‹ L'Academie des sciences et les ecademiciens de 1666 a 1793Chapitre 135 sur 136 · L'ACADÉMIE DEVANT LA CONVENTION · texte numérisé non relu

L'ACADÉMIE DEVANT LA CONVENTION

moires scientifiques, renvoyés suivant l'usage à des commissions. L'un deux, oublieux des progrès accomplis, demande môme un privilège pour faire imprimer son écrit. On lui observera ^ dit le procèsverbal, que l'Académie n'a plus et ne donne plus de privilèges.

L'Académie, déjà, est en grand péril ; l'irrésistible torrent, qui renverse tout ce qui s'élève, déracine tout ce qui résiste. Les plus prévoyants et les plus sages des académiciens veulent se taire et se faire oublier. Ils ne peuvent réprimer le zèle des confrères qui, empressés à rendre compte des opérations bien languissantes pourtant sur le système métrique, trouvent à la barre de la Convention l'occasion de vanter leur civisme et l'utilité de leurs travaux.

« Depuis longtemps, estimables savants, leur .répond le président dans la séance du J8 novembre 1792, les philosophes plaçaient au nombre de leurs vœux celui d'affranchir les hommes de cette dilïérence de poids et mesures qui entrave les transactions sociales et travestit la règle elle-même en un objet de commerce. Mais le gouvernement ne se prêtait point à celte idée des philosophes; jamais il n'am'ait consenti à renoncer à un moyen de désunion ; enfin le génie de la liberté a paru, il a demandé au génie des sciences quelle est l'unité fixe et invariable, indépendante de tout arbitraire, telle

en un mot qu'elle n'ait pas besoin d'être déplacée pour être connue, et qu'il soit possible de la vérifier dans tous les temps et dans tous les lieux. Estimables savants, c'est par vous que l'univers devra ce bienfait à la France. »

Par une rencontre fortuite, mais singulière, un décret qui suspend la nomination aux places vacantes dans les Académies est adopté dans la même séance. L'Académie, condamnée désormais, reçoit encore pourtant les demandes et les missions incessantes du gouvernement. On la consulte sur les voitures couvertes destinées au transport des malades, sur les perfectionnements à apporter au régime des hôpitaux et des hospices, sur le système monétaire, il suflîra, dit le comité des assignats et monnaies en parlant du système nouveau, d'annoncer aux nations que l'Académie des sciences en a jeté les fondements pour mériter leur confiance.

L'Académie est encore consultée sur la manière d'accorder l'ère de la République avec l'ère vulgaire, sur une machine de guerre, sur une nouvelle invention de boulets, sur un taffetas huilé propre à faire des manteaux poui- les troupes, sur l'idée d'établir plusieurs rangées de canons sur un même affût, sur la- conservation des eaux à bord des navires de la République, sur l'administration nationale des économies du peuple, sur la conservation des biscuits et des légumes à la mer. L'Académie

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