‹ L'Abbaye et l'église de S.-SavinChapitre 15 sur 18 · DERNIERS CURES DE SAINT-SAVIN · texte numérisé non relu

DERNIERS CURES DE SAINT-SAVIN

Joseph Aubin, curé de Saint-Savin avant la Révolution, refusa de prêter le serment constitutionnel, partit pour l'exil, et reprit la direction de sa paroisse après le concordat. Il est mort en l'année 1 829 . — Maurice Robert, chanoine honoraire, curé de Saint-Savin, nommé curé de Notre-Dame de Poitiers en l'année i838. — Fabien Dubois, curé de Saint-Savin, mort en l'année

Sepultiis est an. i5io, in ea parte claustri S. Savini quœ vicinior est Ecclesiœ. — Gallia Christiana.

Cette épitaphe se trouve encore, sous son arceau sépulcral, dans cette partie du cloître où l'on a construit la sacristie actuelle.

(i) Je crois devoir signaler ici un ouvrage ayant pour titre: Traité du sacerdoce et du sacrifice de Jésus-Christ, et de son union avec les fidèles dans ce mystère (in-4" de 642 pages, imprimés à Poitiers, en 1708, par Jean Fleurion et Jacques Faulcon, imprimeurs et libraires). Cet ouvrage, composé par le Révérend Père Léonard de Massiot. prieur de Saint-Savin, puis de Saint-Cypricn de Poitiers, apparemment pour en surveiller de près l'impression, est revêtu de nombreuses etsérieuses approbations. 11 faudrait le réimprimer à l'usage du clergé et aussi des élèves des grands séminaires, pour les préparer au sacerdoce. C'est incontestablement, sur celte matière, l'ouvrage le plus complet, le plus solide, et le plus éditiant que je connaisse.

de V Eglise A bbatiale de S.-Savin-sur- (Jartcmpe. 1 43

i86r. — Pierre-Aimé Lebrun, chanoine honoraire, curé actuel de Saint-Savin, 1887.

Terminons par le discours que nous avons adresse à notre Évêque, Monseigneur Bellot des Minières, les jours de sa première visite épiscopale dans notre église, le If) mars 1882, en la féiede saint Joseph. Cediscours est aussi, à sa manière, un document de notre histoire . non seulement parce qu'il résume tous les souvenirs sacrés et profanes qui se rattachent à notre monument, mais surtout parce qu'il constate deux faits qui ne sont pas sans importance pour une localité : je veux dire, Tentrée solennelle de notre Cardinal, en grand costume de Cardinal, qu'il avait tenu à revêtir pour la circonstance ; puis le lieu d'origine de notre Évéque actuel, par la célébration, dans notre église, le 29 janvier 1822, du mariage de son père et de sa mère qui était de Saint-Savin. Voici ce discours :

« Monseigneur,

a Ce n'est pas sans une profonde émotion que nous recevons pour la première fois, sous les voûtes de cette auguste basilique, celui qui non seulement est notre Évêque , mais aussi celui qu'à certains égards nous pouvons appeler notre compatriote. Ah ! c'est que le 29 janvier 1822, jour où deux époux chrétiens contractaient des engagements sacrés qui devaient nous donner un Evêque, sera désormais une date mémorable, à la suite des autres dates célèbres qui composent l'histoire de ce splendide monument.

« Cette gloire ne nous manquait pas complètement ; car, sans parler de nos illustres et saints personnages,

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tels que les Benoît d'Aniane, ami de Charles le Débonnaire et le premier Abbé du monastère de Saint-Savin, tels que les Hugues de Poitiers, les Odon et Bernon, fondateurs de Cluny ; les Bernard de Tyron et tant d'autres , nous avons eu deux évêques, l'un Florent d'Alemagne, Abbé de Saint-Sivin, prévôt et chanoine de votre cathédrale , l'autre Godefroy de Bellin, aussi abbé de Saini-Savin, et évêque de Poitiers eni6i i .

