Cf. pièce justif., n© XVIII
206 POUVOIRS DE l'aBBÉ
formalités nécessaires, il lui en coûtait généralement un millier de livres environ <"\
Avant le xvi« siècle, Tabbé de Saint-Martial possédait, outre les pouvoirs généraux de tout abbé Bénédictin, des privilèges spéciaux assez importants. Il avait rang d'évêque,. c'est-à-dire le droit de porter les attributs épiscopaux, de bénir les croix et les calices, de conférer certaines indulgences. Il pouvait encore concourir dans certains cas à Tadministratiori du diocèse, et donner son avis sur les questions les plus importantes ^^K Qjiand le monastère fut sécularisé, le siège abbatial conserva théoriquement toutes les prérogatives qui lui étaient attachées auparavant; mais, dans la pratique, les abbés n'intervinrent plus jamais dans les affaires intéressant le diocèse, et ils durent même engager une série de procès, — qu'ils gagnèrent, il est vrai, — pour faire reconnaître leur droit d'user des ornements épiscopaux et de porter la mitre <'\
Les abbés réguliers s'immiscèrent fort peu dans l'administration de la collégiale. La bulle de 1535 leur reconnaissait pourtant certains pouvoirs : celui de provoquer le chapitre, de présider ses délibérations, avec voix prépondérante en cas de partage, de nomrrier les titulaires de la plupart des bénéfices; elle les autorisait même, non sans quelques réserves <*^ à prendre contre les chanoines des mesures disciplinaires^^'. Mais, pour exercer leurs droits, les abbés auraient dû résider à Saint- Martial, et beaucoup d'entre eux, qui possédaient par ailleurs d'autres abbayes ou même des évéchés ^^\ n'étaient nullement enclins à venir habiter en Limousin d'une façon constante. Les uns et les autres, sauf de rares exceptions, se bornèrent à jouir paisiblement de leurs revenus, et usèrent bien rarement de leurs autres prérogatives. - -
I. C'est au moins le chiffre que Tabbé du Verdier donnait en 1616 (Bull, de la Soc. archêoL du Limousin f t. VIH, p. 112).
- 2. Voir la bulle d'Urbain II en 1097 (pièce justif., n9 IX), et bulle du pape Pascal II en ito] (Pflug-Harttung, Acta Pontifie. Romanor., 1. 1, p. 74).
3. Certains abbés, comme Pierre du Verdier (i 600-1652) engagèrent à ce sujet des procédures interminables. (Voir p. 184 et ss.)
4. Ils ne pouvaient exercer leurs droits disciplinaires qu'avec le concours d'une commission composée de quatre chanoines.