NOTRE ABBÉ GEORGE II AKFRENGII K
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1 Il te t. manuscrite et inédite do Clairmarais, tom. Il, png. 261. * D. Orner de Scott. — Il existait, jadis, un portrait de Georges d'Aflmngues, mais en 1728, déjà, il était en mauvais état. Hertin de
1635—1639 Aussitôt installé, l'Abbé (TAffreingues pourvut à son remplacement comme Prieur et désigna pour cette fonction 1). Dents Pecqueur qui, plus tard, lui succéda également au fauteuil Abbatial ; puis il reçut la bénédiction Épiscopale de la main de Christophe de France, Évèque de Saint-Omer. Cette cérémonie se fit solennellement dans la Cathédrale, pendant la grand'messe, le 24 février 1636, le 3e dimanche de carême, en présence du chapitre et d'un grand concours de monde, les Prélats assistants étaient l'Abbé de Saint-Bertin et l'Abbé des Dunes l.
Les religieux de Clairmarais voulant donner un témoignagede sympathie à leur nouvel Abbé, lui présentèrent le jour de sa bénédiction, la pièce de vers suivante, retrouvée sur la couverture d'un vieux livre ?.
« lido admodum in Christo l'atri ac l)no D. Georgio d'Ha/J'rcnf gues, cclebris Monasterii B. M. de Claromarisco, ordinis Cis-
* terciensis Abbati meritissùno, sacro inauf/urationis Die ; hoc
* amoris ac honoris anathema ftratttlabundi ponebant humiles
* in Christo Filii. »
« Jam satis nati gemuere patrem « Sat ducem miles gemuit pereniptum, Mœsta pastorem sat ovis fugalum « Denique luxit.
Vissery qui l avait vu à son entrée au noviciat, nous dit, que déjà il était déchiré, sauf le front, il assure avoir appris par la tradition, que D. Georges avait le visage assez long et maigre, peu de teint et le nez aquilin. — (Tom. II, pag. 267 et 268). || 1 Ce fait est le. dernier qui. relativement à l'histoire de Clairmall rais, soit consigné dans le livre intitulé : De notitiâ Abbaliarum W o;v/j>u.ï/;j.^<'m>n5iJ, par Gaspard JongoUù. — Ilist. Clair., t. II, p. 262. 1 Cette pièce fut imprimée à Saint-Omer, chez Georges Scntein, en 1636. — (Iîist. m» de Clair., tom. Il, pag. 262, 263 et 264..,
« Plus tuuni binos gemuit pcr annos, 1635 — 1639 « /Egidii Presul, tua turba funus, « Celsus at nostras superis querelas « Audiit oris.
« Dux, patcr, pastor, rediit pcrcmptus : c Namque tu presul vigilans Georgi.
« l'nus bas nobis pariter figuras « Exprimit omnes.
« Jam min» hostilis procul est turmœ, « Sit procul murmur grave classicorum, « Sit procul stridor litui strepentis * Te duce Presul.
« Alla pax urbi revocala per te.
« Clara tranquillas Domus inter undas, « Non timet flatus borcœ rigentes ^Te patrc Presul.
« Non lupi dentés meluit rapacen, « Non timet tetri fremitus Leonis « Grex tuus, | astor, duce te, quietus « Pascua carpet.
« Kgit hoc celsa residens in arco c Cujus ad nutum tremit omnis orbis, « Regiœ qui dat diadema fronti, « Sceptraquc dextrœ.
t Gonsulit clarae decus omne turba?, « Clarior tanto tua forma luxit, « Clarior quanto micat inter omnes « Gynthia Stellas.
c Forma virtutum fuit lise tuaruni, « Sola quae summo placuit tonanti, <* Qui suo cunctas hominis pénétrât « l.umine libras.
1635 — MïM « Forma virtutum fuit bœc tuarum.
» Aplaquœ Ci.aram regeret Palidem, <i Quœ tibi flexa, tua jussa prœsul « mente capescit. »
Autre pièce de vers ayant pour sujet la devise des armoiries de Georges d'Afïreingues.
GAUDET PATIEHTIA DURIS .
« Hue ades oh! quicumque (lies vis ducere la'li»,
* Pellere et a foribus tristia cuncta tuis.
« Hue ades, in rébus gacdens patientia duris.
« lloe te securum sola doeebit iter.
« Prospéra seu duris cédant, seu dura secundis.
'< Quœ tu mente feres prospéra, dura feras.
•• At virtutis, ait, sunt Iutc fastigia summœ,
c Non hotno vivit, bomo talia quisqui^ogit.
« lsta manent superos, hic semper pace fruuntur,
* Hœc est immotis proxima vita diis.
<i En tua dùm, Presul, galret patientia dlris, « In terris positus, non bomo vivis, homo.
* Nam tua dum Prœsul, gaidet patientia ni mis, Ctelicolis vitam ducis in orbe parem.
« 0 quam longœvœ spondet sibi tempora pacis,
* Quando datur tanlo presule, Clara pams. >
Audomari, typis Georgii Seutein 1636.
A peine 1). Georges fut-il eu pleine possession do sa charge, que nous le voyons recruter insensiblement son troupeau. Chaque année, à la prière du Prieur et des anciens, il reçoit successivement: 1° Jacques d'Afïreingues, fils d'ANToiNE, conseiller pensionnaire de Saint-Omer ; ce néophite avait été baptisé dans l'église Saint-Sépulcre, le i juillet 1619.
— 2° Georges Petquam, du Haut-Pont, lequel devint it>35— 16M plus tard 50p Abbé. — 3° Philippe Bouquiau, de Saint-Omer, qui devint par la suite Sous-Prieur i" avril 1630; . Cette réception se fit dans la chapelle de la Vierge, en présence des anciens et du Prieur, après une exhortation latine, adressée aux postulants, qui au bout de l'année, presque jour pour jour, étaient admis à la profession (3 mai 1637;.
Quelques mois plus tard, l'Abbé admettait également de la même manière et dans le même lieu, J .-B. d'Afrreingues, de Saint-Om^r, âgé de 18 ans 1/2, son cousin.— F. Louis le Lièvre, 18 ans, qui devint Abbé de Cercamp, et Robert Roberty, âgé de 20 ans, qui devint également Abbé de Clairmarais (26 octobre 1637 . — Un peu plus tard encore, quatre nouveaux cénobites prenaient l'habit des mains de l'Abbé, c'étaient Thomas Liot, Hugues d'Hermine, Aubert des Granges et Lamorald Lesage.
C'était le moment où on commençait à changer les noms de baptême des religieux novices, l'Abbé se conformant à cet usage qui allait s'introduire, appela ces derniers, l'un F. Benoit, l'autre F. Étjenne et le 3° F. Paul (13 décembre 1637).
Le vénérable ancien a qui furent confiés ces novices, fut Dom. Pierre Trezel, ancien curé des domestiques pendant 12 ans, le même qui devint directeur de Wœstine et qui nous a laissé quelques mémoires manuscrits
G>>. Pierre Trezel. — Ili*t. nv> Chu., loin. Il, |»»g. 266 et 267.
1635—1639 Dans l'intervalle, Georges ne demeurait pas inactif, il faisait rebâtir le pignon du quartier Abbatial du côté du midi. — Il faisait faire un grand et magnifique ciboire en vermeil, avec une boîte aux Saintes-Huiles. — Il ornait la salle de réception des étrangers, de chaises en cuir noir portant ses armoiries en or, sur les dossiers. — Il conduisait une chapelle, à portée de sa chambre, et faisait placer des carreaux de vitres à la grande salle du refuge,du côté de la rue l.
En même temps qu'il posait, au bout de 16 ans, une pierre sépulcrale sur la tombe de Martin Tirant, le premier Abbé mitre > ce qui avait été omis par son prédécesseur, Georges faisait construire dans la pêcherie, un beau moulin à vent en pierre de taille, sur le modèle de celui de Watten 2o mai 1637), et donnait quelques pièces d'argenterie pour Itu^lexlûke **.
Mais on touchait encore à de pénibles moments pour le monastère et pour le pays, l'horizon assombri annonçait de nouveaux et imminents orages.... Les Français avaient mis le siège devant Saint-Omer, qui était occupé par les Espagnols : prévoyant le danger qui les menaçait, les communautés des environs vinrent à la hâte s'abriter dans la ville ; les Dames de Blandecques occupèrent à cette occasion une maison qu'elles avaient achetée depuis peu au
1 Idem. idem. pag. 266 et 267.
1 llist. m" de Clair , tom. Il, pag. 267 et 277. — Notamment 7 ▼aisselles et 8 gobelets d'argent.— Ce moulin a été détruit en 1850.
prix de 12,000 florins, en partie prêtés par 1). Martin 1635—1639 Tirant l, les Dames de Wœsline étaient accourues dans leur refuge, ainsi que les moines de Clairmarais. Ceux qui ne purent y trouver place furent dispersés dans diverses autres communautés, en vertu de let-
très d'obédience 2.
Dès les premiers jours du siège, une commission municipale fut députée à la Cour de Son Altesse, à Bruxelles, pour demander du secours au nom de la ville investie. Celte commission était composée de trois Magistrats de Saint-Omer, MM . de Blandecques, d'Oresmieulx et Antoine d'Affreingues, auxquels fut adjoint l'Abbé de Clairmarais, leur voyage dura du 28 juillet jusqu'au 24 août inclusivement.... Cependant, dès le 28 mai (mardi de la Pentecôte] M'armée française avait franchi \e Neuf-Fossé, elle venait inopinément par les bois et les marais, attaquer l'Abbaye, d'où elle débusqua un poste de 120 hommes placés là pour entraver les opérations du siège. Cette attaque fut si brusque, si inattendue, qu'on n'eut pas le temps de transporter en ville les objets les plus précieux : pourtant le Maréchal de La Ferté, qui commandait avec le Maréchal de Chatii.lox,
pprmirp^i, dn, sniiyprlns nmiomonts dï»fllUn, lpxvaçps
sacrés et une partie de la bibliothèque Tout le
reste devint la proie d'une soldatesque effrénée, qui
1 Cette maison qui a donné le nom à lu rue désignée encore sous le nom des Dames de Blandecques, fut incorporée au jardin des Religieuses de Sainte-Catherine.
* Ilist. m" par Berlin de Vissery, tom. II, pag. 268.
1 D. Guislain-Campion.
y envahit, pilla et dévora le couvent, pendant l'espace de 7 semaines
Dès le 24 et le 25 du même mois, par suite d'une résolution prise par les Généraux français, en conseil de guerre, on s'était emparé des églises et des châteaux-forts du voisinage. Blandecques, Wizernes, Arques étaient tombés sous les coups du vainqueur, le château d'Arqués battu en brèche par 4 pièces de canon, fut démantelé, et sa garnison forte de 30 hommes resta prisonnière et fut emmenée a Aire *. Les capitaines de Lannoy et du Taillis, du régiment du Baron de Wezemal, qui avaient rendu Clairmarais, furent avec leurs compagnies conduits à Aire comme les gardes du château d'Arqués ; de là, du Taillis obtint de se retirer à Saint-Omer
1 Berlin de Vissery, tom. Il, pag. 269. — Audomarum obsessum L'Iiif/lrtii. pag. 6. — Saint-Omer, veuve Bossard, au nom de Jésus. — Les Fronçais envoyaient, dit-on, en France, par A ni f es. tout ce qu'ils enlevaient. — (Bertin do Vissery, pag. 267, lin. 26 et 27).
2 Le général de LANCERON.qui était catholique, consentit à rendre les livres de la bibliothèque avec les reliques et notamment les cinq chefs des 11,000 vierges ; on en donna une à un capucin français, en récompense de ses bous services. — (Bertin de Vissery, tom. II, pag. 270).
1 Idem.— Aud. obsess. vx officinn Plantinianû. — Anv. 16 W.
« Le 28 may 1638.— Chatillon envoia deux régiments d'infanterie et quelque cavalerie avec deux pièchcs de canon, sous la conduite du colonel Langeron, pour prendre l'Abbaye de Clairmaretz, en la quelle estant entré par une ouverture qu'il avait fait faire en la muraille, du côté de la Baillete, s'en rendit maître, prendant a composition les deux compagnies de Wezemal, des capitaines Lannoy et !>u Taillis, qui s'était très bien défendu sur les vaulsures de l'église dudit Abbaye, qui furent conduits à Aire armes et bagages. »
« Ledit jour commença à. battre le château d'Eperlccques, défendu par 200 homme*. »
Hais alors que son monastère était désolé par les ic»35— UYM\ soldats ennemis, l'Abbé et ses collègues, députés à Bruxelles, ne perdaient pas leur temps. D. Georges tl'Affreingues, représenta si énergiquement au Cardinal Infant, combien il était urgent et nécessaire de secourir promptement Saint-Omer, si on roulait sauver le pays tout entier, que Son Altesse y envoya, sans désemparer, des troupes considérables, qui amenèrent la levée du siège, le 16 juillet, après 7 semaines de l'investissement de la place.
Les religieux alors purent rentrer dans leur cellule solitaire et désolée ; on devine leur tristesse en ne retrouvant que des ruines
Les cloîtres, le cbapitre, le réfectoire étaient transformés en écuries, le dortoir était un hôpital abandonné, où 120 lits de blessés avaient été entassés, toutes les cloisons en planches avaient dispars, les boiseries du chapitre, celles du réfectoire enlevées, avaient servi de bois de chauffage, le plomb des toitures était arraché , les tonneaux enfoncés dans les caves, les fenêtres brisées, les fourrages et les grains avaient servi à la nourriture de l'ennemi ~\... En un mot, le désastre était immense, il fallut s'y résigner.... Il était grand surtout pour le chef de la communauté, qui avait la mission de pourvoir à la subsistance de tous ses frères, lorsqu'ils manquaient de tout, il dut aviser....
1 Bertin de Vissery, tom. Il, pag. 271-
! D. Guislain-Cnmpion, écrivain contemporain et inédit.
I6tt-i639 Ces malheurs, si trisles dans leurs résultats, ne furent pas sans danger pour quelques membres de l'association Cistercienne, quelques-uns même payèrent de leur vie les dures émotions qu'il leur fallut subir et traverser. Dom. Pierre Braquàrt, bachelier en théologie, directeur de Wœstine, succomba au chagrin qu'il avait ressenti (4 septembre 1 638) . Trois jours après, il était remplacé par Pierre Trezel, qui arriva tout exprès, pour bénir la fosse entr'ouverte de Florence de Bosselet, Abbesse de ce lieu, qui venait également de mourir à la suite de cuisantes émotions (13 septembre 1638;. Pendant ce temps, J.-B d'Affrelngues, Louis le Lièvre et Robert Roberty, prononçaient entre les mains de l'Abbé, les vœux de leur profession religieuse 1 (octobre 1638;.
Un peu après, Jean Leborgne, avocat et conseiller de la maison, était nommé Grand Bailli (1639). Mais tout n'était pas encore fini pour les douleurs du monastère, comme pour celles du pays.... La Heine de France et de Navarre, venait de donner le jour au Grand Koi (5 septembre 1638) et pourtant les hostilités un instant endormies commençaient à renaître.
Le jour de la Trinité 1639, un groupe de partisans français, rôdant autour de la maison, à une heure de la nuit et trouvant les portes ouvertes, grâce à l'intempérance d'une garde avinée et endormie, s'introduisit de nouveau dans le monastère : on n'avait pas
1 Ilist. m" de Clair., lom. Il, pag. 271.
oublié la part qu'avait pris l'Abbé au prompt secours 1635—1639 qui amena la levée du siège, on voulait en tirer vengeance; à cet effet, cette troupe ameutée, rassembla dans la cour tous les bestiaux, savoir : 18 chevaux, dont o chevaux de selle très-beaux, 40 bêtes à cornes, autant de tôles de la race porcine, 20 J bêtes à laine, enfin toutes celles qu'on put remontrer, en un mot, et les emmena En outre, voulant faire éprouver leur ressentiment personnel à celui auquel ils croyaient avoir des griefs à imputer, ces partisans se ruèrent sur le quartier Abbatial en faisant un va« arme effroyable, et s écriant à l'envie : Au feu l au feu ! tue ! lue /.... Ils déchargèrent des coups de fusils à ses fenêtre?. — Réveillé en sursaut à ce bruit si étrange et saisi de frayeur, G;-:okt,es fut assez heureux pour échapper à ces mains ennemies \
L'éclat de celte effrayante scène nocturne parvint bientôt à Saii.t-()nitr,d'où même, dit-on, le tapage fut
entendu Craignant d'être surpris par la garnison
de la ville, ces audacieux partisans s'enfuirent vers 5 heures du malin, chargés d'un butin considérable et précédés de tous les bestiaux qu'ils faisaient marcher devant eux.... Ils ne firent grâce à rien de C3 qu'ils purent emporter, tout leur parut bon, même les voiles du moulin qui étant entièrement neuves 3, servirent à faire des sac.i. La perle fut t onsidjrable....
* llist. CJnr ., tom. Il, pag. 272 et 273.
* Idem, idem, p;ig.
* Idem, idem, pag. 273.
1635—1039 L'Abbé ressentit vivement cette dernière épreuve, il en fut tellement saisi, qu'il accourut se réfugier à Saint-Omer, où il tomba malade et ne se releva plus.... Frappé au cœur, épuisé de cbagrin, il rendit son âme, le 4 juillet 1639, dans la maison du refuge, âgé seulement de 42 ans et après un gouvernement utile, qui n'avait duré que 3 ans et demi. — II fut inbumédans le sanctuaire de son Église, à 3 pieds des anciennes marebes du maître-autel et à 1 ! pieds de distance de la muraille, du côté de l'Evangile. Par les soins de Denys Pecqueur, son successeur, une pierre tumulaire bleue marquait sa sépulture. Cette pierre portait l'image d'un Prélat en chasuble, la mitre sur la tête et la crosse à la main, avec l'écu ot la devise de ses armes
• Cette tombe était du côté de la chapelle Saint-Barbe.
Un des derniers membres de la famille d Affreingues, dit Bertin de Vissery (tom. 11, pag. 273), se nommait Grégoire, il était conseiller au baillago de Saint-Omer et Grand Bailli de Clairraarais, sous l'Abbé Majllart; il laissa un fils et une fille, son fils nommé Étieksb, était religieux de Saint-Augustin, de Thérouanne, et curé de Robecqae, diocèse de Boulogne. — Sa fille Philippine d'Affreingues, est la dernière de cette famille qui soit restée à Saint- Omer, où lo 8 août 1734, elle épousa Jacques-Louis-Josbph de Vissery, sieur de Bonvoisin, avocat et à son tour lieutenant Mayeur de la ville. — Une branche de cette famille s'est formée à Lille par le mariage d'ADRiEX, qui s'y fixa en 1697. — Il fut revêtu des charges de conseiller des États de Lille et subdélégué de l'intendant de Flandres. Annobli par le Roi à cette époque il laissa une nombreuse postérité que l'on voit longtemps figurer avec honneur dans le cloître et dans les fonctions publiques.— (Berlin de Vissery, tom. Il, pag. 276, donne d'autres détails.
— Voici une note où nous trouvons encore un d'APFREiNGi es. Elle est écrite de la main de notre regrettable collègue M. Valentix Eudes, ancien vice-président de la Société des Antiquaires de la Morinie.
1837. — Eglise du Saint-Sépulcre , à Saint-Omer. — Le pavé
La vacance dura jusqu'au 24 décembre 1639. — 1635— Dès les premiers jours, un commissaire M. BoCcaut,
actuel a été refait en trois fois depuis le Consulat, époque à laquelle l'Église fut rendue au culte ; l'ancien pavé avait été enlevé et vendu à l'époque où on y construisit la Montagne pour décorer le temple de la Déesse Raison. — Quelques grandes pierres tombales, données à la fabrique, ont été placées ça et là parmi les carreaux ; sur l'une d'elles, située dans la grande nef, en face de la statue de Saint-Pierre, sous les orgues, était l'inscription suivante, transcrite littéralement.
Cy git honorable homme Sire George de Haffringues le quel après avoir veî.cu loua blement au service de ceste ville de Saint-Omer l'espace de 38 ans tant en lestât desche vin, Lieutenant de Maieurquau précédent Maieor des dix jurés pour la communauté et jointe ment ceste maison et monastère corne premier père syndic au grand contentement de cheu l'espace de 34 ans seroil fina blement décédé de ce monde agié de 79 le 10 davril 1615.
Priés Dieu pour son ame.
Et
Cy reposo dam jeune Beudin sa femme laquelle trespassa le 10 d'octob. 1623, aigée de 83 ans.
Priés Dieu pour son ame.
Nota. — Comme beaucoup de débris du couvent des Carmes ont été donnés après la Révolution à l'Église du Saint- Sépulcre, on peut supposer que cette pierre en provient peut-être et que ce d'AFPRBiJicuES aurait été syndic de cette communauté. Cependant il est plus probable encoro que cette pierre sépulcrale vient des Pauvres Clarisses où aura été enterré le premier père syndic du couvent, établi en 1581 ; sa nomination a dû être de quelque peu postérieure et Ton arrive ainsi sans obstacle aux 34 années de la pierre, au surplus cette nomination est faite par le Magistrat et figure aux registres de la commune où on doit y recourir.
1635—1639 écuyer, vint faire inventaire des effets du monastère transportés au refuge. La mort de Georges d' A (freingues, fut une perte pour le monastère comme pour sa famille, surtout pour ses frères et neveux, il était encore jeune et annonçait de l'avenir.... Ton t semblait lui promettre de long jours, la Providence en avait disposé autrement —
— Avant de mourir, le Prélat expirant désigna à son confesseur Dom. Charles Duvivii: r, comme étant celui qu'il jugeait le plus digne de prendre sa place, et il le pria de le proposer aux commissaires chargés de présider à l'élection. — Ce dernier vœu fut exaucé, DENTS Pecquecr fut présenté et nommé comme l'avait désiré Georges d'Afîreingues.
L'Abbé d'Affreixgues portait sur fond d'azur au chef 3 étoiles d'or, barré de même au milieu, un oiseau dans le bas, avec celte devise :
Gaudet Pat t'en fia Duris K
Parmi les contemporains de ce Prélat, on cite : — D. Pierre Wavrans, de Saint-Omer, autrefois directeur des Dames de Hlandecques, mort le 29 janvier 1640, âgé de 30 ans et 12 de profession, modèle d'édification, il eut quelques voix pour l'élection de l'Abbé, en 1649. — F. Guislain Svlemriex, convers, mort le 27 janvier 1641 , après 13 ans de religion. — F. Denys d'Affreixgues, de Saint-Omer, voici la
* Bertin de Vissery, tom. II, pag. 252. — Planche vi, n°7
lettre de faire part imprimée à sa mort : «Anno domini 1635—1639 « 16î2. *brs 21 . Duaci dîlectus nobis in Christo « confrater, F. Dionysius d' IIa/[ringue$ Monasterii « nostri IL Mariœ de Claromarisco rcligiosus clc- « virus, cum ittsiguis, et prœter œtatem, in pietate « et doctrina fructus fecisset, majnresone in fittu- « rum pramitterc videretnr ; febri acutd correptm, « omnibus ecclesiœ sacrantentis pr(vniunitu$t diem « clausit extremum, œtafis 22 professionis monas- « tua 5 in cujus animœ refrigerium, orationum « rentrant m su/fragia ex charitate postnlamvs. « R. I. P. » 11 est inhumé à l'Abbaye des Prés, de Douai. — I). CiABniEL L'EUiLLET,deSaint-Omer, mort le 19 août 1643, âgé de 43 ans et de religion 23, il fut maître des convers — D. Jean de Lattre, de Béthune, mort le 12 mars 1643, âgé de 43 ans et de religion 20. — I). Louis Carton, de Saint-Omer, en son temps maître des bois, de la basse cour, Sous- Prieur el Prieur, mort le 27 mai 1047, âgé de 01 ans et de religion 43, il était estimé de ses confrères et eut une grande part dans l'élection des 40" et 47e Abbés. — 1). François Ogier, de Saint-Omer, ancien chapelain de Wœstine, judicieux patient, gr nd observateur de la règle, mort le 17 juin 1047, âgé de 59 ans et 37 de profession, il fut inhumé dans le cloître du côté du réfectoire, vers la boulangerie. Une pierre sépulcrale marquait qu'il avait déerré la chapelle Sainte-Agnès ; il avait fait faire une grande armoire faunnoirej, pour les ornements s cerdotaux de cette chapelle. On y voyait les initiales D. F. 0.
4G35-1639 (S. 4632). Il eut des voix lors de l'élection de l'Abbé.
D. Charles Dcvivier, d'Aire, mort jubilaire et l'ancien de tous, le 14 août 1647, âgé de 70 ans et 52 de religion, 2 de jubile. Il est inhumé dans la partie occidentale du cloître.
LES ABBÉS DE CLÀIRMÀRÀIS
DENYS PECQUEUR, 47e Abbé. A^.t:iC39
M«rl: 1040
SOMMAIRE
Origine de Dents. — Son entrée au monastère. — Son application à l'étude, sa régularité, lui attirent l'estime générale. — Il est nommé grênctier, portier, confesseur et prieur. — Il est administrateur pendant la vacance et devient Abbé. — Son élection se fait au refuge de Saint-Omer à cause des dangers (1639). — Commissaires chargés d'y présider. — Nombre des votans. — Denys réunit la grande majorité. — Ses compétiteurs. — Déclaration de l'ancien droit d'élection de certains officiers attachés à l'Abbaye familiares). — Déclaration du Grand Bailli Jean Leborgne. — Celle d'AsToiNE Miciiiels, greffier. — Ratification de l'élection à Bruxelles. — Brevet du Roi d'Espagne (26 janvier 1640). — Sa confirmation. — Sa bénédiction — Son âge. — Nomination de Lotis Carton, aux fonctions de Prieur. — L'Abbé doit réparer les torts de la guerre. — Moins heureux que ses prédécesseurs, pour subvenir aux premières nécessités, il est obligé d'emprunter. — On rétablit en maçonnerie voûtée les cellules des moines (1640). — Prise de Lillers. — Siège d'Aire, par le maréchal de La Meille-
1639—1649 rave.— Mort du Cnrdinnl Infant.— Regrets quelle inspire.— On accuse les médecins d'avoir hfltê sa mort. — François de Mf.lo, lui succède - Son entrée à Anvers. — Il s'avance vers l'Artois, surprend Lens et La Rassée — Bataille d'Ilonrourt. — Séjour au monastère. •- Epuisement des provisions — Il y est remplacé par lelomtenrc Hambourg lequel à pour successeur André Cantfimo. ^— Ruine de la maison. — Moit de I ons MIL à l'âge de 41 ans.
— Louis XIV monte sur le trône.— La guerre se rallume.— Uom. Claude Y aussi* est élu général de Citeaux (161:1).— Construction du foit du C'iiiilfu île l'un, — Origine de ce nom — Il est confié a des hommes dos régim nts du Uni. qui sont ic ï plaie s au bout de 6 mois. — Régflts aux bois de l'Abbaye. — L arnue française campe à Walten. — Llle surveille les alentours. — Sauvegardes li; nçaises accordées à l'Abbé -- Leur pr.x. — Picmières coritriluîions de guerre — Sau\ (gardes de la part des Espagnols — Fn anmii< ni: Mui.o es' déposé. — Son successeur provisoire en attendant l'Archiduc I Éoroin — L'armée française repasse le Neuf-Fosse. — Nouveau pillage de la Flandre occidentale. — Frayeur générale. — Ces désastres désolent l \bbé. — Mort d'L'KUAi\ VIII (!644 . — Innockxt X lui succède. — Les malheurs des temps avaient empêché I)i:nx s de recevoir des novices, pendant les sept premières années. (I -b>).— Réception de Denys Lf.sf.rgeant et de F. Cdhmi. Pépin. — Prise de Cravelines. par le Duc d'Orléans. — Perte considérable des Fiançais.
