‹ L'Academie des sciences et les ecademiciens de 1666 a 1793Chapitre 101 sur 136 · COULOMB · texte numérisé non relu

COULOMB

méritée que celle de Coulomb. Esprit clair et vigoureux, habile à suivre sans aucun détour la trace simple et droite de la vérité, tous ses travaux, excellents et définitifs, sont remarquables à la fois par l'importance du but, la solide simplicité des moyens employés et la netteté des résultats à jamais acquis à la science.

Employé d'abord aux travaux de la Martinique, puis à ceux du port de Rochefort, comme officier du génie. Coulomb resta longtemps éloigné de l'Académie. A l'âge de trente ans, il n'avait pas trouvé une seule fois la tranquillité nécessaire à de grands travaux scientifiques, mais il avait beaucoup vu et bien vu. Son génie, miiri par la réflexion, pouvait, en abordant les questions les plus difficiles, les suivre loin et les traiter de haut. Le savoir de Coulomb, qui n'apparaît que quand il le faut, se trouve à la hauteur de chaque épreuve et dans l'application du calcul mathématique à l'art de l'ingénieur, ses démonstrations, pour être simples et élémentaires, n'en paraissent que plus pénétrantes et plus fortes.

Un mémoire sur le vol des oiseaux, inséré dans le Recueil des Savcmts étrangers, présente des résultats curieux et importants, dont la démonstration fort élémentaire ne permet pas d'objections sérieuses, a L'objet de l'auteur, disent les commissaires Monge et Bossut, est de prouver que

non-seulement les forces des lioninies sont insuffisantes pour imiter le vol des oiseaux et soutenir ce travail pendant un certain temps, mais même cpiMl est impossible cju'un homme puisse s'élever dans l'air par la réaction de ce fluide contre des ailes.

« Ce mémoire, disent en terminant les commissaires, contient des recherches très-ingénieuses, les résultats qu'on y trouve sont très-curieux en euxmêmes et peuvent être utiles en ce qu'ils sont particulièrement propres à détourner d'entreprises nonseulement vaines mais même périlleuses; nous croyons qu'il mérite l'approbation de l'Académie et d'être imprimé dans le recueil des mémoires des savants étrangers. »

L'auteur est conduità conclure que « ce ne serait qu'avec des ailes de trente ou quarante mille pieds carrés que l'on pourrait imiter le vol des oiseaux et qu'on peut le regarder comme physiquement impossible. »

Les travaux qui suivirent sont de plus haute portée, .et la balance de torsion, commencement et modèle des appareils de précision en physique , fut l'instrument, presque parfait dès sa naissance, de la découverte des lois physiques les plus importantes.

Les lois de la torsion des fils et leur application à la mesure des plus petites forces est l'une des grandes découvertes de Coulomb. Il ne tarda pas à

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