‹ L'abbaye de Saint-Martial de Limoges;Chapitre 44 sur 470 · Lumbare aurcum, cum pretiosis gcmmis omatum » (ihid · texte numérisé non relu

Lumbare aurcum, cum pretiosis gcmmis omatum » (ihid

6. a Quidam homunculus ex ipsa civitate, cui nomen Proculus, arripuit gladium et eum in cerebrum ejus defixit.... De oleo beati viri [Martialis] quod in luccma accendebatur, in ipsa plaga

Ainsi se vengeait saint Martial de ses ennemis, et de pareils exemples n'étaient pas inutiles pour protéger les richesses que renfermait la crypte^ au moment où le Limousin allait être bouleversé par de longues guerres.

Le pèlerinage au VIII^ siècle pendant les guerres de Waiffre et de Pépin le Bref.

Nous arrivons maintenant à l'époque où les Francs vont essayer de subjuguer le midi de la Gaule, où les ducs d'Aquitaine vont lutter pour leur indépendance contre les derniers maires du palais, devenus bientôt les chefs de la dynastie carolingienne ^'\ Le Limousin se trouvait situé aux frontières du Midi ; c'était la marche des provinces méridionales; ce fut naturellement un des théâtres principaux de la lutte et quoique les chroniques fassent presque absolument défaut pendant cette période, il paraît néanmoins évident que la ville de Limoges fut maintes fois attaquée par l'un ou l'autre parti; il est fort à craindre que la crypte où reposait saint Martial n'ait été elle aussi pillée à plusieurs reprises.

Jusqu'au moment où Pépin le Bref monta sur le trône» en 752, la victoire resta presque constamment au Midi, et les ducs d'Aquitaine furent les maîtres du Limousin. A en croire un document, auquel on a longtemps accordé une grande confiance, et que l'on regarde aujourd'hui comme étant apocryphe, nous voulons dire la charte d'Alaon ^^\ le frère du duc Hunald, Hatton, et son fils, le comte Artalgerius, auraient été enterrés tous deux auprès de saint Martial, dans la basilique du Sauveur/'^ Nous ignorons sur quels textes le faussaire ingénieux qui

jussit deferri. Sed eadem hora, muitis cementibus flamma cum fumo de ipsa plaga exivit », (jhid.).

1 . M. Drapeyron a résumé Thistoire de ces guerres dans un opuscule intitulé : Les Carolingiens m Limousin.

2. Voir V Histoire du Languedoc (nouv. éd., t. II, coL 196) où M. A. Molinier a repris la démonstration de Rabanis, et prouvé d'une façon évidente que la charte d'Alaon était fausse, et avait été fabriquée au xviie siècle.

3. Stodilus, abbé de Saint- Yrieix « ex Lemovicensi Sancti Salvatoris basilica... comportavit ad novam ecclesiam béate Marie lipsanas Hatthonis, quondam Aquitanias ducis, ac fili sui Artalzarii comitis cum ceteris fidelibus » {Histoire du Languedoc, nouv. éd., t. II, preuves, col. 262).

fabriqua cette charte, s'est appuyé pour avancer un pareil fait ; mais son assertion est inadmissible. Comment supposer, en effet, que les ducs d'Aquitaine aient été choisir pour le lieu de leur sépulture, une église située aux frontières extrêmes de leurs États, une église exposée à être brûlée par les hommes du Nord au premier signal de la guerre? Cette invraisemblance a frappé le faussaire lui-même, et pour la réparer, il a ajouté que Stodilus, abbé de Saint-Yrieix, transporta plus tard les restes de ces princes dans l'abbaye d'Alaon, en Espagne.

M. A. Molinier et les nouveaux éditeurs de VHistoire du Languedoc, tout en répudiant la charte en question, ont pourtant admis la légende ^^\ et ont même attribué la fondation du monastère de Saint- Martial à Waïffre, qui l'aurait établi en l'année 768. Certains auteurs ont été plus loin encore, entre autres M. l'abbé Roy-Pierrefîtte, d'après lequel : <( Waïffre fit construire en l'honneur de saint Martial, l'église a du Saint-Sauveur, où sans doute les moines reconnaissants recueilce lirent à l'insu du roi Pépin son corps flétri par le poison, et l'inhu- « mèrent dans le sarcophage de granit, que l'ignorance populaire a dénomma depuis tombeau de Tève le Duc ^^^ ».

M. l'abbé Roy-Pierrefitte n'a apporté aucune preuve à l'appui de ses assertions ; nous ne pouvons donc les discuter. Quant aux auteurs de VHistoire du Languedoc, ils n'ont pu invoquer le témoignage que d'un document apocryphe : la charte d'Alaon, et d'un écrivain du xvii^ siècle, Catel ^^\ qui néglige de donner ses références.

La thèse soutenue dans VHistoire du Languedoc ou dans le mémoire de M. l'abbé Roy-Pierrefitte est donc bien faiblement étayée. Elle comporte, du reste, des invraisemblances et des erreurs matérielles telles que nous ne devons pas hésiter un instant à la rejeter.

A la date de 768, à laquelle Waïffre aurait, dit-on, fondé l'abbaye de Saint-Martial, il errait misérablement dans le Midi, battu constam-

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