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LES ABEILLES ET LEURS RAPPORTS AVEC LES FLEURS ET LES FRUITS

Pourquoi les fleurs prennent-elles des couleurs si variées et si éclatantes?

Pourquoi certaines espèces sont-elles si odorantes? Ce sont là des questions qui pourraient fort bien embarrasser une personne habituée à réfléchir. Celle

Lg. 13.—Section d'une fleur de pommier: a, anthères; ov, ovules: +, stigmate,

qu ne réfléchit pas suppose peut-être que ces choses ont été créées pour son phosir, Il est vrai que les fleurs, par la richesse de leurs couleurs, leurs formes ‘Leurs parfums, sont une source de grands plaisirs pour tous, jeunes ou vieux, murs c’est une erreur de croire que ce soit là le seul objet de cette beauté et de tte variété de couleurs. La raison d'être de la plante est la même que a ruison d’être de l’animal, savoir la perpétuation de l’espèce et de la race, et toute la plante, par sa conformation se prête à l’accomplissement de ce but.

C’est habituellement par leurs semences que les fleurs se propagent. Les semences naissent de la fécondation des cellules femelles de la plante par les cellules mâles. Les premières sont appelées ovules; elles se trouvent généralement dans une ou plusieurs cellules qui portent un organe collant que l’on appelle le stigmate. Les cellules mâles sont les grains de pollen qui se développent dans les anthères, portées sur les étamines. Donc, pour que la semence puisse se développer, il faut que l'ovule seit fécondé par la cellule mâle; cette fécondation s'opère par la transmission du pollen (les cellules mâles) des anthères à l'organe femelle (le stigmate). Dans la majorité des plantes les fleurs portent les deux organes, mâle et femelle, mais il est certaines plantes qui n'ont des fleurs que d’un sexe,

Fig. 14—Section d'une fleur, montrant comment se fait la transmission du pollen, des anthères à l'abeille et des poils de l'abeille au stigmate d'une autre fleur: a, anthères; », nectaire; 8, stigmate

On voit par ces faits, dont nous ne pouvons donner ici qu’un très bref exposé, que dans la majorité des fleurs la perpétuation de l'espèce dépend de la transmission du pollen au stigmate. C’est dans le but d'assurer cette transmission que les plantes ont développé de telles variétés de couleur, de forme et de parfum. Mais, nous dira-t-on, en quoi ces choses aident-elles à la propagation de l'espèce? Sauf dans certaines espèces, les fleurs ne peuvent se féconder elles-mêmes quand bien même les deux organes, mâle et femelle, se trouveraient sur la même fleur. Il leur faut avoir recours à l’aide d’un intermédiaire. Celui-ci est le plus souvent un insecte, et de tous les insectes, les abeilles sont les facteurs les plus actifs dans la pollination des fleurs, Mais les abeilles ne visitent pas les fleurs simplement pour le plaisir de le faire. I leur faut une attraction et cette attraction est fournie par le nectar sucré que les fleurs secrètent dans des organes spéciaux,

Combien ces connaissances nous rendent ce sujet plus intéressant! Les fleurs déploient leurs couleurs éelatantes pour attirer les abeilles à des repas cachés de nectar; c’est en effet par ses couleurs que la fleur se rend attrayante. C'est par ce moyen qu'elle attire les abeilles dont elle a besoin pour être fécondée, tout comme les baies attirent, par leurs vives couleurs, les oiseaux sur lesquels elles comptent pour répandre leurs semences. En entrant dans la fleur ou en en sortant, le corps velu de l'abeille se frotte aux anthères qui le saupoudrent de pollen; l'abeille porte ce pollen sur le stigmate femelle d'une autre fleur, assurant ainsi une fécondation croisée qui augmente la production de graines et donne lieu à des plantes plus vigoureuses. En retour de ce service, l'abeille exige le nectar et le surplus de pollen qu'elle transporte à sa ruche. L'espace nous manque pour étudier ici les moyens nombreux et merveilleux que les fleurs adoptent pour attirer les abeilles, pour les empêcher d'obtenir le nectar sans remplir leur rôle d'agent fécondant, pour les guider au magasin de nectar et les accommoder, tandis qu'elles prennent leur repas. Toutes ces choses forment une étude des plus intéressantes.

On peut juger, par cet exposé sommaire, de l'importance des rapports qui existent entre les fleurs et les abeilles. Quand il s'agit de plantes cultivées—

trèfle d'alsike où pommiers—on voit combien il est important que le nombre » fleurs fécondées soit aussi grand que possibie. Des expériences ont démontré que dans le cas des arbres fruitiers, la proportion de fruits qui nouent quand les beilles visitent les fleurs est de trois à quatre fois plus considérable que quand il n'y a pas d'abeilles, et dans le cas du trèfle d'alsike et du trèfle blanc ilne se prouit pas du tout de graine quand les abeilles ne peuvent visiter les fleurs. Il serait done inutile d'insister plus longuement sur l'utilité des abeilles dans la production des fleurs, des semences et des fruits.

Certa es fleurs produisent plus de nectar que d'autres et nous avuns déjà mentionné les diverses qualités de miel provenant des diverses espèces de plantes. En outre, certaines piantes produisent plus de pollen que d'autres. \u point de vue de l'abeille, la production abondante de pollen par les fleurs

ü s'ouvrent hâtivement, comme les saules, est un avantage, car le pollen est cessuire pour l'élevage du couvain.

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