Duchesne, Annales du Midi (t. IV, p
3 64 CHAMBON-SUR-VOUEIZE
Sainte Valérie, selon la légende Aurélienne, était une jeune fille de Limoges qui avait été convertie par saint Martial. Promise en mariage au gouverneur de la province, le duc Etienne, elle refusa de Tépouser pour rester vierge, et fut décapitée sur Tordre de son fiancé irrité. Elle fut enterrée à côté de saint Martial, dans le tombeau qu'elle lui avait donné ; mais, à en croire la tradition, le voisinage du grand évêque faisait tort au culte de la sainte. Les moines décidèrent donc de fonder dans le lieu de Chambon un petit monastère, qui lui fût spécialement consacré, et y transportèrent son corps en Tannée 985 ^'\ Le fait de cette translation est indéniable ; mais nous avons déjà fait les réserves les plus expresses sur la légende de sainte Valérie ^^\
La prévôté de Chambon prospéra sous Thabile direction des abbés de Saint-Martial, surtout après que Tabbé Aimery eut détruit, au milieu du x^ siècle, un château voisin, où résidaient une bande de gens de guerre, qui mettaient les environs à feu et à sang ^'\ Au milieu du xiii^ siècle, elle avait pris un grand développement, malgré les dettes nombreuses qui Taccablaient ^*\ Elle était habitée en moyenne par une trentaine de religieux ^^\ Les prévôts avaient sous leur dépendance plusieurs petits prieurés établis à Aubusson, à Felletin, à La Brousse, à Marval, auprès de Téglise de Sainte-Valérie à Limoges ^^■. Ils marchaient de pair avec les abbés de Vigeois, quoiqu'ils n'eussent que le titre de prévôt, et n'étaient pas sans exercer une certaine influence sur le chapitre de Saint-Martial. C'est ainsi qu'à deux reprises, en 12 16 et en 1272, celui-ci, ne pouvant s'accorder sur le choix d'un ^bbé, s'en remit à la décision de quelques-uns de ses membres, du prévôt de Chambon, entre autres ^'\
Sous le règne de Phillippe-Auguste, les prévôts cherchèrent à s'éman-
l'T Les nouveaux Bollandistes, dans les Analecta Bolîandiana (t. VIII, p. 279 et ss.) ont publié le récit de cette translation, écrit probablement par un moine contemporain. *2. Voir ci-dessus p. 18 et ss.
3. Adémar de Chabanne, ChroniqtUy 1. III, ch. 29. — Bernard hier (éd. Duplès-Agier, p. 41) a copié sur ce point la phrase même d* Adémar.