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Après avoir été Umgtrmps négligée. l'Aude de l'histoire locale a repris faveur. C'est surtout dans notre vieux Artois que ce noble élan se fait remarquer. Calais (1), Boulogne (2), Saint-0mer(3), ont leur histoire. Grâce aux travaux constants de la Société des Antiquaires de la .Morinie, la chronique d'Ardres et celle de Guines (4), si savamment écrites par M. le marquis de Godefroy-Menilglaisc , sont venues
(I) Collet, Notice historique sur l'état ancien et moderne du Calaisis, de l'Ardresis, etc., etc., etc. — Dlmotieh, .limâtes de Calais.
(i) J.-B. Bertrand , Précis de l'Histoire de Boulogne et de ses environs, depuis les Morin* jusqu'en 1811.
(3) Jean Uerheiss, Histoire de la tille de Suint-Omrr. PiEns et autres. (I) Chronique de Guines et d'Ardres, par Lambert, curé d'Ardres, 918-1203, par le marquis HE Gontrntv-MEMLCLAISE, publiée en 1835 par la Société des Antiquaires de la Morinie.
faire briller un jour nouveau sur les foits intéressants que ces lieux ont vu s'accomplir.
iN'os plus petites localités, souvent dépositaires de monuments de toutes les époques, sont explorées chaque jour par la commission savante et zélée des Antiquités départementales. Toutes ont été tirées de l'oubli où l'indifférence les avait laissées longtemps enfouies , par l'auteur éclairé du mémorial historique de notre département. Au premier rang des souvenirs qui vivent encore au milieu de hous, se trouvent les monuments auxquels un sentiment religieux a donné naissance. Ces riches monastères, qui, dès le VII e siècle, furent des foyers de vertus et de civilisation, et qui devinreut, plus lard, si remarquables par leurs puissantes richesses et le généreux usage qu'ils en firent, ont fixé tout d'abord l'attention de nos écrivains. Les abbayes d'Arrouaise d'Anchin (2), de Saint - Hertin (3), ont été l'objet de longues et fructueuses investigations.
Elevé à l'ombre majestueuse des tours qui dominent les ruines de l'abbaye du Mont-Saint-Eloi, près Arras, nous sommes plus que tout autre intéressé à faire revivre dans l'esprit de nos contemporains le vif échu dont ce monastère a si longtemps brillé. .Nous n'avons pu résister au dé>ir de réédifier îi leurs yeux ce lieu si riche en souvenirs historiques , et qui fut , selon une ancienne chronique, un séminaire de saints évèqucs et de grands hommes. En effet, c'est dans cette abbaye que passa sa jeunesse un moine plus tard célèbre sous le nom du pape Adrien IV. C'est aussi de cette enceinte, que sortirent Jean, évéque de Thérouanne, Ursion de Verdun, Gérard de Tournay, Guillaume de Vicrzon. et Pierre de Colmieu, cardinal de Rouen, etc., etc. Les abbayes de Sainl-Médard, à Tournay, de Saint - Denis il Ftheims, de Saint - Aubert à Cambrai, de Saint- Wuhnar à Boulogne-sur-Mer, de Warncton, d'Anehin, d'Eaucourt , durent plusieurs de leurs prélats à ce monastère.
C'est une longue et intéressante histoire que celle des faits qui se rattachent à
(I l Histoire de l'abbaye d'Arrouaise, par l'abbé Co>se.
{1\ L'abbaye d'Anchin, 1079-1 7112, p.ir le doci.-ur K. Escautn.
Ct) Henri de la Plane, le* Abbés de Saint-liertin, 1*51.
l'existence du monastère du Mont-Saint-Eloi pendant près de onze siècles ; car, indépendamment de l'époque très-ancienne de son établissement , il est à remarquer que cette abbaye, mainte fois détruite et rebâtie, ne dut ses rééducations successives qu'à un levier puissant , la foi des peuples !
Remontant aux temps les plus reculés, uous avons parcouru pas à pas l'époque de la domination romaine, les premiers siècles de l'ère chrétienne, et enfin, les annales du couvent des Augustins du Monl-Saint-Kloi , depuis l'origine du monastère jusqu'au moment de sa destruction. Nous y avons relaté les faits importants qui s'y sont passés, et les événements militaires dont il fut témoin. Nous y avons enfin ajouté des détails précis et intéressants, puisés à des sources authentiques, sur la vie privée et les habitudes des religieux et sur les possessions et le chiffre des revenus du monastère, de manière à mettre sous les yeux du lecteur les différentes phases de gloire et de décadence qui ont marqué la vie de cette puissante maison.
Les événements n'appartiennent pas à l'écrivain ; rien n'est plus blâmable que d'altérer l'histoire ; aussi nous sommes-nous contenté de raconter simplement et fidèlement les faits tels que nous les avons trouvés. On a beaucoup écrit sur l'abbaye du Mont-Saint-Eloi : les notions que nous possédons ont été recueillies dans nos historiens de l'Artois et dans des documents originaux provenant de ce monastère. Grâce au généreux concours de notre ami M. Godin, archiviste du département, nous avons compulsé les archives du Pas-de-Calais, où sont déposés les titres des anciens monastères, les mémoires des sociétés savantes de notre province et les manuscrits que possède la Bibliothèque d'Arras. L'un d'eux , dit à la plume d'un abbé de celle maison, nous a fourni les principaux éléments de notre travail (1).
(I) Chronique de l abbaye du Mont-Sainl-Éloi, par André Levaillakt , in-folio. Papier. Écriture de dom Lf.pez, bénédictin de Saint-Vaast, N» 198 du catalogue des manuscrits de lu bibliothèque d'Arras. Une copie de ce manuscrit existe dans la bibliothèque de M. Godin, qui, avec sa complaisance si connue de tous nos bibliophiles, s'est empressé de nous la communiquer.
Ce manuscrit est cité par Valérc André, dans la Bibliothèque de Flandre, et dans celle de Foppens, Bruxelles, 1739, page 00.
Hcaucoup d'autres auteurs et de mi'iiiuires inédits ont été consultés par nous, aliii de remlre notre œum plus complète. Des amis éclairés nous ont cède les notes qu'ils avaient déjà rassemblées en grand nombre. Aussi distingués par leur savoir quepai leur obligeance, MM. d'Héricourt . Harbaville et Parenty ont bien voulu nous aider de leurs lumières et de leurs conseils. Qu'ils trouvent ici l'expression de notre reconnaissance!
N'ayant nullement le désir de retirer un avantage matériel de nos travaux, nous n'avons d'autre but. en livrant le résultat de nos recherches à la publicité, que de mériter l'approbation des amis de l'étude et d'être uu sujet d'intérêt pour ceux qui nous liront. Puissent les uns et les autres nous réserver une indulgence dont nous reconnaissons avoir grand besoin.
Ne serait-elle pas aussi pour beaucoup dans notre détermination cette sentence si douce à répéter :
Et piM est pat ri* fart» rrfrm Ltbnr ><l, (I ) «Juel doux trayait que de racooter l'histoire de son pays !