LE REMORDS DE L'ASSASSIN
Depuis l'heure où j'ai mis en terre L'assassiné qui remuait, Un être frôlant et muet M'accompagne dans le mystère.
Je ne vis plus qu'en frissonnant, ('ar cet insupportable mime Qui surgit comme un revenant...
C'est ma victime 1
LE REMORDS DE i/ASSASSIN. 219
La scène du meurtre nocturne Parfois ressuscite à l'envers :
Je suis attaqué de travers Par ce fantôme taciturne; Et nous luttons : hideux combat Où l'épouvante qui m'opprime A la fin hurle et se débat Sous ma victime !
Voici que son grand œil inerte Nuit et jour se met à sonder Ma conscience découverte Et l'oblige à s'y regarder.
Hélas! je sens bien que l'on doit Tôt ou tard soupçonner mon crime..
Je suis dénoncé par le doigt De ma victime !
De sa plaie où. le couteau bouge, Suinte et pendille avec longueur
220 l'abîme.
La corrosive larme rouge Creusant la pierre de mon cœur; Et pour mon pas désordonné La terre entière est un abîme Où je pivote, environné Par ma victime !