— Entrée du Prince d Orange, à Cand. — Le Duc d'Orléans s'empare do Dourhourg, I eus, Réthune, Saint Venant Libers, Armentières et Menin. etc.. etc Kvjfi). — Runkerque. Couitrai et Furncs échappent aux Espagnols ( 1 647) . — Mo:t du Princo d'Orange. — Traité de Munster — Trahison d'un audomarois, Martin Calmont. qui livre la ville aux Français. — Ses motifs de vengeance. — Ses projets. — Ils échouent. — Il conti ne s«-s perfidies. — Il est reconnu à fiasse! ma gré sou déguisement. — Il est ramené à Saint-Omer et condamné a élre pen lu et roué (1C47) — Sa tête suspendue à la poite de la ville — Mort do Louis Carton, Prieur (IG17). — I'.ernard Mie n i i:i s le remplace.
— Les Français prennent la ville d'Ypres et les Espagnols s'emparent de Courtrai. — Bataille de Lens (1648). — Réception do
plusieurs moines distingués.— Leurs noms — L'Abbé fait faire son 1G39— 1G49 p< i trait ainsi les .statues placées sur les colonies de la grande nt-f. — il enferme dans le icfugc deux chambres non occupées. — Faïemeni fy.tauxlV Carmes de Yalcnciennes pour additions faites à l'Kglise. — Nomination d 'Antoine Marcotte à Wœstine— Lettres patentes de I Abbé de Cambron.— Drnys Pëcocei r fait revenir d'Ypres. un coffre d'argenterie qui y a\ait été deptsé pendant la guerre — Not;veI investissement de cette ville — Klévation de Crom\v;:l. — L'Ahbé tombe malade, au bout de quelques jours le mal s'aggrave — Il meurt le 7 mai 1649 — Son iut.umation. — Sa tombe. — Sonépitaphe. — Scsarmoii ies. — Iteligieux contemporains.
— Jérôme Uueoir. ancien curé de ^aint Martin — Kranmus Car. lie»». — Cor mi. l'i pin. — M mti kl* Ko lie. de Saint Orner, meurt le I 2 mars loï7 — I) Hen» s I.k Seri;e ant(16ô8) — Paie Lcsagr (IGôO) — Th. Iîocvart.-- Simon ni Thiei.t.— D.Jean Oemont.
— Fomond Chi li v — Josck dk Necfvrce — Lotis le Lièvre, dernier Abbé régulier de Cercamp.— I). Louis le Lièvre désigné à I). Céby pour lui succéder — La mort de celui ci — Motifs de son expatriation. — l'ne pension lui est accordée pour vivie à Saint Om. r. — Il appelle l'Abbé de Claii marais, lui confie ses peines et se démet «mi présence de témoins, en faveur de Lotis le Lièvre — Nomin tion régulhie de ce dernier. — Sa bénédiction - Il officie ai.x fuiié; ailles de son pi édécossi iir. — Ses adieux à ses frètes de l'Iairmaïais. — Il habite S.u'nt Orner au-e une pension sur l'Abbaye. - Km de la guêtre. — Traité de paix.— Cenamp cesse d'appartenir à l l spagne — Le Loi de Krance. nomme en eomrnand. a celte Abbaye, le Cardinal Mazaiun — Ses propositions a 1) le I ièvre. Hles ne .-ont fias acc<'|»tées. — D le I ikvrk persiste dans ses préleulioiis. - - Il pert pour Paris.
— Partie inégale — l.'affai'e traîne en longueur. — L'argent lui manque. — l! revient à son mona.-tére.— S'installe dans le quartier Abbatial. — Il est insulté. - 11 ne se rebute pas — Nouveaux mais \ains efforts de sa paît. — Confiant dans les promesses de l'ambassadeur espagnol il sollicite f.amb: on qui lui échappe encore. - Folio, épuisé de fatigue, sans se la-ser il obtient l'Abbaye de Saint-Hernard sur l'Kscaut. — Mais il meurt en ^n recevant la nou\elle, à Luge de 44 ans. — Réflexion d'un chroni-
1639—1649 queur de l'Ah»mq, mi «")"' Hft nnm U f -iftUT - D. Grégoire
VlNGLET. — GODEFROl LbSTRANGE. — D. PHILIPPE BOUQUIAU. —
D. àlbbeic Mocclin, meurt de la peste. — Sa thèse. — Ses écrits historiques. — André d'Aveeoult. — Thomas Bernard.
« URGENTI PRESSAS NACTUS DlOftYSIUS jEDES.
« Pauperib, census, flebilb sumit ONUS.
« DlTIOR incbptas, mire sculptas que figuras
* Perficit, atque suis commoda tecta struit ». »
Descendant d'une honorable famille bourgeoise de Saint-Omer et parent par alliance des deux précédents Abbés, Denys Pecqueur entra au monastère de Clairmarais, en 1616, la seconde année du gouvernement de Dom. Martin Tirant....
Après avoir achevé son noviciat, il prononça ses vœux monastiques et montra, dès lors, une grande application à l'étude et une régularité constante dans l'accomplissement de ses devoirs. Il suivit avec succès, pendant deux années, les cours de théologie morale et celui des cas de conscience; partout ses progrès, son zèle et sa charité envers ses frères, lui attirèrent leur estime ainsi que celle de son supérieur qui lui confia à la première vacance, la charge de grainetier ou receveur de la maison, bien qu'il fût encore jeune 3. Denys exerça cette fonction pendant sept ans, sous les Abbés Tirant et Dumont ; ce dernier Prélat lui conféra également l'office de la porte, puis celui de confesseur de la communauté, missions qu'il
1 Dom. Martin Dubuisson. — Hist. m" de Clair., lom. II, p. 280. • Hist. m*" de Clair., par Bertin de Vissery, tom. Il, pag. 281.
accomplit jusqu'au jour où à la prière de plusieurs 1639—1649 de ses confrères, il fut élevé par Georges d'Aflreingues, à la charge de Prieur, à la place de Guillaume Tavernier, qui venait de mourir (24 février 1639) l.
Mais Denys Pecqueur ne devait pas demeurer longtemps au second rang, au bout de 8 ou 9 mois, la mort imprévue de l'Abbé d'Affreingues attira de nouveau les yeux sur lui, son assiduité au service divin, son esprit conciliant, sa circonspection, sa prudence, sa modération et sa charité le firent désigner pour l'administration temporelle de la maison, durant la vacance (4 juillet 1639), et peu après, au commencement de 1640, la communauté l'appelait par ses suffrages au fauteuil Abbatial s. — Par mesure de prudence, l'élection se fit dans le refuge de Saint-Omer (16 novembre 1639), à cause des dangers qu'offraient les excursions nocturnes et continuelles de l'ennemi à l'entour du monastère. Les commissaires de la Cour désignés à Bruxelles pour présider les opérations électorales, furent Messieurs Christophe de France, Évêque de Saint-Omer, et Jean le Bailly, Président du Conseil d'Artois ; les électeurs vocaux furent les mêmes que ceux qui avaient figuré dans la précédente élection, on y comptait également 22 religieux prêtres et 10 qui ne l'étaient point3 (1639). — Denys Pecqueur réunit
1 Idem, idem.
* llist. m" de Clair., tom. Il, pag 282.
* Personne n'était mort dans la maison. — Cette môme année 1639, le P. Malbrancq faisait imprimer le 1er vol. de son Histoire «les Morins, le second volume parut en 1647.
<639 — 1 649 presque tous les suffrages 1 de ses confrères. Ceux qui après lui obtinrent le plus de voix, furent Doni. Lotis Carton, Doin. Bernard Miciiiels que nous retrouverons plus tard 3, et Doin. Charles Duvivier, d'Aire. — Aussitôt après l'émission des suffrages, l'ancien de la communauté s'avançant devant les commissaires, vint déclarer selon l'usage et sous la foi du serment, qu'il donnait la première voix à Dexys Pecqueur, « le connaissant pour religieux « chaste, vertueux, pacifique savant et charitable, « etc. »
Ajoutant « qu'avant ouï en confession le feu Abbé « dans sa dernière maladie, il lavait autorisé à dé- « clarer de sa part, qu'il ne connaissait personne « plus digne que lui de lui succéder, comme étant « bon religieux et économe et qu'il le recommandait « comme tel \ »
— On remarque qu'à celte éqoque, certains officiers de la maison étaient admis à voler avec les religieux dans les élections des Abbés. Ce fait résulte de l'instrument origii al de la promotion de De.nys Peo OUEUR, dans lequel on lisait :
« Maître Jeh.vn Lsborjne, licencié ès îoix, avocat « consultant au Conseil d'Artois, avocat pension- « naire de cette Abbaye et Grand Baillif d'irelle, de-
1 II ne lui en manqua que quatre.
* Il fut plus tard le 48« Ahhé. de 16 If) à 16G9.
s II. Berlin de Vissery tom II \ ng ftil.
H. Cuahi.ks Dl vivikr ne put signer sa déclaration, est il dit, parce qu'il s était blessé à la main eu heurtant trop violemment un chariot.
« meurant à Saint-Omer, âgé de 60 ans. Témoins 1639—1649
« jurés et ovis les précédent, a dit et déposé par son
« serinent, qu'il y a 24 ans qu'il est au service du
« susdit monastère en qualité de conseiller et avoc at
« et que depuis la veille du Suint-Sacrement dernier
« il exerce la charge de Grand Baîlltf de ce monas-
« tère, ce qui lui a occasion é la connaissance des
« religieux de celte maison ainsi que leur capacité :
« en conséquence il dénomme 1 :
« 1° ftom. Denys Pecoueur, administrateur, etc. « — 2° D. Louis Carton, maître des bois, adminis- « trateur et maître de la basse-cour, autrefois Sous- « Prieur, etc. — 3° I). Bernard Michiels, etc. — « En foi de quoi il signa : J. Leborgne.
« Item. — Maître Antoine Michiels, ancien gref- « fier du livre des orphelins de Saint-Omer, âgé de « 61 ans, greffier de céant pour le temps depuis 40 « ans ; oui s les précédais, etc., dénomme, I). Denis « Pecoueur, Louis Carton et. Bernard Michiels. « Signé : Ant. Michiels, etc. * »
L'élection de Dom. Denys fut promptement ratifiée par la Cour de Bruxelles, il reçut son brevet de nomination du Boi d'Kspagne, le 26 janvier 1640, et se lit installer le 13 avril suivant, par MM. Jacques Ducamp et Jean Cromrecq, notaires apostoliques, et fut béni le 1 1 mai de la môme année, d'après des lettres de confirmation du pouvoir spirituel déli-
* llist. m" de Clair., tom. II, pag. 285. ■ Idem, idem.
1639-1649 vrées par Jean, Abbé de Cambron \ vice-général de Tordre, le 19 avril, et par D. Bernard Campmans, Abbé des Dunes, vicaire général de F Abbé de Clairvaux, en date du 21 avril ?.
rjr Le nouveau Prélat n'avait que 43 ans, lorsqu'il prit possession de sa nouvelle dignité, il comptait 26 ans de religion et 18 de prêtrise, son premier soin fut d'appeler aux fonctions de Prieur, à sa place, D. Louis Carton qui, après lui, avait obtenu le plus de suffrages pour la Prélature 3.
Jamais peut-être, l'Abbé de Clairmarais n'eût besoin d'un coopérateur plus éclairé et plus sûr. On se trouvait au milieu des troubles perpétuels de la guerre : après avoir été opulente sous les précédents Abbés, la maison s'était singulièrement appauvrie par suite des diverses et terribles invasions, qui marquèrent les derniers jours du règne de son devancier immédiat Georges d'Aflfreingues ; on était loin déjà des jours heureux où le trésor de la communauté pouvait suffire en même temps à la décoration de l'Église, à l'agrandissement des bâtiments, à la restauration du mobilier, etc., jours où l'Abbé pouvait sans préjudice prêter amicalement unesomme d'argent assez ronde aux Dames de Blandecques.... Tout était bien changé depuis lors, l'inquiétude, l'embarras, était le triste lot du nouvel Abbé qui, à son avènement, était réduit à emprunter à gros inté-
1 llujus onlinis nurtoritate apostolicô, et regid vice gênerait*.
Bertin de Vissery. m" inédit, tom. Il.pag. 286. * Idem, idem.
rèt, avec la permission de ses supérieurs et Tautori- 1639— 164* sation royale, pour subvenir aux premières nécessités de ses frères et relever les plus désolantes, les plus indispensables ruines ï.
Les cellules des moines étaient primitivement de simples cloisons en plancbes, l'ennemi les avait disloquées, brûlées ou enlevées; on les rétablit au nombre de 28, en maçonnerie voûtée, pour prévenir désormais le même inconvénient, la bibliothèque fut en même temps reconstruite 9 1640].
— L'année 1641 arrivait, Louis XIII avait mis une puissante armée en campagne, sous les ordres du Maréchal de Là Meilleraye qui, après s'être emparé de Lillers, avait fait le siège de la ville d'Aire, prise d'assaut au bout de deux mois, après une vive résistance, et reprise le 7 décembre de la même année, par D. Francisco de Melo, accompagné du général espagnol Becq qui, sur Tordre du Cardinal Infant, gouverneur des Pays-Bas, n'avaient pas hésité à s emparer brusquement des ouvrages ou tranchées des Français, aussitôt après leur entrée dans la ville assiégée 3.
Bientôt après, Son Éminence le Cardinal Infant descendit dans la tombe, il mourut à Bruxelles fort
1 Idem, idem, tom. II, pag. 287. — M" inédit de Dom. Guislain Campion.
Cl^Hist. m'* de Clair., tom. II, pag 288.
* Idem, pag. 288. — Le siègo" d'Aire est connu. — Nous en avons donné récemment la relation, d'après un manuscrit contemporain, dans le Bulletin historique de la Société des Antiquaires de la Morinie. — Bientôt nous publierons de nouveaux détails officiels.
4639-1C49 regretté de toute la population, qui lui était tellement sympathique, disent les historiens, quelle alla jusqu'à s'ameuter contre les médecins que l'on rendait responsables de sa mort anticipée, en les accusant de lui avoir fait de trop a bouda nies saignées Cet excellent Prince écrit un chroniqueur, était, « fort beau de usage, mais encore plus beau d'esprit »
Les temps étaient difficiles, aussi la charge de gouverneur des Pays-Has, ne demeura pas longtemps vacante. Dom. Francisco de Mei.o succéda presque aussitôt au Cardinal Infant et fit immédiatement son entrée à Anvers.
Peu après, le nouveau gouverneur s'avança vers l'Artois, s'empara de l.ens, de La Bassée et gagna la bataille d'Honcourl, contre le Comte de Cuise: en se rendant au camp «levant Aire, sui\i de ses troupes U et de ses bagages, ce général s'arrêta au monastèrede l[ Clairmarais le temps nécessaire pour consommer les provisionsdefourrageset d'avoine qui s'y trouvaient. Après son départ, un autre capitaine le Comte DE Hambourg, accompagné de ses écuries, se chargea d'achever l'épuisement des greniers ; il demeura dans l'Abbaye tout le temps du siège d'Aire.... On devine les frais énorme auxquels ce séjour donna lieu —
1 tlist. m" de Clairmarais par Bertin de Vissery. tom II. pag. 288 — « On en \oulait aux méde ins et on vou ait 1rs ns«onimer ... pour lui avoir fait trop tirer de sang. » — Bcrtin de Vissery. — D. Guislain Campion.
1 Idem idem, pag. 288.
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' lit capitàlé d^aîëkit à p:eSiic feHtèildù 'c'e'éW d'Iisf n'éirïîuts tfaMes' VU -Héèti 'mWtm te 'ifai; ijfùb'ïà giiette ùh! Itistafit âsbooplë. rèpHt ^ùs^ItôrHd plus1 *a'stës, •dëpldsa^olahfeSpr^6KibnsllJ.,,;:| ' i :l ; ,:1 ' 11 ''' C'était' le ïrroirièiSt bti ' léS Y-feli^reiix <fé' la' edili^Utie
• mmatiméVotm •m 'thèmi 1 rêWbis1 tisdk :>W ft.
fdg c'dij mië Àbbaj'e,' U Dlj'dft',' SVaTè^t'fâlt'tWdtë'dHfii Tibu Veâb ' :g$héfci '; ' Dbhï;
-tSjAtWîèk» fMB^'Ctoë hièVrtVÎnnW; oïl ^ft'éïétfé dh foft'dc défénsè ïi mi^liWîln dè Î^AT)btl^aeJCÎaif- ^rWâ^i^ ét1 tfè^céWé dë Woe^lWe1, 'du'èteïé dtrsMKlè'fi-
-finir» n -i!)!!(mii îij"! •li r/jjKf]^-., ,zij*j 'l'itii'ï I)
1 Hist. m" et inédite de Clairmarais',' tom,' ri.ipb'gVaippl T)IKÏ
* : lîififtffiSffl mPurV] i?1 «f *-^^Wfti!ft^?ftfe^^V!,r
une singulière coïncidence1, il avait commepce son règne, il avait 41 ^ÉÈ^^ùii^^ài-^^m siéfcW'coîiroht),n')5li; U Mi
.i-ifWifeÏTOy;!!; >•!>,<;'» î<> ouilinnuti ni rjtqfiKV) * L'élection n'eot pas lieu à Ci teaux, parce que les religieux de
la réforme du même ordre s'y étaiefi^yp^é^^Plfe^m'otlf^y
mort du Cardinal de Richelieu, aussi Dom. de \Vaussin ne fut-il déclaré général, que le 21 du mois, par un édit d,u Çonseil priv^ de Sa Majesté. — (Bertin de Viss^/ry; Hb& : ^f,*1 tièfk-'^w/^'ëalff^hristiana, fom. Vf\\ 11 "•'»'' "■ •'ir.iiiiom — • r:t*.î>f .fr.ol ï
1639—1649 taxés à un chanteau de pain pour jour, était gardé par une garnison française, composée des régimeuts du Koi et de Berthe, il avait été construit pour couvrir la ville de Saint-Omer ; ces premières troupes, après un séjour de six mois, y furent remplacées » pour l'hiver, par les compagnies de Tramelet, qui causèrent des dégâts et des pertes considérables aux ^ bois du monastère. Ce n'est pas la première fois que nous constatons les inconvénients du voisinage militaire, cette fois encore l'\bbé ne put s'y soustraire, tout n'était pas fini là... L'armée française était venue camper pour la seconde fois sur les hauteurs de Watten, où longtemps elle demeura stationnaire , attentive à tous les mouvements des alentours. Desïs Pecqueur dut réclamer des sauvegardes aux généraux de Gassion, Mamcant et d'Elbœlt, qui se succédèrent dans le commandement de ce point stratégique.... Ce fut là, et à cette époque, disent certains chroniqueurs, que les contributions forcées prirent naissance. « Invention malheureuse , ajoute l'un d'entre eux, pour appauvrir tout le monde et continuer la guerre 1 !... »
Les saufs conduits accordés par les commandants de Watten, coûtaient par jour une pistole \ sans compter la nourriture et les cadeaux qu'il fallut faire aux chefs et aux soldats.
Mais, les Espagnols durent aussi donner des sau-
1 llist. m" de Clairmarais, pag. 291.
* Idem, idem, — Pistole, monnaie dor qui valait approximativement la somme de 10 à 12 fr. d'aujourd'hui.
vegardes pour empêcher les partis de volontaires 4639—4649 (ces bandes indisciplinées et toujours dangereuses), de fondre sur l'Abbaye.
Sa Majesté le Hoi des Espagnes, venait alors de déposer Dom. François de Melo de son gouvernement, pour son inaptitude pendant la guerre ; Dom. Castel Bodrigo avait été promu à sa place en attendant l'arrivée de l'Archiduc Léopold l.
Cependant, de nouveau, l'armée française avait repassé le Neuf-Fossé, en pillant, dévastent toute la Flandre occidentale ; chaque uuit les maisons particulières étaient exposées à des invasions. Ce qui effrayait et déconcertait tellement les habitants, que nul n'osait plus demeurer chez lui dans l'isolement.
Tous ces désastres touchaient vivement l'Abbé de Clairmarais qui, aux pertes personnelles de sa communauté, voyait s'ajouter celles de deux maisons soumises à son obédience ; comme bien d'autres, en présence de ces désolantes épreuves, il fallut bien qu'il se résignât....
Urbain VIII, venait de mourir (29 juillet 1644 , après 21 ans de Pontificat, Innocent X, ce même Pape qui dut condamner les cinq propositions de Jansénius, avait pris sa place le 15 septembre de la même année (1644).
— A cette époque Dom. Denys Pecqueur, comptait déjà sept années de gouvernement dans son mo-
1 llist. m" et inédite de Clairmarais, tom. Il, pag. 291.
encore admis aucun novice ^'ô^-fe'WtfîriiiiAiAé «twJûvfeH^He^uilHè \ |$ rettgïeu^ ''êë élwcur, -ftnflWifht^ décider' à::lkh46>:-41ié1quéis, 'iiUiAnrré^ÙfVs lè^UëlleVimus <Vëy<*W collet de FJ Î)ekYs LKfetefcGËitttl'idè* FJ'CMKkL !]tïhtf'-èt ^'F:1 Eéifdifb Guilluy, qui fi rèWt ^hbfîi séibti :i 'ii'riiiiéid kiiïi âti tîé' 646^; mti fïMte hélait bai aii bôùt dé yes^p^u^l le Ftec1 ri!OiltTttNs , g&iériiHssinie dës 'aVriiéës du floî, ^étiilt'cinflai^' jïe G^^cîiues a^rèk un' sïc^ou ^eis
Odndjlè Prince Ti'âfijçlî i ^' ptfà'i^ui V^itt t Jàfe-sf ^ Hëtë*>, se rendait maître de Bourbourg, du fort de tliric- ^oést1^ tmVilé mMm ^ ^iri^m^àe LWersT a^AV^éWf i ërëS 1 «et U'è1 ' iMéïiï n1 V 1 téi^ WJ HH^ [là ^rtflia^ié'^âr Mafdtbk', ^èïè^ïit l 'partout '^'éèr^
gues, Dunkerque et Furnes, qui fareMarr^clMs auk Es^ndf^i'i (,>-. 'îi,muiî ,f> lli;lllV /i/a;f)
dè nïok anWsVtacahne ;t6taftWWt ^ rfeïiii^
j;! «»î) 'ridiiDtq'K <". I M •>•>!•.!■.; »;-. -u u\ II»; m; ,<ifin'><n. \A| 1 Le dernier reçu D. Denys D'AFPREiNGKEb;^ iÀdrt'éhi'lB42i:,éVàit
*<H ^^rH;ial«-aM'6|0Wl^hV^:?jM'{Byi¥in èdViséory.'tôm1 II, pag. 292).
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etifapàixi (fpti coQohaé ûiiMuristd^enfr* kjiItoifdftfewi^LriW^1 pa^eiètil*feiPnovilne»si-Unids<Ui(j mq nu eifsrri ; Jifil» .. 1* Jttéoije! année, -la tWIc, lik^l^int-OtoJerviTTictimd» de l'ittsigoe trahison de lîup «te isqs enfanter faHlié tombdriaaxiiimqsjdofir Frartçiiik UhjbotfrgôbiK^tt!^ (jfsmi^ do BimpiAMMvm 'iCjyLKtèwiF? afoffeli&tvd^éf soieries,) atajait fdvityirr.^ <$o;IpteimWrr'tfu iJrftogfi&Tr&t^ qui iïa^tiapuniéîdoA^
refiu»à(c6mparaîitiie \\\ ivouhilHexereeii tiwe vctt^éHrfteet se laissa aliehw lû-pkUsid^tesiabloi «dïïtTFitî;à la<p*l Ae1 dABgeteu«o'âctioii!:iU;iSotfii8eerètGmentideife v*)t*Viil" passaJe^foeée^auJa' ndgeieft ajllai ttoaver<ê*fFra^flfe| pour u n : s b ggéf o H i na i brie bàe rti ew k' ai n ' SU 1 prendneisdSicenbitOTGW^ /j.iPoùr i<^8sirv diBàil^il) 'it' falfcnèaitaqderilefwt^
lins et s'en emparer ; en même temps-, o1 -au ttfôàtrôUpëè* devaient lie rehdrè'ntoi&reJsse& des fbrtl fi ealioiis-du coté deimorttSam^MtohéJ, tandis iqui^Utre lc*wpi> dans lequel >it étàiliIuUmémëiàtilû^walà '^ftS'M^ ordres des maréehpux de 'iltaireAffe èl MT'îiX "Aîiê^' vilLb)*, s7dvanperaifciVersles!faubdUi*gb dfe du^sut-FoiH.lMtnVla Irdhison <ttè> rédsk^'pâs;1^^ projets furent déjoués ; au moment ou les Français s'attendaient à devenir Jes maîtres du premier fart, ils apprirent au coritraire qu'ils y avaient subi un éç|iec, ils durent, dès lors, se retirer à 1» laûta sans coup férir ... Le rraîtrè Calmont sê mita leur stiitfc
•.•)---.'! - » * ii : s In MUj I-kiî'i:: .um' /*» «nîTRil oh -«lift ni l'Unm lin ..'u/t / ,!• î i ( •jj t . M î<| Ji.i tl v:> uluu{ r.l ir.'| Jimiio- . i' .IJeui, idem, $03. , , , ;.,„ >,:., •• - -i t i feM'.<"
* Le marécha} de La V^fvii^k, çt^it dee^oy aayoir|e gouvernement de la ville, en cas de succès.
M)39— 1649 croyant ainsi se soustraire au châtiment qui l'attendait ; mais un peu plus tard, ayant eu la hardiesse 1 de se présenter à Cassel, déguisé en tambour, afin d'espionner ce qui se passait dans ce canton et d'en rendre compte, il fut reconnu par un soldat de la garnison de Saint-Omer ; aussitôt pris et garotté, Martin fut reconduit dans sa ville natale et sommairement condamné à être pendu, en expiation de son infâme métier.... Son corps livré au bourreau lut roué près du fort des Quatre-Moulins et sa tète séparée du tronc demeura longtemps fixée et suspendue au-dessus de la porte du Haut-Pont, comme un grave enseignement de la justice.... On apercevait naguère encore le fer qui avait soutenu cette rare figure de traître.... Il y en avait alors comme aujourd'hui 2 !....
— Pendant que Martin Calmont subissait à Saint- Omer le supplice justement réservé à la trahison, le Prieur de Clairmarais, Dom. Louis Carton, descendait pieusement dans la tombe après avoir reçu la bénédiction dernière de son Abbé, qui désignait à sa place D. Bernard Michiels, lequel venait après
• Ilist. m" de Clairmarais. tom. II, pag. 293 et 294. •Un chroniqueur du XYIII* siècle, Llertin de Vissery, moine de Clairmarais. raconte que cette hideuse tele desséchée, fut de son temps jetée parterre par les enfants qui la décrochèrent à coups de JW pierre.— Il ajoute que le fer se voyait encore de son temps et assure T que Dom. J. Bedu, Prieur do son Abbaye, mort en 1737. avait connu la fille du traître Calmont, laquelle étant obligée de passer 1 souvent par la porte du Haut Pont, se frappa et devint folle en 1 voyant la tête ensanglantée de son père attachée au dessus de la porto. — Hist. nv* de Clairmarais tom. II. pag 291.
lui dans Tordre des suffrages, lors de la dernière 1030 — 1649 élection Abbatiale 27 mai 1647).
L'année suivante, pendant que les Français s'emparaient de la ville d'Ypres occupée par les Espagnols et que ces derniers prenaient à leur tour possession de Courtrai, le grand Condé se préparait à la grande et célèbre bataille de Lens, où l'Archiduc Léopold et ses vaillantes cohortes, durent céder la place à l'armée française 1648).
Pendant cette mémorable victoire si glorieusement chantée par le poète *, l'Abbé de Clairmarais toujours vigilant dans l'accomplissement de ses devoirs, recevait à la fois dans son monastère plusieurs novices de distinction, ce qui ne s'était guère vu depuis longtemps, parmi eux se trouvaient frère Antoine Hollingues, curé de la paroisse Saint-Sépulcre, à Saint-Omer, frère Jérôme Dufour, curé de la paroisse Saint-Martin de la même ville : à ces deux vénérables pasteurs qui, dégoûtés des grandeurs humaines, abandonnèrent volontairement leurs honneurs ecclésiastiques pour s'ensevelir au fond d'un cloître, se joignirent encore le frère Bertin Yandriesse, frère Guillaume Lecomte, frère Malachîe Dufour et frère Pierre YYermer, qui tous selon l'usage, firent leur profession l'année suivante.
