‹ L'ABC de l'esprit et du cœurChapitre 37 sur 55 · LA NATURE · texte numérisé non relu

LA NATURE

HT. — La nature ressemble beaucoup à ces mères qui tuent leurs enfants ou qui les mangent ; elles n'en sont pas moins mères des petits qu'elles ont mangés.

La nature, en effet, vivifie et dévore; elle nourrit et elle aâame: c'est toujours la nature.

Si l'homme ne se défendait pas contre elle dès les premiers instants de sa naissance^ il périrait.

Lorsqu'on y réfléchit bien, suivre les indications de la nature c'est se montrer attentif à éviter le mal qu'elle tehd à nous faire; Nous avons, en effeti à nous présetvet duchaud^ du froid, de l'air, du tent^

de la gelée, de la pluie, du soleil, de rhumidité, du parfum des fleurs, de l'ombre des bois, etc.

La nature semble n'avoir pas oublié que l'homme est le dernier venu sur la terre, et ne pouvoir s'habituer à sa présence, à sa domination. Notre mort lui profite bien plus que notre existence, et elle y pousse. Elle a tous les caractères de la femme jalouse et vindicative. *

A cette expression, la nature humaine, je préférerais donc celle-ci : l'organisation humaine. — La nature et l'organisation semblent garder un air d'antagonisme, et il ne faut pas faire à l'une les honneurs de l'autre.

La société ne représente au fond que la coalition des hommes contre les refus, la mauvaise volonté et les hostilités de la nature.

Ambroise Paré n'a pas dit : « Je te panse et la nature te guaryt; » mais a Dieu te guaryt. »

La nature aime autant les animaux les plus vils que les hommes, en supposant qu'elle aime quelque chose. Toute dcslruclion l'engraisse, d'ailleurs, et lui restitue son bien.

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