UN DEPART DE SŒURS MISS IONN AIRES
Trois de nos Sœurs Adoratrices sont parties dernièrement pour la Chine par la voie du chemin de fer du Pacifique Canadien et des bateaux de la même compagnie sur l'Océan Pacifique.
A cette occasion a eu lieu, le 23 novembre dernier, dans l'Eglise du Très Saint Sacrement, une cérémonie sans précédent pour Québec. La ville entière y a accouru. L'Eglise n'a pu contenir qu'une faible partie de la foule qui longtemps avant l'heure indiquée arrivait de tous côtés et remplissait les rues a\ < usinant es.
Monseigneur l'Archevêque, entouré d'un très nombreux clergé, présidait ta cérémonie. Après avoir chanté un Salut solennel, il fit le sermon de circonstance. Son discours, plein de doctrine et d'onction, empreint d'une émotion qu'il pouvait difficilement contenir, a produit une profonde impression. Commentant ces paroles que l'on venait de chanter : Motutra te atw Matrem, Monseigneur B'est surtout appliqué a. faire voir aux trois Sœurs
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partantes que la Sainte Vierge, dont elles portent le nom et la livrée, doit être pour elles un modèle à suivre, l'étoile directrice de leur vie de Missionnaires de Marie.
Le sermon fini, les trois Sœurs partantes, agenouillées aux pieds de Monseigneur l'Archevêque, ont reçu sa bénédiction ; puis a commencé la partie la plus touchante de la cérémonie. Les religieuses de la communauté, suivies des Dames des familles intéressées, sont allées baiser les pieds des trois Sœurs, pendant qu'à l'orgue un chœur de religieuses chantait, avec un effet saisissant, des strophes de circonstance et le refrain suivant :
Partez, mes sœurs, adieu pour cette lie ; Portez au loin le nom de notre Dieu ; Xous nous retrouverons un jour dans la Patrie; Adieu, mes sœurs, adieu. . .
Cette scène, sublime dans son extrême simplicité, a remué tous les cœurs et fait verser des larmes à un grand nombre.
Les nouvelles missionnaires se sont mises en route dès le lendemain. Elles seront rendues en Chine vers Noël. Ce n'est qu'alors qu'elles sauront au juste à laquelle des diverses maisons de leur Institut elles sont destinées. Elles peuvent même être appelées, dans un avenir prochain, à remplacer celles de leurs compagnes qui, il y a un peu plus de deux ans, furent décapitées en haine de la foi.
Que les lecteurs de la Revue Eucharistique unissent leurs vœux et leurs prières aux nôtres pour obtenir du Ciel le succès de leur apostolat.