‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 102 sur 470 · Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p · texte numérisé non relu

Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p

8. « Dédit pro se obsides IV milites pro 7000 solidis » (Bernard Itier, p. 70).

114 LA COMMUNE DE LIMOGliS

été détruits par le roi d'Angleterre, Henri le Vieux, guand il était parvenu à s'emparer du Château, après la révolte de son fils (1185) ^*^ En ce temps de troubles continuels, une ville ouverte était peu en sûreté, et exposée aux insultes des gens de guerre qui tenaient la campagne. Les bourgeois, peu rassurés, voulurent donc rebâtir les remparts et demandèrent à Tabbé de Saint-Martial de leur fournir les fonds nécessaires à cet effet. Mais Tabbé Hugues, dont le prédécesseur Isembert avait toujours été du parti d'Henri le Vieux, et qui, par conséquent, n'était responsable en rien de la révolte des bourgeois, cause première des maux de la ville, refusa de participer à la reconstruction des remparts ^'\

Les bourgeois insistèrent, et, comme l'abbé ne voulait point céder, ils s'insurgèrent. Dans une émeute, ils pillèrent et violèrent les maisons dépendant du monastère ; puis, sortant de la ville, ils allèrent saccager ses récoltes, et s'emparer de plusieurs chevaux ^^\ L'abbé pour se faire rendre justice, s'adressa aussitôt à l'évèque de Limoges et à l'archevêque de Bourges, qui excommunièrent les bourgeois ^^\ Ceux-ci en appelèrent au pape. Mais Innocent 111 leur donnant tort ^^\ ils se soulevèrent de nouveau. Sans avoir égard aux foudres spirituelles, ils se livrèrent aux pires excès, et l'abbé effrayé dut quitter l'abbaye. La plupart des moines imitèrent son exemple ; quelques-uns d'entre eux restèrent pourtant à Limoges; mais, du 6 octobre 1202 au 22 juillet 1203, il ne fut dit dans le monastère qu'une seule messe par jour, sur le sépulcre de saint Martial ^^\

La situation était d'autant plus grave que des clercs s'étaient rangés dans le parti des bourgeois et, d'accord avec les consuls, célébraient

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