‹ L'abbaye de Saint-Martin-aux-BoisChapitre 2 sur 25 · I. Origine de l'édifice · texte numérisé non relu

I. Origine de l'édifice

Au village de Ruricourt, aujourd'hui Saint-Martinaux-Bois, fut créée, vers la tin du XI" siècle, une abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin, dont les premiers chanoines vinrent du monastère de Saint- Quentin-lès-Beauvais. L'abbaye prit le nom de Saint- Martin de Ruricourt qu'elle échangea, vers la fin du XIIP siècle, contre celui de Saint-Martin-au-Bois, San dus Mavtinus in Bosco.

Au XVIP siècle, la ferveur était loin de régner parmi les chanoines réguliers de Saint-Augustin. Une reforme s'imposait. Elle fut accomplie par le Père Faurc. Sainte- Geneviève de Paris devint le siège de la nouvelle congrégation. Le P. Faure en fut élu supérieur général, le 10 octobre 1634. Les Augustins réformés prirent le nom de Génovéfains.

(i) Nous avons rédigé cette monograpliic à la sollicitation tic MM. V. RoguicrctTh. Lefclnrc, succcssivcincnt curés de Saint-Marlin-aux-Bois. Leur gracieuse hospitalité et leur concours empressé ont singulièrement facilité notre tâche. Nous sommes heureux d'a\-oir à leur en dire cordialement merci .

La réforme futintroduite à Saint-Martin-aux-Bois en 1644. Ce fut la dernière qu'opéra le P. Faure, sollicité par Monseigneur Augustin Potier, évêque de Beauvais, et aidé par le prieur Louis Minguet, « fort homme de bien qui estoit son intime ami depuis très longtems, parce qu'ils avoient étudié en Sorbonne ensemble. ))

L'église paroissiale de Saint-Martin-aux-Bois, ce vaste édifice élancé, qui domine le pays à plusieurs lieues à la ronde, est l'église de l'abbaye, d'où furent expulsés les Génovéfains en 1793.

2. Péril que courut l'église pendant les guerres du xv" siècle.

Il s'en est fallu de peu qu'elle n'ait été détruite pendant l'invasion anglaise. Un incendie, allumé par l'ennemi en 1445, dévora la majeure partie des bâtiments claustraux et fit un monceau de ruines de toutes les constructions en avant de l'église abbatiale, dont il lécha les murs. Cette église, non achevée encore, n'avait alors ni clocher ni portail. Un grand mur droit, percé d'une porte sans caractère, lui servait de clôture, comme aujourd'hui, en attendant des jours meilleurs, qui, hélas ! ne sont pas encore venus. Les amorces des arcades nous avertissent que les fonds manquent tou jours pour son achèvement. S'est-on proposé de terminer l'édifice par un vaste porche surmonté d'une salle de bibliothèque ou d'école, comme à Saint-Leu-d'Esserent ? Le champ reste ouvert aux conjectures.

Aux angles de cette façade provisoire, ont été ménagées des tours. Celle de gauche était jadis surmontée d'un clocheton. C'est là que sont les trois cloches et l'horloge.

Les cloches ont été fondues et bénites en 1889.

L'ABBAYK Bi: SAINT-MARTIN- AUX-BOIS 5

Toutes trois portent la même inscription (.i) :

- l'an 1839, j'ai été bénite par m' ktienne-louis maillard, directeur du grand séminaire de beau vais

assisté de pierre-françois carpentier, curé de

SAINT-MARTIN-AUX-BOIS, ET NOMMÉE ARMANCE-AGLAÉ PAR m''

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