V la même époque, De.nys Pecqueur faisait faire
1 Hoilenu a dit :
C'est ici yiand Coudé, qu'en ce* combats célèbres, On ton bras fit trembler le Rhin. l'Escaut et l'F.biv. Etc., etc.
heureusement a disparu j| fhmitç^nMMMMto*-'*
cojppnjes de tojgr.andenef def 0n> ÉgH^e^ ^ méJ i^alt^tt |
pfiTOfc^'^eîfeti^ejS) flgiifies, Représentai ea* Saifetrv ^^biflUiy.*i^^|hj[>S^i<i(thBlBn^it;!et Sa irt irriter-!;! n»r4 >!> » Mais i \t> «pHipa , bNiuojiMti; les peinai * t îles I sollicitudes minaient i^enfeibkr»ettt lie» i force* et lâij vijgMewr^duiveHueu» Brôlafc, isans cesse préoccupé dès in4^êUidf,;8aiÇominAnailt^JI avaitoljtenuidu Mflgifri tratil'aalorisatloni d'enelàrçer. d**is «oit refiigei /deux i ptôcesr non necèpefts pour se gara nfciri des I arte iius noc* i turnesiqul, sur ce point, se renouvelaient assez sou«i > vwttià cb qu'iltrm'aRXesipiècesja^ au çeiu^iftefleéQe, >elte> oontehaib 30 verges») llautrël contenais 410 verges, elles liaient: silttéôsitOMteSUkuK" derrière le jardiâ du refuge de iC1airmarais;idtf côtéouest; ;de la! rivière dç: la Foulerie ét à: i jest idudit jardin (1%, septembre i1;646) 2- — À la demande : du <j» vijîol*) nub (mol u i î » / » 1 ;'»*-. 'nj.Kî /-/iu pi te ni'
1 IFist. m" et inédite de Clairmarais, tom. II. pag. 295.
•Archives municipales:-- Le refûgè'de l'éehfe éltrit probante m^qt qîn»i, que Je^jd^ pJaoes, dont «Lsfogit. sur le tjerrain flui Joit . aujourd'hui partie du manège du quartier, do cavalerie. , .
On li^dansîles archfvè^^umcipalos fcCXXXIX 97. î- 1575, 50 1 octobre. « Contrat de vente passé par lesdits rcli^ieu* de Péene, aq ; << profit de François de Sarrat et Jf.beau Derchoux, d'une grande « maison et d'une aûtre petito y tenant, aved lé jardin, èt tie déux « autres petites maisons avec un grand jardin, tenant ledit au jardin «■ de Clairmarais, faisant front à la rue de Bordeaux, ions ra coridi- « tion, entre autres, que si lesdits religieux, à cause do la guerre, « avaient besoin d'un refuge en cette ville, ils pourraient reprendre « les deux petites maisons et le jardin aux conditions énbncées
K„ ihu riew des Campes ; de Y^nciepn^, , J>ïm i*3tn-i «40 ; açheva^dfl 'pftyer ;çe;; qui j'pst^jt d^ià^es rçiigipq>t, ! ppwr ^ ^QHy?He^,augip^mipps faites p ffl^itfe-,
aMtel 4« |f Église; <w ; du marché pr&ïédeni(ï*0Dt; c^enti.p^r TAbW Qilies .JtyjrWT Il av^it; iin^Uué Do». Aîitqijxie; lUflqQTrTft. idiirçqteuru do;Wo.stw i la ptaoe, de X)w . 'Pie km 1>WEio.— , Ilavajlfir.^jw.i^s.Mtefiâ patent^Side/l'AU^é d^iGAro^* hreffjiVjoair^ géhéraf: d# JVr d^ipmw (foire JaîvUifce i régulas ^mçkrifts^rerfe B.Uudeqqufts^lft?« réfugié ^ à $ajntr-Ctaer; ,(J3 mai 1/641/;. :-n Ce Prélat , toujours i vigilant, avait foi fl revenir m grand coffre d'drge&ri tehe .et d objet* précieux, jfjui avaient été déposés, pendant la ; guerre, à l'Abbaye de Saint-Jeah:au-Mont^ à Yprps^ i— n Lors<ju'après avoir accompli diverses
ô iiii d uii .Hif; Jj '^1; i .iSÎM -mi .,'î'l « (CCXXXIX-36}. — Et ailleurs, LXXl-4 — Les reli^ieu* de Peene c éïà a t pftfprVétd ires d'un terrain sur lequel était construit S a TÔ c maisons puntorafeaient en ruines:, située») au, coite viltei fc. Ategiat Jrat les fit sommer de les rétablir en-dedans, d'un an, si non qu'ils « se pourvoiraient par retrait pour les faire réunir au dornaine de « ta villa,; ce que; n'ayant fait, le procureur de ville s'en mis en pos- « session. En conséquence, ces maisons furent louées aux confrères « dé Saint Georges.... Les Guillelmites obtinrent des lettres ù l'effet « d'être rétablis dans lesdites maisons^ ce qni donna lieû au Magis» « «trat dejs^ pourvoir au Conseil de Malines. pour fqire^prononcer la « nullité. » — Archives municipales de Saint Orner.
LXXI -4. — Selon toute apparence, nous le répétons, ces maisons devaient être alors vers l'angle nord de la caserne de cavalerie.
•M" de Bertirt de Vissery, tom. II. pag. 297.
Ce coffre contenait les objets suivantes: — La porte du tabernacle et sa clef, le lotit en cuivre doré. — La vraie croix (la même qui est aujourd'hui à la Cathédrale). ~ Une remontrance ou ostensoir, en Vermeil. — Le grand bénitier d'afgent et les chandeliers des acolytes. — ' Deux petits* reliquaires en cuivre doré it deux supports en argent pour d'autres reliques: — Deux! encénsoirs d'argent avec
•mi.
u»39— 1049 obligations de sa charge et avoir donné la sépulture religieuse à plusieurs de ses confrères, il dut songer lui-même à se préparer à la mort. Au mois de mai 1649, pendant que l'armée Espagnole envahissait de nouveau la ville d'Ypres, qui ne tarda pas à leur appartenir ^8 mai 1649), peu après ce moment fébrile, où en Angleterre le protecteur Cromwell et ses 40 conseillers, s'élevaient sur les marches sanglantes du trône des malheureux Stuarts [3 février 1649),Denys se sentit subitement atteint d'une indisposition qui ne lui semblait pas avoir de gravité et qui pourtant le força de se mettre au lit, où en quelques heures le mal empira de telle sorte, qu'au bout de 3 ou 4 jours, il ne restait plus aucune espérance.... Oom. Pecqueur mourut au refuge de Saint-Omer, le 7 mai 1649, vers l'heure de midi, à l'âge de 53 ans, au bout de huit années de Prélature et 34 de profession mo astique. Les tortures morales qu'il lui fallut subir pendant les troubles de la guerre, contribuèrent à hâter la fin de son utile existence. — Ce Prélat fut inhumé dans le sanctuaire de son Eglise, du côté de l'Epîtrc, à trois pieds des anciennes marches du maitre-autel, à onze pieds de la muraille. Son successeur lui fit
leurs navettes niaviculesj — 4 grandes vaisselles — 2 grands gobelets et 8 nuties plus petits en argent — 3 salières, idem . — La statue de Saint lîernatd. en argent. — *2 petits ;.nges portant des reliques vermeil).— In reliquaire de Saint Kolquin (argent). — lue crosse Abbatiale (vermeil). — 6 reliquaires en cristal. — 2 bâtons de ebantre et un pour la croix processionnelle (argent). — En ]639, une éguiere en argent, aux armes de llom. Tirant, avec son bassin, avait été confié au Y Un attre pour être envoyé en Flandre, jtour le même mol if.
placer une pierre bleue avec une épitaphe, comme lœ— ig-w il l'avait fait lui-même pour son devancier. — Les religieux firent refaire son portrait après sa mort.
Les armoiries de cet Abbé étaient quatre quartiers, écartelées deux, portant deux chevrons d'argent sur fond d'azur avec trois étoiles de sable, une et deux, et deux portant croissants de gueules, entourées de trois hermines de sable sur fond d'argent, deux et une, avec la devise :
Tende sunum '.
Parmi les contemporains de Denys Pecquei'r, nous trouvons :
F. FiiAXçois Le eu y eh, convers, mort le 22 mai IGoO, âgé de 68, après 40 ans de profession.
I). Gabriel de Vim.eus, de Seninghem, receveur de la maison. Il avait étudié à Douai et devint professeur de philosophie et de théologie. Doux, simple, pieux et chaste, exact dans l'accomplissement de ses devoirs et toujours soumis aux décisions de ses supérieurs , ses précieuses qualités lui valurent 26 suffrages dans l'élection Abbatiale, qui eut lieu en 1649. — Il eut à souffrir beaucoup dans l'exercice de sa charge, pendant les temps de guerre et mourut le 24 août 16o2. âgé de 46 ans. Il fut inhumé sous une petite pierre dans la carolle, en face de la chapelle des quatre Docteurs, vis-à-vis le con-
' Jli^t. m" H incite do Clair.. I II. p. 280. - Planche m. nu 8.
sénuUure; dap? l'^e !f .„..,„,;„; i.
tère en 1605, sous, l'Abbé Morand Blo,e^p?!i „. ,., \
D. Liévin Fauqubt, , hooinie; oV mérite, . «wçjen. économe de, la maison et maître dc la^^qur^ mourut paralytique, le $ ^pmjjrq ,1 053, ^4 fle;*4 , ans^lpu.t 24 ajis de. profe^ipn.e^ Wiu>%iptfT1 tration . . ^;y. ,;[
1). Charles de La Creuse, de Lumbres, ancien chantre et directeur de l!Abbaye de Notre-Dame de Bonne-Voie, ordre de Citeaux, dans les Ardennes, il mourut a ClaLrmaraisi le 46décembre \6'ô3i h l'âigc de 54 ans, profès de 36, il fut inhumé dans 4a grande i nef de l'Église 3. . i ,./:..! • .• :. ;:'! .1
F. Pierre Stolecart, conversa mort \e & mars 1654, à l'âge de 45 ans et 26 ans de profession, - i
D. Jérôme Dùfour, ancien curé de la paroisse Saint-Martin, à Sairit-Omer> lequel pour se perfec-; tionner dans la vie religieuse, abandonna ses fonctions curiales, prit l'habit monastique à Churmarate, où U exerça successivement les charges d'éeonome,; de receveur, de maître de la basse-cour et mourut à ' 36 ans, au bout de 7 années de profession.— fl fut
inhumé dans le cloître du côté du chapitre 4 .
.il ' ' !. .-. «•.' ■ i •'. .S. •.». «.'i.)?: ;'l «i .''n».>j:i h ' Idem, idem, pag. 398. . iwniirl * Idem, idem, D. Liivix fut économe 9 ans et maître de la basse cour pendant 10 ans. t » i!:;ji[> :• .b '.Ihqufh li\ mÎ>
» D. Chables de la Creuse, fit en 1630, un registre de 138 pages et plus, pour l'Abbaye do Wœstinc, sous le gouvernement de Madame Castianse. ,:
« Hist. m- de Clairmarais, par Bertin de Vissery, tom. Il, p. 303.
»^u^eat ûWë grdîide!pàtt dâiik rèïeWIbn; Abbatiale de 1649, il était capable, paisible, charitable ét mo- *Wèf ;! (ioûé trànê^ati'ende à répreuve, il éïait de la '|rtus' grande' exâ^itutf e^ 'dëVôfrs et a ux exercices dWihs, W'â^aritd'atïtré àtribitîon (Jtie ceflé dèia1 gloire de Dieu et du sâlut des âiries. — Il mourut Sous- Prieur, le:23 septembre Î655, âgé de 43 ans et 23 années de profession J: ' ; 1 ! : ;:
Corn il1 Péîmn , mort îc 24 janvier \ 657, âgé de 38
Hi!o ii'ji*)'iu /vir.-M-nius ■>!) ,:..:uT i'l ■/:«•»• .M
!) MATi^Êti FôUE, de Saint-Omer, avait ^îidië a Dbuai', délit ans la philosophie et deux ans les cas llë ctoctert^^ dàns sa ville r riàtale ; au rapport de èésconTrèrcs, citait 'un religieux doux; pîeux, pl-
gle monastîque. - Il exerça la cl dè S6us-PHéur, pendant ikcspace de 13 ans, après avoir précédemment occupé celle dé chapelain de F Abbaye de Btàri décrue1 s et celle de ma jtre de? 119; Vice4, iT môurtlt au bout dé ii ans clé prôfession,a
l'a^dé'ëia'nsfY*^ • r ." '
-■'•'ft.'frftWa LÉsEkcEANT , mort lé •! 5) septe'rn jj're 1 èâ\ agftklfcvja ans.
, ^:Pa^ ^gev ««M1»1 W receveur,, roort Uî 16
,.„,,.' «••,..' i rr-r n.i >iih 2 « z: J i fn«iiirill r.ïi«!Ml .hmojîI -.'.Mita*, ictem* pag. 303 et 304. — Ce religieux Cistercien était probablement de la famille de l'imprimeur émérite, que l'on voyait alors à Saint-Omer. : . . j J I ' .>ii-n»;«n :» » "*n .! Il ' Id^Qj^âfH. pag. 304.) «I .n«fi«m *»3>oior»V/! «
1039—1049 juillet 1659, à l'âge de 38 ans et 21 ans de profession, il fut inhumé du côté de la sacristie, vers la chapelle de Sainte-Anne.
D. Théodore Bouyakt, de Saint-Omer. — Ce moine était cité pour sa piété envers la Sainte-Vierge et son assiduité aux exercices divins; charitable et ami de la paix. — Il exerça les fonctions d'économe et de maître de la pêcherie. — Il mourut l'ancien de la maison et après avoir fait son jubilé, le 13 octobre 1661 , âgé de 71 ans et 50 ans de profession *.
D. Slmon De Tielt, de Saint-Omer, ancien chapelain de l'Abbé d'Affiieinc.ues, sous-prieur, infirmier, ancien chapelain de Klandecques et deWœstine, eut à subir bien des adversités que sa vertu parvint toujours à surmonter. — Après avoir longtemps soigné les autres à l'infirmerie et avoir longtemps souffert avec patience les douleurs de la goutte, il mourut de cette maladie le 8 octobre 1661 , âgé de 55 ans et 35 ans de profession, il reçut la sépulture dans la partie occidentale du cloître
1). Jean Dumont, de Saint-Omer, bachelier en théologie, licencié en droit, était le frère de l'Abbé de ce nom. 11 figure parmi les votans dans l'élection de 1619, où il obtint quelques suffrages pour la Prélature 3, il était alors âgé de 48 ans et 23 ans de pro-
1 D. Boi'vart avait pris l'habit, en 1611, sous l'Abbé Morand Blolme. D. Martin Diniisso.N, mort à 84 ans, en 1735, lavaitconnu ancien plusieurs années avant son entrée à Clairmarais. — Berlin de Vissery. tom. II, pag. 301.
% JJIist. nVMle Clairmarais, tom. II, pag. 305.
\ <*Necrologes dë~ïalnl^ôTT) — M" D. Charles dp. La Crrmr.
fession, il rempli les fonctions de receveur général 1 631* — 16V.» de l'Abbaye et de portier ; ayant la réputation d'un homme sage, consciencieux, plein de franchise et habile dans l'administration du temporel l.
D. Edmond Gulluy, ancien préposé au vestiaire, mourut le 3 avril 1 0(52, âgé de 37 ans et 20 ans de profession. — Il fut enseveli au bas du cloître de lecture, avec une simple épitaphe 2.
D. Josce de iNeufvrue, de Saint-Omer, avait été choisi le deuxième dans l'élection de 1619, bon philosophe et bon théologien, il mena toujours une vie exemplaire en toutes choses ; son esprit conciliant et éclairé, sa piété et sa charité ardente étaient appréciés de tous ses frères.... Il mourut l'ancien de la maison, le 24 avril 1662, âgé de 69 ans, après 46 années de religion et fut inhumé à l'occident du cloître avec une modeste épitaphe, rappelant son nom et ses qualités. — D. Josce avait successivement exercé pendant 20 ans la charge de maître de la basse cour, quelque temps celle de maître des bois, puis en dernier lieu celle de Prieur, fonction dont il s'acquitta toujours à la satisfaction et à l'édification de ses confrères 3.
1 Idem, idem, pag. 305 et 324.
8 Hist. m" do Clair., tom. Il, pag. 306. — D. Guislain Campion.
1 Hist. m" de Clair., tom. 11, pag. 306. — Nous avons connu encore un membre de la famille de Nf.itvrui:, éteinte depuis peu à Saint-Omer. Elle demeurait au bas de la rue Royale, à efitéde l ancienne maison de Facicu, aujourd'hui maison Tavernier, là où furent retrouvé la vraie croix, les manuscrits de Clainnarais de Berlin de Vissory et autres objets précieux.
(MihpfJ^Ml^irls'l^UAlnt relîgtèùk k ClalrWkriii, èh 1 638; sous1 GeortèES 1 'b'APfttëitrëtrés, ' il y 1 exëfçaW ïa charge de rfecëVètof et ,â,éc6hd^é;1ttra^D'j!jl!^b^ Gër\V 44" Abbé de Cercahïp, ' réfugie' 'énei an ^hanoitie de Saint-Omër, pendant la1 guerre, y tfbniD'a sérreûseiherit malade 1*058! et 'demanda à ». isard Michiels, 48* Abbé, de lui désignèr un i nïoihe de Ciàïrmarais pour lui succéder, attenaV^tie dans sa communauté V il ne voyait personne qui ï&t remplir dignement sa place. . . . Lés yeux du Prélat se portèrent sur D. Louïs le Lièvre, dont le choix fut accepté avec reconnaissance par Doin. Gêrt Qui', ^ieu après -descendit dans la tombe et réCuï la Sépulture dans Te chœur' de l'Église Abbatiale, dii ïolé ide la stalle de l'Abbé, là on les jeunes Religieux môntènt dans lés Tonnes;;, urie humble j)ierVe Meue portant !ïe nom, les armes /et la devise' dû iffélunt,' marquaient seule son souvenir....
Maïs les désolations' de lâ^uér^ré ih^aientpaL yeUlesébniribuéàla^ tEW;!ùtr,no* plus grave encore" l'y avait déterminé, le uesoruije régnait dans son Abbaye, les moines méconnaissant la règle, ce premier des devoirs, vivaient dans l'insubordination et le relâchement. Ils, secouaient à'aul tôrîté de leur supérieur, forcé1 de VexpatriéraVécï autorisation de la Cour de Bruxelles, qui lui accorda niême une somnle considérable en échange dé celle
•iU nd.-.ÎJ • > > i. . siii.M • '■.« t'Jii'.'ii >•»! ,/iinj 'mffv r,I -y/noiJ^i 1 Dora. Guislain Campion.
que l'Abbaye de Cercamp lui avait avancée autrefois; 1039— miy plus, une convenable pension annuelle à prendre sur son monastère et au moyen de laquelle il devait vivre à Saint-Omer, selon sa condition, sous la protection du Roi d'Espagne qui l'avait appelé à la Prélature l.
D. Gerï, malgré ses infirmités, demeura quelque temps en pension chez le chanoine qui l'avait reçu pendant sa dernière maladie 2: il fit appeler l'Abbé de Clairmarais et après lui avoir confié le sujet de ses peines et obtenu de lui ce qu'il désirait, il se démit de vive voix et par écrit, en présence de témoins, en faveur de D. Louis le Lièvre, receveur du monastère, âgé alors de 40 ans et Î0 ans de profession. — Celte résignation présentée au Conseil d'Artois, alors assemblé à Saint-Omer, reçut son approbation et fut soumise à celle de la Cour de Bruxelles.... Dom. le Lièvre l'emporta sur ses compétiteurs, il fut régulièrement nommé Abbé de Cercamp, par Dom. Jean d'Autriche, dont il obtint des lettres patentes, en vertu desquelles le nouveau Prélat fui béni dans un couvent de religieuses, à Bruxelles, par l'Abbé de Saint-Bernard sur l'Escaut, près d'Anvers, en présence de l'Archevêque de Malines, de l'Abbé de ^'izelles, et revint à son Abbaye où il célébra pontificalement les funérailles de I). Gérï, son prédécesseur, en présence de ses amis et du cha-
1 Manuscrit de Berlin de Vissery, tom. Il, pap. 307 et 308. 4 Idem, idem, idem.
1639— 1649 noine chez lequel il avait trouvé une gracieuse hospitalité K
Enfin, avant d'abandonner Clairmarais, probablement pour toujours, Dom. le Lièvre offrit un repas à ses confrères, en signe de reconnaissants adieux et se retira à Saint-Omer, où il choisit la même pension que D. Gêry, attendant la fin de la guerre pour prendre possession de son nouveau monastère *. Pendant cet intervalle, la Cour l'avait autorisé à percevoir annuellement 400 florins sur les revenus de Clairmarais.... Mais enfin la guerre touchait à son terme, un traité de paix venait de se conclure et Cercamp cessant d'appartenir à l'Espagne, tombait dans les mains de la France.... Le nouveau Souverain, sans égard pour les droits de l'Abbé, régulièrement nommé, accorda l'Abbaye de Cercamp au Cardinal Mazarin, en qualité de commendataire, toutelois, comme cet illustre Prince de l'Eglise n'ignorait pas que le nouveau bénéfice qui lui était accordé pouvait soulever de justes prétentions de la part du titulaire désigné déjà par la Cour de Bruxelles, il lui écrivit pour lui proposer un arrangement, d'après lequel Dom. le Lièvre demeurerait à Cercamp pour gouverner cette maison, non comme Abbé, mais en qualité de Supérieur, sous ses ordres, et à charge de payer à Son Éminence une pension annuelle de dix mille florins.... Cette proposition jugée trop onéreuse ne fut pas acceptée ; Dom. le Lièvre nonobs-
» îlist. m" de Clairmarais, tom. II, pag. 308. * Idem, idem, idem.
tant la désignation royale et malgré l'opposition 1G39— igvj violente qu'il rencontra dans le monastère même1, se décida à prendre possession de l'Abbaye de Cercamp par voie de fait. Puis il partit pour Paris pour suivre la cause de ses droits devant la Cour, contre le puissant Cardinal.... Mais s'il avait à faire à forte partie, Louis le Lièvre n'avait pas compté sur le prestige invincible de la puissance contre celui qui n'a que son droit rigoureux à invoquer....
Comme on devait s'v attendre, l'intrigue s'en mêla. L'affaire traîna en longueur Ces retards amenèrent de grandes dépenses, l'argent manqua.... L'Abbé le Lièvre dut se résigner à retourner dans son monastère où de nouvelles tribulations l'attendaient — A son arrivée il s'installa dans le quartier Abbatial et prit possession de la forme de l'Abbé. Les religieux indignés de ce qu'ils appelaient alors une usurpation, ne voulurent point le reconnaître, des injures furent proférées, on poussa la violence jusqu'aux
voies de Jait , le camail lui fut arraché et jeté au
feu Tantœ ne animis cclestibus irw /....
Ces disgrâces pourtant ne le rebutaient pas plus que la nomination royale de son tout puissant riva), Dom. Louis le Lièvre crut devoir tenter de nouveaux efforts contre Mazarin, il reprit la route de Paris. Mais ses nouvelles démarches n'eurent pas plus de succès qui les premières, il recourut alors à la haute
1 Manuscrit de Bertin de \i*sery, tom. Il, png 308. 309 et 310.
2 llist. m" de Clair., par Berlin de Vissery, lom. Il, pas. 310. lin. 20, 21. 22, etc.
hi:V.i-HiHi médiation de l'ambassadeur cl Espagne, qui s excusa sur ce que l'Abbaye de Cercamp, ressortissait du Roi de France. Ce Prélat malheureux eut mieux fait sans doute de se désister et de revenir humblement à Clairmarais, sa maison professe ; mais son ambition se bercail toujours de l'idée que l'ambassadeur Espagnol lui avait promis une autre Abbaye dans les Pays- Ras et confiant dans ces promesses il ne cessait de poursuivre son but ; dans cette pensée, il se rendit à Bruxelles, se présenta à la Cour, à la recommandation du ministre d'Espagne, dans le but d'obtenir l'Abbaye de Cambron, alors vacante depuis peu ; cette fois encore, il n'arriva pas à temps, cette crosse venait déchoir à Dom. Dumoulin. Prieur de cette maison. Plus heureux une troisième fois et sans jamais se lasser de courir le bénéfice, dit un chroniqueur, Dom. i.k Lièvre parvint a obtenir le monastère de Saint-Bernard sur l'Escaut l. Mais à peine cet infatigable Prélat, épuisé, consumé, venait-il de recevoir cette nouvelle, qu'une léthargie mortelle le surprit le matin, au moment où il disait son office. Au bout de 24 heures de souffrances il rendit le dernier soupir, le 22 mars 1663, âgé seulement de 44 ans
Ainjû, dit un historiographe ;* de l'Abbaye : « Celui « qui en sa pensée fut trois fois Abbé, mourut sim- « pie religieux, ainsi parut-il en l'autre monde, où
1 Hist. inédite de Clnirnvirais pag. 311 et 312. * llist. m" et inédite de Clnirm;ir;iis, tom. Il, pog. 312. Q)i Guialnin Campion.
« les mitres et les crosses ne sont eu aucune estime, hvw mui « mais, seulement les bonnes œuvres. I). le Lièvre « fut inhumé dans le même couvent de religieuses, « où il s'était lait bénir à Bruxelles l. »
— I). Grégoire Winglet, d'Aire. — Ce cénobite fut envoyé à. Douai pour étudier la théologie, il allait prendre ses grades dans cette Université, lorsqu'il fut rappelé. Il se montra constamment studieux, paisible, sobre et exact à l'office divin, sa vie fut toujours exemplaire. Grégoire exerça successivement les charges de sacristain, de maître des novices, de mai- Ire des bois, de curé des domestiques, celle de Prieur et de directeur de Wœstine *, partout il se montra plein de zèle pour ses devoirs comme pour la prédication et l'administration des Sacrements, il mourut à Wœstine, le 3 novembre 1663, âgé de 63 ans, proies de et reçut la sépulture dans celte Kglise conventuelle 3.
C'est à Dom. Grégoire Winglet que Don». Ch arles de Wisch, Prieur des Dunes, offrit deux volumes de
Ison ouvrage intitulé: llibiiotheca sa ipforum nnlini* CixtcrcivHxis, etc., ouvrage important qui figura jusqu'à ces derniers temps dans la bibliothèque de Clairmarais
Y. Godekroi Lesiham.e, convers , mort le 4
' Merlin de Vissery, loin. Il, pag. 312, lin. 7 et suivantes
! Ce religieux eut une parente du même nom, Dame Lousr
Wixui.et, Sous Prieure à l'Abbaye ^ Wu-stine, où elle mourut le 21
janvier 16-11. — (Idem, pag 315?;.
Hist. ne et inédite d • Clairmai .n>. pag 3 KL 1 l.lem, idem.
11339— IGVJ septembre 166o, âgé de 38 ans et 3 ans de profession.
D. Philippe Bouquiau, Sous-Prieur et chargé du vestiaire, fut toujours pieux et zélé dans l'accomplissement de ses devoirs, il mourut le 19 juin 1068, âgé de ;53 ans et 33 de profession, on l'inhuma dans le cloître de lecture.
1). Ai.bëric Moue un, étudiant en théologie à l'Université de Douai, mourut de la peste, n'étant encore que diacre, à 1 âge de 28 ans et 6 ans de profession, le 8 juillet 1668. Il reçut la sépulture dans le cimetière de la paroisse Saint-Jacques, à Douai, vers la chapelle de la Vierge l.
On voyait jadis dans l'Kglise des PP. Bénédictins anglais de cette ville, un tableau rappelant la thèse qu'il avait soutenue. Ce religieux avait écrit, dit-on, ^ en fort bon latin quelques cahiers J.
