Nous sommes membres les uns des autre
EpUre aux Philippiens, an de Jésus-Christ, 62 :
Ch. h, 7. Il s'est anéanti prenant la forme d'un esclave.
Epîire aux Colossiens, an de Jésus-Christ, 62 :
Ch. ih, 10. Revêtez-vous de l'homme nouveau.
i\. Où il n'y a de différence ni de gentil et de juif, ni de circoncis et d'incirconcis, ni de barbare et de scythe, ni d'esclave et de libre; mais où Jésus-Christ est tout en tous.
22. Serviteurs, obéissez en tout à ceux qui sont vos maîtres selon la chair, ne les servant pas seulement lorsqu'ils ont l'œil sur vous, comme si vous ne pensiez qu'à plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur et crainte de Dieu.
23. Faites de bon cœur tout ce que vous ferez, comme le faisant pour le Seigneur et non pour les hommes.
24. Sachant que c'est du Seigneur que vous recevrez l'héritage du ciel pour récompense, c'est le Seigneur Jésus-Christ que vous devez servir.
25. Mais celui qui agit injustement recevra la peine de son injustice, et Dieu n'a point d'égard à la condition des personnes.
Ch. iv, i. Vous, maîtres, rendez à vos serviteurs ce que l'équité et la justice demandent de vous, sachant que vous avez aussi bien qu'eux un maître qui est dans le ciel. »
Epitre aux Hébreux :
Ch. ii, 16. Il (Jésus-Christ) ne s'est pas rendu le libérateur des anges, mais le libérateur de la race d'Abraham.
Ch. xiii, 5. Souvenez-vous de ceux qui sont dans les chaînes, comme si vous éliez vous-mêmes enchaînés avec eux.
Après les Épîtres aux Églises, viennent les Épîlres de saint Paul aux compagnons de ses travaux , Timothée, Tite, Philémon ; les recommandations sont plus confidentielles, et l'apôtre donne à ses confidents les motifs de sa conduite :
lrt Epitre à Timothée, an de Jésus-Christ 6 4 :
Ch. i,9. «La loi n'est pas faite pour lejuslc,mais pour les méchants et les insoumis, les impies. . .
10. « Les fornicateurs, les abominables, ceux qui volent des hommes libres potir en faire des esclaves, etc. *.
1 C'est ainsi que dom Calmet et l'abbé dcVence traduisent. Quelques traductions françaises portent : les voleurs d'esclaves; les traductions anglaises disent : menstealers; le latin dit : plagiarii, le grec : cwJpxiro&anî;. Or les dictionnaires (V. Facciolali, Freund, Quicherat) traduisent comme don Calmet. Ce mot plagiarius, passé dans notre langue pour désigner le forban littéraire qui pille les œuvres d'aulrui, Tient non pas de plaça, coup, mais de plaça, filet. C'est un terme juridique qu'il faut interpréter par les textes de droit. Or ces textes nous apprennent nettement que le plagiaire était celui qui volait un homme libre pour en faire un esclave. Ce n'est que postérieurement et par extension qu'on a désigné par le même mot le voleur d'esclaves. Voici ces textes empruntés aux Pandectes, liv. XLVffl, tit. xv. De lege Fabia, deplaçiariis (Pothier, tome 10, p. 424). Cette loi Fabia ou Favia paraît antérieure à Cicéron, Or. pro Uabirio, n* 3.
D. Ulpibn, lib. I, Reçul. Si liberum hominem emptor sciens emerit,
Ch. vi, i. Que tous les serviteurs qui sont sous le joug, sachent qu'ils sont obligés de rendre loules sortes d'honneurs à leurs maîtres, afin de ri être pas cause que Von blasphème contre le nom et la doctrine de Dieu.
2. Que ceux qui ont des raiîtres fidèles 1 ne les méprisent point, parce qu'ils sont leurs frères; mais qu'ils les servent encore mieux parce qu'ils sont fidèles et plus dignes d'être aimés, comme étant participants delà même grâce.
