‹ L'Accord paríait: Comédie en 3 actesChapitre 34 sur 34 · MAIS N'TE FROMÊNE DONC PAS TOUTE NUEI · texte numérisé non relu

MAIS N'TE FROMÊNE DONC PAS TOUTE NUEI

Clarisse. — Ah ! oui ! oui ! il y a un docteur dans la maison, au-ilessiis 1„.

VXNTBOUX, bourru, i-aiscynni >ur Le fauteuil qu'il liriit

de quiiter. — Eh! C'est pas un docteur! c'«st un officier de santé! il n'a pas 1« droit au titre.

Clarisse. — Ça m'eet 1^, il a fait de la médecine. Vite, Victor, montez et ramenez-le !

ViOTOR. — Bien, madame!

Clarisse, !■ msiu lur U janie enJolone. — Ohl je

vais mettre une compresse ! je vais mettre une compreasa.

Elle renlrs limi dam h chimbri.

ViCTOB, «ur U pl< de li poHe, ipr*i un imtsnt d'hésiH-

sieur ne m'en veut pas, au moins, de ne paa avoir... Ventroox, bondisMut. — Hein ! Lui aussi ! (i^ pou»- !unt dehors.) Voulez-vous !... voulez-vous chercher l'officier de santé !

Victor, l'JlantonC ver* la porte lur palier, Mni refermer

U porte du jalon. — Oui, monsieur, oui I

et Victor va donner dani de Jalval qui e>( dint l'tmbra-

LïB ufiuES, ROMAIN I>K JAIVAL

De Jaival. — Ail ben, on n'est paa long il ouvrir !

Victor. — MonsieurT

De Jaival. — M. Ventroux, s'il vous plaîlt

Vek TROUS, du hIoii. — C'eet ici. Vous dÉsire», monsieur T

De Jaival. — Ah! pardon! (Dijcendam en Kent.) Je suis M. Romain de Jaival, du Figaro.

Ventroux. — Aht parfaitement, monsieur! (A Victor qui eot au aeuil du uio.i.) Eh I bien, atlez-vous-en !

VirTOB, — C

Il «

tcffll

Ventboux (î). — ■ Qu'y n-t-il pour votre seri'iee?

De Jaival o). — Voici: je vous suis envoyé jnir mon journal pour vous demander une inten'iew.

Ventroux. — Aha !

De Jaival. — Sur la poUli(|iie en généi-nl... Comme vos derniers discoiira vous ont mis très en

VkSTROvx. flatté. — Ah! Monsieur...

De Jaival. — Je dis ce i[ue lout le monde pense !... et en particulier sur le jn-ojet de loi dont vous êtes un des promoteurs : u Leh accouche»! ehts OU- VRIKRS », L'accouchement pratuit et l'i'tnt sapefeiimie.

VeHtrOux. — Oui, <ili! très intéresHnnl! et i|ui me tient très à cieur.

De Jaival. — Seulement je voudrais faire quelque chose de pimpant, de pittoresque, de jias loiit le monde! Je m'attache à fftii-e des chroniques brillantes; si vous m'avez déjà lu...!

Ventroux. — Mais, certainement, ccilainemenl !

De Jaival. — Jnival!... Roniniu de .fatval!

Ventboux. — De Jaival, parfaitement! Eli bien, mais je suis à votre disposition. Seulement, j'aî une rclile affaire à teiminer avec monsieur. (Prfaeniant,> Monsieur Hochepaix.

De Jaival, l'intiinam. — Hochepaixî

Hochepaix, vivement. — P-a-i-x!

Ventroux. — Maire de Mou8»illon-lea-Indrets !

De Jaival. — Oh ! parfaitement, je connais !

Hochepaix, éionn* et flan*. — MoiT

De Jaival. — J'y ai souvent péché k la ligne.

Hochepaix. — Ahl à Ifonssi lion -les... oui, oui! Non, je comprenais... Oui, oui !

Ventroux. — Alors, si vous voulez m'attendre un instant, nous passons, monsieur et moi, dans mon cabinet; dans cinq minutes, je suis à tous.

De Jaival. — Mais je vous en prie! Vous permettrez seulement que je m'installe à cette table; je prendrai quelques notes pendant ce temps-tà.

Venthoux, irèi aimable. — Vous êtes chez vous!

De Jaival, dcioendant pour contourner li uhle et «ll.rr l'aiMToir sur la chaiie à gauche de celle-ci. — Pardon!

Ventroux. — Venez, mon cher maire!... de Mouesillon-les-Indrets !

HocHKPAix. — Tout à vous, mon cher député.

IIE JAIVAL, CLARISSE, pui. VENTROUX et HOCHEPAIX

De Jaival s'est installé à la lable, > tiré «on calepin, et. du cadre, inscrit quelquei noiei.

Voix de Clarisse, à la cantonade. — ïl n'est pas

encore làf (Sortant de sa chimbre et deacendtnl en acinc sani voir de Jaival attablé.) Mais enfin qu'est-eo qu'il fait, cet bomujeî

De Jaival, ne pouvant réprimer un petit cri d'étonnfmcnt Clarisse, le retournant au (on de la voix. — Ah! le

voilà! {.Miant à de Jaival.) Oh! vite! >-ite! docteur !