F. André D'AvERon/r,convers, brasseur, mort le \o
novembre 1668, âgé de 27 ans et 4 ans de profession.
F. Thomas Bernard, convers, boulanger, mort le 30 mars 1669, âgé de 58 ans.
— Bien que l'époque de la mort de la plupart des religieux dont nous venons de rappeler les noms, soit postérieure au gouvernement du 47e Abbé, nous avons cru pouvoir les mentionner ici, conformément
au nécrologe Leur vie n'est elle pas d'ailleurs
contemporaine de Dom. Denys Pecuueur, aussi bien que de son successeur immédiat ?
• Idem, idem.
5 Hertin de Yissery, toin II. ]>ng 22, à la lin du volume.
LES ABBÉS DE CLAIRMARAIS
DON. BERNARD MICHIELS, 48- Abbé. K^m-.um
Mort: 1669
SOMMAIRE
Biographie poétique de Behnabd MicmELs,par Dom. Martin Dubuis-
son. — Sa naissance, en 1598. — Ses premières années. — Ses dispositions. — Sonapplication. — Sa dévotion particulière. — Nicolas MicniELs,(son oncl^) était fichevin de Saint Orner, Grand Bailli du monastère, ce qui lui donne l'occasion d'y venir. — Il apprécie cette maison et y prend l habit avec cinq autres de ses camarades, en 1618.— Il est envoyé à l'Université de Douai, d'où à l'âge de 23 ans, il revient avec le titre do bachelier et le diaconat. — Sa conduite régulière est appréciée. — Il est nommé Sous- Prieur, maître des novices, puis Prieur. — Son chagrin à la mort de son oncle. — Sa reconnaissance envers lui. — Bernard quitte les Tondions de Prieur, pour prendre la direction des Dames de Blandecques. — Les malheurs des temps augmentent ce sacrifice. — La guerre. — Achat d'un refuge pour les Dames de Blandecques, à Saint-Omer. — Bernard trouve le monastère do Blandecques désolé et lo refuge dans un dénuement absolu. — Consolations efficaces. — Son instruction. — Son élocution facile. — On accourt pour l'entendre prêcher. — Ses conférences portent leurs fruits. — Son mérite attire les yeux sur lui, lors de la vacance Abbatiale
lu"
— Lettres patentes de la Cour, désignant les Commissaires pour future élection. — Incident grave. — Un étranger est proposé.
I — L'élection a lieu les 7, 9 et 10 juillet 1649. — Trente-neuf membres y prennent part dans le refuge.— Déclaration du Prieur Dom. Josce Neufvrue.— Vote de la communauté et des officiers séculiers de la maison. — Le procès-verbal d'élection est envoyé à la Cour avec recommandation. — Dom. Arnolfini est préféré bien qu'il n'eut obtenu qu'un seul suffrage. — Le Conseil d'Artois réclame en faveur de Dom. Michiels. — Sa voix est entendue.— Dom. Bernard est nommé.— Arnolpini obtient une pension sur le monastère. — L'Abbé se tait avec l'espoir de pouvoir s'y soustraire. — Installation de Bernard (8 juin 1650).— Il songe à se faire bénir. — Le Vicaire général annonce qu'il viendra luimême, selon les privilèges de l'ordre, à l'exclusion de l'Évêque diocésain. — Préparatifs. — Invitations. — Plusieurs la déclinent.
— Notabilités qui y assistent (juillet 1650). — Opposition de lÉvéque.— Sommation donnée à l'Abbé des Dunes.— Sa réponse. Il passe outre. — La bénédiction a lieu. — Délivrance des lettres par l'Abbé des Dunes. — Festin donné aux invités et à la communauté.—Départ de l'Abbé des Dunes.— D. Bernard Micuiels donne des explications à 1'Ëvèque et établit les droits de l'ordre de Citeaus. — Justification des exigences Épiscopales. — Dom. Bernard n'était que le 5e Abbé qui porta la mitre et sos 4 prédécesseurs avaient été bénis par l'Évoque. — (1651) Invasions des Français dans les Pays-Bas. — Les Espagnols résistent et s'em-
II parent de Fumes, Bergues et Bourbourg. — Ces agitations suspen- |fl dent lo zèle de l'Abbé, pourtant il fait encore quelques restaurations ou changements à son église. — (1651) Démolition du jubé [en pierre. — Réduction du chœur. — Restauration do la salle du
noviciat et du dortoir..— (365 2} Dom. Arnoi.fini renouvelle sa réclamation pour sa pension et constitue un mandataire à la Cour do Bruxelles. — L'Abbé fait de même. — Au bout de 7 années de débals et de négociations, on transige au moyen de 1,200 florins une fois payés. — Réflexion. — (1652) Nouveaux travail v à la maison. — 3 mars 1653. — Mort du Cardinal de Riciiklim . Abbé de Citeaux. — Son successeur. — Mort de Dom. Larui.n iii:r, Abbé do Clairvaux. — Dom. Pikrrc Henry, prend sa place. — (1654; Le canon gronde de nouveau. - Ln communauté est
forcée do se réfugier à Saint-Omer avec ses meubles^es livres et 1049— I661I ses papiers. — Mort de Jérôme Dufoir, son successeur. — Sacre de Lot is XV.— Ce Prince donne des lettres de sauvegarde a Clair marais. — Tlre.nse vole au secours d'Arras, assiégé par les Espagnols, commandes par Cosdé. — Ko siège est levé. — Perte des Espagnols. — Retraite admirable. — Compliments du Roi d'Espagne. — Dom. Arnolfisi, au siège d'Arras; — Nouvelle requête contre l'Abbaye.— (1655) Mort d'ijcnocEXT X.— Election d Alexandre VII. — Réception des novices. — (1656) Siège de Valenciennes, par les Français. — Prise de Condé, par les Espagnols. — (1658) Siège de Dunkerque. — Cette ville est prise parles Français. — Te Deum chanté au nom du le Roi do France. — Prise de Fûmes, Bergues, etc. — Sépulture do Dom. Géry, Abbé de Cercamp. — Siège et capitulation de Gravelines (30 juillet, 29 août). — Mort de Cromwell (13 septembre). — Rencontre dans l'Ile des Faisans des deux premiers ministres de France et d'Espagno. — Conférence pour la paix et le mariage de Louis XIV ; 1659). — L'Abbé envoie des religieux étudier à Douai. — Lotir > succès — Leur thèso dédiéo à l'Abbé.— (1660: Publication do la paix des Pyrénées. — L'Artois demeure en la possession de Su Majesté Très-Chrétienne. — Le Roi de France nomme Mazarin, Abbé de Cercamp, malgré la nomination do D. le Lièvre, faite par lo Roi d'Espagne. — Ce dernier ne peut lutter. — Malgré ses démarches il est évincé. — Bienfaits do la paix. — Le pays rentre dans le ealme. — L'Abbé en prolilc. — Son portrait, d'après un auteur contemporain anonyme. — Ses prescriptions pour le rétablissement de la règle. — Ses pieuses institutions. — 11 achète une R remontrance et une boite pour la Sainte-Hostie. — Donation d'une statue miraculeuse de Notre-Dame de Foy décembre 1660) — Cette statue est transportée au monastère. — Etablissement d une dévotion sous le nom de Notre Dame de Foy — Prières et offrandes k a son autel. — Cette dévotion s'accroit. — Erection d'un nouvel H autel dans la nef. — Idem, autel de Saint- Bernard. — Tableaux qui les décorent. — Tableau du grand autel. — Divers rélables
(établis à plusieurs chapelles. — Zèle do l'Abbé pour son Église et pour les intérêts matériels. — Dom. Iloi ungi es, maître de la basse-cour et curé des domestiques. — Grande économie. — Ordre parlait dans lu maison. — On tire parti de tout — Potager lar*
1049 — 1C69 gement pourvu. — Fruits de foute espèce. — Volailler abondant et varié, -y Vestiaire bien garni des étoffes nécessaires. — (166!) |. Dévotion de Bernard Michiels envers Saint- Bernard. — Il fait i faire en argent un buste de ce saint et y place une relique.— Litanies de Saint-Bernard. — Elles sont imprimées. — Mort de Dom. Josce Neifvrce, Prieur. — (1662) Son successeur. — Réwception de J. Maillard et de Fr. Leroulx.— L'Abbé obtient un | autel privilégié dans la chapelle des morts. — Idem, indulgence » plénière applicable à tous.— On renouvelle les vitraux de la petite fl nef. — Le chevet du chœur est recouvert d'ardoises. — L'Abbé regrette de ne pouvoir en faire davantage, il était trop prudent pour se hasarder. — (2 décembre 1662). Loris XIV prend possession de Dunkerque. — L'Abbé songe à son Église. — Il donne deux calices et des chandeliers. — (1663) Suppi ession du jumnct carré. — Régularité des religieux. — Leur perfection à cette époquo. — Visite de Dom. Claude Vavssin, général de Citeaux.
— Son arrivée à Clairmarais.— Sa réception solennelle.— Détails do la visite. — Honneurs qui lui sont rendus. —^Souper distingué. — Accueil-qu'on lui fait. — fitonnement des religieux.— Scrutin. — Sa froideur glace les moines qui demeurent léservés.
— Charte do visite. — Il retourne par eau à Saint-Omer.— Visite les monuments. — Dîner à Saint-Bertin. — Il y vante trop ses chevaux et son vin. — Après avoir couché à Saint-Bertin, il sort sans rien dire, vient au refuge, commande ses chevaux et ses gens et part. — Sur l'avis de Bernard Michiels, il se décide pourtant à aller remercier l'Abbé do Saint Berlin. — Il dîne au refuge, la bonne cuisine lui est réservée. — Il va coucher à Ravensbergue, à Dunkerque, à Bruges et à Bruxelles. — Il fait une ordination à Gand.
— Prend congé du marquis de Caracena et retourne en Bourgogne. — Réflexions sur ce récit textuel, d'unannaliste contemporain. — { 1664) Mesurage des pêcheries. -^Renouvellement des bornes^)— (1666) Cuerre entre les Anglais et les Hollandais. — Mort de Philippe IV. — Avènement de Charles II. — Serment au nouveau Souverain. — Détails de la cérémonie. — (1667) L'Abbé fait faire deux chasses pour y renfermer les reliques. — Il fait imprimer les Litanies dos Saints, dont les reliques étaient conservées dans le monastère. — Reliques des membres de la Légion Thébéenne, placées dans la chapelle Abbatiale. — Changement des
^ tables d'autel. — Inscription du XIVe siècle, sur le débris d'une lbi(j — 1669 d'elles. — Statue d'argentde la Sainte Vierge, Notre-Dame de Foy.
— Réception du Duc de Boirnonville, a Saint-Omer. — Deux religieux invitent l'Abbé au chapitre général de Citeaux. — Nouvelles alarmes. — On transporte de nouveau les meubles au refuge de Saint Orner. — Louis XIV envahit les Pays-Bas, pour revendiquer la dot de la Heine. — Ses victoires. — Clairmarais
Il lexposé aux exactions des Français et aux invasions des Espa- "\g nojs. — Mot du Grand Roi à un favori, sur Saint Orner et Aire.
— Canonisation de Saint François de Sales. — Mort d Alexandre VII, peu regretté. — Élévation de Clément IX. — (1668) Paix d'Aix-la Chapelle. — Calme rendu au pays et au monastère.— , On y rapporte les meubles enlevés. — Joie de l'Abbé.— Ses qualités. — Ses goûts. - Sa justice. — Sa réponse sévère à un moine mendiant. — Simplicité de ses vêtements et de ses manières. —
Son scel.— Son gont pour la retraite. — Sa mort. — Sa sépulture.— Lettres de faire part de sa mort — Moines contemporains.
— Vacance Abbatiale. — Visite annuelle de l'Abbé do Clairvaux.
— Il tombe malade et se fait remplacer par l'Abbé de Cambron.
— Arrivée de ce dernier. — S.i réception d'après les formalités en usage. — Scrutin. — Ses recommandations. — Son départ.
Doiii. Martin Dubuisson, moine de Clairmarais, a consigné dans le distique suivant, la biographie du 48e Abbé de ce monastère :
« Bernardi, Mariœque cliens, his extrait aras
« Bernardls, capsis ditibus ornât opus.
« Durior ut fei tur fuerit, quandô (pie magister,
« Et pius, et solers extitit usque Pater L »
boni. Miciiiels naquit à Saint-Omer, en lo98, d'une famille respectable et pieuse, dont plusieurs membres figurent avec honneur dans les fondions
1 M" inédit et autographe de D. Bertin de Vissery, t. II. p. 316.
Itiiu— 166<J publiques civiles ou ecclésiastiques ; de bonne heure le jeune Bernard, montra des dispositions à l'étude ; en avançant eu âge, ses facultés intellectuelles se développant, laissèrent entrevoir le rôle que plus tard il serait appelé à jouer.
Dès ses premiers pas dans les classes intérieures, il se iit remarquer par son application, sa bonne conduite et par une dévotion particulière à la Sainte- Vierge, à laquelle, dès lors, il songea à se consacrer.
Nicolas Micuiels, Uchevin de Saint-Omer, était à la fois, Grand Bailli du monastère de Ulairmarais : Bernard, son neveu, allait souvent y voir son oncle, il put ainsi connaître et apprécier cette maison, où bientôt il se décida à vivre dans la retraite et où vers I G I N , il prit l'habit monastique des mains de I). Martin Tirant, h \ ■ Abbé. 11 avait abus 19 ans environ : cinq autres de ses camarades imitèrent son exemple1.
L'année qui suivit sa profession, Bernard fut envoyé à l'Université de Douai, avec (iiiEcoiRE Winglez pour y étudier la philosophie et la théologie, le succès couronna ses efforts, il en revint Bachelier et Diacre, à l'âge de 23 ans, son confrère Winclez, qui avait une année «le plus que lui, n'avait point encore pris ce grade el s'était borné à recevoir le Sous- Diaconat "'.
1 Ci- lutt'iil F. Josi l Ni ii vHi i île S;jiht UiiK'i . — I". (.ULt.oiui WiNiii.i:/., d'Aire — F. M \ruu:i Foi u.. île S.mit-Omor. — F. Cu iniTs ni: i a C»i;isk, de Lumlne-. -- F. Ji:\n m: Latthk, «Je Hrlliuni'. — M ' de Reitin de Vissery, tom. II. paît. 31K.
J Pewt-èlre à cau*e «le In moil <ln l'AMir Iikwi. «urvenue l< «i ... lol.rc Ri-21.
Mais la conduit? du jeune cénobite était toujours i<vw-igc>»> régulière et édifiante, bientôt il reçut la prêtrise et on ne tarda pas à lui confier successivement la charge de Sous-Prieur, celle de maître des novices qu'il exerça » diverses reprises, puis celle de Prieur, fonctions, dit un contemporain, dont il s'acquitta foujours à la satisfaction de tous l.
I ne des premières douleurs que ressentit vivement Doin. Uernakd, alors qu'il était encore jeune prêtre, fut la mort de son oncle Nicolas Michikls, enlevé le 20 mai l(>29, à lage de 86 ans. Les obligations personnelles qu'il lui devait, aussi bien que les importants services dont le défunt n'avait cessé de doter l'Abbaye, lui rendirent cette perte doublement sensible ; la reconnaissance, cette vertu si rare qui semble uniquement réservée aux âmes d'élite, était profondément gravée dans le cœur de Bernard Michiels, il fut facile de le reconnaître, lorsqu'il eut le malheur de perdre celui qui fut toujours son protecteur et son ami
Constamment voué à l'obéissance, Bernard à la
1 llist m" île Clairmarais, tom. Il, pag. 319.
* Nicolas Miuiiei.s, Grand Bailli du monastère donna toujours des preuves de son dévouement à la communauté, à laquelle il laissa en mourant, un beau tableau représentant /.'/ Yierf/c, Saintc-EHsa- Mh, I" En funl Jr.siis rt Stn'iil-Jam-llaplixtr. Celte précieuse toile copiée d'après Ruhens, fut placée avec uno inscription flatteuse, que nous avons donnée ailleurs, derrière lo chœur de l'Égliso, dont elle faisait l'ornement, en face de la chapelle do l'Abbé; elle était surmontée des armes du donateur — ('/est d'après les conseils de Nicolas Mjciiiels, quo D. Martin Tirant plaça le mausolée d'albâtre, élevé à la mémoire do Morand Ri op.me. — (M" inédit de Berlin de Vissery, loin II. pas. 320).
1C49— iogo prière de son Abbé, quitta sans se plaindre les hautes fonctions de Prieur, pour prendre une charge plus modeste, la direction des Dames de Blandecques, charge à laquelle Denys Pecqueur avait alors de la peine à pourvoir Ce sacrifice de la part de Bernard, devait être d'autant plus apprécié que les circonstances étaient des plus fâcheuses, on était encore à la guerre, les traces des sièges de Saint- Omer et d'Aire n'étaient point effacées. Les religieuses de Blandecques, dès 1638, même avant l'investiture de la place, s'étaient réfugiées à Saint-Omer où au prix de 12,000 florins 1 avancés par Georges d'Affrelngues, Abbé de Clairmarais, elles avaient acheté un terrain avec une maison, contiguës au couvent des Daines de Sainte-Catherine *.
En prenant possession de ses nouvelles fonctions, Bernard trouva la désolation dans la maison ; le monastère de Blandecques était en ruines, la misère y régnait partout et on manquait de tout dans la maison de refuge, intrà-muros.... Quelle ample moisson de zèle et de charité pour le nouveau directeur des âmes!.... Ses consolations distribuées avec intelligence et à -propos, calmèrent bien des inquiétudes au double point de vue du spirituel et du temporel. Cette fois encore la pieuse mission de
» En supposant, ce qui est probable, que ce fut le florin de Brabant, cela ferait plus do 25,000 francs d'aujourd'hui.
* Ce terrain séparé aujourd'hui par l'extrémité de la rue Courteville, porte encore le nom des Dames de Blandecques, sous lequel ce quartier est vulgairement désiptié.
Dom. Bernard Michiels était heureusement ae- 1049— 1GG9 complie l.
Ce Prélat avait de l'instruction, une parole facile et élégante, il prêchait hien, on 1 écoutait avec plaisir.... Parfois, Monseigneur de France, Évèque de Saint-Omer, envoyait son Chapelain pour se former à ses prédications ; à l'aide de ses instructions, véritables modèles des conférences chrétiennes, il rassurait la foi de ses auditeurs, donnait de l'énergie aux âmes aflligées, adoucissait les blessures de cœur et portait la consolation dans l'esprit de ces pieuses vierges, naturellement émues à la vue des malheurs qui fondaient sur leur paisible solitude 9. — Bernard savait, hélas ! à quoi s'en tenir sur les horribles désolations du pillage ennemi, ne les avait-il pas essuyées plusieurs fois lui-même sous l'administration de ses deux prédécesseurs !....
Son expérience, ses talents et ses vertus, attirèrent, comme on devait s v attendre, les veux sur lui lors de la vacance Abbatiale. Justifiant cette parole de l'Écriture, quiconque s'abaisse sera élevé, il avait abandonné la seconde place pour un rang inférieur, bientôt il obtint le premier. Dès le mois de mai 1649, peu après la mort de Denys Pecqueur, on songea à remplir l'immense lacune qui venait de se faire, les circonstances étaient graves : on se pourvut aussitôt à la Cour de Bruxelles, qui, par
1 llist. m" et inédite de Clairmarais, tom. Il, png. 321. 1 Idem, idem, tom. Il, ra«- 322.
HiiO-iooo lettres patentes, signées le 23 juin suivant, par S. A Sérénissime Léopold-Guili.aume, désigna pour commissaires à la future élection, MonseigneurCiiRistophk de France, Évêque de Saint-Omer, et M. Jacques Chivot, Président du Conseil provincial d'Artois. Mais ici un incident grave se présenta.... La faveur toujours en éveil avait, comme d'ordinaire, son candidat.... Et ainsi que cela se voit trop souvent, hélas ! ce candidat si hautement protégé, n'était pas le plus digne.... Une lettre de Son Altesse, adressée aux commissaires *, leur enjoignait de proposer un étranger complètement inconnu, 1). Joseph Arisolfinï de ïi.i.escas *. — L'élection eut lieu les 7, 9 et
10 juillet 1G49, dans la maison du refuge à Saint- Omer, à cause de la guerre.... Tour plus de facilité et une plus grande sécurité, il fut décidé que la com-
1 Hist. m" et inédite <lo Cloirmarais, tom. 11, pag. 323.
* Il signait souvent ainsi. — D. Arnoi.pini, docteur on théologie et professeur distingué, appartenait à la principauté de Lucqucs, en Italie, il était né d'un père italien et d'une mère espagnole. — Il avait pris l'habit religieux de l'ordre de Citeaux, au monastère de la Chermoyc, diocèse de Cbâlons-sur-Marne, in di.vccsi Calalaunrnsi. — Ayant, disent les auteurs, conservé un c<eur espagnol, pendant son séjour en France, il avait gardé des correspondances secrètes avec lo Roi d'Espagne, pendant la guerre.... Tel était le service qu'on voulait récompenser.... Ayant été découvert, il se vit obligé de prendre prudemment la fuite et de sortir du royaume....
11 se relira chez le Comte de Garsias, gouverneur de Cambrai, qui l'accueillit à merveille. Après la mort du Comte, il se réfugia chez le Marquis de Caiiacenna, gouverneur général des Pays-Ras, à Bruxelles, et 15, parfaitement en sûreté, comme il n était pas homme a se laisser oublier, il se mit en évidence, parut a la Cour, rappela .ses services et parvint à obtenir nn instant l'Abbaye de Clairmarais. dotation, qui malgré sa souplesse et la faveur dont il jouissait, ne tarda pas à lui échapper. — (Berlin de Vissery, t. Il, p. 328 et 329;.
niunauté composée de 34 membres proies i£7 prêtres 1649— \m et 7 jeunes), s'y transporterait divisée en trois bandes, ce qui eut lieu ponctuellement.
L'instrument original de cette élection portait la mention suivante : « Dom. Josce Neufvrue, Prieur, « âgé de 50 ans. proies de 33, après avoir promis de « de dire la vérité : //* Yerbo sacerdotis, et in votis « religionis, manu pectori appositd, a dit et déclaré « ne savoir personne plus digne et qualifié pour « être avancé à la Prélature vacante de cette Abbaye « que Damps Vie) Bernard Michiels, confesseur « des Dames de Blandecques, qu'il connaît pour « religieux vertueux et fort adonné à la spiritualité, « ce qu'il a témoigné par plusieurs années, tant « étaut Prieur que Sous-Prieur et à diverses fois « maître des novices, des quelles charges il s'est très « louablement acquitté ; étant de surplus, de bon « esprit et de bonne étude, étant Bachelier formé en « théologie et grand prédicateur de plus fort exem- « plaire, charitable et paisible, et pour à l'égard du « temporel il croit qu'il administrerait bien, puis- « qu'il a assilé l'Abbesse de Blandecques dans l'ad- « ministration de sa maison et là grandement con- « tenté.... »
.... Ensuite il donna sa 2e voix à Boni. G. Winglez et sa 3* à Dom. Gab. Yillers, détaillant ses motifs et sa détermination.
Le procès-verbal ajoute que : « Lui ayant été fait « lecture de la lettre de Son Altesse, par laquelle elle
1649—1669 « recommande Dom. Joseph Arnolfim, religieux « profès de l'ordre de Citcaux, pour capable, dans le « choix qu'ils feront d'un futur Abbé : a dit ne le « connaître et que partant il ne pouvait en sa cons- « cienee le nommer, disant qu'il craint que ce serait « la ruine de la maison de commettre une personne « qui n'a nulle connaissance, ni du spirituel, ni du « temporel d'icelle en cette misérable conjoncture « du temps, d'autant que l'Abbaye est entièrement « ruinée. — Oui est tout ; et après lui avoir fait Iec- « turc du tout à son appaisement a signé : F. Josce « Neufvrue, Prieur. »
La communauté entière s'exprima exactement comme son chef y compris les principaux officiers séculiers de l'Abbaye qui, par suite d'un abus qui commençait à s'introduire, furent admis à voter 1 en la même forme. Tous firent les mêmes réserves à la lecture de la lettre de Son Altesse, concernant Dom. Arnolfjni, un seul se laissa entraîner à lui donner sa voix, ce qui, amena de graves conséquences. Le compte-rendu de l'élection, rédigé en bonne forme par les commissaires, fut envoyé aussitôt à la Cour de Bruxelles avec des lettres de recommandation en faveur de D. Bernard Michiels, qui devait évidemment avoir la préférence, ayant eu 16 premières voix, 4 secondes et 4 troisièmes ; ces lettres conte-
1 C'étaient M. Jacques d'Affreingues, Grand Bailli do l'Abbaye, M. Nicolas Michiels, son greffier, et M. Claude Grebert, son procureur d'office, ils signèrent tous les trois le procès -verbal. — Berlin de Vissery, tom. Il, pag. 327.
liaient l'exposé des motifs, qui régulièrement de- ioA9— ir,69 vaient éloigner les prétentions J'Arnolfixi Pourtant on était inquiet dans le monastère sur l'issue de cette élection ; on y connaissait, et, dès lors, on craignait l'eflet de hautes influences. On n'avait pas tort, I). Joseph, compétiteur de I). Bernard, n'avait eu qu'une seule voix.... Il fut pourtant un instant préféré, sa nomination consterna toute la maison, sans toutefois que l'on désespérât encore d'être condamné irrévocablement à le subir.
Le Conseil d'Artois, nlors assemblé à Saint-Omcr, s'émut également à la nouvelle de l'injuste préférence donnée à Arxolfim, il prit fait et cause poulie monastère et envoya immédiatement ses observations à la Cour, en faisant surtout remarquer que ce religieux étant étranger, sa promotion était une infraction au concordat, récemment consenti avec le Hoi d'Espagne, par lequel on s'était interdit d'admettre aucun étranger aux hautes dignités ecclésiastiques. Cette voix finit par être entendue et après une vacance de 7 mois, passés dans l'incertitude et dans les ennuis de tout genre, I). Bernard Michiels fut enfin nommé, il reçut ses lettres signées de Philippe IV, en date du 21 décembre 1649, pendant que son intrigant compétiteur s? voyait forcé de renoncer à ses espérances et de se pourvoir ailleurs.... cependant il n'avait pas tout perdu dans cette affaire. Ce rusé courtisan, dit un chroniqueur, put obtenir encore par l'entremise du Comte de Francys, qu'une pension viacère de 300 florins lui
10-19 — 1600 serait annuellement payée par l'Abbaye de Clairmarais avec une autre rente imputable sur le monastère de Cambron, dans le Hainaut l.
Mais dans ces temps diiïiciles, il était plus aisé de souscrire des obligations que d'y satisfaire.... Bernard ne lit aucune objection.... tout en conservant l'espoir de se soustraire avec le temps à cette cbargc aussi injuste qu'onéreuse.
Bientôt ce Prélat, depuis longtemps destiné aux honneurs - qu'il n'atteignait pas pourtant sans peine, reçoit ses lettres patentes de la main de Dom. Claude La rg entier, Abbé de C.lairvaux, Supérieur immédiat de Clairmarais 8 mai 1650 et celles de Bernard Bottyn, Abbé des Dunes, Vicaire général de l'ordre 26 mai 1650 . En conséquence, il lut installé le 8 juin suivant, par Jean Foucquakt, Abbé de Loos,et maître Duca.mps, Protonolaire apostolique du diocèse de Saint-Omer. — Il fallut alors songer à la bénédiction Abbatiale, qui devait encore présenter quelques embarras, Dom. Bernard écrivit à ce sujet au Vicaire général pour le consulter, Dom. Bottyn répondit qu'il se proposait de venir lui-même présider à cette cérémonie, à l'exclusion de l'Kvèque diocésain, ajoutant que ce droit, selon les privilèges de l'ordre, ne pouvait lui être contesté \
1 Hist. m" et inédite de Clairmarais, tom. II. i>ag. 330.
* Déjà en 1639, après la mort de l'Abbé d'Affrf.ingif.s, il avail obtenu, on s'en souvient, un assez bon nombre de suffrages — (Berlin deVissery, tom. Il, pap. 330).
