BREVET POUR LE GRAND ATELIER
âuparayânt occupé Par le sieur du bourg, tapissier Du 13 Avril 1657.
Aujourd'huy 26. jour du mois de Mars 1657. le Roy étant a Paris, ayant par son Brevet du 6 May 1 656 accordé a rAcademie Royale de Peinture et Sculpture establie par sa Majesté en ladite ville de Paris, le logement qu*occupoit au dessus de sa grande Gallerie du Chasteau du Louvre le sieur Jacqrms Sarasin Sculpteur que sa Majesté avoit en mesme temps estably au Palais des Tuileries, à la charge de rembourser audit Sarasin la somme de deux mille livres qu'il avoit déboursée de ses deniers pour les réparations et accommodemens par luy faits audit logement sur Tasseurance que sa Majesté eut la bonté de donner a l'Académie de luy faire rendre ladite somme aussitôt que ses affaires le pourroient permettre et d'autant que sa Majesté a esté pleinement informée que ledit logement n'est pas assez grand n'y conunode pour faire les leçons en exercices de ladite Académie, laquelle pro*
DE PEhNTURE ET DE SCULPTURE. 251
duit de jour en jour un fruit très considérable pour l'instruction de la jeunesse et plus grande perfection des plus avancez dans lesdits Arts, désirant de plus en plus favoriser ledit établissement : Sa Majesté a accordé et accorde à ladite Académie Royale de Peinture et Sculpture Tattelier qu*occupoit c'y-devant au dessous de ladite Gallerie defTunt Pierre du Bourg l'un de ses Tapissiers Hauts-lissiers naguère décédé, pour dans ledit attelier au lieu dudit logement, dont sa Majesté a présentement disposé, faire doresnavant et tant qu'il plaira a sa Majesté les leçons, assemblées et autres exercices ordinaires de ladite Académie, suivant et conformément aux Règlements et Statuts d'icelle et pour cet effet y dresser et faire faire telles cloisons et accommodements qui seront nécessaires, et en cas que sa Majesté voulut cy-après se servir dudit attelier pour y rétablir la Manufacture desdites Tapisseries, sous quelque habile conducteur, Elle aura bien agréable de ne pas déposséder ladite Académie d'iceluy, sans luy donner un autre logement spacieux et commode, soit dans ladite Gallerie ou ailleurs dans ses Maisons Royales, ou du moins luy faire rembourser comptant avant que de desloger les deux mil livres, dont leur tenoit lieu le logement dudit Sarasin qu'ils quittent pour ledit attelier avec les réparations et accommodemens qu'ils auroient esté obligés de faire en iceluy pour s'y établir en conséquence du présent Brevet par lequel sa Majesté mande et ordonne au sieur Ratabon Conseiller en ses Conseils, Surintendant et Ordonnateur général de ses Bastimens, Arts et Manufactures, et a l'Intendant et Ordonnateur d'iceux en exercice de mettre ladite Académie en possession dudit attelier et l'en faire jouir tant qu'Elle l'aura agréable, m'ayant pour témoignage de sa volonté commandé d'en expédier le présent Brevet qu'Elle a signé de sa main et fait contresigner par moy son Conseiller
Secrétaire d'Estat et de ses commandemens. Signé Louis, et plus bas De Gdenbgadd. A coté est écrit veu le présent Brevet pour jouir de TefFet d'iceluy par ladite Académie selon rintention de sa Majesté. Fait ce 13 Avril 1657. Signé; Ratabon et Varin.
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ARREST DU CONSEIL
Contre certains estudiants qui avoient entrepris de tenir une Académie. Du 24. Novembre 1662.
