Bernard hier, ihid
l'abbé GUILLAUME DE JAUNHAC 12 5
uns voulaient voter pour l'abbé de Figeac; d'autres pour celui de Vigeois, d'autres encore pour celui de Tourtoirac. On mettait aussi en avant les noms du prévôt de La Souterraine ou de celui de Roussac, ou même celui de Guillaume la Conche, le célèbre orfèvre à qui labbaye dut tant d'oeuvres d'art ^'K Le chroniqueur Bernard Itier, qui était pour lors bibliothécaire du monastère, ne nous a pas laissé ignorer ses préférences pour l'abbé de Figeac, qui était le plus riche des concurrents et qui par sa naissance autant que par sa fortune pouvait être fort utile à l'abbaye <'\ Le choix du chapitre ne s'arrêta cependant sur aucun des noms mis en avant ; il se porta sur Guillaume de Jaunhac, prieur de Montmorillon. C'était un homme d'un esprit cultivé, mais d'une humeur inquiète ^^\
En 1223, il eut avec ses religieux de sérieuses difficultés, dont nous ignorons la cause. Pour les résoudre il convoqua en un chapitre général tous les prévôts et prieurs relevant de l'abbaye. Plus de centsoixante moines répondirent à son appel ; mais, bien loin d'apaiser le différent, ils lenvenimèrent, et plusieurs d'entre eux ne pouvant s'accorder avec l'abbé, en appelèrent au métropolitain. Guillaume de Jaunhac se préparait de son côté à recourir à l'intervention du Saint- Siège, et l'on pouvait craindre de nouveaux troubles dans le monastère, quand heureusement l'archidiacre Guy de Clausel ^^^ s'interposa avec les abbés de Baignes ^'^ et de Vigeois, et parvint après neuf jours d'efforts et de discussions à concilier les parties ^^K
En l'année 1225, Guillaume de Jaunhac fut aux prises avec son évêque, Bernard de Savenne ^^\ Celui-ci, se basant sur certaines lettres du Saint-Siège, prétendait avoir le droit de faire une enquête sur la con-
1. M. Duplès-Agier a publié dans ses Chroniques de Saint-Martial (p. 307) plusieurs pièces concernant Guillaume la Conche, et énumérant les œuvres d'art qu'il avait composées.
2. « Ego fateor libenter suscipere abbatem de Fijac, qui erat pecuniosor et nobilior et pro teniporis necessitate, ut multis videbatur, utilior » (Bernard Itier, éd. Duplès-Agier, p. 108).