J Dom. r.nislain Cnmpion.
Le nouvel Abbé s'occupa, dès lors, de tous les pré- K.W-ir-M paralifs 1 de celle solennité : en attendant l'Abbé des Dunes, il invita ses principaux parents et amis avec deux Abbés du voisinage, à assister à la cérémonie, mais ces derniers s'excusèrent parce qu'ils avaient entendu murmurer que lEvéque de Saint-Omer était peu satisfait de l'exclusion dont il était l'objet et qu'il avait même l'intention de s'v opposer. A leur défaut Dom. Ant. Gery, Abbé de Ccrcamp, alors logé cbcz un Chanoine de la Cathédrale et Dom. Josce l\ eufvrue, Prieur, accompagnèrent à l'autel le Ptélat oflician! , et la cérémonie se fit avec la plus grande solennité, le dimanche 3 juillet Ib-jO, en présence de la communauté entière, et de nombreux invités, parmi lesquels on distinguait Messieurs Jacques Mn hiei.s, Chanoine et Secrétaire du chapitre calhédral de Saint-Omer, cousin de l'Abbé; Jean Pecqueur, 4° Prieur de Saint-Bertiu ; Pierre d'Affreingues, religieux du même monastère, frère du dernier Abbé ; Antoine d'Affreingues, Conseiller pensionnaire de la ville de Saint-Omer; Jacques d'Affreingies, Grand Pailli de la communauté ; Mustacue CarnE, Avocat ; M. de Percevai. et autres notabilités civiles ou ecclésiastiques
— Monseigneur de Saint-Omer, comme le bruit en avait couru, ne manqua pas de témoigner son mécontentement de cette bénédiction qui lui paraissait
1 llist ni" t t inédite, loin. Il, pag 331. 4 M" Clairmarais, tom. II, pas. 33>.
1G4D — lOG'J insolite et contraire aux règlements, il tenta même de l'empêcher.... Le jour où elle devait avoir lieu, il envoya son Chapelain au monastère pour sommer l'Abbé des Dunes de ne pas passer outre et lui demander en vertu de quel ordre il se croyait autorisé à procéder à la cérémonie.... L'Abbé sans se déconcerter répondit fort poliment qu'il était dûment et juridiquement dans son droit, qu'il ne s'arrêterait pas, mais que la cérémonie terminée il se chargeait de désabucr Monseigneur et de lui donner toute satisfaction sur ce que Sa Grandeur paraissait ignorer
Sur quoi le Chapelain se retira pour allait faire son rapport sans vouloir même accepter le moindre rafraîchissement, ainsi qu'il en avait reçu l'invitation l.
Les lettres patentes de bénédiction furent immédiatement délivrées, en forme, à Bernard Michiei.s. par le Prélat officiant Dom. Bernard Pottyn, en sa qualité de Vicaire général de l'ordre ; puis la journée se termina par un somptueux festin, donné aux invités et à la communauté entière '*.
Le lendemain, après le départ de l'Abbé des Dunes, le nouvel Abbé se présenta chez Monseigneur DE France, Kvèque de Saint-Omer, pour lui donner toutes les explications que Sa Grandeur pourrait désirer au sujet de la bénédiction qui venait d'avoir lieu, les lettres du Vicaire général, constatant son droit, furent exhibées, elles mentionnaient l'exclu-
1 liist. m" de (îlnirmarnis, loin. Il, pag. 332 cl 333. * Rertin de Vissery, loin. Il, pag. 333, lin. 10 à 15.
sion de l'Évoque diocésain, assumant toute responsa- 1649-1669 bilité en cas de difficultés avec le Pontife Monseigneur de France, à la vue de ces lettres, s'adoucit à l'égard de l'Abbé de Clairmarais ; mais ses griefs à l'égard de l'Abbé des Dunes, ne se calmèrent pas.... Dom. Bernard entrant aîors dans de nouveaux développements, mit sous les yeux de Sa Grandeur, les titres et privilèges de l'ordre de Citeaux, lequel était complètement placé en-dehors de la juridiction ordinaire, il cita les autorités des divers théologiens qui adoptaient l'opinion favorable à la pensée du Visiteur général, opinions qui allaient jusqu'à accorder le droit même à un Abbé dûment autorisé par commission expresse du général de procéder seul à une bénédiction Abbatiale l. On conçoit pourtant sans peine les prétentions de M. de Saim-Omer en se rappelant que l'Abbé Michiels n était que le 5e Abbé qui porta la mitre et en songeant que ses quatre prédécesseurs avaient toujours été bénis par les Pontifes diocésains *,
— La France, alors (-1651) toujours en éveil, au
1 Le chroniqueur en rnppelant cette conséquence des statuts de Clairvaux, affirme que de son temps, ou à peu près, D. Fine de Rrianville, 53e Abbé, aurait en vertu d'uno délégation, donné la bénédiction sans obstacle à D. Dobieron, dernier Abbé de Loos, et qu'une autre fois il aurait béni la chapelle des Dames du Vivier, dans la ville épiscopale, mémo du temps do Monseigneur de Sève de Hoch échoua rt, 59f Évéqne d'Arras, qui était pourtant fort jaloux de ses prérogatives pontificales (1670-1724). — (Bertin de Vissery, tom. Il, pag. 334. — llist. du Clergé de France, de Dutems, tom. IV. pag. 143).
1 llist. m" de Clairmarais, tom. II, pag. 334.
1649-1669 milieu des agitations de la Fronde, échelonnait ses troupes dans les Pays-Bas, portant la dévastation sur les frontières des Flandres les Espagnols sur leurs gardes ne négligaient rien pour résister à ces violences ; vers la fin de l'été, quelques régiments organisés, lancés sous la conduite du fameux Marquis de Sfondrate, parvinrent à s'emparer de Furnes, Bergues et Bourbourg.... Ces hostilités incessantes entravaient le zèle de Bernard Michiels constamment détourné par de plus graves préoccupations, celle des dangers publics.... Pouvait-il, dès lors, pourvoir librement aux besoins spirituels et temporels de sa communauté ?.... Pourtant s'il faut en croire un écrivain anonyme, cité par Bertin de Visscry, il trouva encore le moyen dans cette orageuse année '16ol de faire démolir le jubé en pierre 3 qui séparait le chœur d'avec la nef, il supprima plusieurs stalles de chaque côté et clôtura le chœur au-dessous des figures de Saint-Benoit et de Saint-Bernard, placées au-dessus des colonnes de la nef principale, tandis qu'auparavant le chœur et le jubé descendaient jusqu'aux statues de Saint-Mathias
1 Uertin do Visscry, loin, il, pag. 331. — D. Guislain Catnpion. i 1 lin écrivain anonyme nous apprend qu'à époque, l'Abbé fit démolir lu jubé de pierre qui séparait lu cbœur d'avec la nef et retrancha quelques stalles do chaque coté, bornant lo cbœur au-dessous di-> l figures de Saint-Henoit et Suint-Bernard qui sont dessus les colon- / nés de la grande nef, au lieu qu'avant, le chœur avec le doxal ou V jubé, descendait jusqu'aux colonnes suivantes, là, où sont les statues I du Saint-Mathias et de Saint-Joseph. — (HcrMn de Yi-s«ry. tom. 11. v pag. 33 V.
et de Saint- Joseph !. En même temps, Bernard tow— lt>69 faisait restaurer la nouvelle salle du noviciat qui servait alors de réfectoire, là oii on mangeait gras trois fois la semaine ; cette pièce avait jadis servi au tailleur, on la remit à son ancien usage de noviciat, on blanchit les murailles ainsi que celles du dortoir, on peignit les lambris et on y plaça une statue de la Vierge, etc. 8.
— Mais pendant que l'Abbé s'appliquait a donner ses soins à l'intérieur de sa maison, Dom. Joseph Arnoi.fini, dont nos lecteurs n'ont sans doute point oublié le nom, n'avait pas oublié non plus la pension qu'il avait obtenue sur les biens du monastère, l.a somme de 600 florins lui était duc pour deux années presque écoulées, il formula sa demande et par une procuration en forme, datée du 7 février 16-)2, il constitua pour son mandataire M. Lucas Ternaud, agent à la Cour de Bruxelles, auquel il donna pouvoir de recevoir en son nom les pensions qu'il avait sur les Abbayes de Clairmarais et de Cambron \ 4
A son tour, D. Bersard peu en mesure et peu soucieux d'acquitter une pareille charge qu'il considérait comme peu légitime et trop onéreuse, confia, après avoir pris conseil, les soins de sa défense à un autre agent, M. Dezeur \ de Bruxelles, qui en lia-
1 Rortin do Vissery, lom. II, pag. 335. 1 Idem, idem.
- Ilist. rn" de ClaiimaraLs. tom. Il, pag. 33b.
1 il. Dk/eir demeurait rue du Mont de-Piété, prc< la t'oulaiue ;i Kruxclles.
1G49— I6G9 bile procureur sut adroitement gagner du temps et tirer le meilleur parti de cette affaire, à tel point qu'après bien des démarches et des négociations prolongées, des demandes, des excuses, des plaintes, après bien des menaces et des fins de non recevoir opposées pendant sept années, on transigea au moyen de 1 ,200 florins une fois payés En voyant l'ambitieuse insistance d'ÀR.NOLFiNi, le lecteur remarquera sans doute ici, l'habileté de Bernard Michiels à défendre les intérêts de sa communauté contre une ténacité dont l'origine était pour le moins contestable.... Toutefois ses préoccupations ne l'empêchaient pas de veiller, en même temps, à l'entretien de la maison ; la même année, l'Abbé détruisait l'autel de Sainte-Catherine, dans la sacristie, il plaçait une balustrade à la chapelle Sainte-Anne, il rendait la sacristie à son usage primitif ', il plaçait une pierre funéraire sur la tombe de Denis Pegqueur, son prédécesseur, et élevait une statue de la Sainte- Vierge, au-dessus de la porte du monastère, cette Vierge que l'on voyait encore il y a quelques années, était entourée de cette inscription : « Conserva hanc « Donium quant possedisti ab iniiio.... »
— Au commencement du mois de mars 1Go3,
1 Les archives de l'Abbaye renfermaient, dit D. de Vissery, une furde (sic) de cette mauvaise affaire, contenant 64 pièces, — parmi lesquelles on voyait les réclamations autographes de D. Ahnolfim et les réponses de l'Abbé. — Voir pour plus amples détails l'histoire I manuscrite de Clairmarais, tom. Il, pag. 330 à 355. — Pièces justificatives.
* Depuis l'Abbé Vu lers elle avait servi de chapelle. - (Pau 339).
l'Abbé de Clairmarais célébrait dans son monastère, 1649—1600 les funérailles du Cardinal de Richelieu, qui venait de mourir à Lyon et auquel en qualité d'Abbé de Citcaux, succédait 0. Vaussin. — Le 7 de septembre de la même, I). Claude Largentier, Abbé de Clairvaux, descendait également dans la tombe, laissant sa place à D. Pierre Henry, qui fut élu Tannée suivante l. Bernard Michiels cbanta dans son Église ces doubles obsèques, au milieu de tous les embarras que lui suscitaient, en même temps, les prétentions alors toujours pendantes de I). Arnolfim et les tracasseries du gouverneur de Gravelines 9, qui s'était indûment emparé de toutes les garennes, situées près de cette ville, bien quelles fussent la propriété de l'Abbave de Clairmarais n.
Peu après, le canon recommençait à gronder dans la province, le monastère et ses alentours étaient de nouveau menacés \ par l'armée de Lorraine qui avançait à grands pas : il ne s'agissait plus seulement cette fois d'être assujétis au logement des soldats, à celui de leurs femmes et de leurs enfants, la communauté entière dut se réfugier à la bâte à Saint- Omer, emportant précipitamment en désordre, ses meubles, ses livres et ses papiers précieux, dont
1 liist. mM Clar, tom. Il, pag. 339.
5 D. Christophe Marquez.
3 Cette affaire assez importante pour Io monastère, fut également portée à la Cour de Bruxelles. Elle fut longue et pénible ù terminer. — (liist. m" et inédite de Clairmarais, tom. Il, pag. 342).
* C'est cette année 1654, que le P. Mai brancq fit imprimer le 3° volume de son histoire de Morinis,
ir»t«j 1CG0 quelques-uns furent dispersés I). Bernard, après avoir rendu les derniers devoirs à I). Jérôme Dlfol h, receveur de la maison, qui venait de mourir [3 juin IGo'i;, le remplaça par IL Louis i.k Lièvre, lequel se rendant à Bruxelles pour les affaires de l'Abbaye, tomba malade à Bruges et fut à son tour suppléé par I). Le s ace.
— La même année Loirs XV, après avoir reçu l'onction-sainte de la main de l'Fvèque de Soissons \ accordait des lettres de sauvegarde à l'Abbaye de Clairmarais \ dont la sécurité était menacée.
— Ti rknm:, après avoir commencé 1.' siège de llénin, courait alors au secours d'Arras, assiégé par le Prince de Conde, avant avec lui l'Archiduc et le Comte de Fue nsaldagne , de concert avec les maréchaux de La Ferté et d'Hooiincourt, il força les ennemis dans leur ligne 2') août . Celte affaire, coûta 8,000 Espagnols tués ou prisonniers, avec toute l'artillerie et les bagages, le Prince sauva le reste de l'armée espagnole par une admirable retraite qui lui valut ces belles paroles du Roi d'Espagne : a Mon cousin, fat appris (/ne Ion! était perdu ci « t/ac Votre Altesse à tout saucé » Le ttoi de Fia fi ie entra peu de jours après à Arras où il fil chanter le Te Denui \
1 m" cl inédilo do Clan nia rais . p.ig. iMS.
i 1 1 k > n î ni: Sa von:,, nommé a rArelu'vêclu'' do Hlii ims, n «l*tait p.is encore prêtre. — (Art do vérifier I s dates, loin I, in-P\ p. (îS-P. •l Idem, idem. liy. 12. — Merlin de Yissery
' l/.ut i!" \ërilier les u.uos, édit in-t llSli, loin. I. p;i£. 0*<i • lli i iriédih- deChi, t . Il, p. :.{|î». IIi>( :h\ <ièclo conr.iM
— Un annaliste fait remarquer que 1). Jos. Akxol- ioh>-iciv.« fi xi était présent au siège d'Àrras et que ne se décourageant jamais dans sa prétention, il profita de la circonstance pour y présenter au Hoi, une nouvelle requête dans le but d'obtenir enfin de l'Abbé de Clairmarais, la pension dont il était doté !.
Voici la proposition d'arrangement qu'il fit à cet égard, nous la puisions dans une lettre autographe que nous avons sous les yeux.
a Proposicion (/. fuisl D. Joseph Arnolftni, doc- « leur en téoloyie et religieux de I ordre de Cytcaux « au Itérera nd Pere Abbé de C 1er marc t, pour lex- « linccion de la pension (juil a sur la ditte Abbaye « de trois cent florins par an, dont ht y sont deus « aux ariérayes depuis l'année de cincante.
« // quittera le passé, et uuil luy eschera à l ad-
1 Nous possédons et nous pourrions donner aux pièces justificatives louto la correspondance concernant celte affaire. On y voit avec plusieurs lettres de Dom. Bernard Michiels ce projet d'arrangement autographe signé par l'italien Dom. Joseph Arnolfini (pii est ainsi dépeint par un contemporain : « Assez jeune et d'une « complexion vigoureuse, en grande considération auprès du mar- « quis de Caracfnna, avec qui il a fait la campagne et fort intrigué « avec les ministres d'État et avoir beaucoup de crédit en Cour, il « faut avec lui du ménagement.... »
« Aussitôt son accord terminé, ce susdit fâcheux pensionnaire « sortit de Bruxelles avec le Marquis, pour s'en aller en Espagne ... •i Instrument docile du gouvernement espagnol, il fut fait par la * suite inquisiteur des îles Canaries ... C'est tout ce qu'on en sait. »
« Quant au religieux qui avait donné son suffrage dans l'élection, « à cet étranger, il fut éloigne bien loin de celto maison et mourut « vers le milieu du temps que dura la mauvaise affaire qu'il avait < causé par son imprudence ». — (I). Guislain Campion. — Iîertin de Vissery, tom. Il, pag. 355 et 36U),
IG49— îftoo «< venir pour la somme de trois mil florins en une « fois payables.
« En quoy il ne croit pas peu faire puis (j. du passé « le dernier de mars prochain luy seront deusdeux « mil et cent florins et pour le rachat de V advenir « la coûtume dici est de donner huist années ou set « tout au moins.
« Sur quoy Monsieur le Conseiller me faira la « (/race de me faire savoir la dernière résolution. « — A lirusseUes le 20 septembre J656. — 1>. Joseph « Arnolfini. »
— L'année I C53, commença par le deuil de l'église (7 janvier , Rome venait de perdre son chef, Innocent X était descendu dans la tombe \ il fut remplacé le 7 avril suivant. Alexandre VII montait sur le trône de Saint-Pierre 2. — Mais l'heure du repos
1 Innocent X (Jean-Raptiste Pamphile), né à Rome le 7 mai 1574, Cardinal le 6 juillet 1629, fut élu Pape le 16 septembre 1644 et couronné le 29, à l'âge de 72 ans. — Ce fut a son adresse, disent les savants auteurs de l'Art de vérifier les dates, qu'il fut redevable de la Tiare. Il mourut du 6 au 7 janvier 1655, après avoir tenu le siège 10 ans, 3 mois et 22 jours. — Il donna une bulle contre les cinq propositions. — Étant à son lit de mort, il dit au Cardinal Sforce: Vous voyez où vont aboutir les grandeurs d'un Souverain- Pontife. — (Art de vérifier les dates, tom. 1, pag. 344-344).
1 Alexandre VII (Fadio Chigi), né à Sienne le 23 février 1599, d'une illustre maison qui subsiste encore, Cardinal le 29 février 1659, fut élu Pape le 16 avril 1655, il mourut le 52 mai 1667, au bout de 12 ans, l mois el 14 jours de règne, il avait canonisé Saint- François de Sales, en 1665. — On doit ù ce Pape la belle colonnade de la place Saint Pierre et la chaire de Rrouso de cet apôtre, placée dernière le grand autel de l'Église du Vatican. — Après s'être ouvertement prononcé contre le népotisme, il en devint un peu trop l'esclave par la suite, ce qui fit dire que la véracité ne fut point sa vertu favorite : s'il faut en croire le témoignage de Renaldi, ambas-
n'avait pas encore sonné pour le pays, ni pour l'Abbé — 16G9 de Clairmarais ; vers le même temps, pendant que Bernard Michiels recevait des novices, l'armée française faisait le siège de Yaleneicnnes, et peu après, au mois d'août, les Espagnols s'emparaient de Coudé l, en attendant le siège de Dunkerque qui, sous le commandement du maréchal de Turenise, devait leur être enlevé le 24 juin 1658.... Au moment ou le Roi de France prenait possession de cette ville et entonnait le Te Dcum en l'honneur de sa récente victoire, le maréchal poursuivait le cours de ses conquêtes en s'emparant successivement de Lincq, de Fûmes, de Bergues-Saint-Winnox, de Menin, d'Oudenarde et d'Ypres * (26 septembre 1658).
— Au commencement de cette année, Bernard avait donné la sépulture religieuse dans son Eglise, à Dom. Géry, Abbé de Cercamp, mort à Saint-Omer, nous l'avons dit, après avoir résigné régulièrement en Abbaye à Dom. Louis le Lièvre, sur la désignation de l'Abbé de Clairmarais. Ce Prélat transporté le 20 février 1658, dans l'Église du monastère, y fut inhumé près de la stalle Abbatiale, du côté où les jeunes novices montent dans les plus hautes formes: sa pierre sépulcrale fut plus tard, transférée du côté de Sainte-Barbe n.
sadeur du Grand-Duc de Florence, à Rome. — Habbinmo un Papa che non tlice mai unn parola di verila.— (Mémoires du Cardinal de Retz.— L'Art devériGer les dates, t. I, in-f.p. 344, lin. 24 et suiv.) 1 Dom. Guislain Campion.
» Idem, idem. — Bertin de Vissery, tom. II, pag. 361. a Histoire du siècle courant.
lov.)— io» ,i» — La ville de Gravelines assiégée par le maréchal de Là Ferté , venait de capituler et de passer sous le gouvernement français (30 juillet, 29 août 1658), peu avant la mort de Cromweli., ce farouche protecteur de l'Angleterre ;I3 septembre 1658).
Un an après, Hic des Faisans qui sépare la France de l'Espagne, sur la Bidassoa, recevait les deux premiers ministres de ces grandes puissances, Mazarin et 1). Louis de Haro ; la rencontre de ces habiles diplomates français et espagnols, devait amener deux mémorables événements, la conclusion de la paix et le mariage du Grand Monarque avec l'Infante Marie- ThErèse, fille aînée de Sa Majesté le Hoi des Espagnes ; ces décisions furent prises dans la ic conférence 7 novembre 18o9 La cérémonie eut lieu à Saint-Jean de Luz, le 9 juin 1660.
Pendant ces heureuses négociations, l'Abbé de Clairmarais toujours attentif aux intérêts de ses jeunes frères, envoyait plusieurs d'entre eux, F. Dominique de Bourg e ou Boey et F. Chari.es Van-
DR i esse, étudier la philosophie, à l'Université de Douai. Ces religieux se hâtèrent de justifier la confiance qu'ils avaient inspiré. — Le 14 février de l'année suivante (1660;, le premier, élève au Collège de Marchicnnes, soutenait publiquement avec distinction, une thèse contenant les huit livres de physique,
1 La France et l'Espagne, fatiguées l une et l'autre d'une guerre de 25 ans, avaient commencé vers le milieu de l'année 1659 à traiter sérieusement de la paix ; elle fut conclue le 7 novembre, après 4 conférences. — C'est ce qu'on nomme la Pair dis Pyrénées, dont le traité contient 124 articles. — (Art de vérifier les dates, t. I, p. 6&5)
après avoir dédié son travail à son Abbé l, et le 2 1649—1669 août suivant, le second discutait également en public, une thèse de philosophie universelle qu'il dédiait naturellement a son tour à Bernard Michiels v.
C'était le moment où la paix entre la France et l'Espagne venait d'être solennellement publiée dans toutes les villes des deux royaumes, avec indication des articles du traité, ce qui était d'autant plus utile dans nos provinces que l'une des conventions spéciales du traité, portait que Sa Majesté Très-Chrétienne demeurerait en possession du Comté d'Artois.
— L'Abbaye de Cercamp était comprise dans la partie appartenant à la France, le Roi y nomma aus-
1 Hist. Clar., tom. II, pag. 362 à 368.
* « D. Dominique de Boby, élève du collège de Saint- Waast, dé- « fendit sa philosophie universelle, à Douai, et dédia sa thèse à « M. l'Abbé Uichiels, de concert avec les autres défendants, il fit « faire un tableau qui est au côté de la porte des bénédictins Anglais, « contenant ce qui suit :
0 QOAM PULCIMA EST CA8TA GEXRRAT10 CUM CLAMTATK.
« La Sainte-Vierge est représentée tenant l'Enfant Jésus entre ses « bras et Saint-Joseph au côté ; la Vierge présente une couronne à c Saint Scolastique et l'Enfant Jésus en présente une autro à Saint- « Benoit et au-dessous du tableau est écrit :
Prxsidc B. P. D. Paulo Prévost fl° S'% vedatti Phil. profess. — F. Dominions de Boëy Bel. Claromarùci. — Jos. Bapt. Lefebvre Intul. — Peirus Franc. d?Affrengues Audom.
C'est dans laméme maison que se trouvait un tableau pareil concernant Dom^Liimc Mounif^mort à Douai en 1668, et auteur dt quelques cahiers historiques, élégamment écrits en latin, sur l'Abhaye de Clairmarais, cahiers qui sont depuis lon^tern^3 p erdus. — Nous en avons dit un mot précédemment.
4C49— 1669 sitôt le Cardinal Mazarln, en qualité d'Abbé cornmendataire, sans s arrêter à la nomination du moine Dom. Louis le Lièvre qui, peu auparavant, avait été reconnu par Sa Majesté Catholique, comme Abbé régulier ; on le devine, ce conflit de juridiction ne devait pas tourner à l'avantage de la nomination régulière, la plus haute influence l'emporta naturellement; on ne pouvait lutter contre Mazarin. — D. le Lièvre eut beau faire, il fut évincé, toutes ses réclamations furent vaines, le premier ministre obtint le bénéfice qu'il convoitait pour l'ajouter à tant d'autres
Mais la paix, ce grand bienfait des nations, en rendant le calme au pays, avait enfin mis un terme à toutes les vicissitudes, à toutes les misères forcément imposées par les malheurs des temps à l'Abbé et au monastère de Clairmarais.... Alors surtout, Dom. Bernard, toujours vigilant, plus encore sur lui que
1 On connaît le jugement porté sur Mazarin : « Entre tous les « vices qu'on lui reproche, son avarice est le plus remarquable, ce « n'était rien d'accumuler les bénéfices, il amassa plus de 200 mil- «< lions, dit un homme d'esprit, par des moyens non seulement indi- « gnes d'un ministre, mais d'un honnête homme ; il partageait, dit- « on, avec les armateurs les profits de leurs courses, il traitait en « son nom et à son profit des munitions des armées.... 11 imposait « par lettres de cachet des sommes extraordinaires sur les généra- « lités — » — (L'Art de vérifier les dates, édit. in-r, en 3 volumes, tom. I, pag. 685, texte et notes).— C'était un facile moyen de faire fortune....
Cet habile ministre mourut à temps.... au commencement do 1661, à l'âge do 59 ans.... — (Voir sa biographie).
— D. le Lièvre, Abbé de Saint-Bernard-sur-l'Escaut, après bien des démarches stériles, après bien des peines et des ennuis, mourut à Bruxelles, le 22 mars 1663, âgé de 44 ans.
sur les autres, se montrait à la hauteur de sa mission. 1649— if>r»y Voici le portrait qu'en a laissé un auteur qui a gardé l'anonyme ; mais dont les lignes ont été reproduites par D. Berlin de Vissery *.
«M. MiciiiELs était un homme savant, etc., de « petite taille mais robuste, grave, sérieux, sobre, « solitaire, parlant peu et bien ; se soustrayant de « toute conversation humaine, même de celles de « ses proches ; ne s'attachant qu'à son propre pro- « grès et celui de ses religieux , ne se mêlant guères « (selon l'esprit de la règle) de ce qui concernait le « temporel ; mais se confiant et s'appuyant sur la « divine Providence, il en laissait le soin à la pru- « dence et vigilance de ceux auxquels il en avait « commis l'administration. Modérant toujours ses « passions et véritable modèle de vertu. — Il n'or- « donnait jamais rien aux autres qu'il ne l'observât « le premier ; travaillant avec zèle à donner le bon « exemple à ceux qu'il dirigeait, il s'appliqua à re- « former les abus qui s'étaient glissés dans la com- « munauté pendant les guerres. — Il fit fermer les « portes du chœur pour n'être point dérangé pen- « dant l'office, il recommanda le silence au réfec • « toire, défendit de donner de l'argent aux religieux
« pour leur vestiaire Il veilla surtout à éloigner
« toute communication avec les personnes de sexe, « en un mot, il s'efforça à tout pour ramener ses « frères à la rigoureuse observation de la règle 3.,..
1 llist. m" et inédite de Clairmarais, tom. II, pag. 363.
