Arch.déi>. de THure, II
documents n'est-il pas évident qu'ils dévoilent des plaies sur lesquelles il est inutile d'insister : elles se sont fait remarquer dans toutes les abbayes. Pendant plus d'un siècle, les religieux deGrestain, dans leur asile tout en désordre, et leur abbé commendataire s'agitèrent en procès soutenus de part et d'autre avec opiniâtreté.
Pour en revenir à Saint-Pavin ', que des pièces désignent par le titre de « messire Denis Sanguin, conseiller et aumônier du roi », il mourut au mois de mars 1670. « Il est ici mort depuis peu de jours, écrivait Guy Patin, un grand serviteur de Dieu, nommé M. de Saint-Pavin, grand camarade de Desbarreaux, qui est un autre fort illustre israélite, si credere fas est... Le curé de Saint-Nicolas n'a pas voulu donner l'absolution à M. de Saint-Pavin, qu'il n'ait auparavant jeté dans le feu son testament, à cause de la vie scandaleuse qu'il a menée et qu'il n'ait fait des legs pieux du bien qui lui restoit ~. »
La vie de Saint-Pavin n'avait pas été en effet exempte de scandales. Mais par quels legs en exprima- t-il ses regrets ? C'est ce que nous serions bien embarrassé de dire. Nous ne savons qu'une chose : le bénéfice de Grestain passa à son neveu, l'évêque de Senlis ; et ainsi l'abbaye fut possédée par la même famille pendant cinquante-neuf ans.
En 1637, du temps de Denis Sanguin de Saint-Pavin, on trouve dans l'abbaye de Grestain les religieux dont les noms suivent: Claude de Grosourdy, prêtre, prieur; Guillaume Le
1. Le cacliet de Denis Sanguin, abbé de Grestain, est mentionné par Demay, dans son ouvrage: Sceaux de la Normandie, n" 2800, p. 311. — La pièce indiquée par M. Demay figure au catalogue 133 de la librairie Dumont sous le n° 1107. Elle est revêtue d'un cachet armorié, mitre et crosse ; c'est celui dont faisait usage Saint-Pavin.
2. Lettres de Guy Patin, III, 740 (éd. de 1846). — Il est souvent parlé de Saint-Pavin dans les Historiettes de Tallemant des Réaux, II, p. 304, 317, 325 ; III, 256; IV, 3.
LES ABBÉS COMMENDATAIRES 1 f) 1
Chevalier, piêlre, cliantre ; Louis Jouas, prêtre, infirmier; Jean Le Painteur, prêtre, sacristain ; Jacques de Ghambourg, prêtre, et l^ierre (ion nier, sous-diacre.
C'est aussi à la même époque qu'un curieux procès s'éleva entre le curé de Carbec et les moines de (irestain ; instruit devant roilicialité de Lisieux il fut terminé par une transaction (5 février 1657). Dans ce différend il s'agissait de coutumes immémoriales qui obligeaient le titulaire de la cure de Carbec de venir en procession avec la croix et la bannière à l'abbaye de Grestain le 25 avril, fête de Saint- Marc, et les trois jours des Rogations, avant la fête de l'Ascension. Le même curé était en outre tenu de venir « en habit décent » pour aider à chanter la grand'messe le jour de certaines fêtes et le jour de la dédicace de l'église de Grestain '. La dernière indication se rapporte au 10 des calendes de septembre, le 23 août : en analysant les documents qui nous restent sur Grestain, on est obligé de relever la moindre particularité.
C'est encore faire connaître de menus détails que de mentionner l'incendie du 18 mars 1665 qui détruisit une partie du cloître et une haute salle, « le tout estant de 80 pieds de long et de 28 pieds de large ». Le prieur, Pierre-Louis Jouas, âgé de cinquante-deux ans, déclara aux commissaires-enquêteurs : u que viron neuf heures dn soir, le sieur de Morseng -^ ayant soupe avec luy et le sieur de Morseng, relligieux en cette abbaye, il convoya ledit sieur de Morseng, père, qui allait coucher avec ledit sieur de Morseng, relligieux, son fils, au dortoir, apercent dedans la cour pardessus le dortoir une grande lumière de feu et quelque apparence de fumée, ce qui d'abord lui ïi[ croire que c'estoit la comète, et estans passé dans le cloistre aux fins de voir plus facillement la comète, apercevant