‹ L'abbesse de JouarreChapitre 30 sur 75 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

que notre passage à travers la lumière répond à une volonté du ciel, et que Tombre où nous allons entrer n'est que le revers d'un autre infini, comparable au sein d'un père. Merci pour ton acte de maître! Tu m'as rendue plus chrétienne que je n© l'étais. Je toucherai le rivage glacé toute moite encore de tes baisers ; je m'assoirai dans la nuit, à peine séparée de toi.

d'arcy.

L'amour, en effet, est la révélation de l'infmî, la leçon qui nous enseigne le divin. Pénétré de ton parfum, chère amie, je vais m'endormir rassasié de vie. La vie, grand Dieu ! comment pourrions-nous la supporter désormais? Fi de l'amour qui n'aurait plus le condiment de la mort !

JULIE

Oh ! que tu as raison ! Ce serait un rêve effroyable. Assure-moi que ce n'est jamais arrivé. Quel enfer s'il fallait revivre! C'est impossible, n'est-ce

pas? Ce n*est qu'à cette condition, entends-tu, que je me suis livrée à toi. La vie maintenant serait l'horreur.

d'arcy.

Sois rassurée, chère amie. Les lois de la nature changeraient plutôt que la volonté de ces tyrans.

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