2 Idem, idem, tom. Il, pag. 364.
tf,49— 1669 « Pour y parvenir plus facilement, il excita ses reli- « gieux à diverses pratiques pieuses, telles que la « dévotion envers le Saint -Sacrement, envers la « Sainte-Vierge et les Saints Patrons, dont les reli- « ques reposaient dans l'Église. — Ce n'est pas tout. « Bernard obtint de Rome de nombreuses indul- « gences pour les séculiers et pour les réguliers; « autant qu'il le put, il restaura et embellit son « Église de vases sacrés et d'ornements sacerdotaux « pontificaux, se conformant aux constitutions de « son ordre ; ce Prélat institua la procession et l'ex- « position du Saint-Sacrement, les premiers diman- « ches de chaque mois, jours auxquels étaient atta- « chés les indulgences plénières '.Tous les diman- « ches de l'année, il établit après les vêpres un « Salut , pendant lequel on chantait le Veni creator « Salvator mundi, — le Tanlum ergo, avec la bé- « nédiction ; les jours de grandes fêtes on y chantait « le Pange lingua en entier. L'exposition du Saint- « Sacrement devait également avoir lieu tous les « jeudis pendant la grand'messe qui se terminait « par la bénédiction. »
— Dom. Bernard, fit faire un beau soleil ou remontrance avec une boîte d'argent pour conserver les Saintes hosties dans le ciboire. Pratiquant et voulant étendre de son mieux la dévotion à la Sainte- Vierge, il faisait chanter tous les jours fériés, après la grand'messe à l'autel de la Vierge, l'antienne :
• Idem, idem, tom. H, pag. 364.
ô preclarum vas ; le samedi de chaque semaine on io4D— \m y récitait également les litanies.... Par les soins de cet Abbé, l'image de la Mère de Dieu fut placée dans les principaux endroits du monastère, à la porte d'entrée, au chapitre, au réfectoire, au noviciat, au dortoir, etc., etc. l.
Depuis longtemps, D. Bernard avait cherché à se procurer une statuette en bois, représentant la Sainte-Vierge sous le titre de Notre-Dame de Foy. statue qui passait, selon la tradition, pour être miraculeuse. Cette image pieuse lui fut enfin léguée 8 par un vicaire de la Cathédrale de Saint-Omer, pour être remise après sa mort 3; mais les héritiers du défunt, refusèrent longtemps de s'en dessaisir. Ce ne fut qu'au mois de décembre 1660, qu'après bien des instances, ils consentirent à se conformer aux intentions du testateur et qu'ils en fireut la remise avec la boite d'ébène garnie en argent, qui la renfermait.... Aussitôt qu'il se vit possesseur de cette précieuse et sainte effigie, l'Abbé de Clairmarais Dom. Bernard, s'empressa de la transporter solennellement dans son monastère, où il l'entoura de toute la vénération possible, il l'a plaça respectueu-
> Uist. Clar., tom. II, pag. 365.
- Idem, idem, tom. II, png, 366.
* Cette donation résultait d'un écrit ainsi conçu . « Je soussigné t donne une image do Notre-Dame de Foi, au monastère de Clair- « marais pour la décoration de ladite Eglise, moyennant la jouis- •• sance de mon vivant, en vue d'être participant des prières des •v religieux du susdit monastère, fait le 17 septembre 1642, était « signé Jean Clos, prêtre. »— (Hist. de Clair , tom. II, png. 366).
tcvj— 1G6«J sèment sur l'autel de la Vierge dans la grande nef et il institua la fête annuelle de sa translation. Les religieux, imitant leur Abbé, accordèrent également une vénération publique et entourèrent de tous leur respect cette miraculeuse image de la Mère de Dieu : chaque année au 1er janvier, les novices venaient un cierge à la main, lui présenter humblement leur prière en vers latins, avec un cœur en argent, pieuse coutume qui se perpétua régulièrement jusqu'au dernier jour de l'Abbaye. Cette dévotion se répandit, les gens de la maison d'abord, puis les étrangers, se faisaient un devoir de venir s'agenouiller devant la statue de Notre-Dame, en lui offrant leur hommage. Bientôt la foule des Pèlerins s'accrût, l'Abbé se vit dans la nécessité d'élever un nouvel autel, sous l'invocation de la Vierge, cet autel fut placé dans la nef, en face de celui de Saint-Bernard, on y voyait les tableaux de la Nativité de Noire-Seigneur adoré des bergers, au milieu desquels apparaît Saint-Bernard, auquel dans sa jeunesse, dit-on, une vision avait révélé ce mystère. A l'autre autel, une bonne toile, est-il dit, représentait Y Adoration des Mages.
La même année, Dom. Bernard fit peindre également le premier tableau du grand autel représentant Y Assomption de la Vierge, tableau dans lequel on voyait aussi Saint-Bernard au milieu des apôtres contemplant ce prodige 1 ; il ajouta plusieurs rétables d'autels, dans la chapelle Abbatiale, dans
1 M44 do Berlin de Visseiy, loin. Il, pag. 368.
celles de Saint-Bernard, de Saint-Benoit et dans celle 1649—1609 Saint-Michel, connue aussi sous le nom de chapelle des morts l.
L'Abbé on le voit, était plein de zèle pour la maison de Dieu, mais il ne négligeait pas pour cela les intérêts matériels de ses frères. La même année, il dotait l'infirmerie d'une timbale d'argent à l'usage des malades et presque au même moment, il faisait bâtir une nouvelle basse-eouiÇ^lans la prairie où était la brasserie. C'est alors qu'on dut détruire le vieux quartier de Gilbert, ancien Abbé de Saint- Bertin, qui, comme on le sait, abondonna volontairement la Prélature, pour se retirer à Clairmarais il 246-1 261] 3. — Les débris de ce quartier furent employés à la construction des bâtiments de la nouvelle basse-cour, dont l'administration fut alors confiée à D. Antoine Olllngues, curé de la chapelle des domestiques, lequel en cette qualité habitait la partie de bâtiment (connue autrefois sous le nom de quartier des Princes) entre la boulangerie elle vieux dortoir des frères convers 4.
1 Idem, idem.
* Dom. Guislain Campion. — Dom. Bertin de Vissery. Jusques-lù la basse cour avait été hors do la maison probablement à côté gauche de la porte d'entrée, sur le premier emplacement du monastère. Celle que fit bâtir Bernard Michiels, est la basse cour actuelle de la ferme. — Voir le tracé du quartier de liiLBERT, VAbM (FOr. — Ce quartier était adossé au petit dortoir. — (Hist. m" Clar.. tom. 1).
» Voyez l'Histoire des Abbés de Saint-Uertin, par Henri de Laplune, to.n. I, pag. 277 à 285. (1215-1264).
Il * Ce vieux dortoir s'était écroulé 50 ans environ avant la Révolution et ne fut pas rétabli.
1649-1669 On s'occupait activement, alors, à réparer les malheurs de la guerre qui avait notablement amoindri toutes les ressources, il fallait les rétablir ; la plus stricte économie fut mise en pratique, grâces à une bonne direction uu ordre parfait régnait dans la maison, on tirait parti de tout ; rien n'était négligé, le houblon pour la bière, les joncs ou les osiers pour les nattes et les paniers de tous genres, les écorces de chênes pour la teinture, les abeilles pour le miel, les fruits de différentes sortes \ tout devenait un produit.... Le lin récolté donnait du fil, travaillé par les servantes dans leurs instants de loisir ; la toile qui en provenaitétait également blanchiedans la maison*. — Le potager, situé là, où fut plus tard le princi pal verger ou noqucric, était abondamment pourvu de tout ce qui était nécessaire. — Les fruits destinés à la consommation ordinaire étaient si bien soignés, si bien économisés, que les étrangers étaient agréablement surpris de trouver sur la même table des fruits nouveaux avec les fruits de Tannée précédente.... On y voyait en même temps une abondante variété, de pommes, de poires, de noix, de prunes, de cerises de diverses espèces, de coins, de cavrom (quid ?....) gerilles, comités, de mûres, de framboises, d'abricots, de fraises, de nèfles, etc,, etc., tous ces fruits formaient un agréable assemblage qui récréait la vue. flattait le goût en donnant une idée de l'esprit d'ordre
1 II" de Uei tin de Yïssery, loin. Il, pag. 369.
2 M" do Berlin do Vissery, tom. II, pag. 369.
qui présidait partout dans les différentes branches de 1649—1669 l'administration de la maison K
Il en était de même dans la direction de la bassecour qui était remplie de volaille nombreuse et variée9, on y voyait des paons, des oies, des dindons, des poulets, des canards, des pigeons, utiles volatilles qui animaient et meublaient très fructueusement l'intérieur d'une vaste et belle basse-cour 3.
Le maître du vestiaire était pourvu de toutes les étoffes ou accessoires nécessaires à l'habillement des moines, c'est lui qui avait la mission de recevoir les vieux vêtements en en donnant de nouveaux, conformément à la règle constamment pratiquée 4.
Dom. Bernard Michiels avait aussi une dévotion particulière envers son saint Patron, il le témoignait en toute circonstance ; en 1661, il fit exécuter en argent, un fort beau buste de Saint-Bernard, par Le Petit, maitre orfèvre de Saint-Omer, et plaça dans le socle de ce buste, une relique qu'il avait reçu de l'Abbé de Clairvaux.... En même temps, il taisait imprimer à Douai, les Litanies de ce Saint :\ qu'il ordonna de chanter tous les jours de fêtes alternativement avec les Litanies des Saints 6.
Tous ces soins religieux, le lecteur peut s'en apcr-
1 Idem, idem, idem.
3 Idem, idem, idem.
1 M" do Bertin de Visser? , tom. Il, pag. 369-370.
• Idem, idem, pag. 370.
* Elles furent imprimées, en 1660, chez François Samuzix, ù renseigne de Cologne.
0 Manuscrit de Bertin de Visscry, tom. 11, pag. 370,
1049— 1669 cevoir, occupent une large place dans la vie de Dom.
Bernard, qui mieux que d'autres peut-être, avait compris que c'était là sa principale mission et l'essence même de la vie monastique.
Après avoir rendu les derniers devoirs au Grand Prieur D. Josce Xeufvrue, dont la charge fut confiée alors à D. Robert Roberty 1 (24 avril 1GG2; ; après avoir donné l'habit religieux à F. Joseph Maillard, qui devint un peu plus tard le 51 e Abbé 2, et à F. François Leroulx, qui fut le 38° Prieur, l'Abbé Michiels obtint de Rome, un autel privilégié, pour la chapelle Saint-Michel ou chapelle des Morts, pour les lundi et vendredi de chaque semaine ; l'effet de cette bulle devait expirer au bout de la 7e année, D. Bernard vécut assez longtemps pour la renouveler trois fois.... En même temps, le Souverain-Pontife Alexandre VII, accorda à sa prière, une indulgence plénière pour chaque premier dimanche du mois, en visitant sept chapelles de l'Église abbatiale de Clairinarais à la place de sept Églises de Rome.... Les chapelles spécialement désignées étaient celle de : Saint-Pierre, de Sainte-Anne, de Saint-Bernard, de Saint-Joseph, de Saint-Jean-Baptiste, de Sainte- Barbe, et celle des Quatre Docteurs. Cette indulgence était applicable aux séculiers, aussi bien qu'aux religieux, elle s'annonçait le samedi au son de la grosse cloche d.
1 M" de Clair., t. Il, p. 371. — V. plus loin la biograpbiede IIouert, qui devint le 49e Abbé, successeur immédiat de Bkrnaiid Michiels. * Voir la biographie du 51e Abbé.
' Rertin de Vissery, tom. 11, pag. 371.
A la môme époque on renouvelait les vitraux delà 1649—1609 petite nef de l'Église, du côté du cloître et on recouvrait d'ardoises le chevet du chœur *. L'Abbé aurait bien désiré faire davantage et pourvoir à d'autres exigences, mais les ressources fort restreintes du trésor, ne lui en laissaient pas la possibilité et Bernard était trop sage, trop prudent, pour dépasser les limites de son budget et pour se lancer dans de périlleuses éventualités. . . .
— C'était le moment où le Roi de France Louis XIV, venait de prendre en personne possession de la ville de Dunkerquc, qui lui était définitivement cédée par le Roi d'Angleterre * (2 décembre). Dom. Bernard Michiels absorbé par les soins intérieurs de sa maison ne se laisse pas.détourner par les grands événements du dehors, il s'occupait sans cesse de son Église, qu'il enrichit alors de deux calices en vermeil, de six beaux candélabres en cuivre pour le maitre-autel et de quatre couples d'autres chandeliers nouveaux, même métal, mais plus petits, pour les chapelles particulières 3.
Un annaliste prétend 4 que Dom. Bernard, sans égard pour les usages antérieurs, aurait défeudu aux religieux de porter le bonnet carré, (et pourtant il
1 Idem, idem, idem.
* On sait que cette ville fut reprise au prix de 5 millions et quo par le même traité, la ville do Mardyck ainsi que tou6 les autres de Tlandre , fuient remises au Roi de France. — (L'Art de vérifier les dates, édit. in-f, tom. I, pag. 686).
' D. Guislain Campion. — Hertin de Vissery.
4 Idem, idem.
1649—1669 était peint lui-même avec cette coiffure;. Un autre 1 ajoute, ce qui est plus certain et plus important dans la vie de cet Abbé, c'est qu'au dire de tous, il établit dans sa communauté une régularité parfaite et une égalité entière entre ses confrères, pour les grâces, les charges, les privilèges ou exemptions, sauf les préséances et la subordination qui naturellement devaient exister de la part des plus jeunes, à l'égard des anciens. A en croire Dom. Guislain Campion et Berlin de Vissery, jamais l'Abbaye de Clairmarais n'avait joui d'autant d'ordre et n'avait atteint un plus haut degré de perfection religieuse que sous la Prélature de Dom. Bernard Miciiiels
— Le dimanche 9 septembre de cette même année 1663, jour de la fête de Saint-Oiner, le braillement simultané de toutes les cloches à la fois, annonçait au monastère la visite d'un grand personnage. Dom. Claude Vaussin, Supérieur général de l'ordre de Citeaux, y arrivait en carrosse, attelé de six beaux chevaux bruns, il était accompagné de trois jeunes religieux, dont l'un n'était que diacre. Son équipage était suivi de celui de l'Abbé des Dunes, Visiteur général, conduit par quatre chevaux bais et accompagné également d'un religieux. Monseigneur des Dunes avait ordre de suivre le Supérieur général, partout dans sa circonscription. L'Abbé de Clair-
1 Dom. Charles Martel, religieux de Clairmarais. — Dom. Berlin de Vissery, toin. Il, pag. 372.
* Dom. Guislain Campion. — Cilo par Berlin de Vissery, manuscrit inédit, tom. II. pag. 37.?.
marais, prévenu de cette visite, était à son poste, a 4649— 1660 la tète de sa communauté en habit de chœur, il alla recevoir son chef avec tous les honneurs usités 1 en pareille circonstance ; le Général fut conduit processionnellement au son des orgues, jusqu'au chœur de l'Eglise, où il prit place sur un élégant prie-dieu, disposé pour le recevoir, le Vicaire général demeurait derrière lui, l'Abbé occupait sa stalle ordinaire. Après s'être agenouillé et avoir fait sa prière, Dom. Claude se lava les mains dans un bassin en vermeil, puis s'avançanl à l'autel , il fit la visite du Saint ciboire, donna la bénédiction étant revêtu simplement de l'étole sur son camail, puis il se rendit au chapitre ayant à ses côtés, le Visiteur à sa droite, et l'Abbé à sa gauche. Là, on donna lecture de la règle, au chapitre de vmlatione, puis le général exhorta les religieux au respect envers leurs supérieurs, il les engagea à la paix, à l'union entre eux et à l'entier accomplissement de leurs devoirs réguliers, ensuite ayant récité la prière Adjutorium, Dom. Claude se leva et sortit du chapitre pour se rendre à l'Abbatiale, pendant que les religieux allaient chanter les Vêpres.
L'Abbé avait fait préparer un souper recherché, auquel le Prieur et les deux plus anciens de la maison avaient pris place avec le Visiteur et la suite du général.... Mais à peine Claude Vaussih fût-il assis, qu'il se contenta de prendre à la hâte un bouil-
« Idem, idem, pag. 373.— Extrait du m'» de D. Bertin deVissery.
4649— 16G9 Ion de poule et se leva aussitôt de table faisant signe à un de ses religieux d'aller se promener avec lui, pendant que les autres convives continuaient leur repas \ il n'y reparut plus. — Le lendemain matin, ayant fait connaître qu'il désirait procéder au scrutin, les religieux se rendirent successivement dans ses appartements : mais voyant la sécheresse et la raideur de sa manière de faire, ils furent avec lui si réservés qu'il ne lui dirent presque rien 3, aussi eûtil bientôt fini, et ajoute malicieusement le chroniqueur, il eut alors le loisir de se promener 3....
Dans l'après-midi, D. Claude rédigea avec l'Abbé, la charte de visite et le lendemain matin il repartit en bateau pour Saint-Omer, où il fut reçu au bruit du canon qui fêtait son arrivée, pendant que ses équipages allaient le retrouver par la voie de terre 4. — Après avoir dîné dans la maison du refuge, le général de l'ordre parcourut la ville en voiture, il visita l'Église Cathédrale, les maisons des Jésuites Wallons et des Jésuites Anglais, puis il alla souper au monastère de Saint-Bertin, avec les Abbés des Dunes et de Clairmarais, en compagnie du Comte de Saint-Venant, gouverneur de Saint-Omer, et autres personnes de distinction.... On rapporte que dans cette réunion qui rassemblait l'élite de la société
1 Récit de Dom. Berlin de Vissery, d'après Guislain Carapion. — Manuscrit tom. II, pag. 373-374.
1 Texte donné dans le manuscrit de D. Bertin de Vissery, tom. Il, pag. 374.
3 Idem, idem, idem.
* Idem, idem, idem.
Audomaroise, l'Abbé de Citeaux préconisa beaucoup 1649—1669 et même beaucoup trop, ses excellents vins de Bourgogne et ses magnifiques chevaux M.... Il eut été peut-être de meilleur goût, surtout pour un religieux, d'être à cet égard un peu moins expansif....
Le \ \ septembre, dans la matinée, D. Claude qui avait couché à Saint-Bertin, vint de bonne heure prévenir ses gens de se tenir prêts à partir aussitôt. Mais l'Abbé Michiels, dit un écrivain contemporain, « voyant son procédé mal placé, tâcha de le per- « suader avant de partir de voir l'Abbé de Saint- « Bertin, M. de Lières, pour le remercier : à quoi, « il condescendit et y alla accompagné de notre « Abbé et celui des Dunes. Enfin, il fut si bien ac- « cueilli qu'il se laissa persuader de dîner (avant de « partir) à notre refuge avec l'Abbé de Saint-Bertin; « mais ayant fait apprêter le repas par son cuisinier « particulier, qui le fit à sa guise, la chère fut seule, « pour M. de Citeaux.... Après dîner, il partit de « Saint-Omer, pour aller coucher à Ravensbergue, « d'où il alla à Dunkerque et de là, à Bruges ; où on « le reçut aussi au bruit du canon, et les Messieurs « de la ville lui firent les honneurs.... Après avoir « visité l'Abbaye des Dunes, où il fut reçu aussi avec « toute la distinction possible, il partit pour Gand, « où il fut reçu encore plus splendidement.... Visita « l'Abbaye de Baudeloo, où il conféra les ordres à « des religieux de l'ordre, l'Évêque de Gand étant
1 Manuscrit de Cloirmarais, tom. II, pag. 375, lig. 5 et 6.
1619—1669 « en ville, sans qu'il y apportât la moindre oppo- « sition.
« En dernier lieu, M. de Citeacx alla à Bruxelles, « où après avoir pris congé du Marquis de C aracena , « il retourna en Bourgogne l. »
Tel est le récit, à peu près textuel, de cette visite Abbatiale, d'après un religieux qui en a été le témoin et qui pour l'instruction de ses frères en raconte naïvement les détails. Nous laissons au lecteur le soin "de faire lui-même les réflexions qui jaillissent naturellement du sujet et d'apprécier, comme ils méritent de l'être, le tact, l'affabilité et l'esprit de convenance de Dom. Claude Vaussin, alors Supérieur général de l'ordre de Citeaux.... Sa manière d'être, peu en harmonie avec la dignité dont il était revêtu, est une peinture de mœurs qui méritait d'être remarquée 2, pour la vérité historique.
Peu après le départ du général, Dom. Bernard Michiels fit procéder au mesurage des pêcheries du monastère et aux renouvellement des bornes ; opération importante qui n'était ni sans utilité, ni sans incertitudes, si l'on en juge par les nombreux procèsverbaux dressés à la charge des religieux, pour des empiétements qui leur furent parfois reprochés, par les agents de Sa Majesté 3. Ce mesurage et ce renouvellement ne furent terminés qu'eu 4664.
1 Manuscrit de Guislaiu Campion, reproduit par Dom. Bertin de Vissery, tom. H, pag. 375 et 376.
* MM de D. Guislain Campion et de D. Bertin de Vissery, tom. II, pag. 373 à 376.
* Registres aux procès-verbaux du maître particulier de la Mai-
L'année suivante, pendant la guerre vigoureuse- ighi— 1 Gti*i ment soutenue de part et d'autre, entre la Hollande et l'Angleterre, Philippe IV, Roi des Espagnes, mourait à Madrid, après Ai ans de règne (17 septembre 1665] l. Charles II, son fils, lui succéda à l'âge de 4 ans.... Les provinces des Flandres furent appelées à prêter le serment d'usage au nouveau Souverain. La ville de Saint-Omer ne fut pas la dernière à accomplir cette formalité *. Au fronton de l'ancienne chapelle de Notre-Dame des Miracles, sur la Grand'- Place, s'élevait une estrade 3 richement ornée, avec le portrait et les armes du jeune Roi. Le Clergé occupait la droite, le corps de la Noblesse et les membres du Conseil d'Artois, étaient à gauche, M. Simons, premier Conseiller, s'avançant tête nue, en présence du peuple assemblé, prononça à haute voix, la main sur le crucifix, le serment de fidélité dont il avait le texte sous les yeux.... Après lui, Ladislas Jonnart, Évèque de Saint-Omer, vénérable vieillard qui ne devait pas tarder à être transféré à l'Archevêché de Cambrai 4, prononça également la
trise Royale des Eaux et Forêts. — Voir le plan d'arpentage dressé à cette époque. Nous avons sous les yeux cette pièce qui contient l'indication do toutes les bornes. — Idem, planche x, tom. I, p. 85. 1 Hist. du siècle courant.
* M" de Dom. Guislain Campion, moine de Clairmarais. — Rappelé par D. Bertin de Vissery, tom. II, pag. 376.
3 Un échafaud, dit le chroniqueur.
4 Lancelot ou Ladislas Jonnart, 11° Évoque de Saint-Omer, et habile jurisconsulte, naquit à Mons, — fttant doyen de Cambrai, voulant prévenir les suites d'une révolte de soldats de la garnison, par suite du défaut de paie, il satisfit à ses frais les mécontents. —
649—1669 formule, il fut suivi par François de Lières, Abbé de Sain t-Ber tin K Bernard Michiels, Abbé de Clairmarais, et l'Abbé de Saint- Augustin ; vinrent ensuite les députés du Clergé, de la Noblesse, les Gouverneurs et les Députés des villes, cbacun selon son rang Chaque serment était accueilli par des acclamations du peuple.... Pendant tout ce temps, le canon ne cessait de gronder, en signe de réjouissance, des feux de joie et une illumination générale des habitants du Grand Marchië, éclairaient un brillant concert où dominaient les sons des timbales, de la trompette et du hautbois....
La soirée se termina par un splendide festin, où furent réunis les notables chefs de chaque corps d'état, dans une grande salle de l'Hôtel-de-VilIe. Pendant le repas la population, en fête, s'associait à la joie par de bruyantes manifestations publiques * (16661.
Ce trait de générosité lui valut l'Évôché de Saint-Omer. — 11 fut transféré à Cambrai et prit possession en 1671, après la mort de Gaspard Dubois, mort en 1667 — Monseigneur Jon.nart, était sans ancêtres ; mais il avait des talents et de la vertu. — On doit à sa charité une admirable fondation dans la ville Archiépiscopale, il a laissé des fonds considérables qui produisaient au moins, alors, dix mille livres de rente, pour soulager les pauvres malades de la ville et pour venir au secours des bourgeois dont les affaires seraient dérangées ou sur le point de l'être.... L'Archevêque et les Vicaires généraux de Cambrai étaient chargés do la distribution de ce revenu. — Nous ignorons si cette utile fondation a été respectée.... Ladislas Jonnart, mourut le 22 septembre 1674. — (Histoire du Clergé do France, tom. IV, pag. 37 et 209).
1 Voir les Abbés de Saint-Bertin, tom. II, pag. 317 et 336.
* MM de Dom. Guislain Campion et Bertin de Vissery, tom. II, pag. 377.
Mais après son serment, rentrant modestement 1649— 1GG9 dans son monastère, l'Abbé de Clairmarais ne songeait, comme toujours, qu'aux intérêts de sa maison. 11 confiait à H. Le Petit, maître orfèvre à Saint- Omer, le soin de confectionner deux coffres ou châsses, recouverts d'argent, pour y renfermer sous clef des reliques précieuses, et faisait imprimer, chez Joachim Carlier, à l'enseigne du Nom de Jésus, les Litanies des Saints, dont son Église possédait les vénérables parcelles : ces châsses furent placées sur l'autel de la Vierge, où tous les jours de fêtes on chantait les Litanies alternativement avec celles de Saint-Bernard l. — Dans la chapelle Abbatiale, Dom. Bernard plaça une autre châsse, contenant les ossements des membres de la Légion Thébéenne, avec un écriteau autographe, portant que les lettres authentiques de ces reliques étaient conservées au refuge de Saint-Omer s.
On devait également à Bernard Michiels, le renouvellement de presque toutes les tables d'autels ; sur l'une des anciennes qui représentait la Cène, se trouvaient les vers suivants, en caractère du XIVe siècle 3 :
1 Idem, idem, idem.
« Voir la notice sur les reliques de Clairmarais et les Litanies des Saints qui la suit.
Manuscrit do llcrtin de Vissery, pag. 427, appendice et pièces justificatives.
* Cette inscription conservée lors de la destruction d'une vieillo table d'autel, fut placée dans lo petit réfectoire, où elle se voyait encore dans les derniers jours de l'Abbaye.
IG49 — 1069 « Rex sedet in Caenâ, turbû cinctus duodenit ,
■•< Se tenet in manibus, se cibat ipse cibus. « Huic sacramento devotus adesse mémento ! « Nil de fermento pcccati, mente retento. « Qui domini Caenam manducat, non bene digne, « Perpctuara pœnam Baratri, patietur in igne. »
En dernier lieu, ce Prélat fit faire une statue de la Sainte-Vierge, en argent. Il avait entrepris la restauration de la chapelle de Sainte-Madeleine, pour y placer Notre-Dame de Foy 1 ; mais la mort ne lui permit pas de l'achever.
— Le Prince Alexandre, Duc de Bournonville, venait de faire son entrée solennelle à Saint-Omer, en qualité de Gouverneur de la province d'Artois ;, l'Abbé deClairmarais,en compagnie de ses confrères, était allé, selon l'usage, lui offrir ses félicitations, lorsqu'il reçut dans son monastère deux religieux de Clairvaux qui lui apportaient, comme aux autres Abbés du voisinage, une invitation de se trouver au Chapitre général, à Citeaux, le 9 mai suivant, lui
. remettant en même temps, un bref d' Alexà nd re YH, concernant les matières qui devaient être traitées dans cette assemblée 3.
— Vers le même temps, de nouvelles alarmes vinrent émouvoir encore la communauté; on annonçait la reprises d'autres hostilités, si vives, si imprévues
! Cette statue était encore l'œuvre de M. lu Petit, orfèvre a Saint-Omer.
* M** de Dom. Guislain Campion.
» llertin de Vissery, tom. II, pag. 378.
cette fois, que déjà chacun se mettait en mesure de 1649—1669 sauver à la hâte ses hardes, ses papiers, ses effets de toute espèce, les meubles, les cloches même furent, dit-on, transportées de nouveau au refuge de Saint- Omer,pourlessoustraireauxdéprédationsennemiesl.
