LA PONDATION DE L ABBAYE
commun, à s'emparer, au détriment de ses anciens collègues, du monastère de Saint-Junien ^'^ et de l'église de Saint-Pierre du Cbieyroix à Limoges ^^K Les nouveaux moines purent néanmoins, cette même année 848 s'organiser définitivement et procéder à l'élection d'un abbé ^^\ Par humilité, ils décidèrent de ne pas nommer un des leurs, et arrêtèrent leur choix sur Dodon, abbé de Saint-Savin, le successeur de saint Benoît d'Aniane *^\
L'abbé Dodon ne resta que trois ans à la tête des moines de Saint- MartiaP^^; en 851, il se démit de ses fonctions, pour aller diriger l'abbaye de Saint-Genoux en Berry^^\ En avril 853, il assita à un synode tenu à Soissons^'^; il mourut quelques mois plus tard, le 10 juin de cette môme année, comme nous l'apprend son épitaphe^^\
1 . Saint-Junien, ch.-l. de c©» de Tarr. de Rochechouart, Haute- Vienne.
2. « Joffredus vero thesaurarius, nolens relinquere seculum, tutus a Stodilo episcopo, monasterium S. Juniani et ecdesiam Cairoensem depredatione a jure S. Martialis disripuit... » (Adémar de Chabannes, Chronique, i. III, chap. XVIU). — « Monachi [S. Martialis] diviserunt cum canonicis S. Stephani possessiones antiquas quas olim dederat virgo Valeria, sed Joffredus abstulit S. Martiali ecclesiam Cairoensem et Comodoliacem seu S. Juniani (Geoffroy de Vigeois, éd. Labbe, Nova BihL rnss., t. II, p. 312).
3. Il nous faut indiquer brièvement, pour n'être pas obligé d y revenir, sur quelles bases nous avons établi notre chronologie des abbés de Saint-Martial. Elle diffère en effet, sur certains points, des listes publiées jusqu'à ce jour par la Gaîlia Christiana (t. II, col. 553 et ss.), ou par M. Tabbé Roy-Pierrefitte {Saint-Martial de Limoges), Nous avons suivi la Commemoratio ahbatum Sancti Marcialis qui indique exactement le nombre d'années pendant lesquelles chaque abbé administra le monastère, et la date de sa mort. Pour la période comprise entre 848 et 1025, elle offre deux synchronismes précis : d'après le premier, il y aurait eu en 952 — la loc année de l'abbé Aimon — un grand ihcendie qui aurait ruiné l'abbaye (éd. Duplès-Agier, p. 4) ; d'après le second, en 985 — la 12c année de l'abbé Guigues, le roi Lothaire serait venu à Limoges (éd. Duplès-Agier, p. 5). C'est grâce à ces deux synchronismes et aux mentions de la Commemoratio que nous avons pu conduire sans difficulté la chronologie des abbés de Saint-Martial jusqu'au xi« siècle. Nous ne nous sommes pas servis pour cette période du témoignage de B. hier, qui écrivait seulement sous le règne de Philippe Auguste. Il se servait du reste de deux sources différentes; aussi donne-t-il presque toujours pour la mort de chaque abbé et pour plusieurs des événements importants deux dates, différant généralement de dix-huit ou vingt ans, l'une concordant avec le témoignage d'Adémar de Chabannes, l'autre manifestement erronée.
4. « Noluerunt ex semetipsis abbatem constituere sed regularem abbatem S. Savini Dodonem, sibi abbatem elegerunt » (Adémar de Chabannes, Commemoratio, éd. Duplès-Agier, p. i).