Gallia Cbristiana, t. II, col
7. Brantôme, ch.-l. de c^" de Tarr. de Périgucux. Voir la Gallia Chrisliam, t. II, col. 1490.
8. Saint-Savin-sur-Gartempe, ch.-l. de c»" de larr. de Montmorillon, Vienne. Voir la Gallia Christianaj t. II, col. 1285.
52 LA FONDATION DE l'aBBAYE
le premier abbé, et grâce à ses efforts, grâce à ceux de ses successeurs, Saint-Savin devint rapidement un centre religieux, à bon droit réputé, dont rinfluence bienfaisante ne tarda pas à se faire sentir dans les provinces voisines. C'est ainsi qu'en 838 la règle bénédictine fut imposée par le roi Pépin d'Aquitaine ^'^ aux chanoines de Saint-Cybard ^*\ près d'Angoulême. En 848, dix ans plus tard, elle fut adoptée par ceux de Saint-Martial qui, à en croire les chroniques, agirent sans contrainte, et prirent l'habit monacal de leur plein gré ^^\
Comme Charles le Chauve se trouvait à Limoges, lors du carême de l'année 848, pour présider une de ces assemblées de grands et de prélats, si fréquentes à cette époque, les chanoines de Saint-Martial allèrent en effet le trouver, sous la conduite de leur supérieur, l'abbé Ainard, et lui demandèrent l'autorisation d'embrasser la règle bénédictine ^^\ Le prince l'accorda volontiers, quoique l'évèque de Limoges Stodilus s'y opposât, craignant de trouver dans la future abbaye une puissance rivale de la sienne. L'évéque dut pourtant céder aux instances du roi; mais il ne donna son consentement qu'en échange de riches présents '^\
Munis des autorisations du pouvoir civil et de l'autorité ecclésiastique, les chanoines revêtirent immédiatement le froc monacal. Un seul d'entre eux, le trésorier Geoffroy, s'y refusa, et fort de l'appui que l'évéque lui prêtait sous main, il parvint, lors du partage entre la nouvelle abbaye et le chapitre cathédral, des biens gardés jusqu'alors en