‹ L'abolition de l'esclavage (volume 5)Chapitre 3 sur 72 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Dans la Géorgie, une loi interdisait l importation des nègres et celle des spiritueux ; il fallut l'abroger en 1 749.

Le Massachusets, le Gonnecticut, le Rhode-lsland, le Delaware, la Pensyhanie, purent s'affranchir à peu près de la contagion. Soutenus par des principes religieux plus vifs, ayant un besoin moins impérieux de travailleurs habitués au climat, ces États triomphèrent de l'invasion, de l'exemple et de la pression de la métropole.

Après la déclaration d'indépendance, lorsque les immortels fondateurs de la république américaine rédigèrent la constitution du 17 septembre 1787, loi qui la régit encore et assure au peuple le plus nouveau du monde l'honneur de posséder l'une des constitutions les plus anciennes, Jefferson, ayant proclamé en termes soleimels c< que les hommes mit tous été créés égaux et doués par leur Créateur de droits inhérents et inaliénables^ parmi lesquels la liberté j » JefTerson voulut ajouter un article qui condamnait l'esclavage.

Une majorité d'une seule voix repoussa cette déclaration.

Les intérêts l'emportèrent dès lors, comme depuis, sur les convictions des plus illustres pères de la liberté américaine. Washington affranchit ses esclaves par testament, Franklin écrivit contre l'esclavage, le grand juge John Jay et tant d'autres grands hommes partageaient le même sentiment. Mais, dans la crainte d'affaiblir ou de rompre le lien de la fédération, déjà si fragile, ils n'insistèrent pas, et le monstrueux hymen de la liberté et de la servitude fut consacré.

On déguisa comme une action honteuse cette disposi-

tion dans le silence évasif d*un sous-enlendu. Le mot à^esdavdge ne souille aucun article de la Constitution. On laisse prévoir l'abolition de la traite pour Tannée 1808 par ces mots de l'article V\ section ix, § 1 : « La migration ou Timportation de telles personnes dont l'admission peut paraître convenable aux États actuellement existants, ne sera point prohibée par le Congrès avant Tannée 1808. » En outre, dans TartideP', section u, § 3, qui distribue les représentants en proportion du chiffre de la population, on lit a qu'au nombre total des personnes libres il sera ajouté trois cinquièmes de toutes autres personnes. » Voilà tout! a Un étranger, disait Channing \ pourrait lire la Constitution sans soupçonner que Tesclavage existe parmi nous. »

Ainsi, la Constitution se tait sur Tesclavage comme TÉvangile; mais TÉvangile n'en parle pas parce que, devant lui, tous les hommes sont égaux ; la Constitution se tait parce que, devant elle, les esclaves ne sont pas des hommes !

Heureusement, le vent de la liberté qui soufflait en Europe se fît sentir en Amérique. Le Congrès américain de 1794 prohiba la traite ; le in^mQ principe passa dans les traités intervenus en 1814 et 1842 entre l'Angleterre et les États-Unis, mais sans que ceux-ci aient jamais voulu se soumettre au droit de visite, enfin abandonné à la suite des conflits et des négociations diplomatiques de

En même temps, les États du Nord donnèrent un méûiorable exemple. Dès 1780, avant la fin de la guerre

< Note sur une lettre à M. Clay, p. 549, édition Laboulaye.

de la révolution, la Pënsylvanie et le Massachusets votèrent Textinction graduelle de l'esclavage. Tous les États situés au nord du Ddaware imitèrent successivement cet exemple; il n'y avait plus, au recensement de 1820| un seul esclave dans sept États sur treize qui composaient originairement la confédération, savoir : la Pënsylvanie, le Massachusets, le Gonnecticut, le Rhode- Island, le New-Jersey, le New-Hampshire, le New-York.

L'esclavage restait confiné dans les six autres États : le Delaware, le Maryland, la Virginie, les deux Garolines et la Géorgie.

Mais, à celte époque, la fédération comptait déjà, dans ces six États seulement: 1,620,540 esclaves \ tandis qu'en 1790 elle n'en renfermait pas, du nord au sud^ plus de 670,655 ' en totalité.

Les dénombrements et les annexions ont porté à trente-deux les États de l'Union', partagés entre dix-

« Delaware 2,Î90

Haryland 90,568

Virginie 478,528

Caroline Nord 288,548

» Sud 584,984

Géorgie 581,622

(Helper, Compendium, tableau 12.) * Discours prononcé à Newhaoen en 1790 par le révérend James Dana. Bibl. de TÂrsenal, fonds Grégoire, documents anglais, t. 111.

» Sans compter trois ou quatre territoires, — Voici les dates, et, en quelque sorte, les extraits de naissance des États de TUnion :

1564. — Une colonie de protestants français, sous la conduite de Ribault, s'établit en Floride.

1565. — Saint-Àugustin, fondée par Pedro Melendez.

1584. — Sir Walter Raleigh obtient une patente et envoie deux navires à la cote qui reçoit le nom de Virginie.

1607. — Premier établissement de la compagnie de Londres à Jamestown (Virginie.)

sept États sans esclaves, et quinze États à esclaves , dont voici les noms :

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