— La mort de Philippe IV, Roi d'Espagne, arrivée le 24 mai 1667, avait en effet rallumé le feu de la guerre dans les Pays-Bas, le Roi de France y arriva à la tête d'une armée de 50,000 hommes, commandés par Turenne, pour faire valoir les droits de la Reine, sur la succession du monarque défunt, son beau-père 2. — Le maréchal d'Aumont se dirige vers Dunkcrque, tout plie devant cette armée 3, dans le Duché de Brabant et dans le Comté du Hainaut, Charleroi se rend le â juin, Bergucs*Saint-Winnox le 6, Fumes le 12, Ath le 18, Tournai le 20, Douai, le fort de l'Escarpe et Armentières 4 le 6 juillet, Courtrai le 18, Oudcnarde le 31, Alost le Ier d'août, Lille le 27. Enfin, cette campagne qui était moins une expédition qu'un voyage, se termina par la défaite du Comte de Marsin et du Prince de Ligne qui, étant venus au secours de Lille, furent battus le 31 , laissant plus de 1,500 chevaux et quantité de drapeaux et de prisonniers entre les mains du vainqueur. Le Roi retourna alors à Compiègnc chercher la Reine, qui vînt visiter Douai, Arras et Tournai. Dans cette
' Dom. Guislain Cauipion.
1 L'Art de vérifier les dates, odit. in-f" de 1785, loin. I, pag.686.
• L'art de vérifier les dates, tom. I, in-f°, pag. 685.
4 M1* do D. Guislain Campion et Berlin de Vissery, t. Il, p. 379.
ibi'j— 1669 dernière ville, Leurs Majestés posèrent la première pierre de l'église de Saint-Martin.
Le chroniqueur, Dom. Guislain Campion, assure que le maréchal d'Aumont se rendant en Flandre, passa à la vue de Saint-Omer, par le Neuf-Fossé, longeant les murs de Clairmarais, qui fut soumis en même temps, aux lourdes contributions des Français maîtres de Saint- V enant et aux invasions con-. tinuelles des Espagnols qui occupaient Aire et Saint- Omer, troupes que leurs fréquentes sorties avaient rendus redoutables jusqu'aux portes de Paris l. Le Roi de France se plaignant un jour, à un de ses ministres des incursions incessantes des garnisons del' Artois réservé, s'écriait, dit un annaliste8, que « les deux trous de villes d'A ire et de Saint-Omer, le choquaient plus fort que toutes les forces de ï Espagne.... » Ce langage, dans son expressive simplicité, s'il n'est pas sans gloire pour la bravoure et la fidélité de nos pères il explique néanmoins assez bien les nouvelles et légitimes alarmes du monastère de Clairmarais aux prises avec tous les dangers à la fois....
Celte même année 1667, 22 mai), deux ans après la canonisation de Saint-François de Sales (1665), après avoir rendu quelques décrets pour la réformation de Tordre de Citeaux n, Alexandre VII, âgé de 68 ans, laissa au bout de 12 ans le Souverain pon-
' Idem, idem, idem.
* M" de D. Guislain Campion. — Bertin de Vissery, t. II, p. 380. | / 3 Ces décrets que l'on trouve dans le Bullaire étaient aussi dans I / le Miscellanée de la bibliothèque, n° 1.
tificat à Clément ÏX , qui fut élu â sa place 1 le 20 1649—1669 juin suivant, un mois à peine après la mort de son prédécesseur peu regretté.
Le 2 mai de Tannée suivante, sous la haute médiation du nouveau Pape, les Rois de France et d'Espagne signaient le traité d'Aix-la-Chapelle, par lequel Louis XIV rendait la Franche-Comté à l'Espagne en conservant pour lui ses conquêtes de Flandre ; cette paix, en rendant le calme aux pays, fit renaître aussitôt l'ordre et la régularité dans le monastère, où on rapporta bientôt les meuhles qui avaient été hrusquement déposés au refuge deSaint- Omei : personne ne fut plus charmé de ces instants de repos, que l'Abbé de Clairmarais. La paix, en facilitant sa tâche, simplifia aussi l'accomplissement des devoirs réguliers qu'il remplissait avec une scrupuleuse exactitude. Prêchant toujours d'exemple, il s'efforça de nouveau de resserrer les liens de la règle naturellement distendus par les commotions extérieures. S'efforçant surtout de se montrer juste et bienveillant envers tous, il n'aimait ni les flatteurs, ni les rapporteurs et voulait entendre les deux parties avant de se prononcer sur leur cause 9. Malgré
1 Ci. km est IX (Jules Rospicliosi). né en 1600, à Pistoye, en Toscane, d une des familles les plus considérables de celle ville. — H travailla à pacifier i Église de France. La paix fui conclue par son intervention, en 1668 ; il contribua aussi au traité d'Aix-la-Chapelle. Il mourut le 9 novembre 1669.
' M" de Bertin de Visser)*, tom. Il, pag. 381. — Dom. Guislain Campion. — L'n écrivain anonyme, dit, que c'était des gens imparfaits qui avaient les yeux chassieux, qui les empêchaient de voir, de
1649—1669 toutes ces belles qualités, ce Prélat, comme il arrive toujours, rencontra des envieux et des opposants (où ne s'en rencontre-t-il pas) ? plusieurs de ses religieux attristèrent ses vieux jours.
— Un jour, un moine mendiant et peu régulier, s'étant hasardé a lui dire : « Monachorum est murmur are, Abbatis non curare, » reçut cette sévère réponse : « Quid non curare ?.... Immb, immà, et punirc.... »
I>. Bernard Michiels était également très rigide observateur de la simplicité religieuse dans ses vêtements, comme dans ses manières1. L'étoffe de ses habits était des plus communes et la forme sans la moindre recherche, il portait pour chaussure des souliers avec des semelles en liège et des cordons au lieu de boucles.... Son sccl ou cachet fsigillum) était grand, de forme ovale, pointu aux deux extrémités, il représentait l'effigie de l'Abbé en habits pontificaux, ses armes à droite et celles de l'Abbaye à gauche, portant une inscription tout au tour, avec ces mots 2 : « Sigillum, D. Bernardi, Abbatis de Claramarisco 3. »
Cet Abbé aimait la retraite et ne sortait de son
bonno vue, les vertus qui éclataient en leur supérieur. Tout ce qu'ils gagnèrent fut d abréger, après sa mort, quelques pratiques de pi黫< qu'il avait institué par de bons motifs. — (Tom. Il, pce 381 1 Idem, idem, idem.
1 Idem, idem, m" inédit, tom II, pag. 382
1 Dom. Merlin de Vissery, affirme avoir vu ce scel sur les lettres d'installation de Madame Hertauj), Abbesse de Wœstine — (Tom. II, pag. 382] .
quartier que par nécessité, où pour aller aux offices. 1649 — iggv On le voyait si rarement au-dehors, que lorsque les domestiques mêmes de la maison le rencontraient dans la cour, ils se mettaient à genoux pour lui demander sa bénédiction l.
— En un mot, disent tous les annalistes, la vie de ce Prélat fut aussi utile que vertueuse et exemplaire— Pensant toujours à l'incertitude de la dernière heure, il ne négligea rien pour s'y préparer, aussi la vit-il arriver sans crainte, plein de confiance en Dieu, il mourut des suites d'une violente esquinancie, le 30 mai 1669 la nuit de l'Ascension), à l'âge de 72 ans, jubilaire depuis 2 ans, profèsdc 52, après 20 années d'administration, pendant lesquels il ne cessa de travailler de tout son pouvoir à la gloire de Dieu, au bien de sa maison et à l'édification du prochain. Il fut inhumé au pied de l'autel de la Vierge, où son successeur marqua sa tombe par une grande pierre bleue, sur laquelle on voyait l'image d'un Abbé en habits pontificaux, avec une inscription marginale 2.
D'après D. Philippe Laïgle, voici ce qu'on lisait sur la lettre de faire part de sa mort :
« Obiit.... IL ]>. Bernardus Michieh, Abbas 1S « domtts hujus S. T. Baccalaurcxts formants, an- « lûtes rertè dignissimus, ne de rcliginne (si (/iris « um/uawj nptimè mcrilus, atitiqws regularilatis,
1 Al" im-dit surClairniaiais, loin. II. pag. 382. » L'autel do la Vierge était à celle époque adossé au pilier oii ou voyait la statue de Saint-Malhias
1649—1609 « retinentissimus, ac eximiis virtutum dotibus, ex- « ornatus, qui* quamvis ratione dignitatis primus « foret, fuit tamen tamquam unus, ex suis, primus « in aspcris, postremm in molli bu*, in eo pietas « maximô in Dei param, quam singulariculta per- « petuo, prosccutus est prœcipue eluxit. — In omni- « bus tandem prœbuil seipsum exempium bonorum « operum, in quibus tamquam in virtutum Palœs- « trd consenuit ac jubilavit. — Rexit, etc., etc. 1 » Les armoiries de Bernard étaient écartclées, 2 lions de sable sur fond d'or 1 et 4 et % branches de laurier entrelacées sur fond d'argent 2 et 3, avec cette devise :
Vincent i laurea s.
Religieux contemporains : — D. Ignace Becquet,
de Lille, ancien chapelain de Wœstine ; il se fracassa
la tète et mourut d'une chiite de cheval en revenant
de Lille, le 14 novembre 1669, âgé de 33 ans et 9
1 M" inédit. — Rertin de Vissery, tom. II, pag. 383-384. — Dom. Rertin do Vissery, dit avoir connu la dernière nièce de cet Abbé, M"e M. Jos. Michiels, épouse de M. Lesrbgbant, elle mourut le 31 décembre 1718, âgée de 64 ans, et elle fut inhumée aux pieds de l'autel du nom de Jésus, aux Dominicains de Saint-Omer ; elle eut, ajoutc-t-il, plusieurs enfants qui se marièrent, de là, proviennent les familles des Skrgeants (sic), Enlart de Percrvai. Lbfebvrr de Hali.e et Titelousk db Dalinghem, et autres qui sont toutes des plus honorables familles de la ville do Saint-Omer, e* tous arrière-petits-neveux et nièces de notre susdit Abbé, duquel le portrait était gardé chez M. Lesergeant.— (M" inédit de Clairmarais, tom. II, pag. 384).
» Idem, idem. tom. Il, pag. 316. — Planche vi.
ans de profession, il fut transporté et inhumé à l'ab- 1649—1669 baye de Loos.
1). Benoit d'Ermin, ancien chapelain de Wœstine, il mourut étant maître de la basse-cour, le 27 février 1670, à l'âge de 52 ans et 32 de profession religieuse et fut enterré dans la partie occidentale du cloître, il avait, dit-on, une très grande taille l<
Bernard Michiels avait donné l'habit à 15 religieux et à un nombre de convers à peu près égal. A sa mort, l'Abbaye demeura vacante jusqu'au 17 septembre suivant (1669), dans les premiers jours de cette vacance, elle reçut la visite du Vicaire général de l'ordre. Henry, Abbé de Clairvaux s, s'était mis en route pour inspecter toutes les maisons de sa filiation ; surpris en route par une violente attaque de goutte, il dut s'arrêter au monastère de Notre-Dame de la Chambre, près de Bruxelles, d'où il commit pour le suppléer pour tout le reste de sa visite, M. l'Abbé de Cambron, Visiteur général.... En conséquence, ce Prélat muni de sa commission et d'un passeport délivré par le Connétable de la Cour, arriva à Saint-Omer, le jeudi 11 juillet, dans un carrosse à quatre chevaux, il descendit à la maison du refuge où il demanda au concierge, à F. Berré, de lui procurer un bateau pour se rendre aussitôt au monastère, où il désirait arriver incognito.... Mais tout se sait.... On était déjà prévenu.... Un guetteur
• M" de Clairmarais, tom. II, pag. 385.
* Auteur anonyme cité par Berlin de Vissery, tom. Il, pag. 386.
1649—1669 était apposé au haut du clocher.... Aussitôt que la nacelle apparut à la ferme de Saint-Bernard, les cloches furent mises en branle et la communauté assemblée, précédé de la croix, le Prieur en tète, allait en corps au-devant du Visiteur général, quelle attendit à la porte de l'Église.... Arrivé là, l'Abbé de Cambron, se fait revêtir de sa cucule 1 noire audessous du camail, il mit son bonnet carré sur la tète et se présenta ainsi à la porte, où il reçut de l'eau bénite de la part du Prieur, qui le complimenta au nom de la communauté ; — après avoir répondu et rendu à son tour l'eau bénite, le Prélat entonna le Te Dcum, ayant le Prieur à sa droite, et alla se placer à genoux sur un prie-dieu préparé pour lui dans le sanctuaire, de là, montant à l'autel et prenant la Sainte-Hostie dans le ciboire, il donna la bénédiction du Saint-Sacrement, au chant du Tant uni Ertjo, puis s'étant lavé les mains, il se rendit au Chapitre avec la communauté.... Là, après les formalités, les prières et lectures d'usage, il informa les religieux du motif qui l'amenait à la place de l'Abbé de Clairvaux, il donna communication de l'acte de délégation et invita chacun des membres à agir avec calme et sans passion dans le scrutin qui se préparait pour l'élection d'un Abbé. Le soir, le Visiteur soupa à l'Abbatiale avec le Prieur, accompagné de Oom. (iuisi.Aix Camimon et de Dom. Georc.es Petquam ; le lendemain, après la messe, il ouvrit le scrutin
' l.ï-ci ivaiii cent <••><, II, .
auquel tous les religieux prirent part à l'exception icv.i— ltwj tle Jacques et de Jean d'Affreingues, le Prieur y alla le dernier.... Le même jour, l'Abbé de Cambron, mangea au réfectoire, ayant le Prieur et l'ancien à sa table, puis après avoir fait lire la charte de visite au chapitre et exhorté ses frères à l'union et à la charité, il prit congé de la communauté en lui rappelant que s'il était vrai [ce qu'il avait entendu dire; que « les parents de quelques religieux offrissent de « l'argent pour faire un Abbé; un tel religieux était « un volcîir 'sic), un simoniaque, et qu'en pareil « cas on ne pouvait donner quelque argent au Roi, « qu'avec le consentement de la communauté l. »
' Ilist. Clnr., m" inédit, tom. II, pag. 387 à 388.
LES ABBÉS DE CLAIBMARAIS
DOM. ROBERT II ou ROBERT Y, 49e Abbé. K««mn-Am
■•ri M 670
SOMMAIRE
Son éloge en vers. — Sa naissance. — Son entrée au monastère. — Son admission. — Son noviciat. — 11 passe par tous les emplois.
— 11 est nommé Prieur, en 1662. — On jette les yeux sur lui pour la Prélature. — (1C69) Demande d'élection. — Nomination des commissaires. — Ils se rendent au monastère. — Leur réception. — Leur entrée au chapitre. — Commencement des opérations. — Lecture de la commission. — Allocution du Prieur. — Son élection. — Ses lettres. — Sa confirmation à Gand, par le Visiteur général Abbé de Baudeloo. — (1670) Avènement de Clament X.— Mort de Claude Vacssin. — Ses deux successeurs. — Georges Petquam est nommé Prieur. — Maladie de l'Abbé. — Ses fréquents accès de goutte, aggravés par son voyage de Gand.
— 11 se retire au refuge de Saint-Omer pour s'y faire soigner et y meurt à l'âge de 53 ans. — De son temps on abandonne le
, ] bréviaire de l'ordre. — 11 répare la clôture orientale, et continue | [sans pouvoir l'achever, le rétable de Sainte - Madeleine. — Son
h',i9— 10G0 portrait. — Sa sépulture — Admission de novices. — Ses armoiries. — Moines contemporains. — Dom. Guislaix Campion, d'Aire.
« Sedes Murorum Vàliat Compace Robertus
C QlE Kl'ERANT, MlTR.K DIGXIS, HONORE PR.KEST.
« Luxa, sed lxdenos a-grb' compleverat orbes, -< Claudit is extremo pallida fata die »
Robert II, qu'on appelle plus souvent Roberty *, appartenait à une noble et honorable famille de Saint-Omer, il naquit dans cette ville en 1618, et à lage de 21 ans il se consacra à Dieu dans le monastère de Clairmarais, sous le gouvernement de Georges d'àffrelngues, qui lui donna l'habit de novice, dans la chapelle Abbatiale, le 26 octobre 1637, en la seule présence des anciens de la maison.
Après son admission, Robert, ainsi que J.-B. d'Affrelngues et D. Louis le Lièvre, qui avaient été reçus avec lui, furent placés sous la direction de J). Pierre Trézel, homme d'une expérience consommée pour la direction des novices.
Après sa profession, Robert passa successivement dans tous les emplois de la maison, qu'il remplit tous à la satisfaction générale. D. Bernard Michiels, le dernier Abbé auquel il devait succéder, lui avait confié les fonctions de Prieur à la place de D. Josce Neufvrue, mort en 1662 3. Il s'acquitta de cette
1 M'» inédit de Berlin de Vissery, tom. II, pag. 388.
* Peut-être dans les anciennes écritures y avait-il Robertus et on aura lu Roberty ?....
* Idem, idem, tom. H, pag. 389.
charge avec tant d'exactitude et d'édification , disent (649—1660 les contemporains, qu'il s'attira l'estime de ses frères qui jetèrent les yeux sur lui pour la Prélature.
— Aussitôt après le décès de Dom. Bernard, la communauté fit ses diligences à la Cour, pour lui donner un successeur, et M. de Bournonyille, gouverneur de la Province, ne larda pas a être nommé premier commissaire à l'élection future ; trois semaines après, iM. Vaentkempen, Abbé de Baudeloo à Gand et Vicaire général de l'ordre, envoya la commission ofliciellement délivrée par le Connétable Dom. Antoine Yelasco, au nom de la Cour de Bruxelles.... Après avoir reçu ces pièces, le Prieur se transporta aussitôt à Saint-Omcr \\ était accompagné de Dom. Georges Petqoam), pour les déposer entre les mains du Duc de Bournonvili.e qu'il pria de lui faire l'honneur de présider au plus tôt les opérations électorales. Le Prince gouverneur adhéra avec empressement au vœu qui lui était exprimé, il décida que dès le lendemain, il se rendrait au monastère et fit avertir en conséquence, Monseigneur Lvdislas Jonnart, Evèque de Saint-Omer, et M. Lemekcier, procureur général au Conseil d'Artois, les invitant par ordre de la Cour, à vouloir bien l'accompagner 1 à cette cérémonie. — A son retour, Dom. Robert prit toutes les dispositions nécessaires pour la réception des commissaires; le lendemain, G août, l'autel était richement paré en rouge, avec
1 M" de Clairmarais, tom. II, pag. 390.
lf»»0-iKUfl des cierges blancs» comme pour une messe votive du Saint-Esprit, des prie-dieu décorés figuraient dans le sanctuaire, des carreaux en soie et or étaient placés au Chapitre, deux grands candélabres brûlaient au pied de l'autel, lorsque Frère François M acquêt, guettant au haut de la tour, annonçait vers
10 heures, l'arrivée des nobles visiteurs attendus à la porte du monastère, par le Prieur, suivi des administrateurs de la communauté Accueillis et complimentés avec le plus profond respect, les honorables commissaires furent introduits aussitôt au Chapitre, au son de la cloche capilulaire y appelant tous
les religieux Après avoir pris possession de son
siège, le Duc de Boiunonville, président, fit lire par son secrétaire, la commission de la Cour. Après celle lecture, Fr. François le Roulx, debout sur le marche-pied, demanda la bénédiction en ces termes : Julie Domine Iiencdicere, et il lut le chapilre de la règle : De ordinando Abbatc Puis le Duc ayant pris la parole, adressa une allocution dans laquelle
11 engageait la communauté à se choisir un chef selon l'esprit de la règle de Saint-Benoit, et d'agir à • ce sujet en toute liberté de conscience : cela dit, tous se rendirent à l'Église pour entendre la messe du Saint-Esprit, laquelle fut célébrée très solennellement, en observant les rubriques : De celebrando coràm Kpiscopo. L'Évèque fut encensé trois fois, le Duc deux fois seulement.
1 M" inédit de C.lairmnrais tom. Il, pog. 370-372.
Le chroniqueur a qui on emprunte ces détails, ne 46i9 — iGCO donne pas d'autres renseignements sur cette élection, il se borne à faire remarquer qu'on n'a pas porté la croix, en allant au devant du Prince gouverneur, privilège qui n'est dù, dit-il, qu'aux Princes du sang, aux chefs d'ordre et aux Pontifes diocésains, quand ils l'exigent, et seulement lors de leur première visite... ïl nous dit encore, que les religieux divisés en plusieurs bandes, furent successivement invités à dîner et à souper, selon l'usage, avec les commissaires, pendant leur séjour à l'Abbaye.... Il mentionne simplement, en outre, que Dom. Hoberty, Prieur, fut élu par les libres suffrages de ses frères, qu'il reçut ses lettres, signées à Bruxelles le 17 octobre 1669 l, par Charles H, Roi d'Espagne, et qu'il fut confirmé par lettres patentes de Dom. Pierre Henry, Abbé de Clairvaux, à la date du 24 mai 1670. — Il avait alors 52 ans et avait exercé pendant 8 années, les fonctions de Prieur 2.
— Dom. Roberty, une fois élu, n'oublia point les difficultés qui avaient accompagné la nomination de son prédécesseur, il voulut éviter l'effet possible des susceptibilités Épiscopales et, dans ce but, il se rendit à Gand pour demander la bénédiction au Vicaire général de Tordre, qui était alors D. Liéyin Waenkempen, Abbé de Baudeloo, et qui joignait à cette qualité celle de juge synodal de l'Evêché de Gand.
1 M" do Clairmarais, tom. II, pag. 393. 1 M" de Clairmarais, tom. Il, pag. 393.
1049—1069 L i cérémonie se fit sans incident, dans l'Église Abbatiale de Baudcloo décembre 1669, 3° dimanclic de l'Avant], en présence de toute la communauté et avec l'assistance de l'Abbé de Truncbins et du Prieur de Warscotte '.
— (li.iv me nt X, venait de monter sur le trône Pontifical 5 29 avril 1670 , après un conclave de i mois 4 jours. Peu de mois auparavant, au mois de février, Dom. Claude Vaussin, 56° Abbé de Citeaux, dont on n'a pas oublié la visite à (llairmarais, était mort à Dijon, à l'âge de 63 ans; un mois après, D. Louis Loppik prenait sa place et mourait à son tour, 38 jours après son élection, il était remplacé le 20 juin 1670, par D. Jean Petit, qui fut le 58' Supérieur général de l'ordre n.
A peine installé en sa nouvelle fonction, Dom. Robert Y mit à sa place, en qualité de Prieur, Dom. Georges Petquam, l'un des trois candidats qui avaient obtenu des suffrages dans la dernière élection. Mais à son tour ce Prélat ne devait pas jouir longtemps de la dignité qui lui était conférée, à peine demeurat-il un an en fonctions, sa santé ébranlée ne put résister longtemps, et sans doute, le voyage qu'il fil
1 Idem, idem, tom. Il, pag. 393.
* J.-B.-E. Altitri, Romain, élu Cardinal, en 1C69, fut élu Pape le 29 avril 1670, a l'âge de 80 ans. Clément IX. dans sa dernière maladie s'était empressé de le revêtir de la pourpre.il avait un près sentiment qu'il lui succéderait ... Sa prédiction s'accomplit, ce Pape mourut le 22 juillet 1676. — L'Art de vérifier les dates, tom. I, pag. 343).
3 Gall. Christ,, tom. V. — Dutems. — Hist. du Clergé do France.
à Gand, en hiver, pour sa bénédiction, ne contribua tti-W— lH6*.i pas peu à l'accroissement de son mal ; il se retira au refuge, pour être plus à portée de se faire soigner, mais sa position s'aggravant de jour en jour, les accès de goutte dont il était travaillé, iie lui laissèrent bientôt plus de relâche; il mourut a Saint- Omer, le 13 novembre 1670, âgé de 53 ans et 33 ans de profession.
Tout ce qu'on sait de lui, c'est que de son temps, on abandonna l'ancien bréviaire de l'ordre, pour prendre le bréviaire nouveau l. — Il fit réparer les murs de la clôture orientale du monastère, il continua rétablissement du rétablc de l'autel Sainte-Madeleine, qui avait été commencé par Dom. Bernard Michiei.s ; mais pas plus que son prédécesseur, il ne put l'achever....
L'affectueuse estime dont jouissait Dom. Koiiekty, engagea sa communauté à faire faire son portrait après sa mort, il a été dépeint comme s'il eût été vivant. Son corps fut transporté au monastère où il fut inhumé dans le sanctuaire, du côté de l'Kpître, à dix pieds du premier degré et à onze pieds de la boiserie. Son successeur lui fit placer un marbre blanc mémoralif, avec ses armoiries et une épitaphe toute simple
1 M" du Clairmarais, tom. Il, pag. 394.
Jusqu à cette époque, l'usage était do réciter tous les vendredis de l'année, les sept pseaumes pénitentiaux processionnellement, comme on le fait toujours en Carême, ce qui avait été ordonné par un décret du Chapitre général de 1 194. tant-contre les incursion* 'les Sftrrusins (sic), que pour la paix du Saint-Siège.
- M" de- ClHirmarais, tom. Il pag. 3P5
1649-1669 Pendant son gouvernement, Dom. RoBBRTY admit | deux novices pour frères de chœur, voici leurs noms : / — F. Robert Imbert, de Lille, et F. Josce Bernard, I également de Lille. — Tous deux firent leur profesi sion sous l'administration suivante l.
Les armoiries de Robert II, étaient d'azur à 2 chevrons d'or, 2 étoiles en or au chef, 1 et 2 au bas, tète de lion d'argent, avec cette devise 2 :
For li ter et lundi'.
Religieux contemporains : — D. Antoine Marcotte, de Nielles, ancien maître de la fabrique (mafji&tcr fabricœj, directeur de Wœsline, maître de la pêcherie (magister piscaria'j, sous-chantre fsuvicntor) et portier. Ce religieux eut une grande part dans l'élection de 1649 \ tant à cause de son amour de la règle et de l'ordre, que pour son aptitude pour tout ce qui concernait les affaires spirituelles ou temporelles de la maison.... Il mourut, l'ancien de la communauté, le 18 novembre 1670, âgé de 63 anset4oans
i. de profession. — Il fut inhumé dans le cloître, dans
|f la partie réservée aux bienfaiteurs.
— I). Jacques d'Haffremîiks, de Saint-Omcr. — Il mena une vie fort sobre et très retirée. Il mourut d'hydropisie, le 4 mai 1670, âgé de 52 ans, au bout de 36 ans de profession.
1 Idem, idem, idem.
5 Planche vi, n° 10.
» Idem, idem. ^ fcxtrdit du nxndo^e, pHg. &Mi.
— 1). Malachie Dufour, ancien économe et direc- iG4t>-i6bD leur de Wœstine, il« mourut étant maître de la fabrique, le 7 mai 1671, âgé de 47 ans, ayant 24 ans de profession.
— D. Etienne Desgranges, il fut sacristain et maître de l'infirmerie, il mourut le 13 juin 1671, à l'âge de 52, profès de 33.
— I). Jean Petit, convers, décéda le 28 juillet 1671, âgé de ol ans, proies de 33.
— D. Jean-Baptiste d'Haffrengues, de Saint- Omer, homme bon et simple, il fut toujours fort assidu à l'office et à ses devoirs religieux. — Il mourut le 10 mars 1674, âgé de Soans, proies de 34 ans. — lia écrit un poème chronologique sur la ville de Saint-Omer, ce poème dédié aux magistrats de cette ville, était conservé aux archives du monastère '.
— D. Bernard Lefervre, prêtre, ancien receveur d'Artois, ancien économe, sous-chantre et maître des novices ; très pieux, très exemplaire, il s'acquit l'estime de tous ses confrères et mourut le 2o avril 1676, âgé de 38 ans, 16 ans de profession, 13 années de prêtrise. — Il fut inhumé dans le cloître, à l'occident.
— 1). (îuislain Camimon, d'Aire — Ce cénobite aimait beaucoup ses confrères dont il était également aimé, il exerça les charges de chapelain, de direc-
» M" de Clairmarais, tom 11, pag. 396-397. * M" de Clairmarais. tom. 11, pag. 397.
Ce religieux auquel on doit divers écrits inédits, souvent cités, a lait lui-même ainsi l'anagramme de son nom : IN CAMPO.
