‹ L'Académie des sciencesChapitre 12 sur 91 · RÈGLEMENT DU 23 MARS · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT DU 23 MARS

De par le roi. Sa Majesté informée que, dans les règlemens donnés à l’Académie royale des sciences, il n’y en avoit aucun qui s’expliquât sur ce qui concerne les Correspondants, qui néanmoins contribuent beaucoup, par leurs observations faites dans les différentes parties du monde, au progrès des sciences qui font l’objet de l’Académie. Elle a jugé que plus les distinctions qui leur ont été jusqu’à présent accordées les rapprochent des Académiciens, plus aussi il étoit nécessaire de régler la forme de leur nomination et de

s’expliquer sur ce qu’on doit exiger de ceux qui se présentent pour obtenir ce titre; et en conséquence, Elle a résolu le présent règlement qu’Elle veut et entend être exactement observé.

I. — On ne recevra pour correspondants que ceux qui auront donné à l’Académie une idée avantageuse de leurs connoissances dans quelqu’une des sciences qu’elle a pour objet, par des ouvrages de leur composition, par des dissertations manuscrites, des résolutions de problèmes, des observations astronomiques, des modèles ou dessins relatifs à la mécanique, des expériences de physique ou de chimie, des observations d’anatomie, de botanique, d’agriculture, et en général d’histoire naturelle, ou ceux qui auront prouvé leur zèle par une attention suivie à informer l’Académie de ce qui se fera ou se trouvera d’intéressant pour les sciences dans les pays qu'ils habitent.

IL — On n’accordera la correspondance qu’à ceux dont l’établissement sera distant de Paris au moins de dix à douze lieues.

IIL — Tout académicien pourra présenter à l’Académie celui qu’il jugera digne de la correspondance, en faisant connoître les motifs qui peuvent déterminer la Compagnie à l’agréer, et on ne procédera à la nomination qu’un mois après cette proposition.

IV. — Trois académiciens des classes dont les objets ont le pins de rapport aux connoissances, aux talens et au goût de celui qui a été proposé pour correspondant, seront nommés commissaires, pour s’informer si les règlements lui sont favorables ou contraires, et ils en feront leur rapport à l’Académie, dans l’assemblée pour laquelle l’élection a été indiquée.

V. — On procédera à la nomination des correspondants par voie de scrutin, et dans la même forme que pour l’élection des académiciens, en écrivant simplement sur chaque bulletin, Corm/jowdawce accordée ou Correspondance refusée.

VI. — Mais elle ne sera accordée que lorsque les deux tiers des voix au moins seront en faveur du sujet qui se présente; et dans le

I cas où le correspondant sera admis, les lettres lui en seront expé- \ diées dans la huitaine par le secrétaire de l’Académie, j VII. — Celui qui n’aura pas été reçu ne pourra être présenté de i nouveau qu’après une année révolue, pendant laquelle il se sera hiit i mieux connoître à l’Académie.

! VIII. — Lorsqu’un côrrespondant viendra à Paris, il aura séance à I l’Académie pendant l’espace d’une année.

IV. — Chaque correspondant sera lié plus particulièrement avec un t académicien qui lui sera nomme par l’Académie, et par la voie duquel I il pourra lui communiquer ce dont il aura à lui faire part.

V- — Un correspondant qui aura passé trois années sans en faire i la plus légère fonction, sans avoir même écrit à l’académicien auquel

E. Maindhon. t

L’ACADÉMIE des sciences

il est aüaclié, sera censé avoir renoncé à son litre, et en conséquence ne sera plus mis sur la liste des correspondans, à moins qu’on ne sache d’ailleurs que des maladies, des affaires importantes, l’jige, ou un trop grand éloignement, aient été cause de cette négligence apparente; cependant le présent article n’aura point lieu pour ceux qui, pendant une longue suite d’années, auront donné à l’Académie des preuves réitérées de leur zèle.

Fait et arrêté à Versailles, le vingt-trois mars mil sept cent cimiuante-trois. Signé LOUIS. Et plus bas, M. P. de Voyer u’Au-

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