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Le collatéral gauche

Si nous descendons au collatéral gauche ou du côté de l'évangile, nous trouvons dans la seconde travée la tombe de Louis de Bernetz, mort le 5 avril 1694, à l'âge de soixante-dix ans, après cinquante ans de profession. Un simple carreau en indique pareillement la place. On y lit :

HIC

JAGET

R. LUDOVIGUS

DE BERNETZ

OBIIT 5 APRilis ANno DNI

1694, ^Tatis 70,

PROFessionis 5o.

Tout auprès, une grande pierre appelle l'attention. Elle est tellement usée parles pieds des passants qu'il devient impossible d'en reconstituer l'inscription. A force de patience nous y avons déchiffré ce membre de phrase : Obdormivit in domino die VII mensis februariianno gratie MCCCC\ Il s'est endormi dans le Seigneur le 7 du mois de février mil quatre cent... Y aurait-il un chevalier couché sous cette pierre ? On croit y voir un bouclier, mais le nom reste une énigme.

Derrière la chaire, dans le mur du même collatéral gauche, à côté d'une arcade trilobée abritant une piscine, se voit une porte bouchée rectangulaire. C'était l'entrée d'une chapelle séparée de l'église et dédiée à saint Michel. Sa destruction ne remonte qu'à 1821.

Un peu plusloin, dans la dernière travée, avoisinant l'autel, a été construit un superbe mausolée, postérieurement à l'édifice, ce semble.

(( Deux niches faiblement en saillie surmontent la représentation de deux cercueils », dont on n'aperçoit que l'extrémité. Deux statues en pierre devaient se dresser autrefois dans les niches. C'étaient vraisemblablement les saints patrons des deux défunts. Quels étaient ces défunts ? Agnès de lYicot et Renaud, son fils, dont l'obit avait lieu à Saint-Martin-aux-Bois le 7 février, ou bien Pierre de Tricot, dont on célébrait le service anniversaire le 27 janvier, et pour lequel Renaud, son fils, servait annuellement à Tabbaye une rente de seize mines de blé à prendre dans

la grange de Tricot ? N'étaient-ce pas plutôt Renaud de Tricot, chevalier, et sa femme ? Renaud de Tricot n'est-il pas inscrit à l'obituaire^ le 29 mars, avec cette mention : C'est un très fidèle ami de l'abbaye ? Parmi les nombreuses aumônes qu'il lui a faites figure une rente de trente-deux mines de froment à percevoir chaque année en la grange de Tricot. IIIT Kalendas aprilis,obiit nobilisvir Reginaldus, miles de Tricot, fidelissimus amicus hujus ecclesiœ^ qui inter multa bona quœ nobisfecit, contulit triginta et duas minas Jrumenti ad refectionem /ratrum, singulis annis capiendas in nostra grangiade Tricot.

Nous nous contentons de poser la question (i).

Les cartulaires d'Ourscamp et de Saint-Corneille nous apprennent, il est vrai, qu'Agnès, femme de Baudouin de Fournival, avait pour suzerain Pierre de Tricot vers 1 145 (2); que, dix ans plus tard, Pierre de Tricot, fils de Raoul de Tricot, chevalier, et d'Aveline, avait un oncle appelé Renaud (3), et qu'en 1 190 le même Pierre de Tricot, ou un autre seigneur du même nom, acquérait la propriété du bois de Sainte-Marie, entre Tricot et Montgerain, en échange d'un terrain propre à bâtir qu'il céda à Girard, abbé de Saint- Corneille, avec une rente d'un muid de froment et une autre redevance en bois (4). Ces personnages pourraient bien être ceux dont parle l'obituaire ; mais il n'est aucunement prouvé ni que leurs tombes soient en l'église deSaint-Martin-aux-Bois, ni surtout qu'elles occupent l'emplacement dont nous venons de parler.

Les niches, dépouillées de leurs statues primitives, donnent maintenant asile à deux statues d'évêques fortement drapées, en bois. L'un de ces évoques est

(1) Archives de l'Oise, H. 193.

(2) Peigné-Delacourt, Cartulaire d'Ourscamp, DCCXXVIII, p. 446.

(3) Ibid., CCCXXII, p. 190.

(4) MoREL, Cartul. de Saint-Corneille, t. I, CLXXXIV, p. 285.

L ABBAYE DE SAINT-MARTIN-AUX-BOIS lo

pourvu d'une grande barbe. C'est saint Augustin. L'autre, imberbe, est saint Nicolas.

Une chapelle dédiée à saint Pierre termine le collatéral gauche. Elle est éclairée par une fenêtre à trois lancettes, surmontées d'un trèfle. Les trois baies sont ornées de colonnettes couronnées de chapiteaux à deux rangs de feuilles recourbées. L'autel en bois est du XVP siècle. Au contre-retable sont des colonnettes d'ordre composite. Un tableau sur toile en occupe la partie centrale. C'est la délivrance de saint Pierre, visité par un ange dans sa prison.

Deux statues en bois posées sur des consoles en pierre accompagnent l'autel. Du côté de l'évangile est saint Pierre tenant les clefs du ciel de la main droite et, de Tautre, un livre. Du côté de l'épitre est saint Paul, la main droite appuyée sur un glaive abaissé et la gauche portant un livre dans un étui en forme de sac. Sur chacune des consoles figure un écu tenu par deux anges. Malheureusement, cet écu ne porte plus aucune trace d'armoiries.

Devant l'autel de saint Pierre est la tombe du R. P. François Dary qui, après avoir été prieur de Notre-Dame de Montmoreb au diocèse d'Avranches, devint curé de Saint-Martin de 17 17 à 1720, et y mourut âgé de soixante-dix-huit ans, après cinquante ans de profession, le 19 décembre 1723. Un carreau nous donne son épitaphe :

HIC

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