Et notamment par le comte Adalbert V
taille ^'^ et se révoltèrent contre leur prévôt G. de Montanègre. Celui-ci appela à son secours Tabbé de Saint-Martial, qui accourut à la Souterraine. Les bourgeois ne voulurent pas céder et essayèrent de se donner une organisation communale ^^^; mais Tabbé demanda au roi de France de vouloir bien intervenir. Les bourgeois, à cette nouvelle, firent serment de ne pas traiter. Ils se préparèrent à la résistance, fortifièrent le clocher de leur église, mirent les murs en état de défense, réparèrent les fossés, et attendirent pleins de confiance l'arrivée de l'armée royale. Les troupes du roi n'eurent pas de peine à s'emparer de la ville. Les bourgeois furent vaincus ; ils durent renoncer à leurs velléités d'indépendance, et faire amende honorable au monastère ^^\ Une douzaine d'années plus tard, en 1183, les esprits étaient suffisamment calmés pour que l'abbé Isembert, obligé de quitter l'abbaye de Saint-Martial devant une émeute des habitants du Château de Limoges, ait pu venir chercher un asile dans la prévôté ^^K
Les comtes de la Marche, malgré leur échec, recommencèrent leurs menées contre les moines dès le commencement du xiii* siècle. En l'année 1207, Hugues de Lusignan jeta le masque; il marcha à l'improviste contre La Souterraine, s'empara de la ville et rasa ses remparts, qui avaient été reconstruits quelque vingt ans auparavant. Mais, pour des raisons que nous ignorons, il dut se retirer au plus vite après ce coup de main ^^\
En 1216, l'ancien chapelain du roi d'Angleterre, dont on se rappelle les intrigues lors de la succession de l'abbé Hugues de Brosses, reçut la prévôté de La Souterraine, et se désista en échange de ses préten-
1 . Les moines venaient d'augmenter la taille probablement pour subvenir aux frais de la nouvelle église qu'ils bâtissaient auprès de la prévôté (Arch. de la Commiss. des monuments historiques, 1. 1, fasc. no X, p. 3).
2. Aucun texte ne parle posititement d'une commune insurrectionnelle qui aurait été établie par les bourgeois à cette époque ; mais on voit par un curieux procès engagé contre eux par l'abbé de Saint-Martial (Bibl. Nat., ms. latin 12746, p. 630), qu'ils avaient fait rendre la justice en leur, nom et exercé certains droits seigneuriaux, qui supposent bien un embryon d'organisation communale.
3. Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova Bibl. mss.^ t. II, p. 318.