante-cinq arpens de bois taillis ou haute futaie;
17" Droits d'indemnité payés par la ville de Beaulieu pour les casernes et par le curé de Saint- Laurent pour son presbytère;
18° Un droit à lever pour les poids et mesures;
19° Les droits de foires qui se perçoivent sur toutes les marchandises quelconques qui se vendent dans la ville de Beaulieu;
20° Une parcelle de pré nommée la Petite-Aubray, située près du canal.
VL — Palais abbatial et autres bâtiments de l'abbaye de Beaulieu
Le plan abbatial est séparé du monastère par la rue. On y arrive par deux cours différentes, dont les portes sont de la plus belle architecture. L'une de ces cours sert
aux écuries et aux remises. Le bâtiment des écuries est très vaste et couvert à tuiles. On peut loger dans l'écurie principale quinze à vingt chevaux; il y en a une plus petite propre à tenir quatre chevaux. Au-dessus du cellier et des deux remises sont les greniers pour le foin et l'avoine, et des chambres pour les domestiques.
Le grand corps de logis est en retour d'équerre sur la seconde cour, qui est très bien pavée, et il est couvert en ardoise. Une salle basse, deux cuisines, le commun.
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plusieurs offices, un cellier, un vaste bûcher qui a une sortie sur une troisième cour servant aux cuisines, forment le rez-de-chaussée.
On monte au premier par un grand escalier à repos, dont les marches ont six pieds de long. Il aboutit à une salle très vaste qui distribue les appartements et qui sert de salle à manger. II a trois appartements très commodes et qui n'ont besoin que de décorations. Au-dessus de ces appartements sont d'immenses greniers.
La rivière de l'Indre baigne les murs du palais. On la traverse sur un pont, qui aboutit à la salle basse et à une magnifique terrasse, de laquelle on descend dans un jardin très vaste, qui est terminé par une grande pièce d'eau et qui a pour perspective la ville de Loches, qui n'en est séparée que par une prairie. Il ne peut guère y avoir de situation plus agréable que celle de ce jardin et de l'appartement principal du palais.
Les bâtiments du moulin banal joignent ceux du palais. Ils forment deux corps séparés. L'un sert au moulin et au logement du meunier, l'autre pour écuries et greniers.
Au milieu de la ville est une halle qui est à la charge de M. l'abbé, et à côté est l'auditoire, qui sert en même temps de maison de ville, mais qui forme un bâtiment peu considérable. Il est joint par celui des boucheries, de l'entretien duquel les bouchers sont chargés.
Les métairies de Trion, de Tressort et de Chenais ont chacun de vastes b.itiments qui consistent en granges, étableries, greniers et maisons propres à loger les fermiers; tous sont en état, ceux de Trion surtout sont très vastes; il y en a quelques-uns de superflus. Ceux de Chenais pourraient être démolis, vu le peu de rapport de cette métairie et l'avantage qu'il y aurait à en semer les terres en bois.