LS IKTODB BD BAL
écoutez- moi malgré tout ce que je souffre... Si demain , — demain, voua entendez ? — vous vous retrouvez encore dans cette maison , à cette lieure-ci, avec moi.», si vous n'avez pas suivi mes conseils... en un mot, si vous ne consentez pas à fuir,..
— Eh bien?
— Eb bien, Diane, moi, j'aurai ^essé de vivre?...
— Que dites-vous?.. •
~- Qu'il faut que vous m*aidiez vous-même à vous arracher au déshonneur... Demain, ouif demain dès l'aube, nous devons partir... Je me charge de tout ; je vous conduirai en un lieu sûr...
— Y pensez-vous!... Et que dirait votre mère?
•— Ma mère? elle m'approuvera, j'en suis sûr, d'avoir mis un abîme entre vous et le roi ; elle ira plutôt le trouver lui-même au besoin. Qui ! dussé-je ton t lui dire. » .> '
— Gardez-vous-en bien, Choisy, reprit mademoiselle d'Herfort les mains jointes. Oh ! je vous en conjure, n'abusez pas ici de la franchise d'un pareil aveu. Demain, oui, demain, je vous reverrai; peut-être serez-vous plus calme. Vous comprendrez comme moi quel
17â LE RETOUR DU BAL.
hasard fatal nous sépare. Ce mystère, dont madame de Ghoisy entoure ses résistances, vous l'aurez peut-être éclaircî. Moi, je dois obéir, je dois me soumettre à ses volontés, murmura Diane d'une voix faible.
— Assez, assez, Diane! laissez-moi, je souffre trop!
— Vous souffrez? demanda-t-elle en revenant à lui avec un mouvement de véritable intérêt. Oh ! Choisy, vous devez comprendre alors à quels déchirements un tel aveu a dû livrer aussi mon âme. Choisy, je vous aime ; mais comme un ami , un ange tutélaire... N'exigez pas de moi davantage. Votre mère Ta dit, je ne dois pas être à vous !
En entendant ces mots, Ghoisy essuya du revers de sa main une larme qui brillait à sa paupière, puis il se dirigea vers le seuil de sa chambre d'un pas résolu.
— Partez donc, lui dit-il, vous qui venez de refouler dans mon cœur mes plus douces espérances! Partez, ô Diane, et puisse le ciel ne pas vous punir d'avoir méconnu le plus saint et le plus triste des amours! Demain, si vous avez à me parler, vous me trouverez de bonne heure dans la chapelle. Adieu ! je saurai souf-* frir.