CHAPITRE m
DES MOYENS EMPLOYÉS PAR L'ABBAYE POUR REMÉDIER A LA DÉPRÉCIATION DE SON TEMPOREL
De Vimportance des redevances payables en nature.
On est presque tenté de se demander comment Tabbaye put résister aux crises monétaires et économiques que nous venons d'exposer, comment elle ne fut pas complètement ruinée dès le xv^ siècle. Nous avons déjà fait pressentir à quelles causes elle dut son salut. A côté des cens payés dans une monnaie dépréciée, elle possédait une grande partie de ses redevances qui devaient être acquittées en nature, et qui conservèrent leur valeur relative.
C'est ce que l'on voit nettement par un état de 1718^'^, où le chapitre déclare qu'il a perçu l'année précédente 2.489 setiers de seigle, 1.26 1 boisseaux d'avoine et 80 setiers de froment ^*\ Si les maisons du Château de Limoges payaient presque exclusivement des cens d'argent, beaucoup d'immeubles ruraux payaient par contre des cens en nature. Voici, toujours d'après les Gros Répertoires de l'abbaye, quelle était la proportion approximative des redevances qui pesaient sur les différentes catégories d'immeubles ^^^ :