ENSEMBLE
Air : Plaisirs de notre enfance !
RIGOB. sur la porte de l'auberge. THÉRÈSE.
C'est ma chanson, c'est elle; Ma mémoire fidèle, Quel moment pour mon cœur ! D'accord avec mon cœur. Ce souvenir fidèle Tous les jours me rappelle
M'annonce le bonheur. Ce refrain enchanteur.
THERESE
Ohl pour le coup ce doit être lui. . . j'ai reconnu son coup d'archet • • mais comment cela se fait-il ? . . . me voilà toute tremblante... {Elle regarde dans la maison^ et examine Rigobert qui en sort.) Oh ! comme il est bien. . . il a l'air d'un homme comme il faut. . . il aura fait fortune. . . je n'ose plus le reconnaître.
RIGOBERT , s' approchant.
Eh! quoi .. ma petite Thérèse .. {a part.) j'allais la tutoyer comme dans son enfance. . . Je ne sais pas pourquoi en la voyant si grande , si belle , je me sens intimidé. . . moi, timide î allons donc! {ïiaul, s'approckant encore,) Mademoiselle. . .
Monsieur . , .
RIGOBERT
Sexiez-vous cette aimable petite fille que j'ai connue autrefois ?
THERESE
Seriez-vous ce bon jeune homme que tout le monde appellait le mauvais sujet ?
RIGOBERT
Mauvais sujet. . . ce n'est pas moi.
THERESE
Et qui avait pour moi tant d'amitié ?
RIGOBERT
Ah ! c'est bien moi. . . Oui , je .suis l'ami de votre enfance , je ne vous ai jamais oubliée.
Air : Restez, troupe joUe.
Toujours aimable, encor plus belle, Thérèse, je vous reconnais; Et moi. . . . cette absence cruelle A donc, hélas! chaugë m<;s Iraitsi'
Ail ! vous devez me reconnaître ; J'aimais alors , j'aime aujourd'hui ; Ma figure a vieilli peut-être , Mais mon cœur n'a jamais vieilli.
Mais vous , Thérèse : combien vous avez gagné en grâces , eu attraits.
Vous êtes bien honnête i j'ai tâché de conserver et de perfectionner les qualités qui vous plaisaient autrefois.. . et VOUS; M. Rigobert ?
RIGOBERT
Oh ! moi , je cherche à me corriger de mes défauts ! j'y parviens... quelquefois : mais près de vous , j'y réussirai bien davantage... je ne veux plus avoir que de sages projets! je vous aimais, quand vous étiez petite : je sens que je vous aimerai toujours.
THÉRÈSE
Voilà les belles paroles dont vous amusiez ces dames... j'ai bien du plaisir à les entendre.
RIGOBERT
Ainsi , vous me permettez d'espérer...
THÉRÈSE
D'espérer !.. mais , mon dieu! ma tante qui me défend de parler aux voyageurs , et moi , qui depuis une heure , cause avec vous... sans adieu, M. Rigobert... vous le voyez, je n'ai pas oublié votre chanson.
SCEINE XI.
RIGOBERT, seul.
Suis- je assez heureux ! elle est à moi ! voilà comme il faut mener les affaiies... j'arrive, et un quart d'heure api-ès, me voilà marié!., marié... pas encore... j'oublie les embarras dont je suis entouré, ...mon créancier, mon débiteur : et toutes ces dames qui vont vouloir renouer connaissance! ce sera drôle... c'est égal, allons faire mes visites... je vais d'abord voir|rancien Bâtonnier des avocats, et sa femme. .. son fils a plus de dix ans,à présent! ce doit être
un bien joli enfant !.. et celle demoiselle Euphrasie, a qui j'ai fait une promesse de maiiage I c'est un titre exëcutoire , comme celui de M. Valentin; mais je ne me soucie guère de pu^er.
Air : Vaudeville de Philibert.
En affaires, quand on nous prête, Dans l'avenir nous espérons ; Tôt ou tard nous pajons Ja dette; Avec le temps viennent les fonds.
En amour, quelle différence !
Plus on nous accorde de temps , Et moins, lor.-que \ient l'échéance, Nous faisons honneur aux paiemens.