SAINT BARTHÉLÉMY
Saint Barthélémy, barbu et les cheveux frisés, la tête entourée d'un nimbe, figure sur ce pilier. Ses pieds sont nus (l'un d'eux a été l'objet d'une restauration moderne). L'apôtre ne porte point de livre ; il est revêtu d'une tunique et d'un manteau, retenu sur l'épaule droite par une agrafe circulaire, et qu'il relève un peu de la main gauche. La main droite est levée à la hauteur de la poitrine.
Les hagiographes ne sont point d'accord sur le genre de mort de cet apôtre qui a été martyrisé dans la grande Arménie. Il fut crucifié, selon les uns, écorché vif, selon les autres. Cette dernière opinion a prévalu en Occident ; aussi, en iconographie, lui fait-on habituellement tenir un large couteau pour rappeler ce dernier supplice.
Sur le pilier du cloître de Moissac, le saint n'est caractérisé par aucun attribut. Il n'est désigné que par son nom gravé sur la partie plate de l'arcade qui l'abrite :
S[a»JC[/M]S BARTHOLOM[e«]S * APOSTOLVS
Des palmettes, identiques à celles de tous les autres piliers, et surmontées d'une ornementation imbriquée, décorent le tailloir.
Avec la description de ce pilier se termine l'étude entreprise sur le cloître de Moissac, considéré aujourd'hui, et à juste raison, comme l'une des merveilles du pays. On peut dire, sans exagération, que c'est le plus remarquable des monuments du même genre que nous ayons en France. Les nombreux dessins qui accompagnent le texte ont été des plus utiles pour en faire apprécier toute l'importance.