De Jaival. étonné de cette dénomination, — Commenta

Clarisse, le prenant par la main et l'entraînant ven la

fenêtre. — Vite, vite, venez voir.

De Jaival, h Uissan voir» Quoi donc, r

Clarisse. — Où j'ai été piquée.

De Jaival. — Où vous avez été piquéeT

Clarisse, faisant manreuvrcr k- .tore. — Tenez, nous niions tirer le store pour que vous voyiez plus clair.

De .TaiVAL, sans comprendre où elle veut eu venir. — -

AhT... Oui, madame, oui.

Clarisse. — Vous i-errez, docteur!...

De Jaival, l'arrêtant. — Maiw, patron, madame !

pardon! je ne stiis pas docteur!

Clarisse, derrière le canapé. — Oui. oui, je sais! \'oiis n'avez pas le titre ! Ça n'a aucune importance. Tenez, lïgardez!

- Que je vienne

Kl le

De Jaival, i

voyciîf

De Jaival, d'une voî^ riinse n étonnée. — Ah! oui, madame!... Ça, je vois!... Je vois!!

Clarisse. — Eh bienî

De Jaival, ravi, au public. — Tout à fait pittoresque! pimpant! Quel chapeou de chronique!

Clarisse, tournant la tête de «>n ràti. maia aana chaniier

de position. — Comment 1

Digiiizea by

L'ILLUSTRATION THEATRALE

De .Taival, — '\'oiis permettez que je prenne quelques notes T

Clasisse. — Mais non, mais non, voyons!... Tenez, fouehez!

De Jaival. — Que je...

Clarisse. — Touchez, quoi? rendez-vous compte!

De Jaival, <lr plus en pins sutpris. ■ — Ahî... Oui,

madame! Oui. (il est faco nu public, ot. lU- la main gauch..r<:nïi;rïé.-, il palpi.- ^.■|ali^M■ .lu eôlé <l™i. A pan.) Tl-ès pillo-

Clarisse. — Mais, pas là, monsieur! c'est l'auti-e

De Jaival, innsporlinl sa main de l'aulre côlé. — Oh!

CLARisaE, — Vous voyez eonime c'est enflé!

De Jaival. — Oui! cliaud! très diaud!

Clabisse. — J'ai été piquée par une guêpe.

De Jatval. — Làî Oh!.,, quel aplomb!

Clarisse. — L'aiguillon doit être sûrement resti'. De Jatval. — Est -il possible!

Clarisse. — Voyez donc!

De Jaival, se faisant à 1a siluation. — Ah! que .10...?

Oui, madame, oiiil

Il » fixe son monocle dans rsil n s'accruupli.

Clarisse. — Vous l'apeiteveKÎ De Jaival. — Attendez ! Oui, oui ! Je le vois ! Clarisse.' — Ahî Ahî

De jAn'AL. — Oui, oui! mènie il dépasse tellement, que je ctoîs tjù'avec les ong-les...

Clarisse. — l>li ! essayez, docteur, essayez ! ■ De Jaival. - Oui, madame, oui!

HOCHEPAIX, i ti VeNTHOUX, Scan

Clarisse, fans se trouliler. ni changer de posiiiori. —

Dérangez pas ! Dérangez pas !

De Jaival, arrachant raiguiiioii, et K relevant. — Tenez, madame! le voilà! le voilà, le mâtin!

^'ENTROUX, bondissant sur de Jaival et l'envoyanl pi-

roïii'iter n" i, — Ail! Ça, voulez-vous, vous...!

Clarisse ,-t de Jaival, .1. même teTnps. — Iju'est-ee

Ventrol'X. — Tu fais voir ton derrière à un rédocteur du rigaro!

Clarisse. — Du Figaro I du Figaro!

^"entroux, furiru\. — Oui, monsieur Romain do Jaival, du Figaro!

Clarisse, passam j pour marcher sur <k Jaival à crojr.-

iiu'eiic va l'attraper. — De Jaival! Vous êtes monsieur de Jaival! (Cbangeam de ton. et bien lent.) Oh! monsieur! que vous ayez fait une chronique amusante, hier, dans votre journal! (A son mari.) N'est-ee pasî VeNTROUX, levant de grande bras. — Voilà !.. Voilà ! 1,'a n'a pas plus d'importance que ça, pour elle! (.\

m U fen

. l'ous

Clarisse, regardant <

VeKtROUX. — Et il rit! il rieane! (Tombant sur le

canapé.) Ah! je suLm fonin! Ma carrière politique est

Clarisse, pendant nue le rideau lembe. adr.psanl d.-n

iieiiis saïuts à Clemenceau. ^ Boiijour, M. Clemenceau! mais très bien, M. Clemenceau! et vous de même. M. Clemenceau T Ah ! tant mieux ! tant mieux, M. Cle-

yGoogle

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