L.-F. Jauffret, au maire de Marseille
Marseille, 22 mars i833.
Par une lettre en date du 19 de ce mois, M. Floret, préfet du département du Var,me fait, dans l’intérêt de la bibliothèque de Marseille, une communication que je m’empresse de vous transmettre.
Il m’annonce qu’une dame, sa parente, héritière du savant abbé Rive, connu dans le monde littéraire comme l’un des
meilleurs bibliographes qui aient existé , désire céder ses manuscrits.
M. le préfet du Yar a la bonté de m’en adresser la notice imprimée que je connaissais déjà en grande partie par la Chronique littéraire des ouvrages imprimés et manuscrits de l’abbé Rive, qui parut à Aix en 1791 (1).
« Si la ville de Marseille , me mande-t-il , voulait faire « l’acquisition de ces précieux manuscrits, pour augmenter * les richesses littéraires et scientifiques déjà confiées à vos « soins, je vous serais obligé de me le faire savoir. »
Dans le cas contraire, je suis invité à renvoyer cette notice à Draguignan, pour que la dame à qui appartiennent les manuscrits puisse chercher à Paris l’occasion de les placer avec avantage.
Approuveriez-vous, Monsieur leMaire, que pour vous mettre à même de prendre une décision affirmative ou négative pour l’acquisition des manuscrits plus ou moins importants du fameux abbé Rive, je demandasse d’abord à M. le préfet du Yar quelques renseignements ultérieurs sur l’état de conservation dans lequel se trouvent les manuscrits annoncés ; et, en même temps, sur le prix que Madame sa parente veut y mettre P Comme M. le préfet du Yar ne m’a rien dit à cet égard dans sa lettre, il ne sera pas surpris que je désire, avant tout, avoir, sur ce point essentiel, quelques éclaircissements.
ri.