Comptes des Bâtiments (Arch. nat.), années 1670 et
2. V. Jal, Dict., et la lettre de N. Vleughels en date du 10 octobre 1731.
non moins flatteuse pour les élèves que pour le maître1.
Errard reçut pour son voyage une assez forte indemnité, et à son retour, au mois de septem-
1 . Voici ces trois pièces inédites, qui se trouvent dans les Lettres à Colbert conservées à la Bibliothèque nationale :
« Monsieur, je n"ay pas voulu laisser partir le sieur Erard sans vous rendre les tesmoignages qu'il mérite d'un homme de bien et d'honneur, très-affectionné au service de S. M. et très-recognoissant des obligations qu'il vous a, et je profite avec bien de la joye de cette occasion pour vous supplier d'estre tousjours bien persuadé que l'on ne peut pas estre •avec plus de respect et de ressentiment que je suis. » Monsieur.
s Votre très-humble et très-obéissant serviteur. » Le duc d'Estrées.
» A Rome, ce 13 may 1673. «
» Monseigneur, je dois ce témoignage à la vérité que
M . Erard part de Rome avec grande estime, et sa bonne et
sage conduitte a acquis beaucoup d'honneur à l'Académie
royalle et de louanges au Roy. qui. en mesme temps que
S. M. triomphe à la guerre, fait aussi refleurir les arts et les
sciences.
» Je suis, etc.
» Louis de Bourlemont.
» A Rome, le o may 1673. »
« I presenti giovani dell1 Academia di S. M., che sono ritornati in Parigi, hanno voluto farmi quest honore di presentare a
lu2 L'ACADÉMIE DE FRANCE A ROME.
bre 1673, il fut hautement félicité du succès de son administration par l'Académie de peinture '.
Noël Coypel, désigné pour le remplacer, s'était rendu à Rome dès le mois de janvier de la même année, avec dix jeunes artistes : Antoine Coypel, son fils, Charles Hérault, Louis-Henri Hérault, Simon Chupini, Farjat, Charles Poerson, Tortebat, Pierre Monnier, Voulan et Jouvenet2. Le peu de temps qui s'écoula entre son arrivée et ie
V. E. una mia lettera, nella quale non posso abastanza esprimere quanto ne i buoni costumi délia vita e nell' amore dello studio siano sempre stati obedientissimi e diligentissimi, non tralasciando fatica ne incomodo veruno, ma sempre con una assiduita e amore indicibile; e di cio, dopo Dio, si deve la Iode ail' esquisita directione di monsu Erar, al quale non so io se in cio si potesse trovar compagno. Basta dire che sia stato scelto dal purgatissimo giudicio di V. E., alla quale inchinandomi profondissimamente fo riverenza. ■ Roma, primo giug0 1672.
» GlO. LORENTO BeRNINI. »
1. Procès-verbal du 2 septembre 1673. Errard avait déjà reparu et signé à la séance du 25 août précédent.
2. V. leur passe-port dans P. Clément, V, 541. Vers la même époque -furent envoyés, comme pensionnaires, Goy, Lespingola, Rabon, Verdier, Boulogne aîné, Ubeleski, Dorigny. (V. les Comptes des Bâtiments, et les Arch. de Part français, V, 275 et suiv.)
départ de son prédécesseur suffit pour amener entre eux des difficultés1. Mais Goypel n'était là que provisoirement : il avait, paraît-il, limité luimême la durée de son séjour à deux ans2, et au bout de ce temps, rappelé avec instances par sa famille, il remit à son tour la direction à celui qui la lui avait cédée. Son passage ne fut guère marqué que par l'installation de l'Académie dans le palais Capranica, qui se fit au mois d'août 1673. Ce déménagement coûta cent pistoles, et le loyer fut fixé à quatre cents écus romains, valant à peu près 1,400 livres de France. Il y eut, en outre, deux ateliers loués pour les travaux des élèves; l'un d'eux se trouvait dans la Longara3. Coypel. tout en faisant reprendre et continuer les travaux de moulage et de copie, peignit alors ses quatre meilleurs tableaux, représentant Solon, Trajan, Alexandre Sévère et Ptolémée Phiïadeïphe.
La seconde nomination d'Errard est du mois de mai 1675, et c'est alors que l'Académie de Paris fit changer le titre de recteur pour celui de directeur, qui impliquait, paraît-il^ des pouvoirs plus