‹ L'Abbaye du MontSaintEloi, 10681792Chapitre 22 sur 60 · NICOLAS DE DUISANS · texte numérisé non relu

NICOLAS DE DUISANS

Nicolas do Duisans, premier du nom. docteur en théologie, fut tiré du prieuré d'Aubigny pour venir administrer l'abbaye. Ce prélat entra en fonctions en 1324.

Ce fut sous son gouvernement qu'eut lieu la première invasion des Anglais en Flandre et en Artois. « Tel fut, dit la chronique, de Doresmieux, le comnience- » ment des grandes guerres entre les François et Anglais, qui durèrent cent ans et « plus , à la désolation de ce pauvre pays d'Artois. »

Les armées d'Edouard III et de Philippe de Valois pillèrent et rançonnèrent tous les habitants de l'Artois. Les possessions de l'abbaye reçurent un terrible échec ; l'abbé Nicolas mil tous ses soins à les protéger contre les hostilités sans cesse renaissantes; il plaça son abbaye sous la protection du duc do Bourgogne (1). Dans une lettre de Philippe, roi de France, donnée à Ilesdin le 10 juillet 1348, et adressée au bailli d'Amiens et à tous les justiciers du royaume, il est dit que pendant les guerres les religieux du Monl-Saint-Eloi eurent a souffrir des excès et des injures de plusieurs habitants d'Arras et d'autres villes de l'Artois, tant en leurs pei'sonnes qu'en leurs propriétés, notamment en leur maison d'Anzin ; plusieurs édifices furent abattus, le poisson de leurs étangs péché, etc., etc.

Le monastère, qui dépondait du bailliage d'Arras, se considérait par cette raison sous la sauvegarde du duc de Bourgogne, comte d'Artois; la ville, au contraire, ne voulant pas se soumettre a la juridiction de ce prince, ne reconnaissait pas à ses officiers le droit de faire rendre justice aux religieux. Ceux-ci, en l'absence du duc. occupé à combattre, s'adressèrent au roi de France. Philippe défendit en

(l) Dem.ui re, lom. iv, p. ICi et 1fi3.

Dans ses lettres du ? juin 134#, déposées avec les chartes d'Artois, .Nicolas déclare que < lad. » église en chef cl en membre», leurs personnes, officiers, familier», hiens meubles, possessions

> et héritages, étant au comté d'Artois, sont de toute ancienneté, et dont n'est mémoire du eon- • traire , en la spéciale garde du comte d'Artois , seul et pour le tout sang moyen à cause dud.

> comté , pour marquer à ses forteresses le jour et solennité de sainte Barhc , ou le dimanche

> plus prochain par chacun an se descharge en lad. abbaye par récréation aucuns crochets. »

conséquence aux majeur el échevins, au connétable des arbalétriers et à tous les habitants d'Arras et des villes voisines, de troubler les religieux du Mont-Saint - Eloi dans leurs possessions et privilèges.

Cette défense, émanée de l'autorité royale, ne pouvait porter préjudice au duc de Bourgogne, qui, en sa qualité de cmutc d'Artois, avait accordé une sauvegarde à l'abbaye ; le roi de France le déclara dans ses lettres (1).

Sous la prélature de cet abbé, la contrée cul à souffrir des désordres de la guerre, de l'ignorance et du vice . la misère publique arriva à son comble; cependant la sage administration de Nicolas préserva son monastère d'une partie de ces désastres. Après avoir gouverné l'abbaye pendant vingt - cinq ans, sept mois et vingt-cinq jours, il mourut le 25 mars 1350. Son corps fut déposé dans la chapelle des abbés. 11 est fait mention de ce prélat dans un manuscrit de Maillard, avocat au parlement de Paris.

Les grands prieurs de son temps furent Nicolas de Ligny, en 1325, et Jean de Marchienues, en 1348. Jean de Cambrai administra la maison de Rcbmives en 1329, et le prieuré d'Aubigny fut gouverné par Eustache de Singhin en 1324 et par Jacques d'Arras eu 1340.

Page 1