ACTE CINQUIEME
RISCHENBACU.
Mais c’est toi qui es fou! Ah çà, tu ne comprends donc rien? Tu nepens donc pas toi, ce souffle de haine qui me pousse et t’enveloppe? Tu as donc attribué à l’intérét mes-
Î [uin de quelques sous volés à^pa pupille, le refus que je t’ai ail de sa- main ? Tu n’as pas compris la passion qui me remuait le cœur, qui enflammait mon cerveau' Mais, le jour où tu m’as fait la demande de sa main, j'aurais voulu te tuer, oui, comme je vais te tuer tout à l’heure, car il va falloir mourir.
GEORGES
Mourir? tué, assassiné par vous! Mais c’est de la démence» Karl! Que vous ai-je donc Fait?
RISCHENBACU.
Ce que tu m’as fait! Il demande ce qu’il m’a faitl Mais quel cœur glacé bat donc dans ta poitrine, Anglais? que tu ne comprennes point ma haine, que tu no sentos pas comme un volcan prêt à t’ensevelir, mon immense amour pouf Marguerite.
GEORGES
Marguerite ! tu oses aimer Marguerite !
R1SCHENBACH.
Allons donc I tu commences à comprendre.
GEORGES
Misérable !
RISCHENBACU.
Va! insulte-moi, ferme-moi la porte à tout repentir, barremoi le chemin à toute lâche hésitation, accable-moi. Je vais t’y aider. C’est moi qui suis lo voleur et le faussaire que tu cherches.
GEORGES
Toi, voleurf
RISCHENBACU.
Oui, moi ! oh I recule-toi avec dégoût, merci de ton mépris, il raffermit mon courage. J’ai pris... ah! oui; pardieu! j’ai vofé pour installer Marguerite, pour la rendre brillante et heureuse. Et tu viens te jeter entre nous I et tu me chasses de son cœur! d’un regard tu m’as tout ravi ! Je t’ai volé ton argent, tu m’as volé mon bonheur!... Je te le dis, il va falloir mourir.
GEORGES
Tu veux me tuer? •
RISCHENBACU.
Sans merci.
loa
GEORGES
Tu oublies la lutte, nous sommes jeunes tous deux, forts tous deux, elle bon droit combat avec moi; et je te flétrirai comme faussaire et je te livrerai au mépris de Marguerite.
' * R I S G H E N BA C !(. riant.
Appelle le bon droit à ton aide, j’userai de ma vigueur. Mes crimes té sont connus. Volontairement, je te les ai jetés à la face, pour arracher toute pitié do mon cœur. L’ablme est là,
Î irofond, insondable, sans issue possible. Toi, ton amour, le aux... dont tu me menaces, vous y serez bientôt ensevelis.
GEORGES, s’armant de son bâton ferré.
Viens donc, misérable I Marguerite, à toi,- ma dernière pensée !