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Chapitre 5- L'Exil. — Il peint la situation de nos

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prêtres déportés en Espagne, et spécialement celle du curé de Montierneuf. Il renferme un questionnaire sur l'état de la religion en France pendant les années 1795 et 1796 : les questions partentdel'exil et les réponses viennent de la patrie. Il renferme surtout une correspondance de douze années entre l'exilé et son frère, prêtre schismatique resté à Poitiers, sur les événements du temps. On en devine tout l'intérêt.

Chapitre 6. Le Retour. Notre héros., en prenant possession de sa paroisse de Montierneuf, dont il était le curé avant 1789, s'y trouve aux prises avec le schisme de la Petite Eglise. On cite dans ce chapitre des documents inconnus et des manuscrits qui font parfaitement connaître Tesprit de la secte et son histoire dans notre diocèse.

Chapitre 7. Le Curé. C'est le curé de Montierneuf reprenant ses fonctions pastorales dans son ancienne paroisse de Saint-Jean-l'Évangéliste , la restaurant moralement et matériellement, tirant de ses ruines sa magnifique église ; enfin mourant à l'âge de 91 ans, en nous laissant des paroles qu'on pourrait qualifier de prophétiques.

Dans son numéro du 14 février 1886, la Semaine liturgique du diocèse de Poitiers appréciait ainsi cet ouvrage, Un curé de Poitiers :

« C'est une bonne et belle page de notre histoire locale. L'auteur, par les personnages qu'il a mis en scène, avec la plus grande réserve pour sauver l'honneur de certaines familles poitevines, et aussi avec les nombreux et précieux documents qu'il a cités, a fait un tableau complet et saisissant de la Révolution française. Cette histoire dans son livre a tout l'intérêt d'un roman, à cause des péripéties, à cette époque

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(1749 1840) de la vie de son principal personnage. » Dom Chamard, l'historien religieux de notre temps et de notre pays, l'a ainsi apprécié dans une lettre adressée à Tauteur : « Maintenant que je l'ai lu (votre ouvrage), je puis dire qu'il renferme de très curieux documentssur la Révolution ;il est seulement à regretter que vous n'ayez pas cru pouvoir publier, môme en taisant les noms, une foule depièc-js intéressâmes que vous signalez... »

A cette appréciation du docte bénédictin nous joindrons celle d'un religieux français, alors exilé en Angleterre, dans une autre lettre où la sûreté du jugement s'ajoute à l'expression des sentiments les plus délicats et les plus exquis. Voici cette lettre, que nous citons tout entière :

« Sioug, 5 janvier 1886.

« Monsieur le Curé, , 1

« Je devrais dire peut-être : Monsieur le Doyen , ou, Monsieur le Chanoine. — Mais, puisque vous m'envoyez votre livre comme un souvenir de la patrie, vous ne m'en voudrez certainement pas de vous avoir conservé ce simple et beau titre qu'on vous donnait autrefois, et qu'on vous donne sans doute encore aujourd'hui dans ma famille.

« Je viens d'achever la lecture de votre volume ; il m'a bien intéressé. Le temps est aux monographies, comme on dit; et vraiment, à mon sens, ce système de réaction historique est excellent. Depuis cent ans on fait des histoires fantaisistes de la Révolution, pleines de

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passions, de préjugés, de mensonges : point ou presque point de manuscrits cités ; indications vagues ou renvoi à des sources dont on sait bien que le lecteur ne fera jamais usage ; affirmationsaudacieuseSj quoique dénuées de fondement. Avec les Monographies tirées des monumentsauthentiques,onestsûr d'avoir, comme vous ledites si bien, la vérité toute nue et sans les oripeaux dont on la couvrait autrefois. Alors cette vérité peut agir dans toute sa force sur l'esprit des lecteurs ; vos documents sont authentiques, nombreux, écrits par des témoins oculaires, bien placés pour constater les faits dont ils parlent : que peut-on désirer déplus, quand on cher. che loyalement à connaître toute la vérité ?

« De plus, au milieu des tribulations qui environnent les pauvrescurés,denosjours,sousun étatdechoses que la logique des événements devrait mener aussi, semblet-il, à un nouveau 93, votre héros sert à la fois d'encouragement et d'exemple: voilà un livre qui paraît bien à son heure.

« Au reste, on peut même dire que le héros n'est pas mort tout entier : defunctus adhuc loquitur; car il revit encore dans son petit-neveu, zélé comme lui, formé à son école, curé comme lui, chanoine commelui^ comme lui restaurateur d'une belle église; comme lui, j'espère, destiné à vivre 90 ans et plus.

«Veuillez agréer. Monsieur lecuré, avec mes remerciements, l'hommage de mes sympathies et de mon plus profond respect. Puisse Notre-Seigneur vous accorder, durant cette nouvelle année, pour vous et le cher Saint- Savin, des grâces toutes de choix et ses plus abondantes bénédictions! L. F. »

Le Journal delà Vienne et \e Journal de V Ouest , dans

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leur numéro du i*''et du 2 avril 1886, ont signalé ce livre comme « un chapitre des plus émouvants de notre histoire locale, et aussi comme une page précieuse de l'histoire de France, pendant la première révolution. » Enfin, dans un long article publié par la Revue Poitevine et Saintongeoise (33^ numéro, 1887) , par plusieurs journaux, et notamment par le Courrier delà Vienne, dans sonnuméro du 1 1 février 1887, Monsieur l'abbé Largeault commençait ainsi : « On a dit de ce livre qu'il a tout Tattrait d'un roman (i) ; il est certain que les péripéties qui se succèdent, les événements dramatiques qui se déroulent au milieu du sang et des larmes, les personnages divers qui passent leur à tour sur la scène, avec des physionomies tout à fait différentes ; — le style de l'auteur, concis, vigoureux, imagé, qui peint plutôt qu'il ne raconte, et son accent vrai et convaincu qui émotionne et persuade; — tout enfin est fait pour rendre attachante la lecture de ces pages, qu'on regrette d'être trop courtes... » Il termine en disant : « M. l'abbé Lebrun n'a pas seulement décrit la vie d'un individu ; il a fait en même temps, dans ces pages vivantes, Thistoire d'une famille poitevine pendant la Révolution; il fait connaître beaucoup de faits locaux intéressants ; il cite surtout des écrits du temps, très difficiles à trouver aujourd'hui. A ces titres, le livre que nous analysons rentre dans la catégorie des publications faites en province sur la Révolution, et il mérite d'y avoir une place marquée. »

(i) Semaine liturgique àe, Poitiers, i886, page 108. Poitiers. — Typ, Oudin.

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