‹ L'absenceChapitre 10 sur 24 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Air : Plaisirs de notre enfance !

RIGOB. sur la porte de l'auberge. THÉRÈSE.

C'est ma chanson, c'est elle; Ma mémoire fidèle, Quel moment pour mon cœur ! D'accord avec mon cœur. Ce souvenir fidèle Tous les jours me rappelle

M'annonce le bonheur. Ce refrain enchanteur.

THERESE

Ohl pour le coup ce doit être lui. . . j'ai reconnu son coup d'archet • • mais comment cela se fait-il ? . . . me voilà toute tremblante... {Elle regarde dans la maison^ et examine Rigobert qui en sort.) Oh ! comme il est bien. . . il a l'air d'un homme comme il faut. . . il aura fait fortune. . . je n'ose plus le reconnaître.

RIGOBERT , s' approchant.

Eh! quoi .. ma petite Thérèse .. {a part.) j'allais la tutoyer comme dans son enfance. . . Je ne sais pas pourquoi en la voyant si grande , si belle , je me sens intimidé. . . moi, timide î allons donc! {ïiaul, s'approckant encore,) Mademoiselle. . .

Monsieur . , .

RIGOBERT

Sexiez-vous cette aimable petite fille que j'ai connue autrefois ?

THERESE

Seriez-vous ce bon jeune homme que tout le monde appellait le mauvais sujet ?

RIGOBERT

Mauvais sujet. . . ce n'est pas moi.

THERESE

Et qui avait pour moi tant d'amitié ?

RIGOBERT

Ah ! c'est bien moi. . . Oui , je .suis l'ami de votre enfance , je ne vous ai jamais oubliée.

Air : Restez, troupe joUe.

Toujours aimable, encor plus belle, Thérèse, je vous reconnais; Et moi. . . . cette absence cruelle A donc, hélas! chaugë m<;s Iraitsi'

Ail ! vous devez me reconnaître ; J'aimais alors , j'aime aujourd'hui ; Ma figure a vieilli peut-être , Mais mon cœur n'a jamais vieilli.

Mais vous , Thérèse : combien vous avez gagné en grâces , eu attraits.

Vous êtes bien honnête i j'ai tâché de conserver et de perfectionner les qualités qui vous plaisaient autrefois.. . et VOUS; M. Rigobert ?

RIGOBERT

Oh ! moi , je cherche à me corriger de mes défauts ! j'y parviens... quelquefois : mais près de vous , j'y réussirai bien davantage... je ne veux plus avoir que de sages projets! je vous aimais, quand vous étiez petite : je sens que je vous aimerai toujours.

THÉRÈSE

Voilà les belles paroles dont vous amusiez ces dames... j'ai bien du plaisir à les entendre.

RIGOBERT

Ainsi , vous me permettez d'espérer...

THÉRÈSE

D'espérer !.. mais , mon dieu! ma tante qui me défend de parler aux voyageurs , et moi , qui depuis une heure , cause avec vous... sans adieu, M. Rigobert... vous le voyez, je n'ai pas oublié votre chanson.

SCEINE XI.

RIGOBERT, seul.

Suis- je assez heureux ! elle est à moi ! voilà comme il faut mener les affaiies... j'arrive, et un quart d'heure api-ès, me voilà marié!., marié... pas encore... j'oublie les embarras dont je suis entouré, ...mon créancier, mon débiteur : et toutes ces dames qui vont vouloir renouer connaissance! ce sera drôle... c'est égal, allons faire mes visites... je vais d'abord voir|rancien Bâtonnier des avocats, et sa femme. .. son fils a plus de dix ans,à présent! ce doit être

un bien joli enfant !.. et celle demoiselle Euphrasie, a qui j'ai fait une promesse de maiiage I c'est un titre exëcutoire , comme celui de M. Valentin; mais je ne me soucie guère de pu^er.

Air : Vaudeville de Philibert.

En affaires, quand on nous prête, Dans l'avenir nous espérons ; Tôt ou tard nous pajons Ja dette; Avec le temps viennent les fonds.

En amour, quelle différence !

Plus on nous accorde de temps , Et moins, lor.-que \ient l'échéance, Nous faisons honneur aux paiemens.

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