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l'œil a été projeté en avant. A l'entrée l'œil est saillant et dévié en bas et en dedans. A la palpation le doigt perçoit entre le globe et le rebord orbitaire externe une tumeur dure.
La sensation qu’on éprouve est telle que l’on peut penser à une adhérence de la tumeur à l'os. Le globe oculaire est à peu près immobile, la papille ne réagit pas, la cornée, les tissus profonds sont intacts. La papille peut être vue, elle n’est pas œdématiée, ses bords sont nets, mais les veines se ressentent d’une compression dans le fond de l'orbite, car e'les sont augmentées de volume, sinueuses et de teinte foncée. Les artères sont intactes. Les phénomènes de compression semblent se faire sentir au sommet même de l'orbite et cet œil perçoit juste la lumière. Si l'œil lui-même est intact, il n’est est pas de même des conjonctives. Il existe en bas un chémosis énorme avec muqueuse rouge et désséchée par place. Ce chémosis est tel qu'au moment de l'intervention, quand on pratique la suture palpébrale, il est très difficile de faire rentrer la muqueuse œdématiée.
Un point intéressant de l’histoire clinique de cette tumeur orbitaire est le suivant : il y a 3 ans cette malade a été opérée d’un néoplasme du sein gauche par le professeur agrégé Gayet qui a bien voulu nous donner la note suivante « Opération le 4 février 1910 (Halsted). L'examen histologique fait par le laboratoire de la,Faculté donne la description que voici : « Sur certains points des coupes, aspect d’adénome « pur. En d’autres points, on voit apparaître peu à peu l'in- « filtration qui arrive à dessiner l’épithélioma typique tubulé. « Donc adénome devenu cancéreux. » Cette note ajoute que les ganglions axillaires ont été enlevés et que l’un d’eux était gros comme une noix.
Ajoutons encore que cette malade a été traitée pour sa tumeur orbitaire par des injections de cuprase. Voici, à ce sujet, ce que nous écrit le Docteur Masson : « Ces injections, au nombre de 8, ont amené d’abord une inflammation locale de réaction assez vive, puis la projection du globe en avant à diminué lentement en même temps que les maux de tête disparaissaient. » Le traitement a dû être interrompu pour des raisons d'ordre extra-méd'cal et la malade est entrée à l’Hôtel-Dieu.
18 janvier 1913. — Après anesthésie générale, on pratique l’ablation de la tumeur par une orbitotomie externe en utilisant le procédé décrit d’une manière définitive par le professeur Rollet :
« On pratique une incision curviligne avec la technique suivante
Suture palpébrale préalable permettant d'enfermer l'œil dans ses culs-de-sacs conjonctivaux indemnes pour éviter tout ulcère cornéen consécutif et faciliter l'examen de l'orbite profond.
Incision de 3 centimètres jusqu'à l'os. Section de l’aponévrose à la rugine concave. Exploration de l'orbite avec l’index, bien facile sans ostéotomie préliminaire, c’est-à-dire sans fracture esquilleuse. Dès l'ouverture du septum orbital, on tombe sur une tumeur granuleuse. On la détache de la paroi -osseuse sur laquelle elle est moulée et assez intimement unie. On la sépare aussi du cône musculo-sensoriel, mais dans le fond de l'orbite elle se prolonge très loin et quelques lobules restent adhérents. Les suites sont simples : au huitième jour, l'énorme chémosis qui existait avant l'intervention a disparu et seule une légère suppuration retarde la guérison complète.
L'examen histologique (Aurand) conclut à la nature métastatique de la tumeur : « Epithélioma à forme tantôt alvéolaire, tantôt tubulée, d'origine glandulaire, probablement métastatique. »
Pa malade quitte leservice le 22-février ;.V— Q: Papille décolorée, vaisseaux petits.
Le 12 avril 1913, la malade rentre à la clinique du protesseur Rollet, pour récidive de sa tumeur de l'orbite droit. Une nouvelle tumeur était apparue à l'angle externe de l’orbite. Il y a des céphalées et l'œil est immobile.
Le 15 mai, prostation intense, pas d’exorbitisme. Le 2% mai, mort. Opposition à l’autopsie.
Il y a eu des signes méningo-encéphaliques se traduisant par des alternatives de dépression et d’excitation.