Extrait des Registres du Conseil d'EstaJt,
Le Roy estant informé qu'au préjudice de Testablissement qu'il a cy-devant fait en sa bonne ville de Paris d'une Académie de Peinture et Sculpture qui y fait refleurir les Sciences et les Arts avec tant de progrez, qu'à présent il s'y trouve plus de personnes illustres de ces professions qu'en tout le reste de l'Europe, quelques esprits factieux et malveillants de ladite Académie se sont ingérez sous main de ramasser dans une chambre plusieurs petits garçons sous prétexte d'y faire faire école et leçon publique des Mathématiques, 'Géométrie Pratique, et perspective, et sur les deffenses faites ausdits prétendus estudiants, de continuer lesdites assemblées et de déclarer de qui ils étoient avouez, et dévoient recevoir les leçons, ils ont donné un mémoire non signé écrit de la main d'un nommé Bosse, soy disant Géomètre, et Académiste de ladite Académie Royale, lequel
après en avoir été chassé par son Incompatibilité et opinions contraires à la véritable manière de montrer lesdites Mathématiques, Géométrie Pratique, et Perspective, se licencie sous le nom desdits prétendus estudiants de médire de ladite Académie, de ceux qui la composent, et de blâmer tout ce qui s*y fait, ce qu'estant contre le respect qu'il doit à une Compagnie pleine de vertu et de science, establie, protégée et maintenue par sa Majesté, • même logée dans le Palais Royal avec pension bien payée, pour marque de Festime tres-particuliere qu'elle en fait, voulant y pourvoir. Oûy le rapport du Sieur Colbert Conseiller ordinaire au Conseil Royal, et Intendant des Finances, sa Majesté en son Conseil, a défendu et défend tres-expressement les assemblées desdits prétendus estudiants sous quelque prétexte que ce soit à peine de prison, et à tous propriétaires ou locataires des maisons de les recevoir à peine de cinq cens livres d'amande payable à l'Hôpital gênerai, deffend pareillement audit Bosse de s'ingérer d'aller se présenter doresnavant à ladite Académie Royale, de prendre plus la qualité d'Académiste de parler d'icelle qu'avec honneur et. respect, et de tous ceux qfui la composent, d'écrire aucunes lettres, libelles, mémoires, requestes, factums ne autres choses qui les regardent, à peine de prison, et en cas de contravention, veut sadite Majesté que par les Commissaires des quartiers le présent Arrest soit mis à deuë et entière exécution sans qu'il soit besoin d'autre, nonobstant oppositions ou appellations quelconques, desquelles si aucunes interviennent, sa Majesté s'est rései*vée la connoissance en sondit Conseil, et icelle interdite et deffenduô à tous autres. Fait au Conseil d'Etat du Roy, tenu à Paris le 24. Novembre 1662. Coilationné. Signé, Bechaheil.
(Page 138)
ARREST DU CONSEIL
Portaot injonction à tous les Peintres du Roy de s*unir à l'Académie, révoquant à cet effet leurs Brevets. Du 8. Février 1663.
Extrait des Registres du Conseil d*Estat.
Sur la Requeste présentée au Roy en son Conseil par les Peintres et Sculpteurs qui composent TAcadémie Royale de Peinture et de Sculpture, contenant que depuis l'année 1648. qu'il a plû à sa Majesté d'establir et autoriser ladite Académie afin d'y assembler en un Corps tous les habiles hommes de cette profession, et d'entretenir une émulation parmy eux qui les excite à se rendre capables de plus en plus non-seulement de contribuer à la décoration des Maisons Royales et autres grands édifices, mais sur toutes choses d'instruire la jeunesse dans l'estude desdits Arts, quoy que sa Majesté ait assez fait connoistre combien l'establissement de cette Académie luy estoit agréable par les grâces et les privilèges qu'elle y a joints dès le commencement, et qu'elle a depuis augmentez, en luy ordonnant un logement pour y faire ses exercices, et mille livres de pension pour son entretien, que mesme elle ait fait retrancher de l'état de ses bastimens grand nombre de ceux qui y est oient employez pour n'y en reserver que quelqu'uns qui ont l'honneur d'estre de ladite Académie, et qu'enfin pour témoigner davantage l'estime que sa Majesté a toujours fait de ces Arts et de ceux qui y excellent, Elle ait eu la bonté d'en honorer quelqu'un du titre de Noblesse et des Privilèges qui y
sont annexez : Cependant diverses personnes desquelles le mérite pourroit les y faire recevoir s'en tiennent sepa» rez, ou pour s'exempter de la peine des exercices publics que les Recteurs et Professeurs de ladite Académie sont obligez de faire, ou pour quelque autre considération d'interest particulier au grand préjudice de la jeunesse qui se trouve frustrée du fruit qu'elle pourroit recevoir de leurs instructions, à quoy estant nécessaire de pourvoir, requeroit qu'il plût à Sa Majesté ordonner que tous ceux qui se disent Peintres et Sculpteurs du Roy seront tenus de s'unir incessamment au Corps de ladite Académie, faisant deffenses à tous autres qu'à ceux qui sont de ladite Académie, de prendre la qualité de Peintre ou Sculpteur de sa Majesté, et qu'à cette fin toutes lettres et Brevets qui pourroient avoir été cy-devant donnés, pour raison de ce demeureront supprimez, donnant permission aux Maistres Jurez desdits Arts de continuer leurs pourr suites contre ceux qui ne seront point du corps de ladite Académie sans aucune exception. Tout considéré, et oûy le rapport du Sieur Colbert Conseiller au Conseil Royal, Intendant des Finances : Le Roy en son Conseil, a ordonné et ordonne que tous ceux qui se qualifient Peintres et Sculpteurs de sa Majesté,* seront tenus de s'unir et incorporer incessanmient au Corps de ladite Académie Royale. Faisant sa Majesté deffense à tous ses Peintres et Sculpteurs qui ne sont de ladite Académie de prendre ladite qualité de Peintres et Sculpteurs de sa Majesté coutre lesquels elle permet aux Maistres Jurez desdits Arts de continuer leurs poursuites, révoquant à cet efiTet toutes Lettres et Brevets qui pourroient avoir esté donnez cy-devant pour raison. Fait au Conseil d'Estat du Roy, tenu à Paris le huitième jour de Février 4663. CoUationné. Signé, Bossuet.
Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Na-
256 L'ACâOËMIE royale
varre : Au premier des Huissiers de nostre Conseil, ou autre Huissier ou Sergent sur ce requis : Nous te mandons et commandons que l'Arrest dont l'extrait est cyattaché sous le coutre-scel de nostre Chancellerie, cg Jourd*huy donné en nostre Conseil d'Ëstat sur la Requeste à Nous présentée par les Peintres et Sculpteurs qui composent l'Académie Royale de Peinture et Sculpture : Tu signifies à tous les Peintres et Sculpteurs qui ne sont de ladite Aca4émie, et à tous autres qu'il appailiendra, à ce qu'ils n'en prétendent cause d'ignorance, et fais pour l'entière exécution dudit Arrest, tous commandemens, sommations, deffensês sur les peines y contenues, et autres actes et exploits nécessaires sans autre permission, nonobstant toutes Lettres et Brevets qui pourront avoir esté cy-devant donnez, pour raison de ce, lesquels Nous avons révoquez; Car tel est nostre plaisir. Donné à Pans le huitième jour de février l'an de grâce 1663. Signé, Par le Roy en son Conseil. Bossdet : Et scellé du grand sceau de cire jaune.
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LETTRES PATENTES
Du Roy pour Papprobation et confirmation des Statuts et Reglemens de l'Académie Rqyale de Peinture et de Sculpture, plus amples que les précédentes, portant aussi donation de 4000 livres pour la pension des Officiers, et confirmation de tous les Privilèges cy-devant accordés par Sa Majesté, et les Roys ses prédécesseurs. Du mois de Décembre 1663.
Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre : A tous présents et à venir, Salut. Quelques
avantages que nous ayons remportez par le Traité des Pyrénées, toute TEurope sçait qu'en concluant la Paix générale à nôtre âge et au milieu de nos prosperitez, nous avons beaucoup plus considéré le repos particulier de nos sujets que nostre propre gloire. C'est aussi par l'effet de Tamour paternel que nous leur portons, que dans cette tranquillité universelle, Nous avons converty nos soins à leur faire goûter les fruits d'une Paix si désirée et si puissamment establie : Mais quoique nous ayons pourveu à leur soulagement par la diminution des impositions ; que nous ayons donné nos ordres pour le rétablissement du commerce, et que nous tenions la main à l'exécution, des Reglemens pour la distribution de la justice : Nous avons néanmoins estimé que pour rendre nostre royaume plus florissant, et mieux marquer l'abondance et la félicité de nostre règne ; Nous ne pouvions rien faire de plus convenable, que d'y faire cultiver les sciences et les arts libéraux ; et à l'exemple des plus grands Roys qui nous ont précédé, attirer ceux qui s'y trouveront exceller par des bien-faits et des marques d'honneur qui puissent donnei" aux autres de l'émulation, et les exciter à se rendre dignes de semblables grâces. Et comme entre les beaux-arts il n'y en a point de plus noble que la Peinture et la Sculpture, que l'une et l'autre ont toujours esté en très-grande considération dans nostre Royaume, nous avons voulu donner à ceux qui en font profession des témoignages de l'estime particulière que nous en faisons. Pour cet effet en l'année 1648, nous aurions estably en nostre bonne ville de Paris une Académie royale de Peinture et de Sculpture, à laquelle nous aurions accordé des Statuts et Privilèges, et iceux augmentés par nos Lettres du mois de janvier i 655, depuis lequel établissement ladite Académie estant notablement accrue par le concours du grand nombre de personnes qui estudient à se perfection-
ner ausditsÂrts, et la suite du temps ayant fait connoistre qu'il estoit nécessaire pour la manutention de ladite Académie, de luy pourToir d*un Règlement plus ample. Nous aurions bien voulu faire rédiger de nouveaux Statuts et Reglemens que nous voulons estre exécutez ; et pour plus grande approbation et confirmation luy accorder nos Lettres à ce nécessaires. A ces causes, de l'avis de nostre Conseil qui a vu lesdits Statuts et Reglemens cy-attachea sous le Contrescel de nostre Chancellerie, et de nostre grâce spéciale, pleine puissance et autorité Royale ; Nous avons approuvé et confirmé ; et par ces présentes signées de nostre main, approuvons et confirmons lesdits