LEFÈVRE
théorie des satellites de Jupiter, tout cela se trouve longuement développé et traité à bien des reprises dans celte collection dont l'analyse formerait, si on le voulait, un traité complet d'astronomie. »
Nous avons dit ciuclle a été, dès la création de l'Académie, l'ardeur et le succès de ses premiers membres dans la poursuite des ti-avaux astronomiques. L'observatoire royal, construit pour rx\cadémie, était considéré comme une de ses dépendances, et la Connaissance des temps, constamment rédigée par ses meuibres, le fut depuis i702 sous la direction même et au nom de la compagnie tout entière.
M. le président, dit le procès-verbal du 7 janvier 1702, a nommé cette année, pour travailler à la Connaissance des temps, le père Gouye, MM. Sauveur, Homberg et Lieutaud. Ce fut en réalité Lieutaud qui fit tous les calculs et qui en resta chargé jusqu'en !l729.Godin, Maraldi, Lalande et Jeaurat lui succédèrent successivement.
Lefèvre, à qui le privilège de la Connaissance des temps fut brutalement retiré au profit de l'Académie, était un calculateur habile, choisi par Picard et formé à son école. Simple tisserand à Lisieux, il avait appris seul assez d'astronomie pour calculer les éclipses et les annoncer exactement. Picard en fut informé, et lui fit obtenir avec une petite pension le droit de publier chaque année la connaissance des mouvements célestes. Lefèvre vint à Paris et
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renonça au métier de tisserand, jusqu'au jour où l'inconvenance de ses attaques contre de La Hire lui fit perdre à la fois son privilège et le titre d'académicien.
La ville de Paris, pendant le xviii' siècle, compta presque constamment huit à dix observatoires sérieusement organisés pour l'étude du ciel , et occupés par des observateurs exei'cés, appartenant presque tous à l'Académie. L'observatoire royal , que l'on nommait aussi observatoire de l'Académie des sciences, logeait habituellement trois ou quatre astronomes. Bernoulli, qui le visita en 1767, n'y vit que Cassini ^de Thury, Maraldi; leurs collaborateurs, Legentil et Chappe, étaient partis alors pour observer, l'un dans l'Inde, l'autre en Sibérie, le passage de Vénus sur le soleil. Le titre d'astronome du roi mettait Lemonnier, à la même époque, en possession d'excellents instruments transportés presque tous à sa terre, située en Bretagne. Il conservait cependant et utilisait parfois chez lui, rue Saint- Honoré, les instruments de l'expédition faite en Laponie avec Maupertuis et Clairaut. Lalande observait au Luxembourg; mais le mauvais état des bâtiments le força de se retirer au collège Mazarin, dans l'observatoire construit pour La Caille, et où l'abbé Marie, alors professeur du collège, lui offrit ia plus large hospitalité.
L'École militaire possédait aussi un élégant ob-