‹ L'abbé de Saint-PierreChapitre 7 sur 156 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

dant plus nombreuse et plus puissante, les grands alliés sont conviens que tous les souverains chrétiens seront invités d'y entrer par la signature de ce traité fondamental.

Éclaircissement,

If 1 . On voit dans cet article les neufs elTets principaux que produira certainement l'alliance générale et permanente en faveur de (ous les souverains chrétiens, et ce sont ces effets futurs qui sont les motifs présents du traité proposé, et les équivalents certains et infiniment avantageux qui leur sontofPerîs pour des prétentions moins grandes, très-coûteuses et trèsincertaines.

« 2 . Outre les motifs propres pour engager les souverains à former la grande alliance, on voit aussi dans cet article, comme base du traité, la convention de la possession actuelle et Vexé ■ cution des derniers traités.

« 3. 11 est visible que la possession actuelle et Texécution des derniers traités, étant établies pour point fixe, opèrent une renonciation réciproque aux prétentions réciproques qui sont destituées de possession actuelle et du droit que peuvent donner les derniers traités; parce que ces prétentions tendraient à diminuer quelque chose du territoire ou des droits dont chacun des souverains de la grande alliance est en actuelle possession. Mais cette renonciation est avantageusement compensée par les neuf équivalents, c'est-à-dire parles neuf grands avantages qui résulteraient tant de Fimpossibilité de la guerre que de la continuation perpétuelle du commerce et de la paix. Ces avantages sont expliqués plus au long dans les preuves de trois propositions suivantes.

« 4. On voit aussi, dans cet article, le premier moyen pour rendre l'union solide, qui est d'augmenter y le plus qxCil sera possible, le nombre des souverains -de la grande alliance : premièrement, afin qu'elle soit plus puissante qu'aucun souverain, et même que plusieurs souvei^ains qui voudraient la

traverser dans ses projets pacifiques; et, en second lieu, afin que le nombre des alliés soit suffisant pour former, avec plus de vingt voix, un arbitrage ou tribunal permanent pour terminer sans guerre les différends futurs.

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