Statuts : Voulons et nous plaist, qu'ils soient gardez, observez, et exécutez pleinement selon leur forme et teneur. Et pour donner d'autant plus de marques à l'estime que nous faisons de ladite Académie, et de la satisfaction que nous avons des fruits et des bons succès qu'elle produit journellement, icelle avons confirmée et confirmons dans tous les privilèges, exemptions, honneurs, prérogatives et prééminences que nous luy avons attribuées, et que nos prédécesseurs Roys ont accordé à ceux de cette profession, et en tant que besoin est ou serait, lui avons de nouveau tous lesdits privilèges et exemptions accordé et accordons par ces présentes. A cet effet, et pour faire observer lesdits Statuts et Reglemens avec plus d'autorité, et rendre ladite Académie plus considérable, Nous, icelle et tous ceux qui en composent le corps, avons mis et mettons sous la protection de nostre très-cher et féal Chevalier, Chancelier, Garde des Sceaux de France, le Sieur Seguier, et Viceprotection de nostre amé et féal Conseiller ordinaire en nos Conseils, et en nostre Conseil Royal, le Sieur Colbert, intendant de nos Finances. Et pour donner plus de moyen à ladite Académie Royale de subsister. Nous luy avons, par ces mesmes présentes, fait et faisons don
de la somme de quatre mille libres par chacun an, pour estre lesdits deniers employez au payeovpnt des Pensions des Professeurs qui vaqueront à enseigner lesdits Arts de Peinture et de Sculpture, distribution des prix, payement des modèles, et autres frais qu'il conviendra faire pour Taugmentation et entretenement de ladite Académie; de laquelle somme de quatre mille livres, employ sera par nous fait annuellement dans l'état de nos bastimens, et en conséquence nous avons fait et faisons tres-expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de quelque qualité et condition qu'elles soient, d'establir des exercices publics desdits Arts de Peinture et de Sculpture, de troubler ny inquiéter ceux de ladite Académie Royale dans leur établissement, ny de contrevenir ausdits Statuts ; sur peine de deux mille livres d'amende, même de prendre la qualité de nos Peintres et de nos Sculpteurs sous prétexte de brevets et autres titres, lesquels nous révoquons par ces présentes, conformément à l'Arrest de de nostre Conseil du 8. février dernier, que nous voulons estre exécuté ; fors et excepté à ceux qui seront du corps de ladite Académie. Et dautant que ceux qui composent ladite Académie ont des Elevés, lesquels après estre demeurés plusieurs années auprès d'eux, ne pouvant parvenir d'estre admis à ladite Académie, il ne serait pas juste qu'ils eussent perdu leur temps. Voulons et nous plaist que le temps qu'ils ^.uront demeuré chez lesdits Académiciens, leur soit compté pour parvenir à la Maistrise dans toutes les villes de nostre Royaume, et que le certificat de celui chez qui ils auront demeuré, approuvé par le Chancelier de ladite Académie, et contresigné par le Secrétaire d'icelle, leur tienne lieu d'obligé. Si donnons en Mandement à nos amez et féaux Conseillers les gens tenant notre Cour de Parlement, de faire jouir ladite Académie Royale de l'effet desdits Statuts, et du contenu
en ces présentes, pleinement^ paisiblement et perpétuellement et à no^re Procureur général d'y tenir la main, cessant et faisant cesser tous troubles et empeschemens qui pourroient estre donnez au contraire : Car tel est nôtre plaisir. Et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre nostre scel à cesdites présentes. Donné à Paris au mois de Décembre Tan de grâce
1663. et de nostre règne le vingt-un. Signées, Loois; Et sur le reply, Phelippeaux : scellées du grand Sceau de cire verte en lacs de soye rouge et verte, et contrescellées, avec c^s mots. Visa, pour servir aux Lettres de don de quatre mille livres de pension pour chacune année à perpétuité à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture, avec confirmation des Reglemens de ladite Académie.
Registrées en la Chambre des Comptes le 31. jour de Décembre 4663. Signé, Richer.
Registrées en la Cour des Aydes, le 13. jour de Février
1664. Signé, Ddmoulin.
Registrées en Pailement, le 14. May i6Ç4.
XYIII
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