a Deux mois avant sa mort, recevant ici notre illustre et bien-aimé Cardinal Pie, je lui disais : « Un jour, Eminence, écrasant encore une fois les ennemis de la sainte Eglise, et vos opiniâtres adversaires, encore plus par la magnanimité de votre âme que par la force de votre esprit et la vigueur de votre argumentation, vous évoquiez la grande figure de Charlemagne. Eh bien ! Charlemagne, vous le retrouvez ici dans la mémoire du peuple, où sa légende a sa place entre les Évangiles et l'histoire de nos Saints ; vous le retrouvez dans cette antique fondation religieuse, l'une des plus célèbres et des plus importantes de notre France; vous le retrouvez ici, comme à Charroux (i), s'appuyant sur r Église pour gouverner les peuples, fixant là et ailleurs des centres religieux, comme de véritables centres de civilisation, et ne s'imaginant pas que plus tard, dans son empire, et depuis plus d'un siècle, on inaugurerait une politique que les païens eux-mêmes eussent réprouvée. Surtout vous le retrouvez ici aux pieds d'une grandeur en lace de laquelle il ne rougit pas d'abaisser son diadème impérial, ni d'incliner toute sa gloire et toute ta maieste : aux pieds de saint Savin, l'un des

(i) Voir, dans les Œuvres du Cardinal Pie, a la ans" page du i" volume.

de l'Eglise Abbatiale de S.-Savin-siir-Gartcmpe. 145

derniers martyrs des Gaules, et dont alors cette terre yardaa encore Tempreinte. »

« Sang précieux ! versé ici par des mains étrangères, et non pas par celles de nos aïoux ; sang fécond, qu'a bu cette heureuse con rée, et dans le sein de laquelle il a fait germer quelque chjse de plus inappréciable que les merveilles maiérielles qu'elle porte, la loi : la foi que saine Savin y a semée par sa parole, qu'il y a fait croître par son sang, qu'il y a conservée jus-iu'à aujourd'hui, par son puissant patronage, et qu'il y conservera, nous l'espérons, jusqu'à la tin Jcs temps dans toute sa pureté et dans toute son iniéi;ri;é.

tt Saint-Savin est donc une terre sainte, et sur laquelle on ne peut faire un pas sans y rencontrer un souvenir sacré. Saint-Savin est un pays éminemment traditionnel, et par conséquent un pays éminemment catholique. Aussi ai-je à remercier le Seigneur, non pas tant de m'avoir constitué le gardien d un des temples les plus remarquables de votre diocèses: ampla, nrnata , cathedralique haiid impar, a dit un de ses historiens ; non pas de m'avoir renJu le dépositaire, en quelque sorte l'héritier (et aujourd'hui l'historien) des précieux souvenirs sacrés et profanes qui s'y trouvent attachés; que de m'avoir constitué le pasteur d'un troupeau véritablement à la hauteur de toutes ces glandes choses. Il en conserve encore dans ses mœurs la vieille et respectable empreinte, la douce et bonne simplicité, le respect pour tout ce qui domine légitimement ; la foi surtout, malgré certaines apparences lI les au triste temps que nous traversons, et qui disparaîtront avec lui, la toi aussi profonde dans les cœurs que le sont, dans ce terrain qui nous porte, les racines

ADBt LEBRUN . 5

146 L'Eglise Abbatiale de S.-Sarin-siir- Gartempe.

de cette flèche admirable qui sert à notre basilique d'imposante façade.

« Entrez donc, Monseigneur, dans ce temple magnifique et qui consacre tous ces grands souvenirs ; entrez, et que tous nos saints Patrons se joignent à nous pour accueillir votre bienvenue. Nous avons hâte de recueillirtoutes les faveurs et toutes les grâces que vous nous apportez dans votre cœur d'Evêque, et qui débordent déjà partout de votre âme d'apôtre, sur tous les points de votre vaste et beau diocèse. Tous enfin, Pasteur et troupeau, nous avons hâte de nous incliner respectueusement et affectueusement sous vos saintes et paternelles bénédictions. »

L'Abbé Lebrun, curé- doyen de Saint-Savin.

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