1649-1669 teur de Wœstine et du Verger, celle de maître de fabrique dans le monastère de CJairmarais. Arrivé à un certain âge, il s'appliqua a écrire l'histoire de l'Abbaye ; le premier, il eut le courage d'entrer dans les longs et minutieux détails de l'intérieur de la maison des moines, détails que d'après lui, Berlin de Vissery a recueillis pour nous les transmettre, nous lui devons la majeure partie de ceux qu'il nous est permis de consigner ici. Ses manuscrits inédits et aujourd'hui j^ercJiis, s'étendaient surtout, sur la morale et les devoirs des Abbés.... II suffisait de les lire, est-il dit ? pour juger de la droiture, de la loyauté et du caractère de l'écrivain. — Dom. Guislain cessa d'écrire son deuxième volume de l'Histoire de Clairmarais 1 , en 1669, c'est son dernier écrit historique 11 mourut l'ancien de la maison, dans le
refuge de Saint-Omer, le 15 novembre 1676, à l'âge de 69 ans, 50 mis de profession et 13 de prêtrise.... Sa dépouille mortelle fut transportée et inhumée au milieu du cloître, dans la partie occidentale. Voulant faire vivre sa mémoire, l'Abbé Maillard fît placer un peu plus tard, un marbre sur sa tombe, avecune épitaphe *.
— Simon Guerbois, convers, était fort humble et fort exemplaire, il montra toujours la plus grande patience et la plus grande franchise, jamais, dit-on. ses supérieurs ne l'ont trouvé en faute, il remplissait les fonctions de portier, et fut écrasé entre les deux
1 M" inédit de IWhn do Vissery, tom II. |>a«. 385, lig. ! '.1 » M" inédit do Clairmarnis, tom II. pae. 397-398.
battans de la grande porte, le 4 octobre 4681 ; il »649-r669 avait 80 ans et 33 de profession.
— D. Thomas Liot, de Saint-Omer. Il remplit les charges de sous-chantre (succentor) et de. maître des bois (mayister silvarum) ; il fit faire à ses frais les reliquaires que l'on voyait sur l'autel Sainte-Anne ; ces reliquaires portaient les armes de sa famille. — Après une longue maladie, ce religieux mourut de la gangrène le 22 juillet J683, âgé de 67 ans, 47 ans de profession et 43 de prêtrise. — Il fut inhumé visà-vis de la chapelle Sainte-Anne, qu'il avait contribué à décorer.
— D. George de Saura, était un homme d'esprit et avait surtout une grande facilité pour la poésie latine. Il mourut à la suite d'une longue maladie, à l'Abbaye de Longvilliers, le 27 février 1686, âgé seulement de 3-5 ans, 14 ans de professiou et 1 1 ans de prêtrise. — Il fut enseveli dans la partie droite de la grande chapelle de la Sainte-Vierge.
— F. Charles le Plat, diacre, excellait dan> l'art de jouer du carillon, il mourut subitement à Lederzeele, le 21 mars 1686, âgé de H ans et 4 ans de profession. — Il reposait dans la partie occidentale du cloître.
— I). Étienxe Mez, de Lille, était chargé du vestiaire, on remarquait en lui un caractère fort doux. — Il mourut dans sa ville natale, le \'ô mai 1686. âgé de 33 ans, il comptait 12 ans de profession et (.> de prêtrise. Il fut inhumé à l'\bl<aye de Loos.
— D. Dominique dk Bokye, était fort instruit, il
1649—1669 avait rempli les charges de receveur général, celles encore de directeur de Blandecques, de chantre, de curé de domestiques, etc.— On lui devait les reliques . placées sur l'autel de Sainte-Maric-Madeleine. — Nous II avons parlé de la thèse de philosophie universelle, Mi qu'il dédia, en 1660, à Bernard Michiels. — Son portrait a été longtemps conservé dans la maison. — Il mourut hydropique, le 18 janvier 1687, âgé de 49 ans, il comptait 32 ans de religion et 24 de prêtrise et fut inhumé vers la chapelle Sainte-Anne.
— D. Bertin Vandendrîeche ou Vandriesse, il fut successivement directeur de Blandecques et de Wœstine, sous-prieur et curé dos domestiques. Il mourut l'ancien de la maison (senior), d'une attaque d'apoplexie, le 20 janvier 1687, âgé de 62 ans, 40 ans de profession et 35 de prêtrise. — Il fut inhumé vis-à-vis la chapelle Sainte-Barbe. Le jour de sa mort il avait encore célébré la messe l.
|| 1 M" de Clairmaraiss, tom. Il, pag. 399. — Idem, pag. xxit. — JP Extrait du nécrologe de l'Abbaye, indiqué par D. Berlin de Vissery.
LES ABBÉS DE CLAIBMABAIS
DOM. GEORGES 111 PETQUAM , 50e Abbé, .tmmi.-iOTO
SOMMAIRE
Son éloge en vers, — S;i naissauce. — Son entrée au monastère. — Sa profession. — Son goût pour l'étude. — Ses diverses fonctions. — 11 est nommé Prieur, puis Abbé ù l'ago de 60 ans. — Ses lettres royales (1671). — Noms des religieux à celte époque. — Héception de ses lettres. — Son installation.— Sa bénédiction. — Son entrée solennelle dans son Église. — Nomination de Dom. Lkcomtk à la charge de Prieur. — Zèle de l'Abbé dans ses de- \oirs. — Il reprend un terrain usurpé à Illandecques. — Il y reconstruit deux moulins |(1672). — Permission d'y travailler le Dimanche. — Chapitre général à Citeaux. — L'Abbé y fait des ordinations. — Construction d'une petite maison de Saint-Roch.— Ouvroir pour le charron et pour d'autres travaux. — Renouvellement des indulgences attachées à l'autel des morts. — Célébration «le la béatification de Sainte-Rose, aux Dominicains. — Même céré monie en l'honneur de Pie V et de François de tiorgia , aux Jésuites Wallons. — Les religieux de (îlairmarais assistent aux prédications. — L'Abbé officie aux Dominicains. — Procession générale. — Station et bénédiction à Saint -Hertin. — Les religieux s'abstiennent d'aller au devant de la procession et même d'y
1670—1088 assister. — Achèrement et pose do In table d autel de Sainte Madeleine (1673). — Association de prière* avec l'Abbaye de Saint-Éloi.
— l/Abhé engage le nouvel Évèque Monseigneur de Nhyas à visiter le monastère. — Réception de Sa Grandeur avec les cérémonies d'usage. — Demande de reliques. — Elles sont accordées par Clément X. par la médiation du P. Vanbieste. Hecteur des Jésuites , aux diverses églises des Jésuites, de Clairmarais et des
Il'rsulines. — Leur désignation — Elles sont soumises à l'Evoque, qui les approuve et permet leur exposition en pub'ic. — Translation solennelle des reliques, par Monseigneur de Iîrvas (IbTô/.
— Thi'se do philosophie. — Sa dédicace. — Parcelles de reliques «le Saint^'riimtjf, placées dans deux autres reliquaires, l'un pour le faire baiser au peuple, l'autre pour le placer sur l'autel Saint lîernard. — Institution de la fête de ce saint. --- File ne dur* pas longtemps.— AbujjMe cette extinction.— Statue de la Vierge dans la salle des m ils. — jtécoption de Martin Dhuissox. — On songe au changement do h basse cour. — Sa reconstruction.
— Elle est mieux située, ainsi que toute* les attenunecs et !•• logement du maître Mur d'enceinte a\ec pignon 1676 — Mort de Clément X. -• Elévation d Innoccnt XI. — Mort de i'Abbé de Clairvaux. — Son successeur. — Thèses île pbilosoj'hie. dédiées à la Yicig". — Leurs inscriptions. — De grand* événements se préparent. — Conférences île Nimegue. — Lotis XIV à Valeneiennes et à t'ambrai. — Itatailledo Ca-sel et «le Saint- Omer Î677'. Jugement d'un Anglais sur le l'iince iiOiiam.i. -- Chronogramme M,r la bataille de Cas.*cl . placé u \W.-line. par le Chapelain. — l.e Hoi vi-ite s< :s nouvelles villes — Sa Maje»»,'' arrive à Saint Orner — Elle \a aux îles lloîlûnles, — Ile iu>ale disparue. — Ket.» ar du It<>i I G78; . — Nouvelle campagne
— Reddition de f.and et d'Ypres — Trait.'* de Niniôgue. — f.a paix publiée, rend 1" en line au pays. — Joi<- .les re.'ig Vux. — Confraternité avec les monastères d llam et de Choques. — Comptai) k> d'une belle horloge à un aiU>te de Héthune. — On appelle
Ieet artiste au monastère a\< c sa famille — Fusion des cloches, la plus gr?;<sr n'est pas d'accord. — On la réserve pour k-sdem:h' Uie, — Son inscription.- Noms et mélodie des ^utre*
— l/liorlove rm'ile 4. OU') tlorins. - Ou y .-e.nie un davier - .Nom ,|e l'eiganisle .large j- u- :. K'.S l | Ai,!»,- d'<1<* . n
^ Église, de burettes, de chandeliers et de nappes daute's. — Il 1 r» 7 1 " -il>s* reçoit un tableau sur ce sujet: Qu.r smit C>rs>rris C.rstri. — Incident. — Oubli de deux religieux. — bonté do l'Abbé. — Trait caractéristique. — (1683) Visite de Dom. Richard Morexo, Abbé de Vaulxelles. — Sa charte. — Ordonnance d'un supplément de distribution de vin. — (1684, juin) .Nomination de M" de Vai.dei.lk,
ta l'Kvôché de Saint Orner. — Son intronisation. — l/Abbé de Clairmarais fait faire des ornements pour son Kgliso. — Belle plantation d ormes. — l/Abbé fait son jubilé. — Association avec l'Abbaye de Saint-André. — Tableau de l'Assomption. — (1687; Réception de novices.— (1688j Mort de l'Abbé. — Son inhumation. — Son caractère. — Ses belles qualités — Son application b ses devoirs. — Regrets qu'il inspire. — Deux portraits do lui. — tles toiles sont perdues. — Point d'arrêt du manuscrit de Dertin de Vissery, mort en — Réflexion sur la continuation de noire )/
travail.— Armoiries. — Dédicace d'une thèse à f.Eonc.Es Petqea v.
« Te mo ri m c an non, pigtas m.mlliu Cicrgi
« CoMMENDANT, PATHIS, NOMINA DANT 01 E BONI. « In.MMERIS DECORAS, N0STRAS ORNATIBUS JiDES. - QlI SINT, III FACTIS SVVROt.A FIXA PROBANT. *
Tel est le poétique souvenir qui nous reste du 50e Abbé de Claii marais, nous le devons à un religieux contemporain, qui mieux que tout autre, peut-être, était en mesure de retracer des portraits fidèles .
Georges Petquam, originaire du Haut-Pont, faubourg de la ville de Saint-Omer, entra au monastère de Clairmarais, à l'âge de 23 ans, en compagnie de deux autres confrères Philippe Boiquiau et Jacques d'Haffrengues, il y reçut l'habit de novice, le 19 avril 1030, ries mains de Dom. Georges d'Affreint
1 D. Martin Dnbuisson, reproduit par I). Dertin de Vissery, tom. II, pag. 400.
1670—1688 GUES, 46e Abbé, lequel par une marque d'affection particulière lui imposa son nom de religion et le confia avec ses compagnons aux soins de D. Pierre Trézel, chargé de diriger leur noviciat l. . L'année suivante, Georges fit sa profession ; depuis I lors, entièrement adonné à l'étude, il ne cessa de se faire remarquer par une conduite digne d'éloges, il exerça successivement les fonctions de directeur des Dames de Blandecques et de maître de la pêcherie 1657; ; dans cette dernière fonction, il parvint à réaliser de notables économies, qui furent 1res utiles à la maison 3.
Un peu plus tard, en 1669, il succéda à Dom. Koberty, dans la charge de Prieur, et à l'âge de 60 ans il reçut (1670) les honneurs de la Prélatine; on manque de détails sur la forme de cette élection, ce qu'on en sait, c'est que Dom. Georges Petqua.m, partagea les suffrages de la communauté avec Dom. Pierre Werbibr et Dom. Guillaume Lecomte, qu'il obtint la majorité des voix et qu'il reçut ses lettres, délivrées à Bruxelles, par Ch arles II, Roi d'Espagne, le 6 avril 1671.
1 M" inédit de Clairmarais, tom. 11, pag. 400.
* Idem, idem, pag 401. — Dom. Georges Petquam a écrit luimême dans son livre de la pêcherie : — t J ni élé établi économe du « couvent, place que j'ai occupé depuis le 28 août 1644, jusqu'au t 4 août 1651. — De la, j'ai passé à la dépense du quartier que j'ai « occupé depuis le 4 août 1651, jusqu'au 25 novembre 1657; en- € suite j'ai été proposé à la pêcherie, lo 10 juin 1657. » Selon ce môme livre qui finit au 14 mars 1669, il a probablement gardé ces fonctions jusqu'à sa nomination à la Prélature. — Tom. Il, p. xxiv.
Voici 1 les noms des religieux, au nombre de 33, 16T0-1688 qui concoururent à cette élection, c'est la dernière liste de ce genre que nous aurons désormais à consigner ; à ce titre, nous avons pensé qu'il y avait encore peut-être quelque intérêt à la publier.
Après avoir reçu ses lettres d'investiture, le nouvel Abbé se fit installer, le 23 du même mois [avril 1671 j, par Dom. Michel Bultynch, Abbé des Dunes, syndic général de Tordre, et par Eugène Vàndevelde, protonotaire apostolique de l'Évèclié de Saint-Omer; il obtint la confirmation de l'Abbé de Clairvaux, par lettres du 23 mai 1671, puis il reçut la bénédiction solennelle dans son Église abbatiale de la main de Monseigneur Ladislas Jonnart, ancien Évêque de Saint-Omer, récemment promu à l'Archevêché de ('ambrai, par commission de Messieurs du Chapitre
* Noms des religieux qui choisirent le successeur de D. Robert*, selon leur rang : — 1° D. Georges Petquam, du Haut-Pont, Prieur.
— 2° D. Guislain Car pi on, d'Aire, l'ancien. — 3° Jacques d'IIaffrkngues, de Saint Orner. — 4° D. Thomas Liot, de Saint-Omer.
— 5° D. Étiennb Desgranges. — 6° D — 7° D
— 8° D. Bertin Vandriesche. de Saint-Omer. — 9° Gcii.lalme Lecomte, do Saint-Omer.— 10° D. Il ALACHIE Dl'POUR. — 11° D. PlERRt. Werbibr, de Lille. — 12° D. Anselme Fauconnier, de Saint-Omer.
— 13° D. Dent» le François, de Saint-Omer. — 14° D. Charles Vandrieschb. de Saint-Omer. — 15° 0. Bernard Lefebvre. — 16° D. Cornil Thlin, de Saint-Omer. — 17° D. Jacques Decocq, de Saint-Omer. — 18° I). Joseph Maillard, de Lille. — 19° François Leroulx. de Saint-Omer. — 20° Dominique de Boet.— 21° D. Candide Chrestien. — 22° D. Gilles Deschamps, de Lille. — 23# D. Paul Lbprince. — 24° Benoit Lagachb, de Lille. — 25° Frère Imbrrt, de Lille — 26° F. Josce Bernard, de Lille, novice— En y ajoutant le nom de D. Antoine Marcotte, mort peu de jours après et celui de six frères convers, on arrive au nombre de 33. — (M" de Clairmarais, tom. Il, pag. xxv et xxvi, à la fin du volume).
i«7h-igx.s de la Cathédrale, le siège, vacant, Georges était assisté dans cette cérémonie par les- Abbés des Dunes et de Saint-Augustin de Thérouanne l,
A peine installé, le Prélat appelle ï). Guillaume Lecomte, pour remplir à sa place les fonctions de Prieur, et commence, dès lors, à appliquer tout son zèle à l'accomplissement des nouveaux devoirs qui lui sont imposés; nous le voyons aussitôt 1671 récupérer, à Blandecques, un terrain usurpé sur l'Abbaye, là, où se trouvaient autrefois deux moulins, provenant également du monastère ; cette re-
prise, qui s'étendait aux arrérages dus, eut lieu au moyen d'un titre seigneurial, incontesté.
L'année suivante, il travaille à prévenir les inondations qui avaient lieu sur le même point et il y fait reconstruire les anciens moulins -, après avoir fait préparer tous les bois à l'avance ; à cette occasion, les pluies abondantes du mois d'août ayant dérangé les travaux, on se vit obligé, vu l'urgence, de demander la permission au Vicariat de Saint-Omer, pour continuer à travailler pendant plusieurs dimanches. Cette permission était nécessaire à cause de la situation des moulins, qui se trouvaient placées en dehors de la juridiction Abbatiale 3.
. En même temps, pendant que Dom. Jean Peut.
' M" inédit de Clnirmarais, lom. II. pag. 40?. — Par suite de sa nomination, (Jeorgi.s Pf.toiam fut tenu de payer 1,10) florins pour les fortifications de Lille, et l'Abbaye s'engagea à entretenir une personne sa vie durant.— (M" de Clairmarais, tom. II, png. xxvif .
- Idem, idem, idem, pag 403.
4 M" inédit de Clairmarais, tom. 11, pag. 403.
(iénéral de l'ordre, présidait le Clisipi tre général à io;u (liteaux, et alors qu'il faisait de nombreuses ordinations aux religieux de la. famille Cistercienne \ l'Abbé de Clairmarais ordonnait dans son monastère l'établissement d une nouvelle maison de Saint- Koeb, près de la petite porte de la pêcberie ; il bâtissait un nouvel atelier pour le frère ebarron, il faisait relever plusieurs fossés du côté de la porte de la pêcberie, il dirigeait des plantations d'ormes dans la grande cour et faisait purger un étang, ainsi que le fossé, situé autour du jardin, là où fut autrefois la tuilerie et depuis un four à ebaux
— Voilà pour les premiers soins temporels, mais le spirituel n'était pas négligé, la même année, on renouvelait les indulgences de l'autel privilégié poulies morts, par l'entremise de M. Galiot, Protonotahv apostolique de l'Evèclié de Saint-Omer ; aussitôt que cette autorisation de renouvellement fut arrivée :i, l'Abbé en fit la publication au Cbapitre et elles recommencèrent à avoir lieu le vendredi avant le Carême.
— Après avoir célébré avec pompe la solennité de la canonisation de Saint-Bertrand et de Sainte-Rose, sous la présidence de Monseigneur l'Kvèque Christophe de France, qui donna à cette occasion 200 florins [5 septembre 1671} 4, les Dominicains de
1 Idem, idem, idem. — Gallia Christiana, tom. V. 8 M" de Clairmarais. tom. II, pag. 404. 1 Idem, idem, tom.. II, pag. 404.
4 M" de Clairmarais, tom. Il, pag. 404.— Il ist. m" coll. Audomarensis, pag. 685.
1070—1688 Saint-Omer fêtèrent la béatification de Pie Y ; à peu près vers le même temps, on célébrait dans l'Église des Jésuites Wallons la canonisation de François de Borgia l, troisième général de la Compagnie. Tous les religieux prêtres de Clairmarais reçurent de leur Abbé la permission de sortir pour aller entendre les prédications qui avaient lieu alors pendant trois jours, à la condition toutefois, de ne partir qu'après dîner et de revenir avant le soir. — Le jour de l'Octave de la Béatification de Pie V, Georges Petquam officiait pontificalement aux Dominicains et à la procession publique du Saint-Sacrement ; celle procession s'arrêta à Saint-Berlin, où l'Abbé de Clairmarais donna la bénédiction ; mais un écrivain fait remarquer, qu'en cette circonstance, la communauté Bénédictine ne vint point au-devant de la procession, comme à l'ordinaire, et qu'à peine une minime partie des religieux se trouvaient dans les stalles, pendant la bénédiction
— A la même époque, Do m. Georges Petquam, après avoir fait poser la table de l'autel de Saiiite- Madeleine, qui venait d'être terminée, avait par un
1 Idem, idem. idem. — llist. m" coll. Aud. pag. 685. — Les Abbés de Saint- Berlin, tom. II, pag. 328. — Cette fète a été célébrée avec In plus grande pompe dans tous les Collèges de Jésuites. Nous avons également sous la main, le magnifique programme détaillé do la fète qui eut lieu, à Avignon, à la même époque. On y voit le génie de toutes les provinces, de toutes les villes : notamment le génie de Saint-Omer, portant, or, perles et diamants. — (Pag. 23. lig. 33).
* 11" de Clairmarais, tom. Il, pag. 404. — Voir les Abbés de Saint Berlin, tom. II.
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acte en forme, institué une association de prières, 1670—1688 entre son Abbaye et celle de Saint-filoi, près d'Arras
— Peu de mois auparavant (27 septembre 1672;, Georges s'étant trouvé à dîner avec Mgr de Bryas, nouvel Évèque de Saint-Omer, qui avait manifesté le désir de voir l'Abbaye de Clairmarais.... l'Abbé s'empressa de demander à Sa Grandeur de lui accorder l'honneur d'une visite, ce qui fut gracieusement accepté. Au jour fixé les mesures furent prises pour que le Prélat reçut au monastère la réception la plus courtoise ; l'Abbé envoya le receveur 1). Dominique Boey, pour se procurer tout ce qui était nécessaire et pour accompagner Monseigneur l'Evêque. . . . L'Église fut parée comme aux jours de fête et les cierges allumés ; un prie-dieu orné de velours, à glands d'or, attendait le Pontife, à gauebe au milieu du sanctuaire ; les cloebes ébranlées, annoncèrent son arrivée.... La communauté en corps, croix et bannières en tète, était debout à la porte de l'Église, où elle reçut Monseigneur avec toutes les cérémonies en usage pour la première visite de l'Évêque diocésain.... L'Abbé fit de son mieux, à Sa Grandeur, les honneurs de sa maison l, lui procurant tous les renseignements, tous les agréments qui étaient en son pouvoir 2.
— C'est au gouvernement de Georges Petquam,
» M4' inédit de Clairmarais, tom. Il, pag. 405-406. 1 M" de Clairmarais, tom. II, pag. 406.
hi70— 1688 que se rapporte la concession faite au monastère de Clairmarais d'un grand nombre de reliques ,1 672], le Père Vanrieste, ancien Provincial des Jésuites et alors Recteur du collège de Saint-Omer, étant sur le point de partir pour Home, vint offrir ses services à l'Abbé qui lui témoigna l'intention de réclamer des reliques au Souverain-Pontife Clément X.... Dom. Petquam profita de cette occasion favorable pour en doter son Eglise, il pria le Père Jésuite d'être son interprète auprès du Père commun des fidèles, ce qui fut gracieusement accepté et fidèlement accompli ; le Pape daigna se montrer libéral envers l'Eglise des Jésuites, celle des iTsuIines de Saint-Omer, celle de Clairmarais et autres.
Au bout de 8 mois, le Père Yankieste, de retour d'Italie, annonça à Georges Petquam le succès de ses démarches auprès du Saint-Père, ajoutant que les reliques obtenues arriveraient dans quelques temps, par la voie de terre, ce qui ne manqua pas ; deux ou trois mois après, le Recteur reçut le trésor auquel il attachait tant de prix : les reliques destinées aux Jésuites, consistaient en plusieurs ossements de Sainte- Dorothée, de Sainte-Valérie , de Saint- Primian et de Sainte-Donat, martyr l, celles qui . furent accordées à Clairmarais, étaient : le corps de M Saint- Primitif, martyr, avec une fiole contenant du [I sang de ce saint; un os du bras de Saint-Primian et un os à peu près semblable, du bras de Sainte-
• Idem, idem, idem, pag. 407.
Valérie; I). Dominique Boey; reçut un petit os du bras de Saint-Alexandre, martyr, et D. Guillaume Lecomte obtint également la moitié d'un grand os, du bras de Saint-Donat, martyr 1.
— Le R. Père donna aux Dames Ursulines, une caisse entière pleine d'ossements de Sainte-Publicie, vierge et martyre.
Tout les précieux ossements rapportés de Rome à cette occasion, furent conformément à la règle, soumis à Monseigneur l'Évèque, qui les examina et qui par lettres patentes adressées aux fidèles, autorisa leur exposition à la vénération publique '1673; 9. Aussitôt, l'Abbé désirant que la première cérémonie de l'exposition solennelle du corps de Saint-Primitif fut présidée par le Ponlife diocésain, qui venait d'être transféré à l'Archevêché de Cambrai, fit disposer sans délai, une magnifique châsse ciselée, en argent, pour y placer les reliques du saint martyr. Un majestueux autel s'éleva rapidement au milieu de la grande nef, et Monseigneur de Bryas \ officiant pontitïcalement, le 23 juillet 1675, plaça les reliques dans la nouvelle châsse, en présence de la communauté et de plusieurs personnages de distinction
1 M" de Clairmarais. lom. Il, pag. 407 et 41U. * Idem, idem, idem.
3 Jacques Théodore de Bryas, d'une noble famille Artésienne, lut d'abord assesseur ou grand Conseil de Matines, il fit son entrée solennelle, comme Évoque de Saint-Omcr, le 11 juin 1672, et fut transféré à Cambrai, en 1G75, au grand regret do ses premiers diocésains: il prit possession do son nouveau siège, le 28 oitobrode la mémo année et mourut pleuré de« pauvres, lo 10 novembre 1691. — (llist. du Clergé de Franco, inm JV, pag. 37 et ?09).
1670-1688 invités à la cérémonie, ce dont il fut délivré un acte authentique, transcrit, par Berlin de Vissery, pages 408 et 409, nous le donnons plus loin aux pièces justificatives.
Le lendemain de l'exposition des reliques de Saint- Primitif, deux jeunes religieux soutinrent une thèse de philosophie qu'ils dédièrent à ce saint martyr; cette thèse imprimée sur satin, avec son image emblématique ornée de ses attributs, était intitulée : « Pfolosophia rationalis.... Forti , atqne inncto « Christi martyri Divo Primitivo, in solemni rch- « (juiarumsuarum translatione jubilan t i , has loti (jicœ positions DD. CC. que Frater Augustinus « Capel et F. Gregorius Desremets, préside, F. « Francisco leroulx philosophiœ professore in 67a- « romarisco die24julii, anno 4G1ù. »
Mais avant de refermer la châsse contenant les reliques du saint martyr, l'Abbé de Clainnarais eu réserva quelques parcelles, qu'il plaça dans un ancien reliquaire à cylindre droit et en cuivre doré, pour les donner à baiser au peuple, le Prélat en plaça une seconde parcelle dans une antre custode, qu'il plaça sur l'autel Saint-Bernard, près de h chapelle Abbatiale. En même temps, Georges Petqua.m institua dans son Église, une fête annuelle de Saint-Primitif; celte fête était annoncée la veille au Chapitre, | ainsi qu'on le voyait consigné en marge de l'ancien martyrologe manuscrit de l'ordre.
« A° calendas Augusti susceptio corpori* N" Pri- « mitivi martyris, t/uod procurante l)a Gcorgh
« Abbate. Homd hue delalum : summa tum cleri « tum pojmli aflluentiâ, in Ecclesid nostrd honori- « fice collocatvm est anno Domini 4615 l. »
Cet Abbé fit également placer un buste de ce saint martyr, clans la chapelle 3 et inscrivit le nom de ce saint dans les Litanies.
— On ne voit nnlle part pourtant, que le Chapitre général de Tordre ait autorisé la célébration de cette l'été à Clairmarais, et il est certain que l'initiative déjà prise à cet égard, par I). Georges Petquam, ne dura pas longtemps ; peu d'années près, ce culte était absolument éteint : on pense que cette suppression eut lieu, parce que cette solennité attirait beaucoup trop de monde à Clairmarais, notamment des cabaretiers établis sous des tentes, des boutiques de marchands et tout ce qui, par une cause facile a deviner, accompagne d'ordinaire la foule, ce qui occasionnait de la dépense au monastère et amenait des désordres 3.
— Cette même année 1673, pendant que Dom. Georges Petquam s'appliquait a établir le culte de ^Saint-Primitif, il faisait refaire la porte du petit ré- [fectoire, il plaçait une statue de la Vierge dans la salle des morts et recevait des novices, au nombre desquels nous voyons l). Martin Dubuisson, écrivain spirituel qui a reproduit en beaux vers latins, bien