EpUre à Tite, an de Jésus-Christ, 64 :
Ch. ii, 9. Exhortez les serviteurs a être bien soumis à leurs maîtres, à leur complaire en tout, à ne les point contredire.
10. A ne détourner rien de leur bien, mais à témoiguer en tout une entière fidélité, afin que leur conduite fasse révérer à tout le monde la doctrine de Dieu, notre Sauveur.
capitale crimen advenus eum ex lege Fabia de plagio nascitur, quo ven~ ditor quoqtte fit obnoxius, si sciens liberum esse vendiderit.
De même Dioclétien et Maximien, 1. XV, Cod. 20, h. tit. Liberum sciens conditionem ejus, invilum venumdando, plagii criminis pœna lenetur.
La même loi étend la peine aux voleurs d'esclaves ; un rescrit d'Adrien témoigne que cette analogie n'est pas incontestablement admise : Plane autem scire débet {judex) posse aliquem furli crimine ob servos alienos interceptes teneri, nec ideirco tamen statim plagiarium esse existimari (Callistr., lib. VI, De cognition.).
Plus tard la peine devient pécuniaire. Nais Constantin la maintient capitale contre les voleurs d'enfants, plagiariit qui vivenlium filiomm miserandas infligunt parentibus orbitales (l.XVI, Cod. 9, 20 h. tit.).
Il nous a paru utile d'établir le vrai sens de ce texte infiniment curieux de S. Paul, par lequel, assimilant aux criminels les plus abominables ceux qui réduisent en servitude un homme libre, il condamne l'origine même de tout esclavage, celui qui preud l'esclave, celui qui le vend, celui qui l'achète. Telle est d'ailleurs la prescription formelle de l'Ancien Testament, Exod, xxi, 16 : Celui qui aura enlevé un homme, et qui l'aura vendu, ou entre les mains duquel il aura été trouvé, sera puni de mort. Même loi Deuter, xxiv, 7.
1 Ce mot indique clairement que lo % 1 s'adresse aux serviteurs qui ont des maîtres païens, le § 2 à ceux qui ont des maîtres chrétiens.
H. Car la grâce de Dieu, notre Sauveur, a paru pour tous les hommes.
Nous omettons à dessein l'Épître de saint Paul à Philémon, pour y revenir un peu plus loin, après avoir cité les textes de saint Pierre.
r Epitre :
Cu. ii, 13. Soyez soumis pour l'amour de Dieu, à toutes sortes de personnes.
15. Car c'est là la volonté de Dieu que par votre bonne vie vous fermiez la bouche aux hommes ignorants et insensés,
16. Étant libres, non pour vous servir de votre liberté comme d'un voile qui couvre vos mauvaises actions, mais pour agir en serviteurs de Dieu...
18. Serviteurs, soyez soumis à vos maîtres avec toute sorte de respect , non-seulement à ceux qui sont bons et doux, mais même à ceux qui sont rudes et fâcheux «.
19. Car ce qui est agréable à Dieu, c'est que, pour l'amour de Lui, vous supportiez les épreuves injustes.
Les Épîtres de saint Jacques et de saint Jean ne contiennent rien de spécial sur la servitude, et, pourtant , comment ne pas rappeler, à propos de cette iniquité, ces admirables paroles ?
É pitre catholique de Saint Jacques.
Ch. ii, 8. Si vous accomplissez la loi royale en suivant ce précepte de l'Écriture : vous aimerez votre proclwin comme vous-même ; vous faites bien.
9. Mais si vous avez égard à la condition des personnes, vous commettez un péché.
1 On cite toujours ce texte, mais sans l'accompagner de ce qui précède et de ce qui suit : Liberi patientes injusté.
Ch. v, 1 . Vous, riches, pleurez, poussez des cris et des hurlements, dans la vue des misères qui doivent fondre sur vous.
\. Sachez que le salaire que vous faites perdre aux ouvriers qui ont fait la récolte de vos champs crie contre vous, et que leurs cris sont mou tés jusqu'aux oreilles du Dieu des armées.