‹ L'Abbaye de Notre-Dame de Grestain de l'ordre de Saint-Benoit à l'ancien diocèse de LisieuxChapitre 16 sur 185 · DONATIONS EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

DONATIONS EN ANGLETERRE

relij^ieux de Grestain de terres et de redevances dans ses immenses domaines. Au nombre des donations, on remarque deux manoirs situés dans le comté de SufFoîk : Hrelhenhnm et Gretinglunn '; cette dernière localité est aujourd'hui Cree/m^ marqué sur les cartes anglaises; ce nom est d'importation normande, nous y trouvons le souvenir de notre abbaye de Grestain -. A ce don était jointe une autre libéralité, celle de cinq cent quatre-vingt-huit hectares de terre environ, situés en un endroit nommé Ferlis^ et des droits d'usage dans la forêt de Pevensey près d'Hastings, au comté de Sussex, avec une maison et ses dépendances.

Mathilde de Montgommery, fdle de Roger de Montgommery et femme de Robert de Mortain, fit pareillement de larges donations à la communauté monastique qu'Herluin, son beau-père, avait fondée. Elle lui aumona l'église d'un village, plus quatre mille cent dix-huit hectares de terres situées en sept territoires différents. La charte de confirmation où nous puisons ces détails fournit de plus un renseignement qu'il est intéressant de noter, c'est le don fait à Grestain par Mathilde de Montgommery d'une maison assise à Londres : unani domum in London ciini omni cousueludine. Comment à ce texte dont les mots sont les plus simples est-on arrivé à attribuer un autre sens? Il est difficile de le dire ; mais on sait que jusqu'à présent dans divers ouvrages on lit que les religieux de Grestain ont possédé non point une maison mais une rue entière de Loiuh^es, laquelle leur valait un boisseau d'argent chaque année ^ La voix populaire grossit toujours les faits et le plus souvent les dénature.

i. Testa de Xeicill seii liher feiidormn ^I.oiulo:\ 1807, p. 28('), 29o, 296.

2. Au xiii-^ siècle, Creeting était dit être tenu « du fief des moines de IBernay », vers 1230, par Gérard, fils d'Arnold de Stanham, chapelain. — Voy. Bibl. de VEcole des chartes, XL, 227.

.3. De Sainl-Amand, Lettres d'un vntjarjenr, etc. p. 27o. — Canol, Essai sur l'arr. de Ponl-Audemer, II, -'iC(').

30 l'abbaye de notre-dawe de grestain

De tous les actes de générosilé répHndus alors sur Tabbaye de Greslain, les plus éclatants ont été ceux du petit-fils d'Herluin, Guillaume II, comte de Mortain, Ce « jeune seigneur, d'une grande activité et d'une capacité aussi distinguée que celle de son père était obtuse ' » se fit remarquer par le nombre et l'importance de ses donations. Grâce à ses libéralités, Grestain vit s'agrandir son domaine en vingt-neuf localités du royaume anglo-saxon, dans les comtés de Dorset, Sussex, Worcbester, Northampton, Buckingham, Hertford et Gornouailles. Nous nous contenterons de mentionner le manoir de Grafton, un prieuré, le patronage de dix églises et les droits y appartenant, la cbapelle du château de Berkhampstead, des dîmes sur onze paroisses; une superficie de onze cent vingt-sept hectares de terre,

La libéralité de Guillaume de Mortain combla de donations une infinité d'autres communautés religieuses. Ni les unes ni les autres n'en jouirent longtemps en sécurité. Des désordres, des violences éclatèrent en Normandie. Il y eut des rivalités, des haines entre les fils de Guillaume le Conquérant et pour ainsi dire un état continu de guerre. L'un deux, Henri, vainqueur à la journée de Tinchebray (1106), fit prisonnier son plus implacable adversaire, Guillaume II de Mortain, petitfils d'Herluin de Conteville, Il tut jeté en prison ; on assure qu il \ eut les yeux crevés et qu'il mourut en l'an 1134 après trente années d'une étroite captivité. Les moeurs publiques et privées étaient restées barbares.

Nous ne citerons plus que les noms de quatre bienfaiteurs de Grestain : Hugues de Cahagnes, fils de Guillaume (de Cahainges) qui était propriétaire de manoirs situés dans les comtés de Cambridge et de Northampton ~, Guillaume de

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